| Congrès de
l’épidémiologie en milieu tropical à
Ouidah au Bénin
Le 1er congrès d’épidémiologie
en milieu tropical tant attendu a effectivement eu lieu à
Ouidah (Bénin) du 23 au 25 janvier 2007. Ce n’est pas
un hasard que la ville de Ouidah ait été choisie.
Cette ville abrite une des prestigieuses institutions de formation
et de recherche en santé publique. Il s’agit de l’institut
régional de santé publique en Afrique de l’Ouest
portant le nom d’un illustre disparu et digne fils de l’Afrique,
en l’occurrence le Dr Alfred Comlan Quenum premier Directeur
régional du Bureau régional de l’OMS en Afrique.
Sous les tropiques foisonnent un grand nombre
de maladies, notamment le paludisme, la tuberculose, la trypanosomiase,
le chikungunya le grand inconnu du continent africain, l’infection
à VIH/SIDA, la grande vedette qui s’immisce toujours
dans tous les congrès, à savoir les affections bucco-dentaires
et le VIH, la santé mentale avec le VIH, l’ORL avec
le VIH, peut-être bientôt l’acupuncture et le
VIH, le chikungunya et le VIH/SIDA et enfin j’en passe.
La participation à ce congrès en
valait la peine car plusieurs sujets importants ont été
passés en revue. La question de l’éthique dans
la recherche et plus particulièrement la notion abstraite
du consentement éclairé à aussi galvanisé
les débats. Ce concept revêt plusieurs facettes, et
son interprétation suscite des débats de compréhension
« en milieu tropical ». Si l’imposition d’une
signature suffit dans les pays du nord, sous les tropiques l’accord
verbal reposant sur la confiance et émis par un chef traditionnel
suffit largement pour entreprendre la recherche. On peut aussi se
poser d’autres questions, est-ce le simple consentement verbal
émis par une mère moyennant une prise en charge gratuite
dans le traitement et le suivi de son enfant affecté par
le VIH/SIDA ou autres affections sans un avis éclairé
du conjoint, peut–il être considéré comme
un feu vert sans garde fou à se lancer dans des essais cliniques
? Nous allons encore mûrir la réflexion et y reviendrons
très prochainement.
Le soutien avéré de l’institut
régional de santé publique (IRSP), de l’institut
de recherche pour le développement (IRD), de l’agence
nationale de recherche sur le sida (ANRS), de SANOFI Pasteur, de
l’association des épidémiologistes de terrain
(EPITER) et de l’institut de santé publique, d’épidémiologie
et de développement (ISPED) de l’université
de Bordeaux 2 explique le succès de ce congrès en
terre africaine.
L’ISPED a joué un rôle moteur et catalyseur au
cours de ce congrès, car un nouveau produit en jachère
nous a été présenté. Ce projet diplômant
et conduisant à la maîtrise niveau 2 porte sur la création
d’un réseau spécial de formation en ligne, intitulé
: Epidémiologie et Santé Publique en Ligne (eSpeL).
Il faut saluer et féliciter au passage
le Professeur Roger SALAMON, directeur de l’ISPED et initiateur
de ce congrès et pionnier du projet eSpeL d’avoir managé
avec dextérité et de main de maître le déroulement
des travaux. Il a conduit à bon port la cérémonie
de clôture des travaux dans une apothéose exotique
où la culture africaine au rythme de la musique et la danse
béninoise s’est mêlée à l’épidémiologie
en milieu tropical. Cette communication culturelle surprise, sans
la présence sur la tribune des pythons légendaires
et mystiques du temple de Ouidah, et non programmée par le
comité scientifique dans l’agenda de travail de l’épidémiologie
en milieu tropical, a tenu en haleine tous les congressistes.
Que le 3ème congrès se tienne une
fois de plus en Afrique, terre de recherche et d’asile de
nombreuses maladies tropicales, et nous assisterons à ne
point en douter à des cérémonies de clôture
très mythiques, émouvantes, pathétiques et
palpitantes, et où les applaudimètres et les ovationmètres
seront au rendez-vous et évaluées.
Date de mise en ligne : 6 février 2007
Docteur Pascal TALANI
talanip@yahoo.fr |