| Bilan de la XXIème campagne
de soutenance des thèses de doctorat en médecine
Le palais du parlement vient d’abriter le
2 octobre 2004, la cérémonie de remise des diplômes
d ‘état en médecine pour 27 impétrants.
Cette 21ème promotion est issue de la réforme des
études médicales initiée en 1996. Ainsi, la
durée des Etudes médicales est passée de 6
à 7 ans, l’enseignement par unité de valeur
a fait place à celui par matière. La cérémonie
haute en couleur a été présidée par
le Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche
scientifique.
Il ressort de l’allocution de circonstance prononcée
par le Doyen de la faculté des sciences de la santé,
le Professeur Hervé Fortuné MAYANDA que nos étudiants,
au cours de ces 7 ans de formation ont amassé des connaissances
totalisant 5.890 heures selon les dispositions de la réforme,
soit 55% d’enseignement théorique, 35% de stage, et
10 % de travaux pratiques.
La faculté des sciences de la santé a-t-elle répondu
aux attentes suscitées par cette réforme ? Il
est encore trop tôt pour y répondre. Une chose est
certaine, la progression des connaissances est exponentielle :
il serait illusoire d’accroître sans cesse le volume
des programmes d’année en année. Notre faculté,
avec cette réforme, a fait un choix de connaissances indispensables
à tout médecin, pour la compréhension et l’exercice
de son métier, car la formation médicale reste un
processus long et complexe quel que soit le programme. Elle exige
l’implication active de l’étudiant qui ne doit
pas être limitée à un simple processus de mémorisation.
Montaigne disait : « Un étudiant n’est
pas un vase qu’on remplit, c’est un feu qu’on
allume », fin de citation.
La médecine n’est pas qu’une science, c’est
aussi une relation privilégiée avec un être
humain qui souffre. Au moment où la médecine devient
de plus en plus technique, de plus en plus déshumanisée,
le médecin se doit de rester proche de ses patients. Apprendre
la médecine, c’est aussi enseigner l’art d’être
médecin. Et la grandeur des enseignants, c’est de transmettre
toutes les qualités sans lesquelles le Médecin ne
serait qu’un technicien.
Cependant la longueur des études, la multiplicité
des formateurs et des milieux de formation peuvent expliquer que
la formation médicale initiale comporte des écueils.
Il sied de rappeler qu’à l’ouverture de notre
établissement de formation en 1976, l’institut des
sciences de la santé devenu par après faculté
des sciences de la santé en 1993 ne comptait que 2 enseignants
de rang magistral Il s’agit du Professeur Christophe
BOURAMOUE, père fondateur de cet établissement et
du Professeur Assori ITOUA NGAPORO, véritable cheville ouvrière,
le 1er comme Directeur de l’Institut, le 2e comme Secrétaire
Académique puis Doyen. Ils ont réussi, grâce
à leur conviction et leur obstination, à donner à
l’établissement, ses lettres de noblesse. A ce jour,
l’établissement compte 13 professeurs titulaires, 9
maîtres de conférence agrégés. Parmi
ces derniers, figurent en bonne place, 2 anciens étudiants
de la faculté des sciences de la santé ; je cite
Léon Hervé ILOKI, Jean Rosaire IBARA. Nous avons donné
naissance, sur le sol congolais, à la première dame
agrégée CAMES de médecine, en la personne de
madame Gisèle KIMBALLY-KAKY. L’établissement
compte également 28 maîtres-assistants, 15 assistants,
42 enseignants vacataires dont 33 chargés de cours et 5 moniteurs.
Nous bénéficions entre autre comme enseignants associés,
des services d’un aître de conférence, de 8 maîtres-assistants
et d’un assistant.
Depuis 1975, date de création de cet établissement,
ont été formés : 734 médecins ;
74 licenciés en sciences infirmières ; 127 licenciés
en santé publique, et 122 techniciens supérieurs de
laboratoire.
Depuis 1993, date de création des certificats de spécialités,
la faculté a formé 9 chirurgiens, 14 pédiatres,
2 gynécologues obstétriciens, 6 cardiologues, 19 gastro-entérologues,
3 cancérologues dont 1 Congolaise et 2 Ivoiriens.
La formation et l’encadrement des ressources humaines demeurent
pour la faculté une véritable passion. Selon l’expérience
congolaise, la formation d’un médecin correspond à
BAC + 7 ans, d’un spécialiste : BAC + 11 ans,
d’un maître de conférence agrégé :
BAC + 15 ans, d’un professeur titulaire : BAC + 21 ans,
échec non compris et sans escale.
Le bilan étalé au cours de cette 21ème promotion
est assez élogieux. N’oublions pas que trois recteurs
issus de la faculté des sciences de la santé ont été
désignés à la tête de l’université
Marien NGOUABI ; Il s’agit des Professeurs C. BOURAMOUE,
Ch. GOMBE-MBALAWA, et G. MOYEN, actuel Recteur. Un quatrième
occupe les fonctions de Délégué Général
à la Recherche Scientifique, en l’occurrence le Professeur
Assori ITOUA NGAPORO.
Brazzaville, le 11 novembre 2004
Docteur Pascal TALANI
talanip@yahoo.fr |