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Le point sur la troisième enquête démographique en santé en Guinée (2005) - 10 mai 2005

L’enquête démographique en santé (EDSG-III 2005) a démarré pratiquement sur le terrain en Guinée en Février 2005. La dernière enquête remonte en 1999 (mai à juillet).
Cette enquête se fixe comme but d’évaluer la situation démographique, socio-économique et sanitaire de la population guinéenne particulièrement dans le domaine de la santé maternelle et infantile. Ce qu’il faut souligner, c’est que cette enquête associe, pour la première fois en Guinée, le volet laboratoire consacré au dépistage de l’anémie et du VIH.

Plusieurs activités sont réalisées dans le cadre du volet laboratoire :

  • Enquête pilote : les travaux se sont déroulés dans la sous préfecture de Khorira à Dubréka et dans la commune de Matoto à Conakry du 16 au 26 novembre 2004. Au cours de cette enquête, 91 ménages ont été enquêtés. Du sang a été prélevé pour le test d’anémie auprès de 296 sujets et pour le test du VIH au près de 191 sujets.
  • Formation des laborantins : Avec l’assistance de consultants internationaux, des activités de formation du personnel de laboratoire impliqué dans l’ EDSGIII se sont déroulées au LNR (Laboratoire National de Référence) et sur le terrain.
  • Fourniture de la logistique : C’était en effet un problème très inquiétant pour tous les observateurs impliqués dans l’enquête. Une mission d’expertise envoyée par Macro International à évaluer la capacité du LNR à gérer le volet biologique de l’EDSGIII. Le constat n’état pas positif et des recommandations ont été faites pour pallier au déficit de locaux et d’équipements conséquents, car, malgré la présence de compétences techniques le LNR n’était pas prêt à exécuter ce volet laboratoire. Ce déficit à été corrigé par la rénovation du laboratoire.
  • Un algorithme de dépistage et de confirmation incluant 3 tests (VIRONOSTIKA HIV UNI-FORM II PLUS O, ENZYGNOST ANTI HIV ½ PLUS et le Western Blot) est déjà conçu. Il reste à identifier un laboratoire pour le contrôle externe.
  • Le protocole des procédures de prélèvement, d’échantillonnage, de conservation d’analyses et d’évaluation des tests sont disponibles.
  • Le personnel de laboratoire nécessaire pour le prélèvement sur le terrain, l’extraction des échantillons et les tests biologiques sont identifiés et mis à la disposition de l’EDSGIII par les services administratifs concernés.
  • Le personnel du laboratoire est formé à la mise en place du matériel de prélèvement, à l’extraction des sérums à partir des confettis de sang sur papier filtre, à la conservation des sérums, au dépistage du VIH par l’ELISA ainsi qu’au dosage de l’hémoglobine par la technique HEMOCUE.
  • Des collectes d’échantillons ont été organisées dans certains centres de santé de Conakry. Ceci a permis aux techniciens de s’exercer sur l’utilisation de l’Hemocue (appareil pour doser l’hémoglobine) et sur les prélèvements sur papier filtre. Ils se son également exercés sur le remplissage des fiches de collecte d’échantillons et de contrôle de qualité du dosage de l’hémoglobine.

Décisions institutionnelles et éthico-Juridiques :

  • Nomination du personnel d’encadrement technique et d’appui de l’enquête du LNR par note de service N°0171/MSP/CAB du 19 octobre 2004.
  • Soumission au Comité National d’Ethique pour la Recherche en Santé pour approbation des projets de textes relatifs au consentement volontaire des enquêté (és) à participer à l’enquête volontaire et anonyme aux tests VIH et d’anémie.
  • Mise en place des organes de suivi et de mise en œuvre et la désignation des membres par les structures respectives.
  • Nomination du consultant national spécialiste VIH (Dr Kaba KOUROUMA du CENTRE NATIONAL DE TRANSFUSION SANGUIN) par note de service N°004/MSP/CAB du 11 janvier 2005 avec une équipe de laboratoire composée de 10 techniciens chargés du prélèvement sur le terrain.
  • Signature de contrat de consultation nationale VIH entre le consultant National spécialiste VIH et le Ministère du plan.

A Conakry et d’après la planification du BNR (Bureau National de Recensement), 62 grappes ont été préalablement sélectionnées. Le résultat des prélèvements par grappe est disponible. Ils concernent les 5 communes de la capitale. Dix (10) laborantins repartis dans dix équipes ont activement participé avec professionnalisme au prélèvement sanguin pour anémie et VIH.

Dans un sous échantillon de ménages de l’enquête (moitié des ménages), des prélèvements de sang ont été effectués auprès des enfants de moins de 5 ans pour pratiquer les tests d’anémie et auprès des hommes de 15 à 59 ans et des femmes de 15-49 ans pour pratiquer les tests d’anémie et du VIH. Le résultat du taux de prélèvement est impressionnant.

Le dépistage de l’anémie au cours de l’EDSGIII permet d’estimer sa prévalence et de mettre en évidence les écarts entre les différents groupes de population, selon le niveau socio-économique, le milieu de résidence et selon certains indicateurs démographiques. De telles informations sont particulièrement utiles pour développer des programmes d’interventions dans le domaine de la promotion de la santé et de l’éducation de la population.

La plupart des données actuelles sur la prévalence du VIH proviennent des systèmes de surveillance mis en place auprès des populations spécifiques comme les femmes qui effectuent des visites prénatales dans des centres de santé, les professionnels du sexe et les personnes soignées pour des IST dans des hôpitaux ainsi que les tuberculeux. Les gens ont même tendance à extrapoler la prévalence hospitalière à la population globale. Qui est surpris devant une prévalence de 55% de VIH chez les tuberculeux ou 42 %de prévalence hospitalière dans un CHU ? Il faut reconnaître, que les résultats de ce type de surveillance ne permettent pas d’estimer la prévalence du VIH dans la population générale. Elle s’intéresse à un groupe de personnes exposés, elle ne prend pas en compte le prévalence dans la population globale. C’est pourquoi le Ministère de la santé en collaboration avec le Ministère du plan et de la statistique a décidé de pratiquer un test du VIH dans un sous-échantillon représentatif de femmes de 15 à 49 ans et d’hommes de 15 à 59 ans par le biais de l’EDS (Enquête Démographique de Santé). Le VIH se transmet principalement par voie sexuelle, l’estimation qui sera obtenue à partir des résultats des tests de ces groupes de population permettra d’obtenir une meilleure estimation de la prévalence actuelle du VIH en Guinée que celle qui est disponible par le biais d’autres sources.

Il faut reconnaître, que la prévalence du VIH donne une image globale de l’épidémie (c’est une photographie du VIH/SIDA). Elle donne une image moins précise des tendances récentes de l’épidémie. Elle ne distingue pas les personnes qui ont contracté le virus récemment de celles qui l’ont contracté il y a 10 ans et davantage.

La mesure de l’incidence serait la plus appropriée. Elle mesure le nombre de nouvelles infections VIH parmi les personnes non infectées jusqu’alors. Elle contribue à compléter les tendances actuelles (c’est une image animée de l’épidémie). Mais, elle est très coûteuse au point d’être impossible à l’échelon national et d’une manière régulière dans la plupart des pays. Ce la ne signifie pas pour autant que les tendances actuelles restent un mystère. Une mesure régulière de la prévalence du VIH comme dans l’EDS III parmi des groupes de jeunes peut servir de mesure supplétive, bien qu’imparfaite de l’incidence du VIH de ces groupes. En raison de leur age, les jeunes sont relativement infectés récemment. Un changement important dans la prévalence du VIH parmi les 15-19 ans ou les 15-24 ans est le reflet de tendances nouvelles de l’épidémie. La baisse signifie une bonne application du programme de prévention. Heureusement, L’EDSIII en Guinée prend en compte ces tranches d’age.

Conformément au plan d’échantillonnage défini dans le document de projet, 297 zones de dénombrement ont été sélectionnées au premier degré à partir de la base de sondage de recensement de 1996. au second degré, 7500 ménages seront sélectionnés après l’opération de dénombrement des ménages.
Dans cette enquête, les données de base sont les suivantes d’un point de vue estimation démographique :

  • Nombre de grappes à enquêter = 297
  • Nombre de ménages attendus : 297x24 = 7128 (en moyenne 24 ménages par grappe)
  • Nombre de ménages où le prélèvement de sang sera effectué : 7128/2= 3564 (le prélèvement se fait dans la moitié des ménages)
  • Nombre de femmes/hommes attendus pour le prélèvement : 3564 x 1,81 = 6450,84 (en moyenne 2 personnes par ménage à prélever)
  • Nombre d’enfants de moins de 5 ans attendus sur 147 grappes restantes à couvrir : 1764 x 1,0 = 1764

De Février à Mai 2005, 146 grappes ont été couvertes avec un taux se prélèvement avoisinant les 70%. L’enquête prend fin officiellement au mois de juin sur le terrain.

Malgré certaines difficultés de genre : Absence d’enquêtés éligibles dans certains ménages ciblés ; enquêtés éligibles non disponibles ; refus d’être enquêté ; interview non terminée ; enquêtés en état d’incapacité, une mission effectuée au mois de février et de mars sur le terrain dans 9 équipes dans les quatre régions naturelles (Basse Guinée, moyenne Guinée, Haute Guinée, et Guinée Forestière) et la ville de Conakry par ma personne (en tant que Consultant National spécialiste VIH nommé par le Ministère de la santé et du plan et statistique et Superviseur national du volet biologique de l’EDSG-III - 2005) a relevé les points suivants :

  • Bonne collaboration des autorités locales de la santé pour la mise a conservation des échantillons collectés sur le terrain dans les frigidaires des CS entre 2 et 8 °C attendant l’enlèvement par les superviseurs pour l’acheminement au LNR.
  • Avec la bonne compréhension communautaire et la participation des autorités administratives à l’EDS , on assiste à une bonne acceptation des prélèvements par la population. Par exemple, en 1 mois 6 équipes supervisées auraient fait 715 prélèvements soit une moyenne de 119 prélèvements par équipe. Une équipe a signalé seulement( 3 cas de refus et ont remarque un faible taux de prélèvement en moyenne guinée à cause de l’absence des époux dans les ménages pour cause d’aventure. Le taux de prélèvement est plus élevé en haute guinée et en guinée forestière que dans les autres régions naturelles. Il faut revoir la stratégie de planification familiale dans ces régions. A cause du choix aléatoire des ménages, certaines familles ne comprennent pas pourquoi il n’y a pas et de prélèvement chez elles. Il s’agit d’expliquer les règles de l ‘enquête.
  • L’explication de la notion d’anonymat par rapport au test VIH doit être bien fait avec professionnalisme et insister sur les références possibles dans certains centres de dépistage identifiés pour ceux qui veulent connaître les résultats de sérologie VIH.

A ce jour, plus de 4500 échantillons sont destinées au test VIH au LNR (soit 69,75%).

Rappelons, que le volet laboratoire couplé à l’EDS est à sa première expérience en Guinée.
Le Ministère du Plan assure la mise en œuvre de l’enquête à travers la DNS (Direction Nationale de la Statistique) avec l’assistance de Macro International qui assure la supervision technique de l’enquête à partir des Etats Unis.
La collaboration du Ministère de la santé publique dans la réalisation de l’enquête est assurée à travers plusieurs services techniques, comme le LNR (Laboratoire National de Référence) qui s’occupe des tests d’anémie et de VIH.
Le CNLS (Comité National de Lutte Contre le SIDA), partenaire incontournable, intervient dans le financement et la mise en œuvre du volet VIH.

En plus des informations concernant la prévalence du VIH et de l’anémie, l’EDS se fixera pour objectifs :

  • Recueillir des données à l’échelle nationale qui permettent de calculer des taux démographiques essentiels, plus particulièrement les taux de fécondité et de mortalité infantile, infanto-juvénile et maternelle et d’analyser les facteurs directs et indirects qui déterminent le niveau et la tendance de la fécondité et de la mortalité infanto-juvénile ;
  • Mesurer les niveaux de connaissance et de pratique contraceptive des femmes par méthode et les préférences en matière de fécondité ;
  • Recueillir des données sur la santé familiale : vaccination, prévalence et traitement de la diarrhée, des infections des voies respiratoires aiguës et de la fièvre et/ou convulsion chez les enfants de moins de 5 ans, visites prénatales et assistance à l’accouchement ;
  • Recueillir des données sur la prévention et sur le traitement du paludisme, en particulier la possession et l’utilisation des moustiquaires, la prévention du paludisme chez les femmes enceintes ;
  • Recueillir des données sur les pratiques nutritionnelles des enfants, y compris l’allaitement, et dans la moitié des ménages de l’enquête prendre des mesures anthropométriques pour évaluer l’état nutritionnel des femmes et des enfants, et réaliser un test d’anémie au près des enfants de moins de 5 ans, des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans ;
  • Recueillir des données sur les connaissances et les attitudes des femmes et des hommes au sujet des IST et du SIDA et évaluer les modifications récentes de comportement du point de vue de l’utilisation du condom ;
  • Recueillir des données sur la pratique de l’excision.

Depuis que nous avons commencé cette enquête, il y a des interprétations erronées qui nous parviennent. Nous ne venons pas mettre en cause les résultats antérieurs de séroprévalence de nationale de 2,8% chez les femmes enceintes extrapolée à la population globale en 2001 (sexuellement active ?). une telle enquête était donc ciblée. Chaque résultat d’enquête nationale de VIH peut servir pour des actions d’intervention. La méthodologie des enquêtes n’étant pas les mèmes l’exploitation et l’interprétation des données sera aussi différente.

Nous voulons sortir dans cette EDSG-III (2005), des images de l’épidémie principalement fondée sur les tests VIH effectués sur des échantillons de sang prélevés avec des méthodes de pointe (Prélèvement sur papier filtre et extraction des sérums puis test à l’ELISA sur logiciel CSPRO avec sélection automatique des échantillons invalidés et à reprendre, ainsi que la sélection des 10% de négatif au VIRONOSTIKA à passer à l’ENZYGNOST pour valider la négativité) de manière anonyme dans un échantillon représentatif de la population globale guinéenne.

Au cours de cette enquête, des régions naturelles guinéennes pourraient avoir la même prévalence du VIH mais connaître des épidémies très différentes. Dans certaines régions, la vaste majorité des personnes vivant avec le VIH/SIDA pourraient avoir été infectée entre 5 et 10 ans auparavant et les infections récentes être rares. Dans d’autres régions, la majorité des personnes vivant avec le VIH/SIDA pourraient avoir être infectée au cours des deux dernières années. La mise en évidence de cette différence aura manifestement un impact énorme sur le type d’action de prévention et de prise en charge que les régions doivent mettre en place.
De même, le taux de prévalence pourra être stable dans une région, suggérant que les nouvelles infections se produisent à un rythme régulier. Mais il est impossible probablement que tel ne soit pas le cas. Cette région pourrait connaître des taux plus élevés de mortalité due au SIDA(lorsque des personnes infectées approximativement dix ans auparavant décèdent en grand nombre) et une augmentation des nouvelles infections. Les taux globaux de prévalence de VIH ne mettraient pas en évidence ces particularités de l’épidémie dans le pays.

C’est pourquoi une mesure de l’incidence du VIH (c’est à dire le nombre de nouvelles infections observées en une année parmi des personnes non infectées jusqu’alors) contribue à compléter l’image des tendances actuelles.
Le niveau de prévalence du VIH en baisse constante parmi les jeunes de 15 à 19 ans dans d’autres pays par exemple, indiquent une baisse des infections récentes chez les jeunes et fournissant une image plus précise des tendances actuelles de l’épidémie (et, dans ce cas, de l’efficacité des actions de prévention pour les jeunes).

Cette analyse montre combien de fois l‘EDSG-III (2005) contribuera à renforcer la lutte contre le SIDA dans notre pays. Et combien des données importantes et de stratégies d’action seront mises à la disposition de nos programmes de santé et de communauté. Elle fournira des données exploitables sur la fécondité, la planification familiale, la santé maternelle et infantile, l’excision, l’état nutritionnel des enfants et des mères, la mortalité infanto-juvenile, les infections sexuellement transmissibles, le SIDA et la disponibilité des services communautaires.

Après 5 ans d’action dans notre pays, le taux de fécondité est toujours de 5,5 enfants par femme ?
Une femme sur deux est toujours mariée à l’age de 16,4 ans ?
Quel est l’état actuel de la contraception ?
Et la planification familiale ?
Est ce que 8% des naissances sont effectuées toujours sans assistance ?
Et la Diarrhée chez les enfants ?
Q uel est l’état de l’allaitement exclusif au sein des enfants ?
En 1999, moins d’un enfant de 12-23 mois sur 5 (32%) a reçu toutes les vaccinations du PEV. En 1999, la quasi totalité des femmes de 15-49 ans sont excisées. Pour la période de 1992-1999, la mortalité maternelle était estimée à 528 décès pour 100 00 naissances vivantes ; elle est de combien aujourd’hui ?

C’est à ces nombreuses questions que l’EDSG-III (2005) doit répondre au bénéfice de la population guinéenne dans le but de prendre des actions concrètes de santé publique dont le résultat à court, moyen et long terme se fera sentir sur le développement de notre chère pays.

D’autre part :

  • Des échantillons de taille insuffisante et/ou un travail bâclé (introduisant des erreurs aléatoires) aboutissent à des estimations peu précises. Donc un effort de représentativité dans l’échantillonnage doit être notre souci constant. La présence d’un biais risque d’entraîner, lors de l’extrapolation des résultats de l’échantillon à la population cible, une interprétation erronée du phénomène de santé que nous évaluons. Veiller au prélèvement systématique des sujets sélectionnés.
  • Le refus élevé de participation à l’enquête d’un nombre de sujets sélectionnés, risque d’introduire un biais de sélection. Une sensibilisation de la population est nécessaire à travers les affiches et les médias.
  • Nous devons faire très attention dans la collecte de l’information sur l’état de santé ou l’exposition à un facteur de risque des sujets sélectionnés pour l’enquête afin d’éviter des biais d’observation.

Conclusion
Le LNR est maintenant fonctionnel grâce aux efforts des deux départements (Plan et Santé) et l’appui des bailleurs de fonds (Macro, CNLS etc.). Le constat montre une bonne formation des techniciens de laboratoire malgré quelques difficultés de prélèvement sur le terrain, non insurmontables. Le volet biologique étant fondamental, nous souhaitons que la bonne collaboration intersectorielle, garant de la réussite de l’EDSGIII (2005), se poursuive dans l’intérêt de la santé maternelle et infantile et le développement socio-économique de la Guinée.

(Sources différents rapports de réunions et de supervision ; le point sur l’épidémie du SIDA Décembre 2002, ONUSIDA).

Conakry, le 12 avril 2005
Dr Kaba KOUROUMA, Pharmacien Biologiste
Consultant National /Superviseur VIH/EDSGIII (2005)
Ambassadeur santé tropicale en Guinée
.

Résultats :

Tableau récapitulatif des résultats de prélèvement sur le terrain à Conakry

N° Zone et grappes

Nombre de prélèvement réalisé (%)

Quartiers/Secteurs

1ère Zone

   

038

33

Dixinn mosquée, III

039

28

Kénien, V et VI

041

49

Hafia II, V et VI

043

32

Kaloum, Manquepas, I et II

046

20

Matam, Bonfi centre, II

048

33

Boussoura, I

050

34

Coleah cité, II

056

14

Dares Salam, I

053

26

Dabondy III, III

068

38

Hamdanlaye I, III

TOTAL

307

 

2ème Zone

Prélèvement réalisé

Quartiers/Secteurs

045

24

Almamya, II

037

17

Dixinn port, I et II

040

20

Minière cité, I

043

32

Manquepas, II et II

047

24

Matam Lido, Lido permanence

049

24

Mafanco Centre, VI, IV et II

052

25

Hermakono, II

054

19

Gbessia Centre, V

055

24

Gbéssia Cité I, III et IV

069

14

Hamdanlaye II, V

TOTAL

223

 

3ème Zone

Prélèvement réalisé

Quartiers/secteurs

070

12

Ratoma dispensaire, Pharmacie

051

09

Carrière, III

058

11

Tanènnè mosquée, III

073

6

Dares salam, II

060

12

Simbaya I, VIII

059

32

Yimbaya tanérie, I

057

24

Béhanzin, I

061

25

Matoto Centre, II

062

23

Matoto marché, IV

073

6

Dares salam, II

TOTAL

160

 

4ème Zone

Prélèvement réalisé

Quartiers/secteurs

064

06

Kissosso, IV

079

19

Lambamdji, Africf, Khombé

065

17

Tombolia, ENTA Cité (Bas fond)

066

11

Tombolia, Carré mission et port

076

19

Koloma II, IV

075

11

Koloma II, I

074

09

Koloma I, II

071

03

Kipé, IV

064

29

Kisssosso, IV

078

19

Simbaya gare, Plateau

TOTAL

232

 

Dernière Zone

Prélèvement réalisé

Quartiers/secteurs

067

18

Dabompa, Kokoma

077

17

Simbaya gare, zone 2, bankounta 2

080

20

Wanidara, IV

081

20

Sonfonia gare,centre I

063

15

Sangoya Mosquée, II

TOTAL

90

 

TOTAL GLOBAL

907

 

Commentaires : Selon les grappes, le nombre de prélèvement varie de 03 à 49 prélèvements, soit une moyenne de 20,61 prélèvement par grappes. Par zone, ce nombre varie de 90 à 307 prélèvements, sur un total de 907 prélèvements réalisés dans les 5 communes de Conakry. La moyenne de prélèvement par ZD est de 181,4 prélèvements.

Population résidente : 101 014 habitants.

  • Dixinn : 10851
  • Kaloum : 5626
  • Matam : 13628
  • Maltoto :31845
  • Ratoma: 39064

Analyse des Difficultés/Problèmes rencontrés et propositions de solutions :

Problèmes de formation des laborantins
Les laborantins préleveurs d’échantillons n’ont pas été formés au remplissage de questionnaires ménage. Devant ce constat, et compte tenu de l’urgence du lancement des activités à Conakry (pour tester la maîtrise des activités de l’enquête) le directeur du projet (Mr NOAH de Macro) à rapidement fait 2 jours avant l’enquête (30 Janvier) une formation rapide au LNR (Laboratoire National de Référence) sur le remplissage des questionnaires ménage concernant la partie laboratoire. Cette formation a été faite dans la salle de conférence du LNR, après un test d’évaluation de la pratique de prélèvement au Centre de Santé de Dixinn. Cette formation, heureusement avec les instructions complémentaires du directeur technique local de l’EDS en Guinée (Mr Diallo), a été complétée sur le terrain par les chefs d’équipes, les coordonnateurs et les superviseurs dans le but de donner tout son succès à l’enquête. Néanmoins, il existe encore des insuffisances non insurmontables à corriger notamment :

  • Le manque d’enregistrement dans certaines grappes des numéros de ligne, le nom, le sexe et l’age pour chacun dans les colonnes correspondantes du questionnaire ménage. Cette négligence compromet dangereusement le traitement et la fiabilité des données démographiques.
  • Le prélèvement sanguin dans certains ménages non ciblés, ce qui occasionne un travail supplémentaire inutile et le gaspillage du matériel difficilement obtenu.
  • L’absence de signature prouvant le consentement éclairé de l’enquêté ou de son représentant avant le prélèvement est juridiquement condamnable.
  • L’oubli, quelques fois, de l’enregistrement du taux d’hémoglobine dosé et du nombre d’échantillons prélevés sur la fiche de transmission est intolérable.
  • Le taux de refus, quelque fois élevé, dans certaines grappes est dans certains cas du au manque d’effort de sensibilisation et d’explication de l’intérêt de l’enquête aux enquêtés. Insistez sur l’anonymat et le profit à tirer du point de vue prévention des complications de maladies.
  • La lecture systématique quelque fois du consentement éclairé et non l’interprétation pour gagner en temps

Quelques problèmes techniques et de gestion du matériel

  • L’oubli dans le collage des codes à barre a l’emplacement indiqué après le prélèvement compromet l’identification de l’échantillon et des difficultés de saisi informatique.
  • Des problèmes de ruptures de matériels et de consommables ont été constatés sur le terrain à cause de l’utilisation quelques fois irrationnelle du matériel et consommables et des blocages au niveau de la livraison au LNR.
  • La défectuosité de certains matériels due peut être aux conditions de transport ou de la mauvaise manipulation par les laborantins (lancettes déclenchées etc. ;). Piquez bien et tentez d’obtenir au moins 3 gouttes de 50 µl sur la carte des échantillons.
  • L’oubli quelques fois dans l’enregistrement des résultats de contrôle de qualité quotidien de l’Hémocue est une faute qui compromet la vérification de la qualité des résultats.
  • L’usage exagéré des piles de l’hémocue. Eteignez l’hémocue après usage et conservez le suivant les indications du fabriquant.
  • Le non enregistrement et cochage quelques fois des résultats de l’hémoglobine (1,2,3,4,5)
    manque d’encerclement des codes et des l’obtention des signatures.
  • La non utilisation pour le report des résultats de biologie sur des feuilles supplémentaires occasionne une lourde tache pour l’informatique et respecter l’ordre des prélèvements.
  • La prévention des ruptures de matériel par l’utilisation rationnelle et une commande rapide au LNR.
  • Le collage maladroit des codes à barre.
  • Le refus de prélever en l’absence d’outil de référence et de notificaion des résultats.
  • Volumes insuffisants de gouttes de sang.
  • Le non port de la blouse au moment du prélèvement.

Quelques solutions aux problèmes rencontrés
Trois jours d’intenses travaux et de conseils au BNR ont permis aux techniciens de laboratoire d’identifier les erreurs commises et de se rendre compte de l’importance du report correct des données. Les recommandations principales suivantes ont été faites :

  • Suivez l’enquêteur dans l’identification des ménages qui sont éligibles et rappeler que c’est dans la moitié des ménages que le prélèvement se fera. Votre référence est l’enquêteur homme.
  • Vérifiez l’age, le poids, la taille (Hémoglobine enfant) des enquêtés à prélever avec l’enquêteur, ainsi que toutes les informations d‘identification et démographique liées aux prélèvements sanguins. Faire un travail de groupe et consultez les collègues en cas de problèmes.
  • Ne pas remettre un prélèvement à demain si vous pouvez le faire le même jour. Différez les prélèvements si le temps ne le permet pas. Avoir à l’idée qu’un prélèvement perdu est une donnée perdue pour l’enquête.
  • Ne pas modifier surtout une information du questionnaire sans consulter les autres membres de l’équipe.
  • Dans le cas où le technicien n’a pas complété lui même le questionnaire ménage, il doit soigneusement vérifier toutes les informations aux colonnes (36)-38, (50)-(52) et (60)-63.
  • Ne pas oublier de vérifier les informations avant de procéder aux prélèvements.
  • Obtenir le consentement des enquêtés par une explication claire et précise de l’importance de l’enquête pour la santé publique de la population. Garantissez surtout la confidentialité aux enquêtés et une possible prise en charge gratuite pour le dépistage du VIH dans certaines structures identifiées. Demandez séparément le consentement pour l’anémie et le VIH. Il est incompréhensible que quelqu’un se prête au test d’anémie et pas au test VIH d’autant plus que c’est anonyme.
  • Enregistrer toujours les informations et les résultats des tests.
  • Pour faciliter le travail de la saisie, remplissez complètement la feuille de transmission des codes à barre. N’oubliez pas d’inscrire le numéro d’équipe et de la grappe.
  • Ne fournir les fiches de référence VIH qu’à ceux qui le souhaitent. Et rassurez les dispositions prises par le Ministère de la santé pour un bon accueil dans les centres de soins.
  • Remplir soigneusement les feuilles d’affectation des techniciens. N’oubliez surtout pas de cochez oui ou non.
  • Suivre strictement les instructions concernant, la conservation et le transport des échantillons.
  • Commander urgeamment le matériel avant la rupture.
  • Utilisez les poubelles pour les déchets et produits bio dangereux (lancettes, micro cuvettes, tampons alcoolisés, les compresses et les gants) dans un conteneur destiné à l’évacuation des déchets et ne les laisser pas dans les ménages.
  • Portez toujours une blouse au moment du prélèvement

Recommandations
A la lumière des constats effectués nous recommandons :

  • Une mission de supervision des activités de collecte, de conditionnement, de transport, de conservation et d’analyses de laboratoire est nécessaire au cours de l’enquête.
  • Veiller à l’entretien du matériel et équipement fournis et à la gestion rationnelle des consommables et des réactifs.
  • Mettre au LNR un téléphone de liaison (Réception et appel ?)
  • Climatiser la sale d’extraction.
  • Superviser les activités sur le terrain (préfectures)
  • Obtenir l’adhésion des DPS et IRS pour la conservation au froid des échantillons prélevés dans les préfectures.
  • Ecrire un plan d’organisation du contrôle de qualité des tests effectués au LNR et écrire les autres procédures de contrôle de qualité des pratiques de laboratoire

Conakry, le 12 avril 2005
Dr Kaba KOUROUMA, Pharmacien Biologiste
Consultant National /Superviseur VIH/EDSGIII (2005)
Ambassadeur santé tropicale en Guinée
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