Congo_Brazzaville Le guide de la médecine et de la santé au Congo

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Mai 2001 - Editorial du docteur Pascal Talani

La Politique nationale de santé Au Congo- Brazzaville

La Politique nationale de santé Au Congo- Brazzaville, le droit à la santé a toujours été garanti par les lois fondamentales.
Cependant, si la santé est un droit tel qu'énoncé ci-dessus, il n'en demeure pas moins vrai que le devoir de toute personne, à titre individuel ou collectif est de contribuer à la prise en charge des problèmes de santé dans ses composantes promotionnelles, préventive, curative et réadaptative.

La santé représente un secteur d'investissement et de ce fait obéit aux règles d'utilisation rationnelle des ressources.
L'orientation libérale de la société congolaise fait de la santé un espace privilégié d'expression des droits humains et d'exercice des libertés fondamentales.

Dans son ensemble, la population doit avoir un accès équitable à l'offre de soins de qualité, de telle sorte que chaque individu et chaque collectivité en bénéficient selon ses besoins.
La politique nationale de santé adoptée par le conseil de ministre de juillet 2000 vise à améliorer l'état de santé des populations.
Les axes stratégiques retenus pour la mise en œuvre de cette politique sont :
La promotion et la protection de la santé,
l'accessibilité aux soins et aux services,
l'intégration des activités,
la promotion du secteur privé, le financement de la santé, le renforcement des capacités de gestion,
la décentralisation du système de santé,
la rationalisation de la mise en oeuvre des activités et de l'utilisation des ressources de santé,
enfin la participation des individus et des collectivités.

Les orientations nouvelles redéfinissent le rôle et les responsabilités de l'Etat dans la gestion du secteur de la santé.
L'offre des soins relève dorénavant d'une part, du secteur public représenté par les formations sanitaires de l'Etat, et du secteur privé à but lucratif ou non lucratif d'autre part.
Si les confessions religieuses, les associations, les sociétés mutualistes gèrent le secteur privé à but non lucratif, et participent ainsi au service public, le secteur privé à but lucratif comme propriété est réservé aux personnes physiques ou morales.
Cette redistribution des charges permet à l'Etat de s'acquitter réellement de ses obligations de service public en matière d'offre des soins de qualité, et de participation à la lutte contre la pauvreté.

Le ministère en charge de la santé assure l'exécution de la politique nationale de santé à travers ses structures administratives et opérationnelles, ainsi que celles du secteur privé.
L'Etat garantit les conditions d'une saine concurrence et d'un développement harmonieux du système national de santé, grâce à ses fonctions de régulation et d'arbitrage.
A cet effet les cadres organisationnels de mise en œuvre doivent s'adapter à la nouvelle donne, ainsi, la réactualisation de l'ensemble des textes, juridiques et réglementaire devenant une tâche urgente et impérieuse.
Le cadre administratif sous-entend la valorisation de la fonction de gestion des structures et des programmes de santé.
Il intègre les concepts de spécialisation et d'intégration des programmes et projets, sur l'ensemble du système de santé.
Le cadre administratif prévoit le renforcement du rôle normatif des organes centraux et l'amélioration des capacités opérationnelles des structures intermédiaires et périphériques.
Il intègre aussi les mécanismes appropriés pour renforcer la coordination intersectorielle de la politique nationale de santé.

La mise en oeuvre de la politique nationale de santé requiert des ressources importantes et des mesures essentielles d'accompagnement.
Ces mesures au nombre de quatre vont permettre au Congo l'édification du grand chantier du développement sanitaire au cours de ce troisième millénaire naissant.

Il s'agit de :
1. la création d'un cadre général favorable à l'amélioration de la gestion de la santé
2. l'augmentation progressive de l'apport du gouvernement dans le financement de la santé pour atteindre le seuil minimum de 10 % du budget de l'Etat ;
3. l'implantation progressive et la dynamisation des ordres des professions de la santé, compatibles avec l'exercice libéral des professions médicales et du secteur santé dans leur ensemble ;
4. la création d'un fond de financement de la santé devant prendre en charge en autres, l'insertion et la réinsertion des professionnels de la santé dans le secteur privé.

Brazzaville, le 4 mai 2001.

Docteur Pascal TALANI
talanip@yahoo.fr

 

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