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Editorial Juillet 2003 par le docteur Talani

Evaluation de la sensibilité des vecteurs du paludisme aux insecticides au Congo

Le paludisme est l'un des problèmes sanitaires majeurs au Congo. Selon les données statististiques de la Direction de la lutte contre la maladie, le paludisme est le premier motif de consultation et aussi l'une des principales causes de mortalité dans les formations sanitaires du pays. Il touche toutes les tranches d'âge de la population et particulièrement les enfants de moins de 5 ans. Face à ce problème, les pouvoirs publics déploient des efforts considérables pour réduire le fardeau du paludisme au sein de la population. Dans ce contexte, le gouvernement de la République du Congo a adhéré à l'initiative "Faire reculer le paludisme" et élaboré un plan stratégique 2000-2006.

Un des axes stratégiques majeurs dans le cadre de la prévention de la communauté est l'utilisation des matériaux imprégnés d'insecticides, notamment la moustiquaire. La lutte antivectorielle, basée sur l'utilisation à grande échelle de moustiquaires imprégnées, est actuellement une composante majeure du Programme national de lutte contre le paludisme. Avec l'appui de l'OMS et l'impulsion du mouvement Faire reculer le paludisme, les moustiquaires imprégnées sont promues au niveau des communautés. Il a été démontré récemment que les moustiquaires imprégnées diminuent la transmission du paludisme en réduisant la longévité des vecteurs, et limitant ainsi le contact hommes-vecteurs.

En général, l'exécution du programme de lutte antivectorielle nécessite au préalable l'évaluation de la résistance des vecteurs aux insecticides devant être utilisés. Récemment des études effectuées dans la Région africaine de l'OMS ont mis en évidence la résistance à quelques-uns uns des pyréthrinoïdes utilisés pour l'imprégnation chez de nombreuses populations de vecteurs. Le choix de l'insecticide est par conséquent une étape sensible, car il peut entraver d'emblée le succès d'un programme de lutte antivectorielle.

Au Congo, la promotion de la moustiquaire imprégnée est actuellement en cours et les données dont dispose le Programme national de lutte contre le paludisme sur la résistance des vecteurs aux pyréthrinoïdes sont insuffisantes, ou nécessitent d'être actualisées. Afin de maximiser l'efficacité des moustiquaires imprégnées, il est opportun d'évaluer la résistance des vecteurs aux différents pyréthrinoïdes pouvant être utilisés. C'est cette démarche que se propose le Programme national de lutte contre le paludisme dans les prochains jours.

Brazzaville, le 12 juillet 2003

Docteur Pascal TALANI
talanip@yahoo.fr

 

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