| Renforcement des capacités
pédagogiques des enseignants de la faculté des sciences
de la santé
La pédagogie est définie selon le
dictionnaire petit Robert comme une science de l’éducation.
L’éducation elle-même est assimilée à
un ensemble de moyens mis en oeuvre pour assurer la formation et
le développement des facultés physiques, intellectuelles
et morales de quelqu’un, en utilisant des techniques et des
méthodes d’enseignement. Le présent séminaire
atelier tombe à point nommé. Dans la semaine du 18
au 22 janvier 2005, les pendules ont été remis à
l’heure à la faculté des sciences de la santé
de Brazzaville. Deux grosses échéances pédagogiques
et académiques à court terme se préparent fébrilement
au sein de la faculté : l’évaluation interne
de la seconde réforme des études médicales
initiées en 1997, et l’audit externe attendu d’ici
la fin de l’année en cours. En plus, une autre échéance
à moyen terme aussi importante dans la vie d’un enseignant
profile à l’horizon 2006. Il s’agit plus particulièrement
de la promotion des enseignants au grade le plus convoité
de Maître de conférence et dont la voie royale pour
y parvenir est le concours d’agrégation.
Repartir à l’école du savoir pour les professionnels
de la santé équivaut à une remise en cause
de nos propres faiblesses en matière d’enseignement,
car n’est pas enseignant qui le veut. Le fait d’être
spécialiste ou micro-spécialiste ne nous ouvre pas
la voie royale à l’enseignement. La question que nous
nous posons est de savoir si le contenu des enseignements que nous
dispensons répond aux besoins exprimés par les utilisateurs
en général, et la communauté en particulier.
Hier à la faculté de médecine, un étudiant
bouclait ses études en six ans, aujourd’hui cette durée
est passée à sept ans, demain avec le système
LMD déjà en vigueur dans l’Union européenne
auquel notre faculté ne peut échapper, l’obtention
de la Licence passera à trois ans ; cinq années
pour le Master, et huit années pour Doctorat, le plat de
résistance de ses programmes à l’avenir sera
suffisamment garni.
Le professionnel de la santé qui opte à devenir enseignant
doit nécessairement avoir des pré requis les plus
élémentaires avant de s’y engager, à
savoir l’intériorisation profonde des différents
éléments de la dynamique de groupe ; la capacité
de formulation d’un objectif éducationnel pertinent,
logique, précis, réalisable, observable et mesurable ;
les aptitudes à fragmenter une activité de façon
séquentielle, l’identification des différentes
tâches qui en découlent ; la maîtrise des
méthodes et des techniques d’enseignement, etc.
Le séminaire atelier de renforcement des capacités
pédagogiques des enseignements de la faculté des sciences
de la santé a été planifié en deux phases.
La première phase a regroupé tous les enseignants
tous grades confondus : Assistants, Maîtres-Assistants,
et Maîtres de conférence. Le climat détendu
observé et empreint d’humilité et de parfaite
convivialité pendant les plénières, comme dans
les travaux de groupe a été une des principales caractéristiques
dans le bon déroulement de l’atelier. Les résultats
attendus autour de trois principaux objectifs d’apprentissage
ont été atteints. Il s’est agi :
- des rappels de différents concepts clés et leurs
définitions opératoires qui fondent le processus
d’enseignement, notamment, la formation, la méthode,
la technique, l’apprentissage, la compétence, la
performance, le programme et l’évaluation
- de la formulation exacte des objectifs d’apprentissage
indiquant clairement les connaissances, les aptitudes et les attitudes
à faire acquérir aux apprenants ;
- l’identification des faiblesses des enseignements dont
nous avons la charge de dispenser, grâce à une analyse
de leurs objectifs et leur contenu, ainsi que les méthodes
et techniques d’apprentissage et d’évaluation
utilisées.
La seconde phase du séminaire prévu dans les mois
à venir abordera les activités suivantes :
- l’élaboration par la méthode de la participation,
d’un programme d’enseignement pertinent par l’apprenant
lui-même;
- la préparation d’un plan d’unité de
cours requis pour un objectif d ‘apprentissage ;
- la mise en oeuvre d’un enseignement fondé sur des
objectifs d’apprentissage, structuré en plan d’unités
de cours et utilisant les méthodes, techniques et supports
didactiques modernes ;
- La préparation d’un plan d’évaluation
des connaissances, aptitudes et attitudes.
Le brainstorming, comme méthode de travail retenu parmi
tant d’autres lors de ces deux ateliers produira probablement
des réponses positives, l’objectif final étant
de reformater le logiciel mental des professionnels de la santé
vers un changement qualitatif de comportement dans tous les compartiments
de l’apprentissage.
Le renforcement des capacités pédagogiques des enseignements
s’avère nécessaire et même indispensable
surtout pour les professionnels de la santé, car il s’agit
de bien transmettre le savoir, le savoir-faire et le savoir être.
L’étudiant dont nous avons la charge de former « n’est
pas un vase qu’on rempli, mais un feu qu’on allume »,
et nous pourrons encore ajouter par rapport à cette citation
« l’étudiant n’est pas un vase qu’on
rempli, mais un feu qu’on allume chaque fois en introduisant
un cours, par l’énoncé des objectifs d’apprentissage
et par l’usage des méthodes, et des techniques appropriées »
Brazzaville, le 27 janvier 2005
Docteur Pascal TALANI
talanip@yahoo.fr |