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Programme - 2012, l'année de la santé - 20/02/2012 - Les dépêches de Brazzaville - Congo-BrazzavilleEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Le Pr Claude Maylin, cancérologue à l'hôpital Saint-Louis à Paris, est conseiller médical du président de la République. Il présente pour les lecteurs des Dépêches de Brazzaville le projet de rénovation du système congolais de santé. Depuis quinze ans, le Congo Brazzaville a entrepris progressivement, étape par étape, des progrès dans de nombreux secteurs. La première étape a été de rétablir la paix civile grâce à la détermination et à la sagesse des responsables du pays.

La deuxième a été l'ouverture d'une politique de municipalisation des douze départements pour bâtir les établissements institutionnels nécessaires au fonctionnement de l'État. Parallèlement, une politique de grands travaux a été mise en place : routes, aéroports, communications et électrification du pays, avec notamment la construction du barrage hydraulique d'Imboulou et la centrale thermique au gaz de Pointe-Noire ainsi que les réseaux électriques.

Cette électrification du pays est essentielle pour le développement de son économie, pour l'amélioration des conditions sociales. Plus particulièrement, l'électrification du pays et l'accès à l'eau courante devraient permettre d'améliorer de manière efficace le fonctionnement des hôpitaux.

La troisième étape a permis une amélioration très sensible de la situation économique du pays grâce au règlement de la dette du Congo et à la stabilisation haute du prix du pétrole.

Dès lors, des moyens financiers vont être investis dans le social et notamment le secteur santé. 2012 est donc aujourd'hui l'année de la Santé. À ce titre, un audit du système de santé, fait par le gouvernement, a permis de cibler les points faibles et le niveau insuffisant dans le domaine de l'information du public, de la prévention des fléaux, des soins et de son financement. À partir de ce bilan, un programme ambitieux a été mis en place pour les trois prochaines années. Sous l'égide du président de la République, plusieurs ministères sont impliqués : Santé- population, Économie-finances, Plan, Famille, Recherche et enseignement, Environnement et développement durable, Humanitaire.

Sept objectifs ont été sélectionnés

Premier objectif : éradiquer la pauvreté et la faim

  • L'incidence de la pauvreté est passée de 70 % en 1990 à 50 % en 2010. En clair, un Congolais sur deux vit en dessous du seuil de pauvreté fixé à 544 F CFA par personne adulte et par jour. La lutte contre cette pauvreté est renforcée par une relance économique estimée à 4 % par an.
  • La malnutrition touche plus particulièrement les populations des campagnes, les enfants, les femmes enceintes et les personnes du 3e âge. C'est la raison pour laquelle l'autosuffisance alimentaire visant à développer l'agriculture dans les campagnes et les forêts, avec notamment des efforts pour l'élevage, la pêche et les cultures diverses, constitue une priorité pour le gouvernement.

Deuxième objectif : assurer l'éducation primaire pour tous

La lutte pour l'alphabétisation et la scolarisation s'est améliorée, passant de 72 % en 2005 à 90 % en 1990. Le développement des écoles, lycées et université pour une population jeune est un axe essentiel de développement durable du pays.

Troisième objectif : promouvoir l'équité et l'autonomisation des femmes

Le ratio filles-garçons dans l'enseignement primaire est passé de 0.90 en 1990 à 0.93 en 2008. Parallèlement, l'effectif des femmes dans la fonction publique et dans la vie politique du pays s'est sensiblement amélioré passant de 32 % en 2004 à 40 % en 2010.

Quatrième objectif : réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans et améliorer la santé maternelle

La situation sanitaire des enfants de moins de 5 ans au Congo est préoccupante. Le taux de mortalité est passé de 100 décès pour 1 000 en 1990 à 112 décès en 2005.
L'accessibilité aux soins, la qualité des soins et le support financier du gouvernement sont essentiels dans ce domaine. Par exemple, le programme de vaccination rougeole - poliomyélite est gratuit.
Parallèlement, le taux de mortalité maternel est inquiétant. La lutte pour l'amélioration des soins obstétricaux : hémorragie, infection, VIH, paludisme, tuberculose constitue également un souci et une priorité pour le gouvernement.

Cinquième objectif : lutter contre le VIH /sida, le paludisme, le cancer et autres fléaux

Dans ce domaine, l'aide gouvernementale ainsi que les aides internationales ont permis de s'attaquer à une situation préoccupante.
La prévalence pour le sida était de 4,2 % en 2003, elle est de 3.2 en 2009 avec un objectif à 2 % en 2015. La lutte contre le sida est basée sur la prévention avec l'éducation du public, la gratuité des préservatifs et la gratuité des traitements antiviraux qu'il convient de réaliser pour tous sans discrimination.
Le même combat a été mené pour lutter contre le paludisme. 60 % des motifs de consultation, au Congo, sont liés au paludisme. Là aussi la lutte contre le paludisme repose sur les axes de prévention et d'éducation de la population : règles d'hygiène, moustiquaires mais aussi gratuité des traitements anti-paludéens.

La tuberculose est un problème majeur de santé public avec une prévalence estimée à 449 pour 100 000 habitants avec 10 000 nouveaux cas par an. Là aussi des mesures ont été prises : prévention avec vaccination par le BCG, éducation du public et accès aux traitements anti-tuberculeux.

Ces trois fléaux ne doivent pas faire oublier les autres risques fréquents de maladies. Là aussi, la prévention, l'éducation du public et l'accès aux traitements sont une ambition de santé publique dont on connaît les difficultés dans plusieurs domaines : cancer, maladies cardio-vasculaires, diabète.

Sixième objectif : améliorer le statut des soignants

C'est un fait connu de tous au Congo que les médecins, infirmières, techniciens et administratifs ont des salaires inadéquats par rapport aux responsabilités qu'ils exercent. C'est la raison pour laquelle le salaire de ces fonctionnaires dans les hôpitaux publics a été augmenté de 50 %. Un meilleur statut juridique et une amélioration des salaires devraient permettre, d'une part, de stabiliser ces soignants dans les hôpitaux et, d'autre part, de ramener dans le pays les médecins congolais travaillant en Europe, notamment en France. Effectivement, aujourd'hui, le Congo manque cruellement de médecins.

Des coopérations sont faites avec des médecins chinois, cubains et français. À ce titre, au côté de la coopération Sud-Sud, des coopérations médicales entre le Congo et la France doivent être renforcées.
Il existe un projet de formation des personnels de santé géré par l'ambassade de France, l'Agence française de développement et l'Assistance publique hôpitaux de Paris.

Septième objectif : financer le programme de santé 2012

L'autofinancement par le gouvernement a bénéficié d'un budget d'investissement sur trois ans de 92 221 milliards FCFA (soit 140 millions d'euros). Ce budget supplémentaire a pour but d'améliorer le système sanitaire congolais dans plusieurs domaines : amélioration de la gouvernance, amélioration des standards et guide thérapeutique, amélioration de la couverture sanitaire, réhabilitation et maintenance des équipements, planification de la gestion des ressources humaines de la Santé, réduction de l'inégalité à l'accès aux soins, amélioration de la qualité des prestations, gestion des médicaments et lutte contre les faux médicaments, gestion des auxiliaires de santé, lutte contre les fléaux, gestion des urgences et catastrophes.

Parallèlement à ce soutien gouvernemental, le Congo bénéficie d'une aide publique internationale non négligeable. De plus, il est important que le Congo améliore son système de retraite et surtout la Caisse nationale de sécurité sociale qui ne couvre actuellement que 15 % de la population. Enfin, dans ce cadre financier, la lutte contre la corruption demeure un objectif difficile mais incontournable.

Conclusion

Pour les prochaines années, l'action du Congo -Brazzaville permet des espoirs d'amélioration dans de nombreux domaines et notamment dans le domaine de la Santé.
Ce programme Santé 2012, pour un plan à trois ans, doit être mené avec rigueur, transparence, détermination et optimisme.

Pr Claude Maylin

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