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La troisième
Enquête Démographique et de Santé en Guinée
(EDSG-III), exécutée en 2005 (1er Février au
31 juillet) par la Direction Nationale de la Statistique (DNS) du
Ministère du Plan a été réalisée
grâce à l’appui financier de l’USAID, la
Banque Mondiale (à travers le Projet d’Appui au Programme
Multisectoriel de Lutte contre le SIDA), l’UNICEF et l’UNFPA.
L’EDSG-III a bénéficié de l’assistance
technique du programme mondial des Enquêtes Démographiques
et de Santé (Demographic and Health Surveys - MEASURE DHS)
de Macro International, dont l'objectif est de collecter, analyser
et diffuser des données démographiques portant, en
particulier, sur la fécondité, la planification familiale,
la santé de la mère et de l'enfant et le VIH.
Pour la première fois en Guinée, elle a inclus dans
ses objectifs les tests du VIH et d’anémie chez les
sujets éligibles femmes de 15-49 ans et hommes de 15-59 ans
pour déterminer la prévalence du VIH et de l’anémie
dans la population guinéenne.
N’ayant pas l’autorisation
de diffuser les résultats de cette enquête, nous nous
contenterons d’analyser l’approche méthodologique
de cette enquête dans cet éditorial jusqu’à
diffusion officielle des résultats. Ceci pour permettre
à la demande de nos nombreux lecteurs d’apprécier
les démarches et procédures indispensables pour la
réussite d’une EDS.
C’est l’occasion pour moi de remercier
Monsieur le Ministre de la santé publique de Guinée
(le Professeur Amara CISSE) de m’avoir choisi comme consultant
spécialiste VIH auprès du Ministère du plan
dans le cadre de cette enquête. Qu’il en soit vivement
remercié et encouragé dans son combat perpétuel
pour la promotion des jeunes cadres.
Je n’oublie pas non plus ces braves enquêteurs et enquêtrices,
les laborantins et laborantines et toute l’équipe d’éxécution
et de coordination de l’ESG-III, qui, sous la pluie et le
soleil, ont accompli leur mission avec satisfaction pour le développement
socio-économique de la Guinée. Je vous dédie
cet éditorial.
S’agissant de l’enquête
et comme procédure, l’EDSG-III a réalisé
un tirage aréolaire, stratifié et à 2 degrés.
Au premier degré de sondage, 297 grappes ont été
sélectionnées en procédant à un tirage
systématique avec probabilité proportionnelle à
la taille. La taille étant le nombre de ménages. Un
dénombrement des ménages dans chacune de ces grappes
a fourni une liste de ménages à partir de laquelle
a été tiré au second degré un échantillon
de ménages avec un tirage systématique à probabilité
égale. Tous les membres de ces ménages ont été
identifiés à l’aide d’un questionnaire
ménage et chaque femme âgée de 15 à 49
ans que l’on a identifié a été également
enquêtée avec un questionnaire individuel femme. Toutes
les femmes âgées de 15-49 ans vivant de façon
permanente dans les ménages sélectionnés, ou
présentes la nuit précédant l’enquête,
étaient éligibles pour être enquêtées
(environ 8 000 personnes).
De plus, dans un sous échantillon d’un
ménage sur deux, un échantillon d’environ 3
500 hommes de 15-59 ans ont également été enquêtés
au cours de l’EDSG-III. Dans ce sous échantillon,
toutes les femmes et tous les hommes éligibles pour l’enquête
individuelle étaient aussi éligibles pour le test
du VIH. En outre, dans ce sous échantillon de ménages,
toutes les femmes et tous les hommes éligibles pour l’enquête
ainsi que tous les enfants de moins de 5 ans étaient éligibles
pour le test d’anémie. Enfin, dans ce sous
échantillon de ménages, toutes les femmes éligibles
pour l’enquête ainsi que tous les enfants de moins de
5 ans étaient éligibles pour être mesurés
et pesés afin de déterminer leur état nutritionnel.
Trois questionnaires ont été
utilisés au cours de l’EDSG-III : le Questionnaire
Ménage, le Questionnaire Femme
et le Questionnaire Homme.
L’objectif principal de ces questionnaires était d’identifier
les femmes et les hommes éligibles pour des interviews individuelles
en recueillant des informations de base sur les caractéristiques
socio-démographiques, y compris l’age, le sexe, l’éducation,
les liens de parenté etc. Ces questionnaires ont aussi permis
de collecter des informations sur les caractéristiques du
ménage, telles que la principale source d’eau de boisson,
le type de toilette, le type de matériau du sol du logement,
la possession de certains bien durables, la possession et l’utilisation
de moustiquaires et le type de sel utilisé dans le ménage.
Ces questionnaires ont également été utilisés
pour enregistrer les personnes éligibles pour les mesures
anthropométriques (poids et taille) et les tests d’hémoglobine
et du VIH.
Toutes les procédures de collecte de l’EDSG-III, y
compris les procédures des tests d’anémie et
du VIH, ont été pré-testées du 16 novembre
au 26 novembre 2004.
En ce qui concerne l’enquête
principale, la DNS (Direction Nationale de la Statistique)
a recruté une centaine de personnes pour la formation d’agents
enquêtrices et enquêteurs, et 11 ont reçu la
formation de laborantins (chargés de faire les prélèvements
sanguins). La formation d’enquêteurs a duré quatre
semaines et celle des laborantins une semaine.
À l’issue de la formation, 40 enquêtrices, 10
enquêteurs et 10 laborantins ont été retenus.
Ces agents de terrain étaient repartis en 10 équipes
composées chacune d’un chef d’équipe,
quatre enquêtrices, un enquêteur et un laborantin.
La collecte des données a démarré le 1er février
2005 par la couverture des zones de Conakry, ce qui a permis d’assurer
un suivi rapproché des équipes avant qu’elles
ne continuent dans les zones éloignées. Ensuite les
équipes ont été déployées dans
leurs zones respectives de travail (les 7 régions administratives
de la Guinée). La collecte des informations et des échantillons
de sang prélevés sur papier buvard s’est achevée
la troisième semaine du mois de juin 2005.
La saisie des données sur
micro-ordinateur a débuté juste après le démarrage
de l'enquête sur le terrain. Les données ont été
saisies en utilisant CSPro, un logiciel développé
conjointement par le Bureau du Recensement des États-Unis,
le Programme DHS et le Serpro S.A. La saisie et la vérification
de la cohérence interne des réponses se sont achevées
en juillet 2005.
Dans un ménage sur deux, les femmes de 15-49 ans, les hommes
de 15-59 ans et les enfants de moins de 5 ans étaient éligibles
pour le test d’anémie. En outre, ces femmes et ces
hommes étaient éligibles pour le test du VIH. Les
protocoles pour les tests de l’anémie et du VIH ont
été approuvés par le Comité d’Éthique
d’ORC Macro à Calverton et par le Comité National
d’Éthique en Guinée.
Le test du VIH était effectué
dans le sous échantillon de ménages sélectionnés
pour l’enquête homme. Les prélèvements
de sang étaient effectués sur papier buvard (confetiss)
auprès de tous les hommes et toutes les femmes éligibles
de ces ménages qui acceptaient volontairement de se soumettre
au test. Le protocole pour dépister le VIH est basé
sur le protocole « anonyme et lié »
développé par le projet DHS (Demographic and Health
Surveys) et approuvé par le Comité d’Éthique
d’ORC Macro. Selon ce protocole, aucun nom ou autre caractéristique
individuelle ou géographique permettant d’identifier
un individu ne peut être lié à l’échantillon
du sang. Le Comité National d’Éthique en Guinée
a également a approuvé le protocole « anonyme
et lié » spécifique pour l’EDSG-III.
Étant donné que les tests du VIH sont strictement
anonymes, il n’était pas possible et ne sera pas possible
d’informer les enquêtés des résultats
de leur test. Pour les personnes éligibles de l’enquête,
qu’elles aient accepté ou non d’être testées
pour le VIH, un coupon leur était fourni pour obtenir, si
elles le souhaitaient, les conseils et un test gratuit auprès
d’un Centre de Dépistage Volontaire (CDV).
Pour accomplir les prélèvements sanguins
auprès des personnes éligibles, chaque équipe
de terrain comprenait un laborantin spécialement chargé
des prélèvements. Ces laborantins avaient reçu
une formation spéciale sur tous les aspects des protocoles
des tests d’anémie et du VIH. D’abord, pour chaque
personne éligible, le technicien cherchait à obtenir
son consentement éclairé après lui avoir expliqué
les procédures de prélèvement, la confidentialité
et l’anonymat du test. À ce moment, un coupon de référence
lui était remis pour chercher les conseils et test gratuits
auprès d’un CDV. Pour les femmes et les hommes qui
acceptaient d’être testés, le laborantin, en
respectant toutes les précautions d’hygiène
recommandées, prélevait des gouttes de sang sur un
papier filtre. Dans la plupart des cas, les gouttes de sang étaient
obtenues de la même piqûre au doigt que pour l’anémie.
Une étiquette contenant un code barre était collée
sur chaque papier filtre contenant du sang. Une deuxième
étiquette avec le même code barre était collée
sur le Questionnaire Ménage sur la ligne correspondant au
consentement de la personne éligible. Un troisième
étiquette, toujours avec le même code barre, était
collée sur la fiche de transmission. Les gouttes de sang
sur papier filtre étaient séchées pendant 24
heures au minimum, dans une boîte de séchage avec des
dessiccateurs absorbants l’humidité. Le lendemain,
chaque échantillon séché était placé
dans un petit sac en plastique imperméable et à fermeture
hermétique. Pour la conservation des prélèvements,
des dessiccateurs et un indicateur d’humidité étaient
placés dans le petit sac. Les sacs en plastique individuels
étaient ainsi conservés secs jusqu’à
leur acheminement régulier au Laboratoire National de Référence
à Conakry pour être enregistrés et analysés.
Le test des anticorps anti-VIH et la restitution
des résultats étaient effectués par
le Laboratoire National de Référence (LNR) à
Conakry. Le LNR est le laboratoire de référence en
Guinée ; il est régulièrement soumis à
un contrôle de qualité interne rigoureux, ainsi qu’à
un contrôle de qualité externe. Concernant le contrôle
de qualité externe, le LNR participe à l’Agence
Française de Sécurité Sanitaire des Produits
de Santé (AFSAPPS). Pour ce qui concerne les procédures
de test au laboratoire, les gouttes de sang séchées
sur papier filtre étaient perforées à l’aide
d’une poinçonneuse. Le poinçon coupé
mesurait approximativement 6 mm de diamètre, et était
ensuite plongé dans 150 micro litres de solution PBS pour
extraction et recomposition du sang entier. Ensuite le LNR a analysé
les échantillons extraits selon un algorithme.
Nous donnons dans le tableau ci-dessous le plan
d’action et échéancier des activités
de dépistage VIH au LNR.
| Plan d'action
des activités au LNR au mois de juillet |
| Activités |
Echéances
prévues |
Observations |
| Numérotation des tubes
à hémolyse et des tubes Nunc
Et constitution des aliquotes |
18 juillet |
Achevé le 19 juillet |
| Extraction des échantillons |
18 au 22 juillet |
Achevé le 21 juillet |
| Scannage des échantillons |
18 juillet |
Achevé le 18 juillet |
| Analyses au 1er test (Vironostika) |
22 au 26 juillet |
Achevé le 27 juillet |
| Analyses au 2ème test
(Enzygnost) |
23 au 27 juillet |
Achevé le 28 juillet |
| Western Blot
(test de confirmation) |
28 au 30 juillet |
Achevé le 2 août |
| Validation , interprétation
et Disponibilité de tous les résultats |
1er Août |
Achevé le 2 août |
Au total 6962 échantillons ont été
traités et analysés au LNR au cours de L’EDSG-III
(2005).
Le tableau ci-dessous indique la spécification des tests
utilisés au cours de l’EDSG-III (2005).
| Spécification
des tests utilisés au cours de l’EDSG-III (2005) |
|
Nom du test |
Nb de tests
par Kit |
Garantie
de demie/vie
et température de conservation |
Type HIV |
Type d’antigène |
Longueur
d’onde |
Coût/test
US $ et EURO |
| VIRONOSTIKA HIV UNI-FORM
II PLUS O (Biomérieux BV) |
576 |
12 mois/2-8° |
HIV 1+2
O |
Recombinant proteins, synthétic
peptides |
450/620 nm |
0,46 EURO |
| ENZYGNOST ANTI-HIV
½ PLUS (Dade Behring AG) |
10 x 96 |
12 mois/2-8° |
HIV 1+2 |
Recombinants protein |
450/620 nm |
0,75 US$ |
| HIV BLOT 2.2
(Genelabs Diagnostics) |
36 |
15 mois/2-8° |
HIV1
HIV2 |
Viral lysate + synthétic
peptide |
NA |
10,97 US$ |
La procédure ci-dessous a été
appliquée après la collecte sur le terrain de sang
total sur papier filtre :
- Réception et enregistrement des échantillons collectés
au LNR
- Scannage des échantillons
- Photocopie des codes à barre et transmission au service
informatique
- Numérotation des tubes NUNC et aliquotes
- Extraction des échantillons
- Aliquote des échantillons
- ELISA
- Elisa 1 (VIRONOSTIKA)
- ELISA 2 (ENZYGNOST)
- Western Blot (WB)
- Transcription et interprétation des résultats
Les tests utilisés au cours de l’EDS dépistent
les trois groupes de souche du VIH : M(Majeur), O (outlier)
et N (ni M ni O). Le groupe majeur (M) est encore divisé
en plusieurs sous types, ainsi que de l’association de deux
sous types ou davantage, connus sous le nom de formes recombinantes
circulantes (CRF). Un sous type est défini comme possédant
un génome qui lui est propre à 25% au moins. Onze
sous type ont été identifiés qui sont chacun
désignés par une lettre (sou-types A ou C etc.). Lorsque
ces sous-types se mélangent (par exemple au moment où
un individu est infecté par deux sous-types de VIH différents)
et que la combinaison génétique qui en résulte
se fixe dans le milieu, elle est appelée CRF. Jusqu’ici
13 CRF ont été identifiées. S’il n’y
a que certains sous-types dans certaines régions du monde,
tous les sous-types se rencontrent en Afrique ainsi que plusieurs
CRF. Le sous-type C est le plus rependu et représente 50%
de toutes les nouvelles infections. Le sous-type A est le deuxième
variant le plus courant du VIH1. Ce sous type représente
80% des infections en Afrique occidentale, dont la Guinée
fait partie.
C’est ainsi que, l’algorithme développé
et validé a été conçu pour faire face
à la grande diversité génétique du VIH
en Guinée et de son impact sur le sérodiagnostic.
Trois tests différents sont combinés dans le cadre
du diagnostic sérologique du VIH au cours de l’EDSG-III
(2005) : ELISA 1 (Vironostika) ; ELISA 2 (Enzygnost) et
HIV BLOT.
ELISA 1 : Vironostika HIV Uniform II Plus O (Biomerieux
BV) Microelisa system.
Il s’agit d’un test ELISA de type sandwich à
une phase, de troisième génération, très
sensible avec comme antigène des protéines recombinants
et des peptides synthétiques détectant le VIH1 (Groupe
M, N et O) et le VIH2. Les barrettes microlisa chacune avec 8 cupules
recouvertes d’un mélange d’antigène p24
de VIH-1, gp160 de VIH-1, et env de VIH-2 (AUSIO Sistema de Elevacion
S.L 592-603). Chaque cupule contient une sphère en forme
de perle, qui contient un mélange lyophilisé de p24
de VIH-1, gp160 de VIH-1, peptide ANT70 de VIH-1, peptide env de
VIH-2 (acides aminés 592-603) marqué à l’HRP
et lyophilisé. La sensibilité de ce test dans le diagnostic
des échantillons réactifs au VIH est de 100% et sa
spécificité de 99,92%)
Tout échantillon présentant une densité optique
(DO-échantillon) < valeur seuil, est rendu négatif
et tout échantillon ayant une DO = à la valeur seuil
(DO = VS) est rendu positif.
Les échantillons dépistés positifs en ELISA1
(Vironostika) sont ensuite analysés à l’aide
d’un second ELISA (ELISA2 : Enzygnost Anti-HIV1/2 Plus
de Dade Behring AG).
ELISA 2 : Enzygnost anti-HIV1/2 plus de Dade Behring
AG.
Plaque de microtitration recouverte d’un pool de proteine
VIH (env) recombinantes (E.coli). les protéines représentent
les domaines immunoréactifs des proteines virales suivantes :
gp41 (VIH-1), gp41 (VIH-1 sous type O) gp36 (VIH-2). La sensibilité
de ce test est de 100% et sa spécificité de 99,3 à
100%. en test initial et de 99,99% en retest.
Ce deuxième test ELISA2 (test de compétition) est
utilisé en deuxième intention car hautement spécifique
du VIH1 et du VIH2. Les types d’antigène utilisé
comme support dans ce test sont des protéines recombinantes.
L’exploitation des résultats est effectuée automatiquement.
Selon les critères du test Enzygnost les échantillons
sont classés comme suit :
- Échantillon < valeur seuil -10 % ≈ négatif
- Échantillon > valeur seuil ≈ positif
- Valeur seuil -10 % ≤ Échantillon ≤ valeur
seuil ≈ douteux
Les échantillons trouvés dans la zone grise ou supérieurs
à cette zone grise doivent être re-testés.
Si un échantillon trouvé initialement douteux donne
des valeurs inférieures à la zone grise dans le re-test,
le considéré comme négatif selon les critères
du test.
Si les deux valeurs du re-test sont de nouveau trouvées dans
la zone grise ou supérieures à la zone grise, l’échantillon
doit être considéré comme de nouveau positif.
Tous les échantillons douteux ou réactifs à
l’Enzygnost (ELISA2) sont confirmés au HIV BLOT 2.2
(Genelab Diagnostic) à base de viral lysate + synthetic peptide
HIV1 et HIV2.
Tous les échantillons discordants après répétition
de ELISA1 et ELISA2 sont analysés au HIV BLOT 2.2.
Les échantillons négatifs au HIV BLOT 2.2 sont considérés
comme définitivement négatifs.
Les échantillons positifs au HIV BLOT 2.2 sont considérés
comme définitivement positifs.
Les échantillons positifs à ELISA1, positifs à
ELISA2 et positifs après répétition de ELISA1
et de ELISA2 mais négatifs au HIV BLOT sont considérés
comme indéterminés.
Un programme en CSPro, spécialement conçu selon l’algorithme
retenu, était fourni au LNR pour la saisie des résultats
des tests. Au fur et à mesure des entrées, ce programme
procédait à un comptage automatique de toutes les
entrées (nombre de prélèvements testés,
nombre de positifs et de négatifs selon les différents
kits utilisés). Toutes les deux semaines environ, les responsables
du LNR fournissaient à la DNS et à ORC Macro les résultats
agrégés de ces comptages de façon à
ce que les responsables de l’enquête puissent suivre
le déroulement des tests et déceler d’éventuelles
anomalies.
Concernant la restitution des résultats, chaque prélèvement
de sang transféré au LNR était identifié
uniquement par un code barre, et seul ce code était saisi
dans le fichier CSPro avec les résultats des tests. Ce fichier
confidentiel est resté sous la responsabilité de LNR
jusqu’à la fin de l’enquête. Lorsque le
fichier de données de l’EDSG-III (basé à
la DNS) a été apuré et que les facteurs de
pondération ont été calculés, un fichier
de données contenant uniquement les facteurs de pondération,
le sexe, l’âge, la région de résidence
et le code d’identification des enquêtés a été
préparé et comparé au fichier du LNR pour vérifier
la cohérence des deux bases de données. Ces deux fichiers
ont alors été fusionnés pour calculer les résultas
préliminaires sur la prévalence du VIH par âge,
sexe et région de résidence (Boké, Conakry,
Faranah, Kankan, Kindia, Labé, Mamou, N’zérékoré).
Nous pensons avoir ainsi passez en revue la procédure dans
ses grandes lignes de l’EDSG-III.
Avant de faire une analyse générale du volet VIH,
il serait intéressant de montrer la structure générale
du rapport attendu de l’EDSG-III.
- Liste des tableaux et graphiques
- Liste des Acronymes
- Introduction
- Réalisation de l’enquête
- Echantillonnage
- Questionnaires
- Formation et collecte de données
- Traitement des données
- Tests de l’hémoglobine et du VIH
- Résultats : Enquête Ménage et Enquêtes
individuelles
- Couverture de l’échantillon
- Caractéristiques socio-démographiques des
enquêtés
- Fécondité
- Utilisation de la contraception
- Désir d’enfants supplémentaires
- Soins prénatal et assistance à l’accouchement
- Vaccination des enfants
- Traitement des maladies de l’enfance
- Allaitement et alimentation de complément
- Etat nutritionnel des enfants
- Test d’anémie
- Mortalité des enfants
- Connaissance du VIH/SIDA
- Utilisation de condom
- Excision
- Résultat des tests de dépistage du VIH
- Taux de couverture du test VIH
- Taux de séroprévalence du VIH
Analyse générale Prévalence
et VIH/SIDA
- Le sida est aujourd’hui l’un des problèmes
majeurs de santé publique dans les pays africains. L’EDSG-III
a inclus une série de questions sur la connaissance du
VIH/sida, les modes de transmission et de prévention du
VIH et sur les comportements.
- L’utilisation du condom, particulièrement en situation
de rapports sexuels à haut risque, est l’un des moyens
efficaces pour éviter la propagation du VIH/sida. Aux hommes
et aux femmes sexuellement actifs, on a donc posé des questions
sur l’utilisation du condom au cours des 12 derniers mois
avant l’enquête. Les résultats préliminaires
mettent en exergue des comportements différentiels dans
l’utilisation du condom lors des derniers rapports sexuels
aussi bien chez les femmes que chez les hommes, et particulièrement
lorsque le partenaire est non cohabitant.
- En Guinée comme dans d’autres pays, la sensibilisation
au VIH/SIDA est élevée : la majorité
des adultes de 15-49 ans savent qu’une utilisation correcte
et systématique du préservatif peut prévenir
la transmission sexuelle du VIH. Mais en général,
la sensibilisation au VIH/SIDA et les connaissances sur le sujet
reste faible dans les zones rurales et parmi les femmes. Dans
des lieux, même si les niveaux de connaissance sont les
mèmes, l’expérience montre que les femmes
montrent des niveaux très faibles d’utilisation de
préservatif. Ce qui indique d’après certains
analystes qu’un grand nombre d’entre elles ne sont
pas en mesure de négocier des rapports sexuels à
moindre risque avec leurs partenaires masculins. Le fossé
sexospécifique demeure bien large.
- En général , ceux qui ne savent pas lire ont
moins de chance d’utiliser un préservatif au cours
d’un rapport sexuel occasionnel que leurs compatriotes qui
ont été scolarisés au-delà de l’école
secondaire. Les habitants des campagnes ont moins de chance que
leurs paires des villes d’utiliser un préservatif
avec des partenaires occasionnels.
- Si les actions ciblées contribuent à faire augmenter
le taux d’utilisation des préservatifs, des enquêtes
rappellent que les actions contre le VIH doivent atteindre la
population générale si l’on veut maîtriser
l’épidémie et le garder à un faible
niveau.
- Certaines enquêtes au sud du Sahara ne cernent pas spécifiquement
l’homosexualité. Mais, il est certain que les hommes
ayant des rapports sexuels avec des hommes ont également
des rapports avec des femmes -facettes jusqu’ici cachées
de l’épidémie.
- Comme mentionné plus haut, l’EDSG-III 2005 a inclus
le test du VIH dans la moitié des ménages sélectionnés.
Toutes les femmes et tous les hommes éligibles pour l’enquête
individuelle dans ce sous-échantillon étaient sollicités
pour donner quelques gouttes de sang pour le test du VIH. Selon
les recommandations de l’ONUSIDA, pour faciliter la comparaison
entre les femmes et les hommes, les résultats sont limités
aux âges de 15-49 ans pour les deux sexes. Une analyse plus
détaillée, y compris pour les hommes de 50-59 ans,
sera réalisée dans le rapport final de l’EDSG-III.
- En tout cas, une estimation précise de la prévalence
de VIH est nécessaire pour évaluer l’ampleur
de l’épidémie en Guinée et pour suivre
la progression de l’épidémie au cours du temps.
Les données des sites sentinelles de surveillance épidémiologique,
provenant des femmes enceintes qui viennent pour les consultations
prénatales et l’enquête sur la séroprévalence
réalisée en 2001(ESSIDAGUI 2001), ont jusque là
été les principales sources d’informations
sur la prévalence du VIH en Guinée.
- Les données provenant des sites sentinelles sont d’une
grande valeur parce qu’elles peuvent être disponibles
de façon assez régulière, et elles sont moins
coûteuses à collecter que celles d’une enquête
nationale représentative de la population générale.
Toutefois, les données de ces sites de surveillance présentent
plusieurs insuffisances importantes. L’insuffisance majeure
est principalement liée au fait que les femmes enceintes
ne sont pas représentatives de la population générale
en âge reproductif (Slutkin et al 1988). Le plus évident
c’est que les niveaux de la prévalence de VIH varient
entre les femmes et les hommes, et les hommes ne sont évidemment
pas représentés dans les données provenant
des sites sentinelles. De plus, le niveau de prévalence
est généralement plus élevé chez les
femmes enceintes que chez les femmes dans la population générale
car parmi les femmes non enceintes il y a les femmes non actives
sexuellement, et donc peu exposées au VIH. Les niveaux
de prévalence varient aussi avec l’âge. Les
femmes qui se rendent dans les services de soins prénatals
peuvent avoir une distribution d’âge qui est différente
par rapport à celle des femmes dans la population générale.
Enfin, la couverture géographique pourrait présenter
une autre source de biais inhérente dans les données
des sites de surveillance, dans la mesure où les données
proviennent d’un nombre limité des sites sentinelles
qui se trouvent le plus souvent dans les zones urbaines ou semi
urbaines-- là où la prévalence du VIH est
la plus élevée.
- Avec l’inclusion du test du VIH dans l’EDSG-III,
la Guinée est l’un des premiers pays d’Afrique
subsaharienne à enrichir sa base d’information sur
le VIH avec des données d’une enquête nationale,
représentative de la population générale.
Pour la première fois, le pays dispose d’une mesure
directe de la prévalence du VIH au lieu d’une estimation
dérivée d’un modèle basé sur
les données des sites sentinelles et ajustées avec
certains paramètres. L’ONUSIDA et l’OMS recommandent
que les résultats d’une enquête nationale représentative
soient exploités pour calibrer les résultats de
la surveillance régulière (UNAIDS/WHO Working Group
on Global HIV/AIDS and STI Surveillance, 2000). Il est donc conseillé
que la séroprévalence de l’EDSG-III soit analysée
de très près et qu’elle soit utilisée
pour raffiner la série des paramètres qui sont intégrés
dans le modèle d’estimation de la prévalence
à partir des données des sites sentinelles.
- Quant au taux de couverture de prélèvement pour
le test VIH, dans l’ensemble, plus de 9 personnes éligibles
sur 10 ont été testées pour le VIH.
- Le taux de prévalence globale du VIH en Guinée
qui sera prochainement diffusé donnera une bonne image
de la situation globale de l’épidémie. C’est
un peu une photographie du VIH/SIDA.
- Dans les pays qui connaissent une épidémie généralisée
comme la Guinée, on a l’habitude de fonder cette
image principalement sur les tests effectués de manière
anonyme chez les femmes en consultation prénatale (comme
dans ESSIDAGUI 2001) a défaut d’une enquête
à large échelle comme l’EDSG-III (2005). Mais
comme on l’a dit plus haut, l’insuffisance majeure
de fonder la prévalence du VIH sur les résultats
des tests anonymes effectués chez les femmes en consultation
prénatale est principalement liée à la non
représentativité de la population générale
dans cet échantillon.
- Devant un résultat de séroprévalence,
3 scénarios peuvent s’adapter à la situation
guinéenne :
- La vaste majorité des personnes vivant avec le VIH/SIDA
pourraient avoir été infectée entre 5
et 10 ans auparavant et les nouvelles infections récentes
être rares.
- La majorité des personnes vivant avec le VIH/SIDA
pourraient avoir été infectée récemment
(c’est à dire au cours des deux dernières
années).
- On peut envisager que le taux de prévalence du VIH
est resté stable en Guinée suggérant
que les nouvelles infections se produisent à un rythme
régulier. Mais il est possible que tel ne soit pas
le cas. La Guinée pourrait connaître des taux
plus élevés de mortalité due au SIDA
(lorsque les personnes infectées approximativement
dix ans auparavant décèdent en grand nombre)
et une augmentation de nouvelles infections.
- Si on ne peut pas occulter la présence de nouvelles
infections dans certaines tranches d’age les plus touchées,
on peut penser que les nouvelles infections semblent maintenant
se produire parmi les épouses et les partenaires sexuels
des hommes qui ont été infectés il y a plusieurs
années déjà.
- Si on considère que le niveau d’infection continue
à grimper chez les femmes plus âgées et diminue
chez les femmes moins âgées, le grand défi
sera de maintenir et de consolider ce succès provisoire
chez les jeunes femmes.
- Dans certains pays, les profils de croissance plus menaçants
portent ombrage aux taux relativement faibles de prévalence
du VIH chez l’adulte , comme au Sénégal (moins
de 1%) et au Mali (1,7%) (source :ONUSIDA 200). En dépit
de ces progrès il reste bien du chemin à faire.
La vaste majorité des sujets n’ont pas contracté
le virus. Leur permettre de rester exempts d’infection constitue
un défi colossal, la protection des jeunes étant
la priorité.
- On constate généralement que deux fois plus de
jeunes femmes que d’homme sont infectées par le VIH.
Ce phénomène semble du à plusieurs facteurs :
les femmes et les jeunes filles font souvent l’objet de
discrimination quant à leur accès à l’éducation,
à l’emploi , au crédit, à la terre
et à l’héritage Etant donné la tendance
à la baisse de nos économies qui gonfle les rangs
des pauvres, les rapports avec les hommes (occasionnels ou officialisés
par le mariage) peuvent constituer des occasions vitales d’obtenir
la sécurité financière ou de satisfaire des
aspiration matérielles. Généralement ce sont
des hommes plus âgés qui sont le mieux à offrir
cette sécurité (généralement après
la paye de fin de mois). Mais dans les provinces ou localités
(zones minières, ville-carrefour, frontières ) où
le VIH est très rependu ils risquent davantage d’avoir
été infecté par le VIH. L’association
de la dépendance et de la subordination fait qu’il
est parfois très difficile pour les jeunes filles et les
femmes d’exiger des rapports sexuels protégés
(même avec leur mari) ou de mettre fin à des relations
comportant un risque d’infection. Des études ont
montré que les jeunes femmes ont tendance à épouser
des hommes plus âgés qu’elle de plusieurs années
(une artiste de la place en Guinée encourage ce type de
mariage) et que leur risque augmente si l’homme à
trois ou quatre ans de plus qu’elle. De plus les jeunes
femmes et les jeunes filles sont plus vulnérables à
l’infection d’un point de vue biologique (le col de
l’utérus est plus sensible aux lésions) contribue
à expliquer les grandes différences de prévalence
du VIH entre les filles et les garçons de 15 à 19
ans.
- Dans les pays a épidémie généralisée,
la transmission du VIH par voie intraveineuse et la prostitution
constituent les facteurs de risque d’explosion du VIH chez
les jeunes. Dans ce cas même si les efforts ciblés
(action envers les prostituées) susceptibles de protéger
les populations du VIH/SIDA sont importants et efficaces sur le
plan coût, ils ne peuvent, à eux seuls, stopper l’épidémie.
Il est vital que les ripostes au SIDA soient élargies aussi
à la population générale. Le dépistage
est une action prioritaire car, la majorité des séropositifs
en Afrique ne connaissent pas leur statut.
- La concentration de grands nombres de jeunes dans des prisons
ou des centres pour jeunes délinquants surpeuplés,
souvent marqués par une abondance de drogue et une absence
d’information sur le VIH, de seringues propres et de préservatifs,
constitue un terrain fertile pour la propagation rapide du VIH
parmi les détenus et, lorsqu’ils sont libérés,
dans la population générale.
- Dans certains pays de l’Afrique, on peut dire que l’épidémie
généralisée est à son début.
Car c’est maintenant qu’un nombre croissant de personnes
qui ont contracté le VIH au cours des années écoulées
tombent malades. Sans prise en charge thérapeutique adéquate,
les décès dus au SIDa devraient continuer à
augmenter. L’impact de l’épidémie sur
ces sociétés se fera sentir dans les prochaines
années.
- Comme le montre certains pays (Ouganda, Afrique du Sud, Zambie
etc.) les actions qui engagent et traitent les jeunes en priorité
sont toujours payantes. Le cours de l’épidémie
dans l’avenir en Afrique sera fonction de la capacité
des pays à protéger partout les jeunes de l’épidémie
et de ces conséquences. Donc l’optimisme est permis.
Nous attendons les résultats définitifs de l’EDSG-III
(2005) pour apprécier l’ampleur de l’épidémie
en Guinée et les actions entreprises depuis le début
de l’épidémie.
Références
Slutkin, Gary, James Chin, Daniel Tarantola, Jonathon Mann. 1988.
Sentinel surveillance for HIV infection: A method to monitor HIV
infection trends in population groups. Geneva: World Health Organization.
UNAIDS/WHO Working Group on Global HIV/AIDS and STI Surveillance.
2000. Second generation surveillance for HIV: The next decade. WHO/CDC/CSR/EDC2000.5,
UNAIDS/00.03E.
UNAIDS Reference Group on Estimates, Modelling and Projections.
2004. Responding to surveillance: Methods and software to produce
HIV/AIDS estimates in the era of population-based prevalence surveys.
Report of a meeting of the UNAIDS Reference Group for “Estimates,
Modelling and Projections” held in Glion, May 10-11, 2004.
World Health Organisation and UNAIDS. 2003. Reconciling antenatal
clinic-based surveillance and population-based survey estimates
of HIV prevalence in sub-Saharan Africa. Geneva : WHO.
ONUSIDA/OMS, Le point sur l’épidémie du SIDA
en 2002. ONUSIDA/02.46F (version française, décembre
2002) ISBN 92-9173-254-0.
Pour tous renseignements concernant l’EDSG-III, contacter :
La Direction Nationale de la Statistique (DNS)
BP 221, Conakry, Guinée
Téléphone : (224) 41-45-67/41-38-36
Fax : (224) 41-30-59
E-mail : dnstat@biasy.net
- bnr-stat@biasy.net
Concernant le programme MEASURE DHS, des renseignements
peuvent être obtenus auprès de :
Macro International
11785 Beltsville Drive, Suite 300
Calverton, MD 20705 USA
Téléphone : (1) 301-572-0200
Fax : (1) 301-572-0999
E-mail : reports@orcmacro.com
Internet : http://www.measuredhs.com
Conakry, le 23 Août 2005
Dr Kaba KOUROUMA
Consultant National Spécialiste VIH /EDSG-III (2005)
Ambassadeur santé tropicale/Guinée
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