| Gestion des déchets
biomédicaux
Les déchets biomédicaux sont des
matières solides, liquides ou semi-liquides issues des activités
de diagnostic, de suivi et de traitement préventif et curatif
dans le domaine de la médecine humaine et vétérinaire.
Il faut avant d’aller plus loin, signaler que les déchets
biomédicaux sont des matières dont la substance est
très infectieuse et dont le mode d’élimination
inapproprié est capable d’affecter la santé
humaine et son environnement. Dans les pays sub-sahariens, l’Organisation
Mondiale de la Santé estime qu’au cours des années
2000-2004 plus de 20 millions d’infections à l’hépatite
B, C et au VIH ont lieu annuellement à cause de pratique
d’injections douteuses, c'est-à-dire par la réutilisation
de seringues et d’aiguilles non stérilisées.
Les déchets biomédicaux mélangés et
éliminés dangereusement, soit par la décharge
sauvage, soit par l’enfouissement, ou encore par les systèmes
de brûlage, et de l’incinération dans les machines
parfois défectueuses ont des conséquences incalculables
avec les menaces de maladies comme le SIDA, les hépatites,
etc. mais également les pollutions de l’air, du sol,
de l’eau et des nuisances de toutes sortes.
La gestion adéquate des déchets biomédicaux
dans une formation hospitalière est d’importance vitale
pour assurer une meilleure aération environnementale et d’éviter
des complications à la santé des personnes. En effet,
l’ensemble des déchets hospitaliers nécessite
une meilleure prise en charge dans les conditions hygiéniques
; mais dans la pratique, la plupart des structures sanitaires ignorent
les étapes les plus élémentaires de la gestion
des déchets biomédicaux, que se soit dans les phases
de la collecte, du tri, du stockage ou de la destruction.
La gestion des déchets biomédicaux se heurte très
souvent à des contraintes majeures identifiées à
savoir : l’absence des plans, et/ou des procédures
de gestion interne ; l’inexistence de données fiables
sur les quantités produites, l’insuffisance de ressources
; et dans 98% des cas, les responsables ne maîtrisent pas
totalement le cycle des déchets.
En 2002, les résultats d’une évaluation conduite
par l’Organisation Mondiale de la Santé dans vingt
deux pays en développement, ont montré que la proportion
d’établissements de soins qui n’appliquent pas
les méthodes appropriées d’élimination
des déchets de soins varie de 18% à 64%.
En novembre 2003, l’évaluation au Centre Hospitalier
et Universitaire de Brazzaville conduite par le Programme National
de Lutte Contre le SIDA a révélé une production
de 62,6 kg/jour des déchets biomédicaux triés
au niveau des différents services hospitaliers.
La résolution de ce problème repose en partie dans
la formation du personnel concerné, la définition
claire des responsabilités, l’allocation de ressources
en termes personnels et financiers, la mise au point et la mise
en œuvre des bonnes pratiques concernant la manipulation, le
stockage, le traitement et l’élimination.
Docteur Pascal TALANI
talanip@yahoo.fr |