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PAUVRETE ET SANTE (2ème
Partie, suite et fin)
Au cours de l’EIBEP (Enquête Intégrée
de Base Pour l’Evaluation de la Pauvreté),
et dans le cadre du contrôle des naissances, près de
6 % seulement des femmes en âge de procréation ( ou
leur partenaire) . Les taux d’utilisation les plus élevés
de méthodes contraceptives sont enregistrés en Guinée
Forestière (9,2 %) et à Conakry (8,2 %) tandis qu’en
Moyenne Guinée on ne compte que 2,1 % d’utilisation.
Dans cette région, la prévalence contraceptive a malgré
tout connu une nette amélioration par rapport à l’EIBC
où le niveau n’était que de 0,7 %.
La pratique de la contraception est très faible à
Mamou (1,6 %) par rapport aux autres régions administratives.
Selon le groupe socio-économique du chef de ménage
, les femmes dont le chef de ménage est un salarié
du secteur privé (12 %) et qui appartiennent à des
ménages dont le chef est un indépendant du secteur
formel (10,1 %) enregistrent les taux les plus élevés
de contraception.
Par contre, les indépendants du secteur agricole (agriculteurs
et éleveurs) ont des taux inférieurs à la moyenne
nationale. Ainsi, les femmes dont le chef de ménage se réclame
indépendant éleveur n’utiliseraient pas du tout
une méthode contraceptive et celle des ménages relevant
d’un indépendant agricole de produits d’exportation
n’enregistraient que 0,9 % comme taux d’utilisation
des méthodes contraceptives.
L’utilisation de méthodes de contrôle de naissance
est fortement corrélée avec le niveau d’instruction
de la femme : 4,4 % pour les femmes sans instruction contre 5,4
% pour celles qui ont un niveau d’instruction du primaire,
11,9 % pour les femmes ayant un niveau du secondaire 1er Cycle de
l’enseignement général, 21,4 % pour celle qui
ont un niveau secondaire 2ème cycle et 25,9 % pour le niveau
de l’enseignement technique ou professionnel. Le niveau d’utilisation
chez les femmes qui ont atteint l’université se situe
à 16 %.
Du point de vue de la situation matrimoniale de la femme, on constate
que le taux d’utilisation de méthode de contrôle
de naissance est plus élevé au niveau des femmes en
rupture d’union. Ainsi, les divorcées :séparées
(14,5 %) et veuves (8,6 %) enregistrent des taux nettement supérieurs
à la moyenne nationale. Chez les mariées, on constate
un taux légèrement plus élevé au niveau
des femmes monogames (6,1 %) par rapport à celles vivant
dans un ménage polygamique (4,3 %).
En dehors de la continence périodique (29,2 %), la pilule
est le moyen moderne le plus utilisé par les femmes ou leurs
partenaires. Près d’une femme sur quatre utilise les
injections (19,1 %) et 12,1 % des femmes ou leurs partenaires emploient
le condom.
L’utilisation des méthodes modernes (pilule, dispositif
intra-utérin, injection, préservatif et stérilisation)
a connu une forte augmentation par rapport à ce qu’elle
était lors de l’EIBC. Sa part dans l’utilisation
totale est passée de 29,4 % en 1994 à près
de 60 % en 2002.
La stérilisation est pratiquée par 2,3 % des femmes
(ou leur partenaire). Il s’agit principalement de la stérilisation
de la stérilisation féminine (1,9 %).
La pilule est utilisée par les femmes pratiquement à
tous les âges alors que Les condoms sont employés surtout
par les femmes jeunes (moins de 30 ans).
La stérilisation féminine quant à elle est
faite par les femmes qui sont à la Fin de leur vie génésique
(45-49 ans).
Quant aux méthodes dites traditionnelles constituées
essentiellement de la continence périodique (29,2 %), elles
ont été citées par près d’une
femme sur trois (32,1 % au total). Les autres méthodes traditionnelles
(utilisation de décoction, de talismans, de ficelles attachées
de la hanche etc.) intéressent 8,5 % des femmes.
Les questions posées aux femmes qui n’utilisent pas
de méthodes contraceptives font ressortir que 18,3 % d’entre
elles n’avaient pas atteint le nombre d’enfants désirés
pour expliquer leur attitude.
La religion constitue le second facteur de non utilisation de méthodes
de contraception (13,6 %) des femmes . Plus d’une femme sur
dix (12 %) a indiqué qu’elle
n’était au courant d’aucune méthode de
contrôle de naissance. Pour 4,3 % des femmes, elles n’utilisent
pas une méthode contraceptive parce que leur conjoint s’oppose.
Des questions portant sur l’accouchement (lieu et le type
de personnel ayant assisté) et sur le suivi de l’enfant
après la naissance (soins postnatals, allaitement, alimentation
de complément et sevrage) ont été posées
au sujet de tous les enfants de moins de 5 ans. Ces questions étaient
adressées aux mères ou au membre du ménage
ayant la charge de l’enfant.
Plus de la moitié des accouchements a eu lieu au domicile
de la mère (58,9 %). Dans les régions naturelles de
la Moyenne Guinée et de la Haute Guinée, les proportions
sont particulièrement élevées (respectivement
79,8 % et 74,1 %).
En Guinée Forestière 13 % des accouchements se font
au domicile de l’agent de santé ou de l’accoucheuse
contre 6,5 % au niveau national .
Les enfants nés dans une établissement sanitaire
représentent environ le tiers (34,1 %) . C’est dans
les régions de la Moyenne Guinée (18,4 %) et de la
Haute Guinée (21,5 %) que les femmes accouchent moins dans
une formation sanitaire.
Même à Conakry, on compte une femme sur quatre (25,1
%) qui n’accouche pas dans un établissement sanitaire.
En zone rurale, seulement 23,1 % des accouchements se font dans
une formation sanitaire soit environ 3 fois moins que dans les centres
urbains de l’intérieur (65 %).
Au niveau national, plus du tiers des accouchements (39 %) sont
faits avec l’assistance des accoucheuses traditionnelles Les
sages femmes interviennent pour un peu plus d’un quart (27,4
%) et les médecins assistent seulement 36 % des accouchement.
Moins d’un accouchement sur dix (7,6 %) est assuré
par une accoucheuse formée.
Moins de 4 % des accouchements sont assurés par des médecins.
A Conakry, la proportion des accouchements assistés par ce
personnel médical est nettement supérieure à
celles des autres régions naturelles.
La Guinée Forestière compte la plus grande proportion
d’accouchements assistés par des accoucheuses formées.
En Haute Guinée par contre, plus de la moitié des
accouchements (57,4 %) se fait avec l’assistance d’une
accoucheuse traditionnelle.
Peu d’accouchements au niveau national (4 %) ont lieu sans
assistance. Dans la région naturelle de la Moyenne Guinée,
on compte 10,6 % d’accouchements non assistés. Chez
les femmes dont le chef de ménage est un indépendant
agriculteur producteur de cultures d’exportation ou un indépendant
du secteur informel, les proportions d’accouchement qui se
font sans aucune assistance sont respectivement de 20,6 % et 14,5
%.
S’agissant du suivi de l’enfant après la naissance,
on note que dans l’ensemble, plus de 7 enfants sur dix (72,6
%) ont reçu des soins post-natals au cours des douze derniers
mois. Les plus jeunes enfants (moins de 3 ans) semblent avoir été
mieux suivis que leurs aînés. Ainsi, les proportions
passent d’environ 75 % pour les enfants de moins de 3 ans
à seulement 67 % pour les enfants de 4 ans et plus.
On ne note pas de différence significative en examinant
les enfants du point de vue du sexe (73,3 % pour les garçons
contre 71,9 % pour les filles).
Les enfants qui relèvent de ménages dont le chef
est salarié du secteur public ou du secteur privé,
indépendant du secteur informel ou formel ont été
plus suivis après la naissance que ceux des autres groupes
socioéconomiques. Les proportions pour ces enfants tournent
autour de 90 % contre seulement 44,7 % pour les enfants des indépendants
agriculteurs producteurs de cultures d’exportation .
Quel que soit l’âge de l’enfant ou le sexe, les
enfants des centres urbains reçoivent davantage de soins
post-natals que ceux du milieu rural. La proportion d’enfants
ayant reçu des soins post-natals au cours des 12 derniers
mois n’est que de 67,8 % en milieu rural contre 88 % au niveau
des centres urbains de l’intérieur du pays et près
de 89 % Conakry. Par rapport à l’EIBC, le niveau s’est
nettement amélioré. Les données correspondantes
de cette enquête indiquaient 31 % en milieu rural, 61 % dans
les centres urbains de l’intérieur et seulement 57
% à Conakry.
Quant à la proportion d’enfants âgés de
moins de 5 ans ayant été allaités, près
de 98 % des enfants ont bénéficié de l’allaitement
maternel. Cette proportion ne varie pratiquement pas quel que soit
le sexe de l’enfant. D’une façon générale,
quelle que soit la variable d’analyse considérée,
la proportion d’enfants ayant été allaités
est très importante et dépasse 96 %. Seuls les enfants
nés de mères ayant atteint un niveau d’instruction
universitaire ou plus ont une proportion inférieure à
90 %.
L’âge moyen au sevrage est de 23,5 mois pour l’ensemble
du pays et l’âge médian est de 24 mois.
Au niveau des régions naturelles, on note que les enfants
de la Guinée Forestière (20,9 mois) et ceux de Conakry
(21,6 mois) sont en moyenne sevrés plus tôt que ceux
des autres régions.
Les femmes du milieu rural allaitent plus longtemps leurs enfants
que ceux des centres urbains.
Plus le niveau d’instruction de la mère est élevé,
plus la durée moyenne de l’allaitement est courte.
Ainsi, les femmes non scolarisées et celles qui n’ont
atteint que le niveau du primaire allaitent pendant plus de 23 mois
alors que celles qui ont atteint ou dépassé le secondaire
allaitent au plus 20 mois.
On ne note pratiquement pas de différence en prenant en
compte le sexe de l’enfant (23,6 mois pour garçons
et 23,3 mois pour les filles). Les femmes qui vivent dans des ménages
dirigés par un agriculteur ou un éleveur allaitent
plus longtemps leur enfants que ceux des autres groupes socioéconomiques.
En plus du lait maternel, il convient de donner à l’enfant
à partir du 6ème mois une alimentation de complément
en vue de lui assurer une croissance rapide et une meilleure santé.
Les données de l’enquête indiquent que dans l’ensemble,
près du tiers des enfants de moins de cinq ans (31,5 %) ont
commencé à recevoir une alimentation de complément
solide ou liquide avant le 6ème mois. Les enfants qui reçoivent
des aliments solide ou liquide entre le 6ème et le 8ème
mois représentent 44,8 %. Seulement 13,8 % des enfants attendent
12 mois avant de donner à leurs enfants une alimentation
de complément.
Pour ce qui est des informations sur l’alimentation de complément
selon certaines caractéristiques , au niveau des régions
naturelles, les plus fortes proportion d’enfants ayant reçu
une alimentation de complément avant 6 mois ont été
observées en Moyenne Guinée (38,2 %) et en Guinée
Forestière (33,6 %). De même, les régions administratives
de Boké (43,7 %), Faranah (38,6 %) et Labé (35,6 %)
enregistrent des proportions d’enfants qui reçoivent
une alimentation autre que le lait maternel .
Les femmes de Conakry semblent mieux respecter la norme qui veut
que l’alimentation solide ou liquide ne soit donnée
à l’enfant qu’après le 6ème mois
par rapport surtout aux femmes des centres urbains de l’intérieur
du pays. Les proportions sont respectivement de 29,5 % et 34,9 %.
Par ailleurs, les enfants nés de mères ayant un niveau
d’instruction supérieur (16,7 %) ou du lycée
(27,2 %) sont moins nombreux à prendre une alimentation de
complément avant l’âge de 6 mois.
L’incidence de la maladie ou de la blessure est plus élevée
chez les individus non pauvres que chez ceux pauvres. En effet,
elle est de 32,1 % chez les premiers contre 26,6 % chez les seconds.
Les très pauvres (24,8 %) se démarquent des pauvres
auxquels ils appartiennent.
Quel que soit le niveau de vie du ménage, les femmes subissent
plus l’influence de la maladie que les
homme .
L’immobilisation suite à la maladie ou à la
blessure ne tient pas non plus compte de la situation de pauvreté
des individus. Le nombre moyen de jours d’inactivité
chez les pauvres est de 13,8 jours alors que chez les non pauvres
il est de 14,1 jours.
Au niveau des régions naturelles, la Haute Guinée
(16,5 jours) et la Moyenne Guinée (15,5 jours) se distinguent
avec une durée d’inactivité plus élevée
chez les pauvres que ceux des autres régions notamment la
Basse Guinée et Conakry qui ne comptent qu’un peu plus
de 10 jours chacune. Chez les non pauvres par contre, c’est
la Basse Guinée qui se détache nettement des autres
régions avec un nombre moyen de jours d’inactivité
qui avoisine 19 jours.
Sur le plan des régions administratives, les pauvres de
Labé (21,2 jours) et Kankan (17,8 jours) restent plus longtemps
immobilisés suite à une maladie ou à une blessure
que ceux des autres régions alors que chez les non pauvres,
Kindia se distingue assez nettement des autres régions avec
un nombre moyen de jours d’inactivité de près
de 20 jours.
Les pauvres du milieu rural également ont un nombre moyen
de jours d’inactivité (14,1) plus grand que celui des
autres milieux. Ainsi, à Conakry, les pauvres restent en
moyenne 10,3 jours sans mener une activité à la suite
d’une maladie ou d’une blessure tandis que dans les
autres centres urbains ce nombre est de 11,8 jours.
PRIORITES POUR L’AVENIR
Le Gouvernement guinéen fait certes des efforts pour réduire
la pauvreté en Guinée. Notre souci majeur est de développer
des stratégies pour la réduction de la pauvreté.
De l ‘avis des experts, ce la passe forcement par l’offre
de crédit, l’introduction de nouvelles technologie,
la recherche de l’emploi, la recherche du travail supplémentaire,
le changement de travail et la formation. D’autre part, l’identification
et la hiérarchisation des priorités des communautés
facilitent l’élaboration de politiques et stratégies
de lutte contre la pauvreté et permettent de constater si
les priorités des communautés n’ont pas variés
par rapport aux consultations précédentes. L’approvisionnement
en eau potable, la construction et l’entretien d’infrastructure
sanitaires, de routes, d’écoles constituent les principales
priorités du développement communautaire en guinée.
A celles-ci s’ajoutent de nouvelles priorités notamment,
la promotion d’activités productrices génératrices
de revenus et l’emploi des jeunes. Parmi les moyens identifiés
de lutte contre la pauvreté, il faut ajouter le développement
des services sociaux de base, la bonne gouvernance, la lutte contre
l’insécurité et la promotion de la femme.
Pour tous renseignements complémentaires, contacter
:
La Direction Nationale de la Statistique (DNS)
BP 221, Conakry, Guinée
Téléphone : (224) 41-45-67/41-38-36
Fax : (224) 41-30-59
E-mail : dnstat@biasy.net
bnr-stat@biasy.net
Conakry, 1er Mars 2006
Dr Kaba KOUROUMA, Ambassadeur santé tropicale/Guinée
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