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SCOOP GCI SIDA AN 30 : François Sérizay et la pandémie du Sida - 05/06/2011 - Guinée Conakry Info - GuinéeEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Dans le cadre de la tenue des 4èmes Journées Médicales Guinée-Rhône-Alpes, Monsieur François Sérizay a fait une communication portant sur la dimension irrationnelle des pandémies et notamment du Sida en Afrique au sud du Sahara. M. Sérizay, après avoir passé trente années comme directeur des ressources humaines dans des grands groupes internationaux, a créé il y a environ six ans la société FS People Solutions Consulting, à Genève. Intervenant depuis un certain temps pour le compte de grandes sociétés pour les aider à définir leurs stratégies dans un certain nombre de domaines qui relèvent des ressources ...

Intervenant depuis un certain temps pour le compte de grandes sociétés pour les aider à définir leurs stratégies dans un certain nombre de domaines qui relèvent des ressources humaines et ayant eu une expérience de gestion dans le secteur minier en Guinée, en 2008 et 2009, il s’intéresse particulièrement à la fois au sida et à son impact sur les populations minières.

Il est d’autant plus à l’aise dans son sujet qu’il a complété cette expérience sur le terrain par un certain nombre de recherches, d’interviews, de recueils de témoignages, d’observations, etc. de manière à avoir un aperçu, une compréhension fine de ces problèmes au-delà du discours conventionnel qu’on entend aussi bien du côté des organisations syndicales que des responsables politiques. Notre reporter lui a tendu le micro…

GuineeConakryInfo : Dites-nous la nécessité qu’il y a, selon vous, à opérer une certaine réorientation dans l’approche de solutions contre la pandémie du sida ?

M. Sérizay : Alors, dans le cadre du VIH, il me semble qu’on peut observer plusieurs phénomènes. Le premier, c’est que la dimension culturelle de la pandémie est essentielle. En d’autres termes, la compréhension qu’on en a et la compréhension qu’en ont les gens qui sont atteints du sida, qui sont porteurs du VIH n’est pas exactement la même selon que l’on est en Europe, en Amérique du Nord, en Amérique du Sud ou en Afrique. La raison en est que tout ce qui touche à la maladie a un fort contenu culturel lié à l’histoire, aux traditions, à l’attitude qu’on a vis-à-vis de la médecine traditionnelle et puis des médecines non traditionnelles, etc. Donc pour bien comprendre, il y a une importance capitale de tout ce qui tourne au tour de la culture, de l’environnement. La deuxième observation, il me semble qu’il y a un décalage énorme entre le discours officiel qui est assez content de lui, à juste titre d’ailleurs, parce qu’effectivement, dans la réalité, il y a beaucoup de progrès réalisés à la fois dans la prévention et dans la mise en œuvre de mesures de traitements du sida en particulier en Afrique. Mais je ne suis sûr que ce relatif triomphalisme dont font preuve le corps médical, les gouvernements, les politiques, soit toujours justifié. Et ce Pour deux raisons : d’une part, parce que j’ai l’impression qu’on est confronté à deux types de chiffres. Il y a des chiffres officiels, ceux qu’on trouve partout, dans les journaux, dans la presse, dans les communiqués, aux Nations Unies, etc… Et puis il y a la réalité du terrain. Et pour moi qui ait été confronté pendant plusieurs années à cette réalité du terrain, en particulier dans le secteur minier, je constate que, certes, il y a eu des progrès, mais que les chiffres réels de la pandémie sont très sensiblement supérieurs à ce qui est annoncé. Je donne un exemple. Au cours des Journées Médicales qui viennent de s’achever, on a montré des chiffres concernant la Guinée et le taux de prévalence en Guinée. Bien entendu, ces chiffres varient, mais dans l’ensemble, ils situent entre 2,5 et 2,8% en moyenne. Evidemment, il faut se méfier des moyennes. Parce que tout le monde sait et en particulier les praticiens et les gens de terrain, tous les gens qui ont vécu ça, tout le monde sait que dans le secteur minier, les vrais taux de prévalence sont plutôt entre 18 et 25%. Alors, il y a des raisons pour ça. Qui dit le secteur minier, dit salaires beaucoup plus élevés qu’à la fois dans le domaine public ou que dans d’autres professions. Or, qui dit salaire élevé dit des ouvriers et des mineurs qui viennent sans leurs familles pour travailler et gagner de l’argent pour alimenter la famille. Ce faisant, comme tout le monde, ils ont des besoins sexuels. Et ces besoins sexuels sont satisfaits par la présence des prostituées. Et de ce point de vue là, la prostitution joue un rôle énorme dans la propagation du sida, à la fois par manque d’informations, manque de conscience des problèmes, etc. Donc, il y a un décalage qui me parait énorme entre les chiffres officiels et les chiffres réels.

GuineeConakry.info : Quelle autre constatation, toujours concernant les chiffres, et si on prend l’Afrique en particulier, depuis l’apparition du VIH ?...

M. Sérizay : Evidemment qu’il y a eu des progrès considérables. Des taux de prévalences qui baissent dans l’ensemble de manière pas toujours égale d’un pays à l’autre. Je donne l’exemple du Bostwana qui avec une population d’1 500 000 habitants avec 30% de taux de prévalence. Toujours les mêmes raisons : activités diamantifères, activités minières, solitude affective et sexuelle et présence de la prostitution. Et le chiffres du Bostwana n’est pas contesté. Donc le problème des améliorations qui ont été constatés dans la lutte contre la pandémie au cours des 20 dernières années, c’est que ces améliorations sont relativisées par l’extraordinaire explosion démographique en Afrique. Le continent africain compte plus d’un milliards d’habitants aujourd’hui. Les projections montrent qu’à l’horizon 2050, on ne sera loin d’un milliards 500 millions d’habitants. Donc la croissance de la démographie, elle est exponentielle alors que la croissance des améliorations dans la lutte de la pandémie est uniquement une progression arithmétique. Evidemment, on peut dire qu’on a 20% de prévalence de moins tous les dix ans, mais si ce taux de prévalence même diminuant, s’applique à une population qui augmente au rythme de 30% , c’est qu’en chiffre net, il y a de plus en plus de personnes vivant avec le VIH. Autre constatation, c’est un décalage au niveau de la sémantique, au niveau lexical, au niveau du vocabulaire.

GuineeConakry.info : Ce vocabulaire, en particulier des institutions internationales à l’image de l’ONUSIDA, s’agissant du Sida, ne vous semble-t-il pas un vocabulaire convenu, un vocabulaire stéréotypé, standardisé, un vocabulaire un peu bureaucratique et un peu technocratique...?

M. Sérizay : Oui, et on utilise des expressions comme vulnérabilité, communauté, sexe commercial, etc. mais pour des populations qui ne sont pas urbaines dans la plupart des cas en Afrique, ces vocabulaires ne veulent rien dire, ne signifient rien et de moins en moins. Il y a donc un décalage de plus en plus grandissant entre l’utilisation qui est faite de ce vocabulaire par les institutions internationales et la compréhension qu’en ont les populations concernées. Je donne toujours le même exemple avec l’expression vulnérabilité. On parle de vulnérabilité de qui ? C’est toujours la vulnérabilité de la femme quand elle découvre que son mari est séropositif. Mais il y a aussi des hommes qui découvrent que leurs femmes sont séropositives. Mais on parle toujours de vulnérabilité de la femme. Cette dernière est évidemment confrontée à une double difficulté : convaincre son conjoint que désormais leurs rapports sexuels doivent être protégés et la problématique de l’enfantement, si c’est un jeune couple, c’est très difficile. Là il y a des choix à faire entre la protection du couple et la nécessité de faire des enfants, avec un préservatif.

Donc sur le terrain, voilà le genre de questions que se posent les populations. Pour une femme, la question c’est l’accès aux soins. Autrement, comment vais-je trouver les 2000 FCFA ou les 100 000 GNF qui vont me permettre d’avoir accès aux antirétroviraux, à la trithérapie, alors que j’ai un mari dont il faut que je prenne soin, des enfants… ? Tandis que, dans les organisations internationales, on a plutôt une vision un peu théorique de la vulnérabilité.

Le dernier point, c’est qu’il ne faut pas avoir peur de dire les choses telles qu’elles sont. Se voiler la face, on ne fait pas de progrès. Ce qu’on constate, c’est que tant le corps médical dans sa grande majorité que toutes nos organisations internationales, ont tendance à communiquer des chiffres qui ne sont pas réalistes. Alors il y a une double raison : d’une part, parce que l’outil statistique n’existe dans de nombreux pays africains ou quand il existe, on sait qu’il n’est pas fiable. Et puis il faut pouvoir justifier les progrès. Je ne crois que ce soit là une bonne politique. Je crois qu’une politique consiste plutôt à dire les choses comme elles sont. Tout en n’occultant pas le fait que l’explosion démographique est un challenge mortel pour le continent africain dans ensemble. D’autant plus qu’il se double d’une incidence économique qui est un deuxième challenge. Et l’Afrique malheureusement, est confrontée aux deux challenges en même temps.

GuineeConakryInfo : Quelle est l’ampleur de la pandémie du sida en Afrique, à la fois du point de vue démographique et économique ?

M. Sérizay : A la date d’aujourd’hui, 1 Africain sur 12 est porteur du virus. Pour sept pays d’Afrique australe, l’espérance de vie reculera en moyenne d’ici à 2015 de 17 années. Au Bostwana dont j’ai parlé précédemment, elle pourrait même descendre en 2030 à 27 ans. Alors qu’elle est actuellement en moyenne africaine de 49 ans. Le nombre d’habitants des 38 pays africains les plus touchés par la pandémie accusera un déficit de populations de 91 millions d’individus à l’horizon 2015 et de 320 millions, soit 1/3 de la population en 2050. Aujourd’hui en Afrique, on compte 41 millions d’orphelins à cause du sida. Dans quatre pays africains au sud du Sahara, la main d’œuvre disponible diminuera de 30% d’ici 2020. Voilà un impact économique. En économie, il est communément admis que l’augmentation de l’espérance de vie dans un pays de l’ordre de 5% se traduit par une augmentation corollaire de 0,5% de la croissance économique. Sur cette base, le forum mondial a estimé récemment que la facture du sida en Afrique s’élèverait selon les pays entre 11,7% et 35, 1% du PNB. En guise de conclusion, je pense que cette double menace qui pèse sur le continent africain, elle est paradoxale. Qu’est-ce qu’il faut mieux ? Résister aux effets dévastateurs d’une triple pandémie à laquelle s’ajoute va s’ajouter maintenant le cancer ou aux effets tout aussi dévastateurs d’une démographie en pleine explosion, génératrice, comme on l’a vu au Maghreb de frustration et de tensions fortes. Donc, globalement, le continent africain est confronté à un défi social, un défi démographique et à un défi économique. Et plus on a conscience de l’existence de ces défis ainsi que leurs ampleurs réelles, qu’on est à-même d’y apporter les solutions les plus idoines.

Propos recueillis par Boubacar sanso Barry pour GuineeConakryInfo

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