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Le sens mystérieux des animaux et l'apport a la recherche scientifique

L'observation de la nature nous montre combien de fois les animaux sont mystérieux.
Par exemple :

  • Des oiseaux migrateurs annoncent par leur déplacement et avec une précision étonnante, des phénomènes météorologiques et climatiques.
  • Des animaux annoncent les tremblements de terre, les éruptions volcaniques et les orages bien avant que les catastrophes se produisent.
  • Le Hibou annonce traditionnellement, lorsqu'il hulule dans un village, l'imminence de la mort d'un habitant de ce village. Ce fait est si avéré qu'en Afrique cet oiseau est désormais considéré comme le sorcier qui tue l'homme ! Mais il faut convenir plutôt que cet oiseau perçoit bien avant les hommes la rupture de l'équilibre de la vie et qu'il enregistre par ses sens les indices de la mort d'un être. Le Hibou ne tue point l'homme, il sent seulement avant celui-ci le triomphe de la mort. Car la mort n'est pas en général un phénomène instantané, elle est processus biochimique, nécro-biotique. La science découvrira t-elle un jour que le hibou, par la subtilité de son odorat, perçoit les produits de ce processus conduisant à la mort et manifeste par des cris et par anticipation les transformations qui auront ainsi lieu ?
  • Et les fourmis ? Un morceau de sucre est déposé quelque part, même dans l'obscurité totale ! Les fourmis du voisinage se dirigent instinctivement vers ce morceau de sucre. Et dès que se dresse un obstacle infranchissable devant une colonie de fourmis, il est curieux de constater que, comme par suite d'une télé-information directe, le mouvement de rectification de la ligne de marche s'effectue à un endroit de la colonne très en-deçà de l'obstacle.
  • Chaque vache reconnaît bien son veau et réciproquement le veau distingue bien sa mère parmi toutes les autres bêtes.
  • Le nid d'oiseaux, la ruche d'abeilles, la termitière, ne matérialisent-ils pas l'ingéniosité des animaux ?
  • Certains animaux, en prévision de la rigueur de la sécheresse, dans les zones tempérées et polaires ne prennent-ils pas bien des dispositions pour assurer convenablement leur alimentation et leur abri ?
  • L'hirondelle se sert d'un sens, espèce de radar, pour éviter tout obstacle au cours de ses vols.
  • Certains animaux vivent aussi bien sur terre que dans l'eau, alors que l'homme ne peut vivre longtemps dans l'eau.
  • Mon chien par son flair, me recherche et me retrouve facilement.
  • Les cynocéphales, qui se déplacent en bande, font précéder le groupe d'élément jouant le rôle d'éclaireur.

Ces exemples abordent les questions les plus ardues que l'on se pose encore sur le sens mystérieux des animaux...
Très souvent la perception du monde est plus rapide et plus aiguë chez la bête que chez l'homme, et le réflexe-réponse au stimulus est souvent plus immédiat et plus habile chez celle-là que chez celui-ci. Il s'agit du premier moment qui est : "l'enregistrement par les sens des caractéristiques de la réalité de la nature ambiante". Et dans le processus d'enregistrement qui a lieu au cours de ce premier moment, l'homme est nettement battu par l'animal. Il faut se convaincre que les animaux ont des sens mille fois plus raffinés que les nôtres et qu'ils décèlent d'autres que nous ne possédons guère.

Essayons d'expliquer quelques exemples :

1. "Des animaux annoncent les tremblements de terre, les éruptions volcaniques et les orages bien avant que ces cataclysmes ne se produisent ".
Un grand observateur Malien a affirmé que pour connaître la hauteur prochaine des eaux du Niger, il suffisait de regarder les nids des oiseaux le long des rives. Placés plus bas, ils annoncent une sécheresse. Placés très haut, ils prédisent à coup sur une crue catastrophique. Or la faculté de détecter les tempêtes a été constatée chez un invertébré : la MEDUSE. En percevant des bruits de fréquence très basse engendrés par ne perturbation, l'animal peut percevoir à l'avance son approche. Et les physiciens ont pu mettre au point, en étudiant la méduse, des détecteurs de tempête.

2. "La science découvrira t-elle un jour que le hibou, par la subtilité de son odorat, perçoit les produits du processus biochimique et nécro-biotique conduisant à la mort, et manifeste par des cris et par anticipation les transformations qui auront ainsi lieu ?"
Il y a des hommes qui ont horreur d'élever les pigeons. Ils soutiennent fermement que l'émigration brutale du colombier par ces oiseaux signifie un décès imminent dans la famille de l'éleveur.
Il faudrait reconnaître que chez beaucoup d'animaux, l'odorat a beaucoup plus d'importance que la vie. Les chasseurs le savent, qui suivent le gibier à la piste en se tenant du bon coté du vent. Certains papillons peuvent déceler l'odeur d'une femelle située à des kilomètres de distance. Des poissons peuvent détecter certaines substances répandues dans leur milieu à des concentrations de l'ordre de un millionième à un milliardième de gramme par litre.
L'armée américaine aurait mis au point un "nez synthétique" capable de détecter des odeurs dans les vapeurs à la concentration de un millionième. Un tel appareil serait promu à l'usage de la médecine pour le diagnostic car beaucoup de maladies donnent une odeur caractéristique à l'épiderme humain. On aurait du appeler un tel appareil un "hibou mécanique".

3. Les avions supersoniques sont guidés aujourd'hui dans leur vol, non pas par un gyroscope classique, mais par un gyroscope à lames vibrantes appelé gyrotron. Il a fallu copier un tel appareil chez les diptères.
Chez ces insectes, la deuxième paire d'ailes est remplacée par des minuscules organes appelés balanciers. Pendant le vol, ces balanciers vibrent. L'extrémité de chacun d'eux décrit un arc de cercle. Si la direction du vol change, les balanciers ont tendance à continuer de se mouvoir dans le même plan qu'auparavant, ce qui provoque une torsion du pédoncule qui les relie au corps de l'insecte. D'où stimulus et besoin instantané de correction.

4. Les abeilles peuvent s'orienter grâce à un compas céleste à la lumière polarisée qu'elles ont dans l'oil. Même par temps couvert, une abeille peut faire le point puisqu'elle connaît le plan de polarisation de la lumière solaire.

5. L'oil d'une grenouille nous conduit à un cas curieux.
Cet oil ne peut détecter que des objets en mouvement. Est-ce parce que la grenouille ne vit que de proies vivantes ? Ou est-ce que la grenouille a adopté ce goût bizarre par ce que son oil s'accommode seulement aux proies mouvantes ?
Dans tous les cas, l'animal semble complètement ignorer l'existence de tout objet immobile. L'oil de ce batracien semble n'informer le cerveau de l'animal que sur l'existence de ce dont la grenouille a besoin, c'est à dire, ce qui vit. Cet oil discerne instantanément le passage d'une mouche à la distance de la longueur de la langue de l'animal.
Or un radar est incapable de distinguer immédiatement un objet mobile d'un objet fixe. Mais en dotant d'un oil électronique semblable, à un oil de grenouille, on entrevoit déjà l'immense champ d'application d'un tel système : défense aérienne, missiles, régulation du transport aérien dans les aéroports.

6. Certains animaux migrateurs ont un sens élevé de l'orientation astronomique.
Mais quel est l'organe qui leur sert dans cette orientation ? Faut-il faire intervenir la force coriolis ? Faut-il admettre que ces animaux peuvent enregistrer les variations du champ magnétique terrestre ?

7. "Les nids d'oiseaux, la ruche d'abeille, la termitière, ne matérialisent-ils pas l'ingéniosité des animaux ?".
C'est que devant certaines constatations, devant certaines ouvres, devant certains comportement des animaux, on hésite à taire le mot intelligence.
Dans la région forestière de la guinée, un oiseau tisse au bord des rivières, un nid en forme cornue d'une si parfaite facture que l'on a peine à croire qu'il est l'ouvre d'un volatile.

8. La construction d'une termitière avec ses couloirs, galeries, piliers, pouvant atteindre 4m de haut, demande probablement quelques notions précises sur la résistance des matériaux.

9. Les alvéoles d'une ruche d'abeille nous réservent des surprises. On sait qu'elles ont la forme d'un décaèdre terminé au sommet par un tétraèdre. Un ingénieur de bâtiment se munirait par précaution d'une table de ligne trigonométrique. L'abeille, elle qui n'a appris ni dérivée, ni trigonométrie, ni algorithme résout sans hésitation que l'angle demandé pour la construction d'un prisme hexagonal est de 109°28'.

10. Et voici pour nous les médecins d'autres insectes doués d'une ingéniosité plus surprenante ; les Hyménoptères paralyseurs.
Ces insectes paralysent toujours leurs victimes en leur injectant un venin qui détermine une immobilité instantanée de la proie. La victime ne meurt pas sur le champ. Elle est en quelque sorte anesthésiée puis est transportée comme une nouvelle opérée dans le terrier de l'hyménoptère.
Un premier mystère, c'est que les piqûres sont faites avec précision en des points bien déterminés, sur la ligne médio-ventrale et dans les membres articulaires.
Deuxième mystère, le nombre de piqûres est déterminé suivant la nature de la proie.
Troisième mystère qui dépasse l'entendement humain, les piqûres sont faites dans un ordre déterminé, de manière à immobiliser successivement tous les organes de la victime susceptibles de nuire à l'hyménoptère, et ce, dans l'ordre de leur gravité décroissante. Pour paralyser une abeille, l'hyménoptère fait une injection qui neutralise d'abord le dard, puis une deuxième qui neutralise les pattes, et certainement un troisième qui neutralise les ailes.
Pour arriver à une telle précision qui défie les anesthésistes de talent d'hôpitaux, il faudrait alors qu l'hyménoptère possédât une connaissance parfaite de l'anatomie d'une abeille pour toucher les ganglions nerveux qui commandent tel ou tel organe. Habitude innée ? Instinct ? Intelligence ? Le résultat est là, patent et édifiant. L'insecte fait preuve d'une ingéniosité qui chez un docteur prendrait le nom de compétence dans l'anatomie des invertébrés.

Conakry le 13 septembre 2004
Dr Kaba KOUROUMA, Ambassadeur Santé tropicale, Guinée
Email : kk_transfusion@hotmail.com

 

 
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