Guinée Le guide de la médecine et de la santé en Guinée  

Sommaire
Accueil
Présentation
Les éditos
Bibliothèque
Forum de la santé en Afrique
Annuaire de la santé en Afrique
web guinéen
Contacts

Atelier de formation pratique en anthropologie de la santé

Organisé par le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique et le Ministère de la santé publique en partenariat avec le programme PAL+ du Ministère français de la recherche scientifique et des nouvelles technologies, cet atelier s'est déroulé à Conakry du 21 octobre au 1 novembre 2002.

Il avait pour objectif fondamental d'initier une analyse anthropologiue de diverses questions de santé publique dans le domaine du paludisme et de la tuberculose, de permettre la formation de cadres guinéens de la santé, mais aussi de former les responsables sanitaires à l'utilisation des données socioculturelles, pour améliorer l'offre de soins.
Cet atelier dans son volet pratique sur le terrain a conduit les participants à effectuer des enquètes sur les représentations des maladies au sein des populations.
C'est ainsi que, une enquète sur la représentation des maladies de la toux et les recours thérapeutiques des populations de conakry s'est déroulée dans un quartier de conakry. Elle portait sur:

  • Les représentations de la population concernant la toux et les maladies de la toux
  • les recours de soins en cas de maladies de la toux
  • les opinions des habitants au sujet des structures sanitaires

D'après les enquètes, la pauvreté et les problèmes d'hygiène rendent précaires les conditions de vie des habitants.
L'environnement dans lequel vit cette population est propice au developpement des maladies infectieuses et parasitaires et rend difficile le suivi des conseils. Il semble pour les participants, que l'IEC devrait ètre mieux adaptée aux conditions de vie des habitants.
Il serait souhaitable que les autorités sanitaires prennent en compte ces réalités avant toute décision de santé.
Les causes de la toux pour les habitants de certains quartiers rencontrés sont disparates.
La cigarette serait responsable de la maladie.

Il y a parfois une confusion entre la cause et le symptome.
Par exemple trop tousser suite à un rhume provoquerait la tuberculose. Les gens semblent informés de la gravité possible de la toux. Une toux qui persiste à l'automédication ou qui est accompagnée de crachats sanguinolents est prise au sérieux et entraine une consultation médicale. Il semble que l'existence d'un traitement efficace et gratuit influe sur la perception de la gravité de la maladie.
Par exemple une une habitante aurait déclaré avoir peur d'une toux cachée qui favorise la contamination mais qu'elle se sentirait rassurée par l'existence d'un traitement s'il est pris à temps.

Les entités nosologiques populaires liées à la toux sont imprécises. Elles dérivent les unes des autres, elles se chevauchent et s'enchainent. La chaine principale est le Palu qui se complique en DANAWALI .
Ce DANAWALI lui-mème s'aggrave pour devenir tuberculose. Le palu serait donc l'origine de diverses pathologies.
Les gens désignent la tuberculose par le nom français ou par TAXUNYI FURE qui s'applique aussi pour certains à la bronchite.

Il semble, pour les séminaristes important, d'étudier davantage les représentations du palu et de DANAWALI, maladie intermédiaire entre le
paludisme et la tuberculose. Ils formulent l'hypothèse que la représentation du DANAWALI est susceptible de retarder la prise en charge de cas de tuberculose car le recours aux guérisseurs est conseillé pour sa prise en charge.

Les mesures préventives populaires de la toux sont liées aux représentations populaires des causes de la toux.
Parfois elles semblent insuffisantes ou inadaptées comme éviter de respirer la poussière, boire du lait gloria, éviter les travaux durs sous le soleil et parfois excessives comme la mise en quarantaine d'un tuberculeux dans une concession.
L'automédication à base de plantes médicinales comme la consommation de gingembre, de SIMINYI est courante et à tendance à entrainer un retard de la prise en charge des pathologies respiratoires. Le recours aux guérisseurs.

Certaines maladies d'après certains enquetés ne trouveraient pas de remède à l'hopital.
Il en est ainsi de certaines formes de DANAWALI où l'opinion généralement rependue est que les injections sont contre indiquées et peuvent entrainer la mort.
Le Centre antituberculeux du Port est connu des habitants rencontrés qui apprécient la gratuité et l'efficacité des médicaments.
D'après les itinéraires relevés, il semble qu'il y est un retard dans la prise en charge des malades venus du village qui arrivent dans un état grave à Conakry.
Pour les dépenses de santé, généralement une seule personne qui travaille prend en charge tous les membres de la famille y compris ceux du village.
Au sujet de l'accueil dans les structures modernes de santé, les personnes interrogées considèrent que l'accueil dépend de l'argent et des relations.

En ce qui concerne la compréhention des messages IEC par la population, des messages semblent avoir été compris (symptomes), d'autres messages sont déformés ou exagérés comme la mise à l'écart complète d'un malades dans une concession pendant 45 jours.

Conakry le 16 Novembre 2002
Dr Kaba KOUROUMA, Ambassadeur Santé tropicale, Guinée.

 

 
NG COM Santé Tropicale
Copyright © 2004 NG COM Santé tropicale. Tous droits réservés.