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Faire reculer le paludisme par l'information, l'éducation
et la communication
Selon l'OMS, le paludisme tue plus d'un million de personnes par
an, soit environ 3.000 par jour.
Au Congo, le paludisme constitue la première cause de consultation
dans les centres de santé, et de mortalité.
Les mesures curatives et préventives contre cette endémie existent.
Le mouvement mondial "faire reculer le paludisme " prônée par l'OMS
en partenariat avec le PNUD, l'UNICEF et la Banque mondiale préconise
aussi la promotion des activités d'information, de communication,
d'éducation (IEC), à l'endroit de la communauté.
Il s'agit d'impliquer les populations à participer pleinement à
la planification des activités de lutte antipaludique.
Certes, cette participation n'est pas acquise aussitôt, mais tout
progrès dans ce sens dépend en partie de la relation et du capital
de confiance qui existent entre les agents de santé et la communauté.
La communauté, considérée jusque là comme un récepteur passif doit
se transformer en un émetteur actif prêt à s'impliquer dans la lutte
contre le paludisme.
Jusqu'à ce jour, de nombreux professionnels de la santé relèguent
l'information sanitaire au second plan au profit de l'acte médical
considéré très valorisant. Ils oublient cet adage qui a franchi
les temps et l'espace, et qui à notre avis ne sera pas démenti par
les millénaires à venir " mieux vaut prévenir que guérir ".
L'information sanitaire est souvent dispensée dans nos centres
de santé par les agents subalternes peu ou pas formés aux techniques
de communication.
Leur tâche se limite à la prise en charge du malade par le traitement.
Ils ne se soucient guère du rôle catalyseur de l'information sanitaire
dans la promotion de la santé.
L'environnement immédiat dans lequel vivent les malades ne les préoccupe
pas. L'acte médical ou paramédical ne s'accompagne pas toujours
des conseils préventifs simples, tels que l'obligation de dormir
sous une moustiquaire, la destruction des gîtes à moustiques à domicile…
Cependant, dans certains centres de santé où la communication
en santé est prise en compte et élevée au rang d'activité permanente,
l'agent de santé chargé de l'IEC après une séance d'information
s'interroge parfois sur les résultats attendus, car il y a certes
ceux qui écoutent, ne perçoivent pas le message et ne réagissent
pas.
En second lieu, il y a ceux qui écoutent et pensent avoir compris
le message, mais dans la pratique agissent contrairement aux enseignements
reçus.
Ceux là dénaturent l'information sanitaire, désorientent la communauté
et s'érigent parfois en groupes de pression.
Le dernier cas de figure s'illustre par des personnes qui vraiment
écoutent et comprennent le message, tentent vainement de le mettre
en pratique et échouent pour des raisons diverses.
Afin de surmonter ces problèmes, une communication effective entre
les différents acteurs de terrain s'avère utile.
Il s'agit de promouvoir un dialogue constructif entre les membres
de la communauté, les professionnels et les non professionnels de
santé représentés par les secteurs connexes.
Le but recherché est double : tout d'abord réussir à élever les
capacités d'initiative et d'action des différentes composantes de
la communauté, de les auto-responsabiliser dans la prise en charge
de leur santé en collaboration étroite avec l'agent de santé.
Ce dernier doit se placer dans une dynamique nouvelle de confiance
avec la population.
Il doit être à leur écoute, connaître ce qui leur préoccupe, établir
les besoins qu'elle considère comme prioritaires.
L'expérience congolaise montre que les populations organisées en
comité de santé sont capables de prendre en charge de manière présomptive
toute fièvre par un traitement adéquat avec une dose correcte d'antipaludique.
La médecine préventive n'est plus seule l'apanage des "hommes en
blouse blanche ", les membres actifs de la communauté tels que les
enseignants, les agriculteurs, les professionnels des médias peuvent
par leur vocation y jouer un rôle actif.
Ils peuvent servir de relais à la mobilisation sociale dans la lutte
contre le paludisme.
Néanmoins, l'IEC pour être efficace doit être fermement soutenue
par une politique de santé qui facilite l'instauration d'un cadre
institutionnel et d'appui économique et légal.
Ce cadre permet de créer un environnement dans lequel, les membres
de la communauté et les secteurs connexes peuvent exercer leur droit
de participer à la planification et à la mise en œuvre des activités
antipaludiques. L'organisation régulière à l'échelon national et
régional des séminaires-ateliers en l'IEC est vivement recommandée.
Il faut en effet aux prestataires de soins et aux membres actifs
de la communauté acquis au changement, une formation aux techniques
de communication et aux méthodes participatives.
La stratégie du traitement présomptif en dépend.
En Afrique et plus particulièrement au Congo, les actions curatives
orientées vers le traitement du paludisme restent illusoires et
temporelles.
Il ne nous reste qu'à recourir à des actions socioculturelles simples
par le biais de l'IEC pour faire reculer le paludisme.
Brazzaville, le 31 mai 2001.
Docteur Pascal TALANI
talanip@yahoo.fr
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