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En avant pour la mise en oeuvre de la stratégie
de prise en charge intégrée des maladies de l'enfant
Près de 12 millions d'enfants meurent chaque année avant d'avoir
atteint leur cinquième anniversaire, dont beaucoup avant l'âge d'un
an.
Ces décès sont pour la plupart imputables aux infections respiratoires,
la diarrhée, le paludisme, la rougeole et la malnutrition, et souvent
aussi à une association de plusieurs de ces facteurs.
La prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (PCIME) n'est
autre qu'une approche qui vise à réduire la mortalité infanto juvénile,
ainsi que la fréquence et la gravité des maladies et des invalidités.
La PCIME est une œuvre ardue du fait essentiellement du regroupement
de plusieurs symptômes ne pouvant s'identifier à une pathologie
unique et rendant le diagnostic mal-aisé.
Cette approche holistique de prise en charge considère l'enfant
malade dans son intégralité sans se focaliser sur chaque maladie.
Depuis 1995, quelques pays africains ont expérimenté avec succès
la PCIME. Au Congo, elle ne constitue pas un nouveau programme,
car cette stratégie qui associe les soins préventifs, nutritionnels,
curatifs pour une meilleure prise en charge de la santé de l'enfant
aussi bien que celle de la mère est appliquée en l'absence des instructions
des normes et procédures standardisées dans tous centres de santé
intégrés du pays.
Les atouts de réussite d'une telle stratégie existent dans notre
système de santé tant au niveau central, périphérique, des familles
et des communautés. La direction générale de la santé dispose d'un
personnel de santé formé pour sa mise en œuvre.
Les programmes de lutte contre les maladies transmissibles de l'enfant
mis en œuvre depuis deux décennies (programme élargi de vaccination,
nutrition maladies diarrhéiques/infections respiratoires aiguës,
paludisme) sont fonctionnels dans la plupart des centres de santé
intégrés.
La collaboration entre ces programmes se fonde sur les mêmes acquis.
Ils poursuivent les mêmes objectifs et stratégies, privilégient
leurs activités sur la même population, dépendent de la même direction
générale, évoluent dans les mêmes structures sanitaires, et bénéficient
des mêmes sources de financement (Etat congolais, OMS et UNICEF).
La mobilisation des familles et des communautés par l'information,
l'éducation et la communication est aussi possible grâce à l'existence
d'un service de mobilisation sociale.
Cependant quelques faiblesses méritent d'être corrigées le plus
tôt possible.
Il s'agit de l'insuffisance du personnel formé en techniques de
supervision et de communication, de la verticalité des programmes,
et de la complexité des mécanismes de décaissement des fonds nationaux,
de l'inexistence des instructions des normes et des procédures standardisées,
et de l'insuffisance des supports de communication.
La phase introductive de la PCIME est en cours dans le pays, cependant
il reste à réaliser sa mise en œuvre et son extension à d'autres
sanitaires.
Brazzaville, le 7 Août 2001.
Docteur Pascal TALANI
talanip@yahoo.fr
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