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En septembre 2000, la Guinée a été frappée par
une épidémie de fièvre jaune. La fièvre jaune est une maladie virale
hémorragique dont la létalité peut atteindre 20 à 80%. L'agent causal
peut se transmettre selon deux modes épidémiologiques : le cycle
urbain et le cycle forestier ou cycle selvatique. Les deux modes
sont l'origine de maladies cliniquement identiques, puisqu'elles
sont produites par le même virus. L'hôte principal est le singe
et l'homme peut être considéré comme "accident" terminal du cycle
de transmission.
En Guinée, de septembre 2000 à mars 2001, l'épidémie
qui avait commencé en Moyenne Guinée, dans la région de Mamou, se
serait étendue aux autres régions naturelles du pays. Une campagne
de vaccination antiamarielle et des actions de lutte anti-vectorielle
dans les zones affectées ont été alors organisées.
En juillet 2001, une recrudescence des cas d'ictère fébrile dans
la ville de Conakry a été constatée. Du 31 juillet au 18 novembre
2001, quarante-six cas d'ictère fébrile dont 7 décès (12,51 %) ont
été notifiés à Conakry par la division de la prévention et lutte
contre la maladie du Ministère de la santé publique, faisant craindre
une épidémie urbaine dans la capitale guinéenne. Sur les 97 prélèvements
effectués sur des cas suspects de fièvre jaune dans la ville de
Conakry, 4 au moins ont été confimés par le laboratoire. Face
à cette situation, le Ministère de la santé a fait la déclaration
officielle de l'épidémie dans la ville de Conakry et a sollicité
l'appui des partenaires de la Guinée. Une campagne de vaccination
de masse contre la fièvre jaune à Conakry et Coyah (située à 50
km de Conakry) a été organisée en août et septembre de l'an 2000
à nos jours (2001 à Conakry, 2002 et 2003 à Macenta et Youmou en
Guinée Forestière) confirme la ré-émergence de cette maladie dans
une grande partie du pays. Le risque d'épidémie de fièvre jaune
a été particulièrement élevé en 2003 dans la région de N'zérékoré
(Guinée Forestière) où 12 cas ont été confirmés en 2002 avec persistance
des facteurs de risque suivants : forte concentration du vecteur,
déplacement des populations, augmentation du nombre de personnes
travaillant dans la forêt.
Face à cette situation, afin de prévenir une épidémie
de fièvre jaune dans les zones urbaines, le Ministère de la santé
envisage une vaccination massive et préventive portant sur les 4
régions naturelles du pays (Boké, Kankan, Kindia, et N'zérékoré)
et visant les personnes âgées de plus de 9 mois jamais vaccinées
contre la fièvre jaune au cours des 10 dernières années.
La Guinée adopte 2 stratégies pour la prévention
des épidémies de fièvre jaune : l'introduction du vaccin antiamaril
dans le PEV de routine et l'organisation de campagne de masse ciblant
les personnes âgées de plus de 9 mois. La première stratégie est
en vigueur en Guinée depuis 2002. Cependant, si la deuxième stratégie
n'est pas mise en ouvre dans le pays, des épidémies vont continuer
à survenir avec comme conséquence une forte létalité et une contribution
financière de l'Etat et des partenaires beaucoup plus importante
que le coût d'une campagne préventive. En 2002, GAVI a approuvé
le financement de 6.000.000 de doses de vaccin antiamaril accompagnés
de seringues autobloquantes, de boîtes de sécurité, de seringues
de dilution. Ce matériel sera disponible pour les campagnes préventives
en fin 2003, les conditions pour bénéficier de ce matériel sont
:
- Etre un pays à haut risque,
- avoir introduit le vaccin antiamaril dans le PEV de routine,
- avoir un plan stratégique, avoir mobilisé des fonds locaux (de
l'Etat et des partenaires).
La Guinée et le Sénégal ont été ciblés en raison
de leur situation épidémiologique et seront les bénéficiaires pour
l'année 2004. La Guinée remplit les trois premières. Le présent
document a pour but de mobiliser les fonds locaux afin de permettre
au pays de bénéficier de vaccin antiamaril et de matériel de vaccination
pour l'organisation d'une campagne préventive de masse. Dans le
but de réduire la morbidité et la mortalité liées à la fièvre jaune.
Spécifiquement, il serait question de vacciner
au moins 95 % de la population dans l'ensemble des districts n'ayant
pas organisé des campagnes et non couverts complètement par les
campagnes dans les régions de Boké, Kanka, Kindia et N'zérékoré.
Mettre en place un système de suivi de l'impact de la campagne.
Le coût opérationnel (sans le coût du matériel de vaccination) est
de 589.478.000 FG (soit 305.426 USD).
(Mensuel guinéen d'informations sanitaires et sociales, février
2004 pp 10-11)
Conakry, le 14 avril 2004
Dr Kaba KOUROUMA, Ambassadeur de Santé tropicale en Guinée.
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