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Premier congrès international sur la trypanosomiase
La trypanosomiase humaine, communément appelée
maladie du sommeil connaît une recrudescence dans la sous région
d'Afrique Centrale. Cette endémie en plein éveil a fait l'objet
de la tenue d'un premier congrès international consacré à la mouche
tsé-tsé et les trypanosomes à Brazzaville du 23 au 25 mars 2004.
Selon l'OMS, la maladie frappe beaucoup plus les
zones rurales, reculées ; là où les systèmes de santé sont les plus
déficients ou inexistants. La maladie menace plus de 60 millions
de personnes dans 36 pays d'Afrique subsaharienne. Seules 3 à 4
millions de personnes à risque sont sous surveillance, c'est-à-dire
examinées régulièrement ou ayant accès à un centre de santé capable
d'effectuer le dépistage. De l'avis de certains spécialistes, la
maladie du sommeil occupe le deuxième rang mondial après le paludisme.
L'OMS estime que 300 000 à 500 000 personnes sont infectées mais
seuls environ 45 000 cas sont déclarés chaque année. En 2003, les
pays de la région africaine ont examiné environ 3 millions de personnes
et détectés 15 000 nouveaux cas.
Au Congo, la situation de la trypanosomiase est particulièrement
préoccupante. Notre pays est en situation d'hyper endémie. Des foyers
actifs sont observés dans six départements sur onze : la Likouala,
la Sangha, la Cuvette, les Plateaux, le Pool et la Bouenza.
Les deux formes de trypanosomiase, humaine et animale
entravent le développement socio-économique. Elles sont à l'origine
des pertes en vie humaine, de perte de bétail et de l'abandon par
les paysans des terres souvent fertiles. Les pertes économiques
sont estimées à 4,5 milliards par an. Sur le continent africain,
plusieurs facteurs favorisent l'expansion de la maladie du sommeil.
Il s'agit notamment de l'instabilité politique, les déplacements
de populations, les guerres et la pauvreté.
En outre, il existe une différence entre la trypanosomiase
américaine et africaine. La première est liée à l'insalubrité. Elle
est sociale. La seconde, en plus des conditions d'environnement
insalubres, elle en plus "politique" et en croire le Président de
la Croix Rouge française "le jour qu'il n'y aurait plus de guerre
sur le continent ; on pourra maîtriser la trypanosomiase". Le premier
congrès international de Brazzaville témoigne une prise de conscience
réelle des pays de la sous région africaine. Il matérialise dans
les faits la campagne panafricaine pour l'éradication de la mouche
tsé-tsé et de la trypanosomiase décidée par les Chefs d'Etat à Lomé
en juin 2000. Selon le représentant de l'OMS au Congo, les avancées
scientifiques dans le domaine de la lutte contre ce fléau demeurent
malheureusement minimes, et les médicaments d'une toxicité non négligeable
continuent à être le seul recours pour le traitement des malades.
CLes médicaments sont également confrontés à des tracasseries douanières.
Ce constat a fait réagir le représentant de la Fondation Hôpital
Assistance Internationale en ces termes "il est difficile d'accepter
sur le plan des principes de l'humanité souffrante et démunie que
les dons que nous faisons soient considérés comme de simples marchandises
et taxés comme de simples parapluie ".
Le congrès de Brazzaville s'est achevé par l'adoption
de quelques recommandations que voici :
Recommandation sur la lutte contre
les trypanosomiases animales dans les pays de la sous-région :
1. L'organisation d'un forum international afin de cerner tous
les contours liés à la connaissance effective des trypanosomiases
animales ;
2. La mise en place d'un programme de lutte concertée contre
les glossines et autres vecteurs des trypanosomiases ;
3. Que les pays mettent en place les programmes nationaux contre
les trypanosomiases animales et puissent les inscrire et les financer
de manière à les rendre opérationnels ;
Recommandation sur la problématique de la lutte contre
la trypanosomiase humaine dans les pays de sous-région :
1. Elaborer et adopter une politique nationale de lutte contre
la trypanosomiase humaine africaine conforme à la stratégie régionale
de l'OMS, au protocole de Bangui ;
2. Doter les programmes nationaux d'un budget pour le financement
des activités sur le budget national ;
3. Facilité la mise en œuvre des activités transfrontalières
et la collaboration inter-pays ;
4. Renforcer la surveillance épidémiologique ;
5. Promouvoir les activités de lutte anti-vectorielles ciblée
6. Assurer la pérennité des activités pour maintenir les acquis
et éviter la réactivation des foyers.
Recommandations aux organismes partenaires
1. Promouvoir les activités de recherche pour la découverte d'une
nouvelle molécule trypanocide ;
2. Faciliter la mise à la disposition des fonds cataleptiques
pour les activités de lutte contre la trypanosomiase humaine africaine
;
3. Organiser un atelier sous-régional pour l'harmonisation et
la standardisation des méthodes et stratégies de lutte et de surveillance
de la trypanosomiase humaine africaine.
Brazzaville, le 21 avril 2004
Docteur Pascal TALANI
talanip@yahoo.fr
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