|
La Politique nationale de santé Au Congo- Brazzaville
La Politique nationale de santé Au Congo- Brazzaville, le droit
à la santé a toujours été garanti par les lois fondamentales.
Cependant, si la santé est un droit tel qu'énoncé ci-dessus, il
n'en demeure pas moins vrai que le devoir de toute personne, à titre
individuel ou collectif est de contribuer à la prise en charge des
problèmes de santé dans ses composantes promotionnelles, préventive,
curative et réadaptative.
La santé représente un secteur d'investissement et de ce fait
obéit aux règles d'utilisation rationnelle des ressources.
L'orientation libérale de la société congolaise fait de la santé
un espace privilégié d'expression des droits humains et d'exercice
des libertés fondamentales.
Dans son ensemble, la population doit avoir un accès équitable
à l'offre de soins de qualité, de telle sorte que chaque individu
et chaque collectivité en bénéficient selon ses besoins.
La politique nationale de santé adoptée par le conseil de ministre
de juillet 2000 vise à améliorer l'état de santé des populations.
Les axes stratégiques retenus pour la mise en œuvre de cette politique
sont :
La promotion et la protection de la santé,
l'accessibilité aux soins et aux services,
l'intégration des activités,
la promotion du secteur privé, le financement de la santé, le renforcement
des capacités de gestion,
la décentralisation du système de santé,
la rationalisation de la mise en oeuvre des activités et de l'utilisation
des ressources de santé,
enfin la participation des individus et des collectivités.
Les orientations nouvelles redéfinissent le rôle et les responsabilités
de l'Etat dans la gestion du secteur de la santé.
L'offre des soins relève dorénavant d'une part, du secteur public
représenté par les formations sanitaires de l'Etat, et du secteur
privé à but lucratif ou non lucratif d'autre part.
Si les confessions religieuses, les associations, les sociétés mutualistes
gèrent le secteur privé à but non lucratif, et participent ainsi
au service public, le secteur privé à but lucratif comme propriété
est réservé aux personnes physiques ou morales.
Cette redistribution des charges permet à l'Etat de s'acquitter
réellement de ses obligations de service public en matière d'offre
des soins de qualité, et de participation à la lutte contre la pauvreté.
Le ministère en charge de la santé assure l'exécution de la politique
nationale de santé à travers ses structures administratives et opérationnelles,
ainsi que celles du secteur privé.
L'Etat garantit les conditions d'une saine concurrence et d'un développement
harmonieux du système national de santé, grâce à ses fonctions de
régulation et d'arbitrage.
A cet effet les cadres organisationnels de mise en œuvre doivent
s'adapter à la nouvelle donne, ainsi, la réactualisation de l'ensemble
des textes, juridiques et réglementaire devenant une tâche urgente
et impérieuse.
Le cadre administratif sous-entend la valorisation de la fonction
de gestion des structures et des programmes de santé.
Il intègre les concepts de spécialisation et d'intégration des programmes
et projets, sur l'ensemble du système de santé.
Le cadre administratif prévoit le renforcement du rôle normatif
des organes centraux et l'amélioration des capacités opérationnelles
des structures intermédiaires et périphériques.
Il intègre aussi les mécanismes appropriés pour renforcer la coordination
intersectorielle de la politique nationale de santé.
La mise en oeuvre de la politique nationale de santé requiert des
ressources importantes et des mesures essentielles d'accompagnement.
Ces mesures au nombre de quatre vont permettre au Congo l'édification
du grand chantier du développement sanitaire au cours de ce troisième
millénaire naissant.
Il s'agit de :
1. la création d'un cadre général favorable à l'amélioration de
la gestion de la santé
2. l'augmentation progressive de l'apport du gouvernement dans le
financement de la santé pour atteindre le seuil minimum de 10 %
du budget de l'Etat ;
3. l'implantation progressive et la dynamisation des ordres des
professions de la santé, compatibles avec l'exercice libéral des
professions médicales et du secteur santé dans leur ensemble ;
4. la création d'un fond de financement de la santé devant prendre
en charge en autres, l'insertion et la réinsertion des professionnels
de la santé dans le secteur privé.
Brazzaville, le 4 mai 2001.
Docteur Pascal TALANI
talanip@yahoo.fr
|