Guinée Le guide de la médecine et de la santé en Guinée  

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Je romps avec le silence !

Docteur Kaba KouroumaSanté tropicale est en train de faire des progrès immenses dans le domaine de l’information et de la communication médicale et paramédicale. Ces progrès sont pertinents et visibles et les stratégies utilisées pour l’accessibilité aux informations utilisent une grande innovation technologique. Je veux parler ici de l’édition électronique de Médecine d’Afrique Noire et de Médecine du Maghreb, mais surtout depuis longtemps du forum médical, espace d’échange entre scientifiques du monde entier.

L’édition électronique accélère la recherche bibliographique des articles publiés et permet d’économiser les places dans nos bibliothèques de bureau et de maison. Je prends ce qui m’intéresse. Il suffit d’avoir un ordinateur connecté à Internet pour accéder à toutes les informations relatives à la santé en Afrique et au Maghreb. Essayez s’il vous plait ce nouvel outil et vous ne pourrez plus vous en passer (Consultez le sur le site : www.santetropicale.com).

Notre devoir en tant que professionnels de la santé devant un tel apport gigantesque dans le cadre de l’accès à l’information scientifique est de supporter et d’encourager une entreprise telle que Santé tropicale. Nos institutions médicales et d’enseignements doivent faire un effort pour faciliter l’accès des professionnels à ce site d’une grande valeur dans le cadre de l’information et de la communication. Ne l’oublions pas : le traitement de l’information et l’innovation des canaux de communication font aujourd’hui la différence entre les peuples dans le cadre de leur développement socio-économique.

Un peuple non informé est un peuple aveuglé, un peuple qui doit tout accepter par la force de l’évolution. Vous pouvez avoir le meilleur médecin du monde, mais s’il n’a pas d’outils pour s’informer sur les nouveaux développements des sciences médicales et domaines connexes il continuera toujours dans la routine et restera toujours cet ignorant qui croit qu’il fait bien alors qu’il n’est plus à la « page » comme on dit.
Faisons un effort pour permettre aux spécialistes de se connecter. Le coût de la connexion à l’Internet des professionnels de santé, par rapport à l’avantage que l’on en tire est insignifiant. Il faut savoir choisir les activités prioritaires à financer dans un domaine, surtout quand elle sert de support de développement pour beaucoup d’autres activités. La maîtrise de l’information est l’une des principales clés de succès dans le processus de prise de décision car le déficit en information met plus souvent les professionnels et les décideurs ainsi que les évaluateurs en état d’incertitude concernant la prise de décision face à certains problèmes de santé. On ne triche pas en information médicale et on ne doit rien improviser dans ce domaine. On doit tout planifier pour le bénéfice des malades. Il n’est jamais trop tard pour mieux faire. Rattrapons le retard et soyons à l’aire de l’internet.

Aujourd’hui en Guinée, l’investissement pour connecter 5 ordinateurs à Internet ne coûte que 10 159 USD (TTC) et les prestations d’installation 472 USD (TTC). En tout cas ce n’est pas la mer à boire. Mais on préfère dépenser 25 000 USD pour organiser des séminaires stratégiquement nuls et dont l’efficacité est difficilement appréciable.

Je romps avec le silence !
Personne n’a le monopole de la vérité. C’est Dieu qui nous guide dans l’exercice de notre profession. On peut se cacher de tout le monde sauf de Dieu le Tout puissant. Ne démissionnons pas et suivons nos patients en fonction des moyens dont nous disposons. Nous devons aider le patient quel que soit le pronostic. Dans le désespoir, le malade et son entourage écoutent le médecin comme Dieu. Nous devons aller jusqu’au bout de notre devoir de soigner quel que soit le pronostic envisagé. Tout ce que vous ferez dans la vie vous le ferez pour vous ou contre vous-même. La croyance est le refuge du solitaire, du désespéré et des hommes qui aiment leur prochain. Car qui aime Dieu ne peut pas ignorer son prochain.
Au delà des ces devoirs du professionnel de santé, le silence, pour certains, est une façon de s’exprimer. Les vrais médecins parlent peu, mais agissent. Ce n’est nullement une faiblesse ni une impuissance de préférer l’acte à la parole. Le droit de réserve de certains professionnels de santé dans un entourage professionnel où l’on est toujours pris pour cible est quelque fois la seule façon d’échapper au pire. On est jamais bien protégé quand on défend la vérité et rien que la vérité dans certains milieux.
L’expression d’un avis ou la participation active à une discussion de certaines personnes est le reflet d’un comportement qui dénote leur désir de dire ce qu’ils veulent et ce qu’ils pensent. Mais on ne parle pas pour parler tout simplement. On parle si on trouve que c’est nécessaire pour nourrir son sens de déduction, pour se décharger de quelque chose qu’on l’a gardé trop longtemps. Ecoutons tout le monde même ceux qui ne parlent pas.

D’autres aujourd’hui, brillent par leur accent et ne font pas mieux que ceux qui ne sont pas éloquents. Ce qui est encore plus inadmissible dans notre contexte, c’est d’ignorer tous ceux qui peuvent voir clair dans les manœuvres négatives de défense de l’intérêt de la profession. Dans ce cas, l’Afrique ne peut s’en prendre qu’à elle-même. La promotion de l’élite est bafouée et la routine dans le travail est encouragée car aucune idée novatrice ne naît dans le secteur. Diviser pour régner est devenue une stratégie très rependue en Afrique !
La rétention de l’information est courante et le centralisme très exagéré. C’est dommage ! On a encore à faire ! Savoir que la contradiction peut être l’essence de dynamisation de la vie et des activités dans un domaine est une vérité qui est ignorée par certains. Même si on a toutes les richesses du monde, si ce sont les cadres que nous sommes qui trompons nos chefs pour des intérêts personnels, nous n’irons nulle part. C’est le cadre qui fait le chef et pas l’inverse.
Le chef à un pouvoir que le cadre doit pouvoir utiliser à bon escient et dans l’intelligence et le respect de la hiérarchie. Généralement c’est plus haut que l’on voit souvent les raisons d’une défaillance. Non ! Elles peuvent se trouver dans la plupart des cas à un niveau intermédiaire ou plus bas. Si chacun faisait honnêtement ce qu’il devrait faire et où il se trouve, l’Afrique se passera de certaines critiques occidentales dénonçant la mauvaise gouvernance.

Nous nous trompons nous même. La plupart des africains chercheurs revendent leurs compétences à l’occident pour satisfaire leurs propres besoins. Certains ont raison car on n’a pas besoin d’eux dans leur pays. On fabrique des projets de recherche non pertinents et n’ayant pas de résultats sur le développement socio-économique du pays. Combien de résultats de projets financés sont classés dans les tiroirs ? Et combien de projets de recherche en santé aujourd’hui sont mal ficelés ? La pauvreté, ce n’est pas l’Afrique qui la crée.
Certaines populations vivent au-dessous du seuil de pauvreté, c’est à dire qu’elles disposent d’une consommation par tête inférieure à 77,54 dollars par personne et cette population représente 49,2% de la population globale dans certains pays. Au niveau de ce groupe, 19,1% de la population, se trouve dans une situation d’extrême pauvreté, c’est a dire vivant avec un revenu en dessous de 45,78 dollars par personne et par an.
L’occident a intérêt à ce que l’Afrique reste toujours pauvre. Quand on est dans le besoin on ne pose pas de questions, on se soumet et on obéit. C’est ce qui fait l’affaire des occidentaux. Ils savent à quel stade nous serons dans 10 à 20 ans. Ils ne nous aident pas à nous passer de l’aide.
On ne crée pas de véritables politiques d’autosuffisance si les décisions ne sont pas autonomes. Dans ce cas les stratégies proposées sont entre autres : redistribution des revenus en faveur des pauvres, promotion des secteurs porteurs de croissance, accroissement de la production des biens et services orientés vers l’exportation etc. L’Afrique doit savoir et prendre conscience de l’urgence de l’unité africaine dans la gestion de ses richesses.

Je romps avec le silence !
L’ONUSIDA estimait la séroprévalence du VIH en Guinée à 1,54 % en 1999 (ONUSIDA/OMS). La séroprévalence, estimée en 2001 à partir de l’enquête de sérosurveillance (ESSIDAGUI 2001) auprès des femmes en consultation prénatale est de 2,8 %. Entre ces deux estimations, en 1999, 52 000 personnes âgées de 15-49 ans étaient infectées par le VIH (ONUSIDA/OMS 2002). Le nombre cumulé de cas de SIDA serait passé de 8 en 1987 à plus de 55 000 en 1999, chiffres considérés comme sous-estimés du fait des difficultés rencontrées dans le système de notification des cas.

Face à cette situation, la riposte du Gouvernement guinéen a été prompte avec la création, dès 1986, d’un Comité de Lutte contre le sida et la mise en place, en 1987, du Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS). En 1998, la Politique Nationale de Lutte contre le sida fut élaborée (OMS/Guinée, juillet 2000). Il existe en Guinée des structures de haut niveau pour soutenir la riposte nationale, notamment des Comités/Commissions nationaux sur le sida, Comités interministériels, organes à l’échelon présidentiel, le Comité National de lutte Contre le SIDA et les IST (CNLS) et le Programme National de Prise en Charge Sanitaire et de Prévention des IST/VIH/sida (PNPCSP).

Les orientations de la lutte contre le sida sont consignées dans le Plan stratégique national de lutte contre le sida en Guinée. Le plan National d’intégration et de décentralisation des activités de lutte contre le VIH/sida/MST élaboré en 1997 concerne la prévention, les soins aux jeunes, la stigmatisation et la sécurité transfusionnelle (OMS/Guinée 2000). Ce plan vise essentiellement à réduire la propagation de l’épidémie par la prévention de nouvelles infections, la prise en charge d’un plus grand nombre de personnes infectées, rendue possible par la récente baisse des prix des médicaments, grâce à la promotion des génériques et la promotion de la recherche. Un accent particulier est mis sur la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, la promotion du dépistage volontaire et la promotion de l’utilisation du préservatif par les populations vulnérables. Les idées fortes de ce plan concernent la décentralisation des activités vers le district de santé avec la région administrative comme unité opérationnelle, la multi-sectorialité dans le cadre d’un partenariat entre les secteurs privé, confessionnel et public, l’implication des communautés et associations dans la lutte contre le sida avec une approche participative et la solidarité nationale envers les personnes vivant avec le VIH/sida.

Malgré tous ces efforts, certains indicateurs ne sont pas brillants en Guinée dans la lutte contre le SIDA :

  • Le Pourcentage de jeunes de 15 à 24 ans (hommes, femmes) déclarant utiliser le préservatif lors de rapports sexuels avec un(e) partenaire occasionnel(le) est de est de 37,76%

  • Le Pourcentage de jeunes de 15-24 ans (hommes, femmes) qui ont été sexuellement actifs au cours des 12 derniers mois écoulés et qui ont eu des rapports sexuels avec un (e) partenaire avec le quel ils ne sont pas mariés et ne cohabitent pas est de 73,55%

  • Le Pourcentage des hommes adultes qui ont déclaré utiliser le préservatif avec une partenaire occasionnelle lors des 12 derniers mois du dernier rapport sexuel est de 45,88%

  • Le Pourcentage de la population vulnérable (jeunes, hommes/femmes) qui a utilisé un préservatif lors de son dernier rapport sexuel (PMS) est de 13,61% pour les hommes et 3,80% pour les femmes. Sans compter que seulement 2,67% des hommes et 3,65% des femmes ont utilisé le condom lors du dernier rapport sexuel, malgré que 97,59% des hommes et femmes connaissent l’existence du SIDA etc.

Ces résultats, à notre avis, ne sont pas brillants malgré les multiples activités menées dans le cadre de la lutte contre le SIDA.
Depuis 1987, les personnes vivant avec le VIH/SIDA décèdent et laissent derrière elles des orphelins. Ces enfants de plus en plus nombreux, sont confrontés à plusieurs problèmes dont la stigmatisation, l’isolement, le rejet et le manque de soins médicaux. Il existe en guinée, d’énormes difficultés financières dues au nombre grandissant d’orphelins infectés par le VIH/SIDA et un dénouement total de quelques ménages avec l’impuissance des ONGs à leur venir en aide. La prise en charge thérapeutique des orphelins infectés par le VIH est une nécessité primordiale dans la lutte contre le VIH/SIDA. Cela nous incite à trouver des solutions appropriées pour le bien ètre des enfants orphelins et enfants vulnérables.

Dans la plupart des cas, l’infection à VIH chez le jeune enfant en Guinée est imputable à la transmission mère-enfant (TME). On estime globalement, que plus de 30 000 à 40 000 enfants ont perdu leur mère ou les deux parents à cause du VIH SIDA à 15 ans ou avant depuis le début de l’épidémie en Guinée.
Si l’on se réfère à la plupart des études, les risques de contamination d’un bébé par sa mère séropositive pour le VIH seraient de l’ordre de 15% à 25% dans un pays industrialisé, et de 25% à 45% dans un pays en développement sans prévention thérapeutique, comme en Guinée. Et puisque le programme national de prévention de la mère à l’enfant du VIH en Guinée n’est pas développé, on peut estimer depuis le début de l’épidémie que le nombre d’enfants infectés nés de mère séropositive est en forte croissance.

Les estimations actuelles de 10 à 18 000 enfants infectés ne tiennent pas compte des sous notifications, car 94,6% des femmes HIV positif lors d’une enquête nationale en guinée ne connaissent pas leur statut sérologique et la prévalence du VIH chez les femmes enceintes est estimée à 2,8% par l’enquête de site sentinelle de 2001 (ESIDAGUI 2001). Mieux, le dépistage des enfants à risque n’est entrepris dans un programme ciblé.

En Guinée, deux tiers environ des enfants non nourris au sein qui sont malgré tout infectés ont été contaminés par leur mère au moment de l’accouchement et le tiers restant, durant la grossesse (principalement au cours du troisième trimestre).
Dans la plupart des communautés guinéennes, l’allaitement au sein est la norme et il peut représenter jusqu’à un tiers de tous les cas de transmission (l’allaitement présente un risque de contamination du bébé de l’ordre de 5%). La part de l’accouchement dans la transmission de la mère à l’enfant du VIH peut s’évaluer à deux tiers des contaminations (en l’absence de traitement, le taux de transmission, entre la mère et le fœtus, avoisine les 20%).
Si les enfants sont compris dans les chiffres de l’EDSG-III (2005), la prévalence VIH chez les filles ayant eu leur premier rapport sexuel à moins de 16 ans est de 2,0% sur un effectif testé de 1753 personnes et de 1,3% chez les garçons sur un effectif de 564 personnes testées.
Sur un effectif de 3768 femmes interrogées au cours de l’enquête nationale de séroprévalence de 2005, 5,4% des femmes HIV positifs ont déjà effectué un test VIH et connaissent leur statut, tandis que 94,6% n’ont jamais effectué de tests VIH Parmi elles, 1,6% des femmes séronégatives ont déjà effectué le test VIH et connaissent leur statut et 94,1% n’ont jamais effectué de test VIH. Cette étude soulève la problématique de l’accès au test VIH en Guinée. La fréquentation des Centres de dépistage volontaires est forcement mise en cause et la gestion des résultats des femmes enceintes dépistées dans les PMI peut ètre à la base de l’ignorance de la plupart des femmes face à leur statut sérologique.

En 2005, 1650 malades vivant avec le VIH seraient mis sous ARV (antirétroviral). La prise en charge est décentralisée dans les régions sanitaires de Kindia (135 Km de Conakry), Labé (350 Km de Conakry), Faranah (500 Km d Conakry) et de Kankan (800 Km de Conakry). Une contractualisation du programme de prise en charge avec SIDA 3, un programme d’appui Canadien à la lutte contre le SIDA est en cours pour l’installation d’un programme de prise en charge dans la région de Boké. Ensuite, ce même SIDA 3 installera d’ici fin 2006, le programme de prévention de la transmission mère-enfant à Boké et Kindia.

Avec le Fonds Global des contrats ont été signés avec la GTZ (Coopération Allemande) pour l’intégration de la prise en charge au niveau de certaines régions sanitaires. C’est ainsi qu’à Labé, la GTZ à mis sous ARV, 80 malades.
Le plan d’action pour 2006 du Ministère de la Santé dans le cadre de la prise en charge des PVVIH/SIDA est le suivant :

  • Poursuite du programme de décentralisation de la prise en charge
  • Fourniture des médicaments contre les infections opportunistes
  • Mise en place du programme de prévention de la transmission de la mère à l’enfant du VIH
  • Fourniture d’ARV aux régions sanitaires
  • Mise en place par le Ministère de la Santé et les partenaires au développement d’un réseau d’ONG pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA.
  • Dépistage volontaire de la population par l’installation des Centres de Dépistage Volontaire (CDV) sur les sites de Conakry et de l’intérieur du pays.

Si aujourd’hui, on peut identifier certains progrès dans le cadre de la prise en charge des PVVIH, il reste beaucoup à faire. La demande est supérieure à l’offre. L’implication des familles, les leaders religieux , politiques, les ONGs nationales et internationales est plus que jamais une urgence.

Je romps avec le silence !
A cause du bas niveau socioculturel de la majorité de la population guinéenne, les comportements adoptés par la population sont peu favorables à la santé. Ils se caractérisent par un faible respect des règles d’hygiène et d’assainissement, le manque d’information sur la sexualité, les méthodes contraceptives, le mode de transmission et de prévention de certaines maladies comme les maladies sexuellement transmissibles y compris le SIDA. De plus, on note une augmentation de la consommation de la drogue et de la criminalité, surtout en milieu urbain, et des accidents de route. L’environnement est en constante dégradation du fait de l’action humaine.
Une étude récente montre une augmentation progressive des taux de malnutrition chez les enfants guinéens. Selon cette étude :

  • seulement 11% des enfants de moins de six mois sont allaités exclusivement au sein
  • 45% des enfants de 6 à 9 mois ne reçoivent pas encore les aliments de complément indispensables à leur croissance adéquate
  • 35% des décès d’enfants de moins de 5 ans sont attribuables à la malnutrition protéino-calorique, ce qui en fait la principale cause de mortalité dans ce groupe d’age
  • 16% de la mortalité chez les moins de 5 ans sont dus à la carence en vitamine A

De plus, ces carences nutritionnelles ont de graves répercussions sur le développement intellectuel des enfants, sur leur capacité d’apprentissage et affecte le progrès de l’éducation primaire. Sur le plan économique, les pertes économiques dues à la malnutrition d’ici 2010 sont évaluées à plus de 627 millions de dollars.
En résumé, selon cette étude, si des mesures ne sont pas prises pour améliorer l’état nutritionnel des enfants et des femmes guinéennes, d’ici l’an 2010, cent vingt mile (120 000) enfants de moins de 5 ans mourront suite aux mauvaises pratiques d’allaitement maternel, cent trente mile (130 000 ) enfants du même age mouront suite à la malnutrition protéino-énergétique, 53 000 autres enfants mourront suite à une carence en vitamine A et 17 000 vies de mères seront perdues à cause de l’anémie due à la carence en fer et les pertes économiques et en éducation sont également énormes.

En tous les cas, l’état de santé de la population est encore préoccupant. En effet, les taux de mortalité maternelle et infantile et la prévalence de certaines affections sont élevés. Les différentes formes de carences nutritionnelles et les maladies infectieuses et parasitaires prédominent dans le pays. Certaines maladies émergentes (VIH/SIDA, Hypertension artérielle, Diabète, Cancer du col utérin, etc.) et ré-émergentes (tuberculose, trypanosomiase) prennent une place de plus en plus inquiétante dans le tableau épidémiologique du pays. Il en est de même des accidents de circulation, de la toxicomanie sous toutes ses formes ; enfin les pathologies obstétricales constituent encore une préoccupation majeure.

Les défis majeurs à relever et colligés dans le document de politique nationale de santé de la guinée sont :

  • La pérennité des acquis, le financement et la décentralisation du système
  • L’accès équitable aux soins et aux services de santé pour que chaque guinéen puisse bénéficier en temps opportun des soins requis par son état
  • L’amélioration de la qualité des soins et des services avec l’observance de standards internationalement reconnus et socialement acceptés
  • Le contrôle du paludisme et des maladies émergentes et ré-émergentes, notamment les IST/VIIH/SIDA et la tuberculose, qui exige la mobilisation de tous.

Les problèmes de santé sont nombreux et les responsabilités sont partagées. Chacun à une tache bien définie et chacun sera jugé par son résultat. En mettant à la disposition des professionnels de santé, des outils performants d’information médicale, Santé tropicale vient renforcer les acquis dans le domaine de la prise en charge des pathologies. Chacun fait ce qu’il peut.
Au-delà de ces considérations logistiques, politiques, administratives, nous qui avons le stéthoscope, le bistouri, le microscope, les médicaments, nous ne devons pas oublier que nous avons juré un jour en ces termes :

En présence des maîtres de cette Faculté, de mes chers condisciples et selon la tradition d’Hippocrate, je promets et je jure d’ètre fidèle aux lois de l’honneur et de la probité dans l’exercice de la médecine. Je donnerai mes soins gratuits à l’indigent et n’exigerai jamais un salaire au-dessus de mon travail.
Admis à l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s’y passe, ma langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à corrompre les meurs ni à favoriser le crime.
Respectueux et reconnaissant envers mes maîtres, je rendrai à leur enfant l’instruction que j’ai reçue de leurs pères.
Que les hommes m’accordent leurs estimes si je suis fidèle à mes promesses ! Que je sois couvert d’opprobres et méprisé de mes confrères si j’y manque !

Je jure, je jure, je jure

Je jure en présence des maîtres de cette Faculté, des conseillers de l’ordre des pharmaciens et de mes condisciples :

D’honorer ceux qui m’ont instruit dans les préceptes de l’art et de leur témoigner ma reconnaissance en restant fidèle à leurs enseignements ;

D’exercer dans l’intérêt de la santé publique ma profession avec conscience et de respecter non seulement la législation en vigueur mais aussi les règles de l’honneur, de la probité et du désintéressement ;

De ne jamais oublier ma responsabilité et mes devoirs envers le malade et sa dignité humaine ;

En aucun cas, je ne consentirai à utiliser mes connaissances et mon état pour corrompre les mœurs et favoriser les actes criminels ;

Que les hommes m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses !
Que je sois couvert d’opprobres et méprisé de mes confrères si j’y manque !

Je jure, je jure, je jure.

Ainsi soit-il !

Conakry, le 24 mai 2006
Dr Kaba KOUROUMA, Ambassadeur Santé Tropicale en Guinée

 

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