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Malgré le bilan très lourd qu'il provoquera dans
les prochaines années en guinée (si aucune action n'est entreprise),
le VIH/SIDA n'est qu'un des nombreux problèmes de santé publique
auxquels est confronté la guinée.
En 1999, le taux d'incidence/1000 du paludisme était de 115,3 et
celui des infections respiratoires de 60,7. Parmi les maladies cibles
du PEV, le Tétanos néonatal/100.000 était de 82,18.
Les structures sanitaires de soins du pays ont apporté 1382 cas
de méningite en 1999 pour un taux d'incidence annuelle de 17,8/100.000
habitants. La situation des décès enregistrés en 1999 dans les hôpitaux
du secteur public du pays montre que la première cause de décès
dans ces structures de soins reste les anémies non drépanocytaires
et le paludisme pernicieux avec une proportion de 11. (Source :Annuaires
des statistiques sanitaires 1999)
Pour l'Etat guinéen, l'amélioration de la santé
ne peut être qu'un des nombreux défis pressants qui entrent en ligne
de compte, puisqu'il faut réduire l'analphabétisme, fournir des
infrastructures et offrir davantage d'emploi, par exemple.
Mais, si on envisage uniquement l'amélioration de la population,
il serait important aussi de procéder à une évaluation épidémiologique
de l'ampleur des problèmes liés au VIH/SIDA par rapport aux autres
problèmes de santé-non seulement à l'heure actuelle, mais aussi
à l'avenir sur la morbidité et la mortalité croissantes dues à l'épidémie.
En comparant les différentes options face au problème
du VIH/SIDA, différents types de traitement antirétroviral et autres
intervention préventives, on aidera les décideurs à choisir celle
qui a les meilleures chances d'atteindre les objectifs de développement.
On tiendra compte des solutions techniques.
- Les schémas thérapeutiques différents faisant intervenir des
inhibiteurs des transcriptases et des protéases qui peuvent être
administrés seuls ou en association avec des conséquences très
différentes quant au prix unitaire et à l'issue clinique
- Les groupes cibles sont différents même avec la même option
technique : personnes vivant avec le VIH/SIDA ; sujets symptomatiques
ou asymptomatique ; femmes enceintes infectées. Sans oublier que
la taille des populations concernées à une répercussion importante
sur le coût global du traitement ainsi que sur l'efficacité probable
du point de vue de la réduction de la morbidité.
- Faut-il fournir les ARV à travers le secteur privé au lieu du
secteur public ?
La fourniture des ARV par le secteur public pourrait inciter des
sujets qui s'adressaient au secteur privé à changer de fournisseur,
réduisant l'impact net de la fourniture par le secteur public
- Serait-il justifié de prévoir le financement d'un traitement
ARV au lieu de se fonder sur le recouvrement des coûts ?
Ce financement se justifie lorsque le traitement ARV évite la
transmission de l'infection à d'autres, comme la prévention de
la mère à l'enfant. Mais aussi, pour s'assurer contre les risques
financiers catastrophiques dus aux problèmes de santé liés à l'infection
à VIH/SIDA.
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L'analyse des options financières concernant les
ARV pose immédiatement la question de savoir, si la guinée peut
faire face à ce genre de dépenses.
Les responsables politiques doivent rejeter les
options d'intervention qui ne sont pas financièrement abordables,
sinon ils seront liés par des politiques qu'ils ne sont pas capables
d'appliquer et iront à l'encontre de l'objectif recherché. Il faut
donc mettre l'accent sur le sous-ensemble des options des solutions
antirétrovirales abordables du point de vue de ceux qui doivent
financer les coûts. C'est à dire, les autorités et les ménages.
Il est évident, que les coûts unitaires annuels
du traitement pour les groupes-cibles symptomatiques et asymptomatiques
seront plus faibles, car à ce stade les visites sont moins nombreuses
et la quantité des médicaments contre les infections opportunistes
moins importantes. Mais l'évolution ultérieure vers le SIDA se traduira
par une augmentation des coûts unitaires.
Il ne faut pas non plus oublier, que pour déterminer
la mesure dans la quelle cette politique de fixation des prix est
abordable du point de vue malade, il est important de tenir compte
de la répartition des revenus ou des données de remplacement fournies
par les dépenses de consommation par habitant, au lieu de prendre
le niveau moyen de revenu de l'ensemble de la population (soins
médicaux, dépenses alimentaires et la consommation totale).
En supposant par exemple que les dépenses non alimentaires
moyennes représentent une contrainte budgétaire réaliste du point
de vue de la capacité du malade de payer du traitement VIH/SIDA,
le prix même subventionné du traitement pour l'adulte atteint de
SIDA ne sera pas abordable pour l'ensemble de la population.
Donc, la décision d'introduire les ARV dans un
système de santé publique est prise au terme d'un long processus
de définition des priorités à différents niveaux budgétaires dans
du pays. L'établissement du budget national déborde largement le
cadre de la présente analyse.
Mais il convient néanmoins de noter que des fonds
pour des activités e prévention du VIH/SIDA peuvent être versés
à des secteurs autres que celui de la santé en particulier dans
le cadre de l'éducation sexuelle dans les écoles.
D'autres secteurs peuvent aussi mener des activités
qui ont un impact significatif sur la santé publique comme l'approvisionnement
en eau propre et l'assainissement assurés par les ministères des
travaux publics.
Par rapport aux fonds nécessaires pour toutes les
activités liées au VIH/SIDA, il faut comparer le rapport coût/efficacité
des traitements ARV, mesure dans la quelle ils réduisent le fardeau
de la morbidité, à celui de toutes les autres interventions contre
le VIH/SIDA..
Conakry le 1er décembre 2002
Dr Kaba KOUROUMA, Ambassadeur Santé tropicale, Guinée.
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