| Le fossé entre pays riches et pays pauvres
s’agrandit de jour en jour. L’égalité
dans le développement n’est pas pour demain. Cette
différence de développement n’est pas seulement
économique, industrielle et infrastructurelle. Elle est aussi
sanitaire et sociale ne serait-ce que pour circonscrire le débat.
Les praticiens des pays riches diront parfois qu’ils n’ont
pas de moyens pour travailler. Cela est vrai. Mais que dire des
pays dits pauvres (appelons les choses par leurs noms) ? Quand
les professionnels de la santé de ces hôpitaux disent
qu’il n’y a rien pour travailler, c’est qu’il
n’y a vraiment rien. Et bien sûr, ils seraient les plus
heureux si on leur proposait le surplus ou tout simplement ce que
ceux des pays nantis trouvent dépassé.
La médecine traditionnelle est-elle la solution ? J’en
doute car elle a montré ses limites. Une part de la responsabilité
incombe aux dirigeants parce que la part du budget réservée
à la santé est dérisoire. Mais d’autre
part en même temps il faut savoir que même s’ils
engloutissaient tout le budget national pour le mettre au compte
de la santé, cela apparaîtrait comme une goutte d’eau
dans la mer. Le pourquoi, c’est le manque de plan d’action
cohérent, c’est cette démographie galopante,
c’est l’informel, ce sont ces nouvelles pandémies
dont l’Afrique se trouve être au premier plan et c’est
la mentalité de la population. Ne dit-on pas que la santé
n’a pas de prix mais elle a un coût ?
Mais ici, dans les pays au sud du Sahara, la participation de la
population à ses soins de santé est délicate
tant les cas sociaux sont nombreux. Quelles solutions cohérentes
pour ces populations qui ont de réels besoins de santé
non couverts ? Le débat est ouvert. La santé
pour tous à l’an 2000 ne doit pas être un leurre.
Pour mémoire, je rappelle que nous sommes en 2004.
Abidjan, le 27 décembre 2004
Yao Raphaël Abauleth abauleth@hotmail.com
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