Guinée Le guide de la médecine et de la santé en Guinée  

Sommaire
Accueil
Présentation
Les éditos
Bibliothèque
Forum de la santé en Afrique
Annuaire de la santé en Afrique
web guinéen
Contacts

Une année finie, une année commence - 8 janvier 2005

Nous abordons l’année 2005 ! Et comme l’année 2004, l’année 2005 cherchera à résoudre toujours le même problème en Afrique : le manque de ressources entraînant une pauvreté sans qualificatif. Un manque de ressources paralysant plusieurs domaines, plusieurs entreprises personnelles et collectives. On sait que les ressources existent en Afrique.
Le problème : C’est comment mobiliser ces ressources ? Nos Etats ne disposant pas toujours de fonds nécessaires à la couverture de l’ensemble des investissements utiles, il faut dès lors trouver les moyens d’attirer les investisseurs locaux et étrangers à la réalisation de cette tache. C’est à dire faire en sorte que les bailleurs de fonds financent les investissements. Cela suppose le développement des instruments de garantie. C’est pourquoi les bons ne sont attractifs que s’ils sont garantis par une organisation comme le FMI ou la Banque mondiale. Les conditionnalités de ces organismes ? Bien venu au blocage ! Ils s’en fichent d’ailleurs si ce blocage a un impact négatif dans certains domaines sensibles de la vie de nos nations.

Bonne et Heureuse année !

Bonne et heureuse année à nos braves infirmières ! Que ferions-nous sans elle ?
Un professeur disait : ‘’Le métier d’infirmière est l’un des arts les plus difficiles. La compassion peut nous motiver, mais seule la connaissance nous donne les moyens de travailler’’ (Mary Adélaïde Nutting, Premier professeur de soins infirmier 1925 ).
Aujourd’hui, les infirmières constituent le groupe de professionnel de la santé le plus nombreux. L’OMS estime qu’elles sont, avec les Sages femmes, plus de 9 millions dans 141 pays. Leur rôle est essentiel. Une revue (The Atlantic Monthly) Compare leur travail au ’’tissage d’une tapisserie faite de soin, de connaissance qui joue un rôle déterminant dans le rétablissement du patient’’.
En effet, les soins infirmiers sont selon la définition d’une encyclopédie ‘’le processus par le quel une infirmière aide un patient à se rétablir d’une maladie ou d’une blessure, ou à retrouver une indépendance aussi grande que possible’’ ().
Dans cette définition, il faudrait comprendre au-delà d’une simple vérification de tension ou de pouls, que l’infirmière ‘’se préoccupe davantage de la réaction globale du patient à la maladie que de la maladie elle-même, elle s’efforce de limiter la douleur physique, de soulager la souffrance mentale et, lorsque c’est possible, d’éviter les complications’’().
Nous savons tous que c’est le médecin qui décide des soins à donner, mais c’est l’infirmière qui s’occupe du patient. Pour accomplir cette lourde tache, nos infirmières ont besoin de connaissances professionnelles de plus en plus complexes. Ne les oublions pas car, elles sont citées toujours en dernière position par nous les médecins. Elles complètent toujours la liste des auteurs dans les articles scientifiques, même si elles sont l’initiatrice de la recherche. Elles ont le désir d’étudier et ont la capacité de comprendre ce qu’on étudie. Elles sont l’épine dorsale du système de soins. Elles ont droit aujourd’hui à une qualification et spécialisations professionnelles, surtout en Afrique.

‘’Les infirmières compétentes ont des choses à apprendre même aux médecins. Celles qui travaillent dans des services spécialisés comme les unités de soins intensifs comptent parmi les membres les mieux formés du personnel hospitalier. Quand j’étais interne, ce sont les infirmières qui m’ont appris à mettre un cathéter et à régler un aspirateur, elles aussi qui m’ont indiqué les médicaments à éviter ‘’(Docteur Sandeep Jauhar, du New York Presbyterian Hospital). Ce médecin, lui au moins, il est reconnaissant.
Une infirmière qui conteste l’avis d’un médecin dans nos hôpitaux ? Cela comporte un haut risque ! Il y a des médecins qui prennent mal les suggestions émises par des personnes qu’ils considèrent comme leurs subordonnés. ‘’Une infirmière doit être courageuse. Elle est tout d’abord légalement responsable des éventuels dommages causés par les médicaments qu’elle administre et les actes qu’elle réalise. Elle doit être capable de refuser d’exécuter un ordre donné par un médecin si elle estime qu’elle n’est pas habilitée à le faire ou si elle pense que l’ordre est erroné.’’(Réveillez-vous ! Novembre 2000)
En tout cas, sans les infirmières, les séjours à l’hôpital seraient plus éprouvants, voire impossibles.
Félicitations, du courage et Bonne et Heureuse année, chères infirmières!

Bonne et Heureuse année aussi à nos chercheurs.

Des africains chercheurs et au service de l’Afrique ?
Nul n’ignore que la science et la technologie sont de puissants outils de développement de toute nation. L’importance de l’accélération des découvertes faites dans les différentes branches de la science offre aujourd’hui d’exceptionnelles possibilités à l’homme pour maîtriser la nature et satisfaire ses besoins. Est-ce que cette observation est générale ?
En tout cas, entre le tiers monde et les puissances, le fossé s’élargit tous les jours davantage. La recherche scientifique dans le tiers monde notamment dans sa partie africaine, est à la recherche d’une personnalité, car en fait dans cette affaire il ne faut compter que sur soit même. Mais divers problèmes liés à la structure et au fonctionnement, aux ressources institutionnelles, matérielles, humaines et financières viennent perturber l’élan de la plupart des chercheurs africains.
Les politiques et pratiques des bailleurs de fonds viennent encore aggraver ces problèmes structurels avec, comme résultat, des études à court terme qui ne laissent pas aux capacités locales le temps de s’édifier, la prédominance d’un personnel expatrié dans la plupart des projets et, à tout le moins, la perception, de la part des récipiendaires de l’aide étrangère, que les projets répondent plutôt aux priorités des donateurs qu’à celles du pays concerné (AIDSCAP/Family Health International). Cependant, la place dominante qu’occupent les bailleurs de fonds internationaux dans la recherche en santé en Afrique découle du manque de financement domestique pour de telles recherches : beaucoup de gouvernements de ce continent apparaissent ne pas prendre au sérieux la gravité de certaines épidémies comme le SIDA et n’ont versé que des miettes à la recherche.
Pratiquement, toutes les recherches entreprises jusqu’à présent n’ont été possibles qu’avec la coopération technique et l’aide extérieure de la communauté internationale.
C’est pourquoi, Il est temps pour nous les Africains et dans un monde où la disponibilité des ressources se fait de plus en plus rare de faire le bon choix des interventions en matière de recherche. Dès lors, mis à part le défi immédiat que représente l’identification des sujets vitaux de recherche, les réponses à leur apporter effectivement forment un énorme ensemble de défis qui restent à relever.
Les aspects clés portent entre autre sur des capacités suffisantes de direction et d’administration pour planifier, exécuter, surveiller et évaluer les études.
Savoir que globalement et dans un domaine donné, la gestion des ressources et une question de choix de priorité, d’efficience et d’efficacité de l’action à financer.
Qu’on puisse par exemple dépenser 32,75 millions de francs CFA pour augmenter de 5 ans seulement la vie de quelques patients dont l’age moyen est de 87,6 ans mérite une analyse approfondie ! Et le rapport de dépendance ?
Car, en terme de santé publique, l’objectif principal du recours a une action (réduction de la morbi-mortalité) doit se traduire par un allongement de la durée de vie obtenu en évitant une pathologie chez un sujet donné. Cet allongement obtenu de la durée de vie est appelé : QALY. On estime qu’un traitement ou un examen dont rapport coût/QALY est > 50 000 dollars (350 KF) en Europe ne présente pas d’intérêt en terme de santé publique (UV22, Dr J.J Cabaud).

Pour nous les chercheurs et en matière de santé publique, la formulation du problème que l’on désire étudier est très importante avant de se lancer dans une étude. Il nous faut surtout en cette période de crise économique, des études dont l’approche est moins coûteuse et qui permettent surtout de déterminer l’impact d’une intervention au niveau d’un groupe de communauté donné. On a besoin de savoir, malgré les nombreuses interventions, pourquoi le taux d’incidence du SIDA ou d’autres affections augmentent dans certaines localités et diminuent dans d’autres. Pour cela et l’expérience l’a prouvée, il ne faut pas se fier essentiellement à des indicateurs comme le nombre de séminaires de formation tenus, le nombre de capotes distribuées ou le nombre de spectacles tenus etc. Il est important pour nous de voir le bien fondé de certaines interventions dans ce domaine et surtout le choix des stratégies ciblées. Choisir des variables d’étude exploitables et permettant d’évaluer l’impact de ces interventions. Ce la permettra d’avoir une vision claire des problèmes que posent les IST/SIDA par exemple dans un pays, la nature des ressources disponibles, les facteurs politiques, législatifs et sociaux qui pourraient influencer le programme.
Si l’ensemble de la population a la même religion ou appartenance ethnique par rapport à une étude, est-il utile de collecter cette variable ? De même que si le revenu réel d’une famille est difficile à mesurer avec suffisamment de précision, est-il utile de recueillir cette caractéristique ?
Comment voulez-vous dans une étude rétrospective établir la fréquence des causes de décès dans une localité où on n’établit pas de certificats de décès ?
L’utilité, la précision, la fiabilité et la pertinence des données doivent surtout fournir des informations qui ont un rapport avec l’objectif de l’étude et qui permettent d’entreprendre une action bénéfique pour la santé publique ().
Il n’est pas toujours facile d’obtenir des données correctes. Vérifiez avant d’entreprendre l’étude la possibilité d’obtenir des données fiables est une nécessité incontournable.
Si certains programmes se heurtent à des difficultés de mobilisation des ressources pour la recherche, c’est parce qu’ils ne peuvent pas mettre en évidence les succès des activités précédentes, l’utilisation optimale des ressources, la rentabilité du programme et surtout la pertinence des activités programmées. Dans certains domaines, beaucoup de ressources sont aujourd’hui disponibles. Essayons de rationaliser leur utilisation et choisissons surtout des activités pertinentes. Lorsque l’on calcule le coût d’une activité, certains éléments ont une plus grande influence sur le coût final que d’autres. Il est utile d’identifier ces éléments afin de pouvoir les examiner de plus près, et d’évaluer le motif de leur planification, leur intérêt, l’existence d’alternatives moins onéreuses.
Entreprenons des recherches opérationnelles et gérons rationnellement le peu que nous avons. Le succès de la recherche en Afrique est à ce prix.

BONNE ET HEUREUSE ANNEE A TOUS !
(Pour des renseignements complémentaires, l’ambassadeur se tient à votre disposition)

Conakry, le 8 janvier 2005
Dr Kaba KOUROUMA, Ambassadeur de Santé tropicale en Guinée.

NG COM Santé Tropicale
Copyright © 2005 NG COM Santé tropicale. Tous droits réservés