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SCOOP GCI : "Les trafiquants de faux médicaments sont des tueurs », dit le Pr. Marc Gentilini - 06/06/2011 - Guinée Conakry Info - GuinéeEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Président honoraire de l’Académie nationale de médecine, président honoraire de la Croix-Rouge française, avec un long passé qu’il espère « positif » de lutte contre les maladies infectieuses et tropicales, le Professeur Marc Gentilini a mis à profit les 4ème Journées Médicales Guinée-Rhône-Alpes, pour signer avec le président de la République, le Pr. Alpha Condé, l’appel de Cotonou. Il en parle au micro de GuineeConakry.info...

GCI : Vous venez de signer avec le président de la République l’appel de Cotonou, pouvez-vous nous dire en quoi consiste cet appel ?

Pr. Marc Gentilini : L’appel de Cotonou qui a été lancé par Jacques Chirac et par un certain nombre de chefs d’Etat en exercice, le 12 octobre 2009, avait pour objectif de mobiliser les politiques, les décideurs,… contre le trafic des faux médicaments et contre bien sûr les trafiquants qui sont des tueurs. C’est ce qui a été fait après que les professionnels de santé aient déjà sensibilisé leurs gouvernements respectifs sur la gravité du problème. Donc, il y a une prise de position des professionnels de santé, en particulier en 2006 à Beyrouth-l’appel de Beyrouth- par les pharmaciens internationaux. Il y a eu ensuite cet appel de Cotonou pour qu’il y ait un plaidoyer politique-c’est le mot qu’on retient- contre ces trafiquants. Donc, depuis, nous avons recueilli plus de quarante signatures de chefs d’Etat. Tous les chefs d’Etat de la région d’Afrique et tous ceux du Maghreb ont signé cet appel.

Alors que va-t-on faire maintenant ? Eh bien, il faut que les organisations internationales qui sont elles aussi mobilisées déploient des efforts pour qu’il y ait des textes juridiques qui puissent permettre de saisir les trafiquants et l’objet du trafic. Ça c’est un travail de juristes à établir. Ce qui est en cours au niveau de Bruxelles et au niveau de Strasbourg. Il y a d’autre part, une mobilisation des professionnels de santé qui est accrue et qui rappelle régulièrement à chaque chef d’Etat signataire de l’appel de Cotonou, son engagement. Pour lui dire "mais ce n’est pas seulement bien de signer, il faut qu’une signature soit suivie d’effet". Enfin, il y a un point très important, c’est la sensibilisation de l’opinion publique. Il faut absolument que l’opinion publique soit prévenue des effets néfastes des médicaments nés du trafic. Parce que des médicaments sous-dosés ou des médicaments surdosés et des médicaments comportements des impuretés qui entrainent des accidents graves et qui entrainent la mort même, doivent être éliminés de la circulation. Donc, c’est un vaste débat. Et il faut que les responsables politiques comprennent bien que c’est un problème de santé publique et qu’il y va de leur crédibilité aussi de lutter contre ce trafic.

GCI : La signature de l’appel de Cotonou était présenté comme un moment important des 4èmes Journées Médicales, maintenant que c’est fait, qu’est-ce qui va concrètement changer dans la problématique des faux médicaments en Guinée ?

Pr. Marc Gentilini : Ce n’est pas moi qui vais faire le travail. Ce sont les Guinéens qui vont juger s’il intéressant de suivre ou pas. Ce qui est sûr c’est que le président de la République a signé l’appel de Cotonou qui ne lui avait pas encore été présenté pour des raisons que vous devinez. Mais il avait rencontré Jacques Chirac à Paris, au mois de février, je crois, et il avait été question de sa signature. Donc, j’ai été chargé d’apporter à nouveau ce texte et de le soumettre à sa signature, ce qu’il a fait. A partir de maintenant, il y a toute une procédure qui va s’enclencher à partir des laboratoires de contrôle de qualité des médicaments. Car il faut qu’il y ait dans chaque nation, un laboratoire de contrôle de la qualité des médicaments qui sont reçus. Sinon, on ne peut pas décider qu’un médicament est bon ou mauvais. Donc, c’est ce qu’on s’efforce de remettre en place car le laboratoire de Conakry ne fonctionne pas bien et j’ai appelé l’attention du chef de l’Etat sur la nécessité de lever les difficultés qu’on pouvait rencontrer dans le fonctionnement et d’aider à la mise en place de suivi du travail de ce laboratoire. Ce à quoi il s’est engagé à faire avec le ministre de la santé.

GCI : Et ça vous donne un certain espoir…

Pr. Marc Gentilini : Oui, vous savez, je crois qu’il faut vivre d’espoir. Sinon, je crois qu’il est tout à fait probable qu’il y aura une attitude très constructive au niveau de la Guinée qui est très marquée par ce problème. Si vous vous promenez dans les marchés, vous voyez bien le nombre de médicaments non contrôlés qu’on vend et qui sont accompagnés de conseils tout à faits gratuits à un certain nombre de malades.

GCI : Plus globalement, que pensez-vous des quatrièmes journées médicales ?

Pr. Marc Gentilini : C’est une manifestation intellectuelle, scientifique et médicale qui vient à point dans le renouveau guinéen. Ce n’est pas une nouveauté puisque c’est la quatrième édition. Mais il y a plusieurs années que ça n’avait pas eu lieu d’une part. C’est une reprise et ça n’avait jamais atteint cette dimension-là. Donc, c’est la raison pour laquelle nous nous réjouissons tous qu’il y ait une manifestation aussi importante à Conakry maintenant.

Propos recueillis par Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

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