| Stratégie nationale
de lutte contre le diabète
Le diabète est un problème majeur de santé
publique dans le monde en général et au Congo en particulier.
Il affecte 5 à 6% de la population mondiale adulte soit environ
246 millions de personnes dans le monde entier, chiffre qui devrait
atteindre 380 millions d’ici à 2025. Chaque année
7 millions de personnes supplémentaires développent
le diabète. Chaque année 3,8 millions de décès
sont directement liés au diabète. Un peu moins de
la moitié de toutes les personnes atteintes de diabète
se trouvent dans la tranche d’âge des 40-59 ans. Plus
de 70% d’entre eux vivent dans les pays en développement.
Au Congo, à défaut des statistiques nationales, on
ne dispose que des données hospitalières. Aussi, 12
000 diabétiques sont enregistrés dans le service des
maladies métaboliques et endocriniennes du centre hospitalier
et universitaire de Brazzaville. L’enquête réalisée
en 2002 rapporte un taux de prévalence de 7% à Brazzaville.
L’objectif du programme de lutte contre le diabète
est de réduire de manière significative la morbi-mortalité
et les autres charges liées aux maladies non transmissibles,
ayant une importance de santé publique à travers la
prévention et le contrôle de ces maladies.
Au Congo, les stratégies de lutte contre le diabète
reposent sur :
- la prévention des facteurs de risque et de complications,
- la prise en charge standardisée des cas de diabète,
- le renforcement des capacités des professionnels de
la santé,
- la promotion de la recherche sur le diabète,
- le plaidoyer auprès du gouvernement, les partenaires
au développement en vue de mobiliser les ressources nécessaires
à l’application des stratégies.
La lutte contre le diabète se fera dans le cadre du plan
national du développement sanitaire et s’appuiera sur
le dispositif existant. Elle va être progressive dans les
circonscriptions socio sanitaires.
Au niveau de la communauté, trois principales stratégies
sont retenues :
- la promotion de l’information, l’éducation
et la communication,
- le dépistage de masse par la glycosurie,
- la prévention systématique contre le tétanos,
- la prise en charge primaire des cas et la participation effective
à la lutte contre les facteurs de risque.
Au niveau du centre de santé intégré, les
principales stratégies sont :
- le renforcement des capacités des agents de santé,
- la promotion de l’information, l’éducation
et la communication,
- le dépistage,
- le suivi des contre-référés.
Le rôle de ce niveau de recours est de :
- appliquer les instructions de prise en charge,
- faire le diagnostic préliminaire du diabète,
- prendre en charge les soins courants des contre-reférés,
- diffuser les messages d’hygiène de vie,
- vacciner systématiquement contre le tétanos,
- référer les cas suspects,
- organiser les campagnes de dépistage.
Au niveau de l’hôpital de référence,
on retiendra :
- la promotion de l’information, l’éducation
et la communication,
- le renforcement des capacités nationales à la
prise en charge du diabète,
- le suivi ou la contre-référence des cas,
- le dépistage par la glycosurie,
- l’identification des axes de recherche,
- l’élaboration des modules de formation pour les
centres de santé intégrés.
La stratégie nationale de lutte contre le diabète
représente pour le programme un outil de travail planifié.
Elle requiert la mobilisation des ressources conséquentes,
et l’appui des acteurs de terrain et des décideurs.
L’atteinte de l’objectif de la réduction de la
morbi-mortalité du diabète est à ce prix.
Docteur Pascal TALANI
talanip@yahoo.fr |