L'observation de la nature nous montre combien de fois les animaux
sont mystérieux.
Par exemple :
Ces exemples abordent les questions les plus ardues que l'on se
pose encore sur le sens mystérieux des animaux...
Très souvent la perception du monde est plus rapide et plus aiguë
chez la bête que chez l'homme, et le réflexe-réponse
au stimulus est souvent plus immédiat et plus habile chez celle-là
que chez celui-ci. Il s'agit du premier moment qui est : "l'enregistrement
par les sens des caractéristiques de la réalité de la nature ambiante".
Et dans le processus d'enregistrement qui a lieu au cours de ce
premier moment, l'homme est nettement battu par l'animal. Il faut
se convaincre que les animaux ont des sens mille fois plus raffinés
que les nôtres et qu'ils décèlent d'autres que nous ne possédons
guère.
1. "Des animaux annoncent les tremblements
de terre, les éruptions volcaniques et les orages bien avant que
ces cataclysmes ne se produisent ".
Un grand observateur Malien a affirmé que pour connaître la hauteur
prochaine des eaux du Niger, il suffisait de regarder les nids
des oiseaux le long des rives. Placés plus bas, ils annoncent
une sécheresse. Placés très haut, ils prédisent à coup sur une
crue catastrophique. Or la faculté de détecter les tempêtes a
été constatée chez un invertébré : la MEDUSE. En percevant des
bruits de fréquence très basse engendrés par ne perturbation,
l'animal peut percevoir à l'avance son approche. Et les physiciens
ont pu mettre au point, en étudiant la méduse, des détecteurs
de tempête.
2. "La science découvrira t-elle un jour
que le hibou, par la subtilité de son odorat, perçoit les produits
du processus biochimique et nécro-biotique conduisant à la mort,
et manifeste par des cris et par anticipation les transformations
qui auront ainsi lieu ?"
Il y a des hommes qui ont horreur d'élever les pigeons. Ils soutiennent
fermement que l'émigration brutale du colombier par ces oiseaux
signifie un décès imminent dans la famille de l'éleveur.
Il faudrait reconnaître que chez beaucoup d'animaux, l'odorat
a beaucoup plus d'importance que la vie. Les chasseurs le savent,
qui suivent le gibier à la piste en se tenant du bon coté du vent.
Certains papillons peuvent déceler l'odeur d'une femelle située
à des kilomètres de distance. Des poissons peuvent détecter certaines
substances répandues dans leur milieu à des concentrations
de l'ordre de un millionième à un milliardième de gramme par litre.
L'armée américaine aurait mis au point un "nez synthétique"
capable de détecter des odeurs dans les vapeurs à la concentration
de un millionième. Un tel appareil serait promu à l'usage de la
médecine pour le diagnostic car beaucoup de maladies donnent une
odeur caractéristique à l'épiderme humain. On aurait du appeler
un tel appareil un "hibou mécanique".
3. Les avions supersoniques sont guidés
aujourd'hui dans leur vol, non pas par un gyroscope classique,
mais par un gyroscope à lames vibrantes appelé gyrotron. Il a
fallu copier un tel appareil chez les diptères.
Chez ces insectes, la deuxième paire d'ailes est remplacée par
des minuscules organes appelés balanciers. Pendant le vol, ces
balanciers vibrent. L'extrémité de chacun d'eux décrit un arc
de cercle. Si la direction du vol change, les balanciers ont tendance
à continuer de se mouvoir dans le même plan qu'auparavant, ce
qui provoque une torsion du pédoncule qui les relie au corps de
l'insecte. D'où stimulus et besoin instantané de correction.
4. Les abeilles peuvent s'orienter grâce
à un compas céleste à la lumière polarisée qu'elles ont dans l'oil.
Même par temps couvert, une abeille peut faire le point puisqu'elle
connaît le plan de polarisation de la lumière solaire.
5. L'oil d'une grenouille nous conduit
à un cas curieux.
Cet oil ne peut détecter que des objets en mouvement. Est-ce parce
que la grenouille ne vit que de proies vivantes ? Ou est-ce que
la grenouille a adopté ce goût bizarre par ce que son oil s'accommode
seulement aux proies mouvantes ?
Dans tous les cas, l'animal semble complètement ignorer l'existence
de tout objet immobile. L'oil de ce batracien semble n'informer
le cerveau de l'animal que sur l'existence de ce dont la grenouille
a besoin, c'est à dire, ce qui vit. Cet oil discerne instantanément
le passage d'une mouche à la distance de la longueur de la langue
de l'animal.
Or un radar est incapable de distinguer immédiatement un objet
mobile d'un objet fixe. Mais en dotant d'un oil électronique semblable,
à un oil de grenouille, on entrevoit déjà l'immense champ d'application
d'un tel système : défense aérienne, missiles, régulation du transport
aérien dans les aéroports.
6. Certains animaux migrateurs ont un sens
élevé de l'orientation astronomique.
Mais quel est l'organe qui leur sert dans cette orientation ?
Faut-il faire intervenir la force coriolis ? Faut-il admettre
que ces animaux peuvent enregistrer les variations du champ magnétique
terrestre ?
7. "Les nids d'oiseaux, la ruche d'abeille,
la termitière, ne matérialisent-ils pas l'ingéniosité des animaux
?".
C'est que devant certaines constatations, devant certaines ouvres,
devant certains comportement des animaux, on hésite à taire le
mot intelligence.
Dans la région forestière de la guinée, un oiseau tisse au bord
des rivières, un nid en forme cornue d'une si parfaite facture
que l'on a peine à croire qu'il est l'ouvre d'un volatile.
8. La construction d'une termitière
avec ses couloirs, galeries, piliers, pouvant atteindre 4m de
haut, demande probablement quelques notions précises sur la résistance
des matériaux.
9. Les alvéoles d'une ruche d'abeille
nous réservent des surprises. On sait qu'elles ont la forme d'un
décaèdre terminé au sommet par un tétraèdre. Un ingénieur de bâtiment
se munirait par précaution d'une table de ligne trigonométrique.
L'abeille, elle qui n'a appris ni dérivée, ni trigonométrie, ni
algorithme résout sans hésitation que l'angle demandé pour la
construction d'un prisme hexagonal est de 109°28'.
10. Et voici pour nous les médecins d'autres
insectes doués d'une ingéniosité plus surprenante ; les Hyménoptères
paralyseurs.
Ces insectes paralysent toujours leurs victimes en leur injectant
un venin qui détermine une immobilité instantanée de la proie.
La victime ne meurt pas sur le champ. Elle est en quelque sorte
anesthésiée puis est transportée comme une nouvelle opérée dans
le terrier de l'hyménoptère.
Un premier mystère, c'est que les piqûres sont faites avec précision
en des points bien déterminés, sur la ligne médio-ventrale et
dans les membres articulaires.
Deuxième mystère, le nombre de piqûres est déterminé suivant la
nature de la proie.
Troisième mystère qui dépasse l'entendement humain, les piqûres
sont faites dans un ordre déterminé, de manière à immobiliser
successivement tous les organes de la victime susceptibles de
nuire à l'hyménoptère, et ce, dans l'ordre de leur gravité décroissante.
Pour paralyser une abeille, l'hyménoptère fait une injection qui
neutralise d'abord le dard, puis une deuxième qui neutralise les
pattes, et certainement un troisième qui neutralise les ailes.
Pour arriver à une telle précision qui défie les anesthésistes
de talent d'hôpitaux, il faudrait alors qu l'hyménoptère possédât
une connaissance parfaite de l'anatomie d'une abeille pour toucher
les ganglions nerveux qui commandent tel ou tel organe. Habitude
innée ? Instinct ? Intelligence ? Le résultat est là, patent et
édifiant. L'insecte fait preuve d'une ingéniosité qui chez un
docteur prendrait le nom de compétence dans l'anatomie des invertébrés.