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En santé publique, on assiste très
souvent à des sessions de formation sur le changement de comportement
et dans ce cadre, on ne compte plus les séminaires ateliers sur
le VIH/SIDA, les IST et d'autres fléaux de la société.
Dans la plupart de ces sessions de formation, et quand on est confronté
aux taux sans cesse croissants du SIDA, des IST (Infections Sexuellement
Transmissibles), des grossesses non désirées ou de la mortalité
maternelle, une approche de programme de changement intégral de
comportement doit prendre en compte les capacités nécessaires pour
la vie ; il s'agit par exemple de prise de décision, de gestion
des émotions, de l'affirmation de soi, de résistance aux pressions
du groupe etc.
Ce programme de changement de comportement doit aller au delà de
la simple fourniture d'informations. Il doit développer tous les
aspects de la personne humaine de manière quelle dispose des capacités
lui permettant d'exploiter toutes sortes d'informations qu'elles
se rapportent au VIH/SIDA, aux IST, à la santé reproductive, à la
maternité sans risque ou à toutes autres questions de santé.
Par exemple : dans le cadre de
la lutte contre le SIDA, s'il est important de fournir des informations
au cours des phases initiales des interventions en matière de changement
de comportement et de renforcer cette connaissance sur une base
régulière ; l'information à elle seule suffit rarement pour motiver
les gens à changer de comportement.
Si cela vous paraît invraisemblable, pensez simplement à un comportement
que vous essayez de changer depuis des années. Il s'agit peut être
d'arrêter de fumer. Avez-vous réussi à faire ce changement de comportement
? Avez-vous jamais connu une "rechute" ? Quels sont les facteurs
qui vous ont empêché de changer de comportement ?
Reconnaissons, qu'iI est difficile
de changer de comportement, et le changement de comportement sexuel
est encore particulièrement plus délicat.
Normalement, la fourniture de l'information constitue le point
de départ logique de tout effort de changement de comportement.
L'information doit être comprise et adaptée aux personnes que vous
essayez d'atteindre. Cela suppose que vous
commencez votre programme en enseignant les notions de base sur
le problème au quel la communauté est confrontée(VIH/SIDA, Infections
sexuellement transmissibles, Grossesses non désirées, l'usage d'alcool
ou des drogues etc)
Les messages de peur sont peu utilisés en matière de motivation
pour le changement de comportement. Selon certains auteurs, si la
peur domine, elle peut annihiler les efforts de changement plutôt
que de les soutenir. L'excès de peur peut amener les gens à refuser
de se considérer comme étant à risque et à justifier leur position
en se référant à d'autres personnes ayant des comportements similaires
et ayant survécu, évitant même parfois de recourir aux soins médicaux.
L'utilisation des mots tels que "fléau", "plaie" ou le fait de montrer
des photos de victimes du SIDA émaciées peut amener les gens, non
seulement à mettre en quarantaine les personnes infectées, mais
également à nier qu'eux mêmes courent de contracter cette infection.
D'autres pensent, que la "Peur" évite la
"Peur" et la négativité et permet plutôt de se concentrer sur des
messages positifs ; ce qui crée, maintient et renforce les comportements
sains et permet de travailler pour une meilleure vie pour tout le
monde au sein de la communauté, y compris les jeunes, les femmes,
les hommes et les personnes vivant avec le VIH/SIDA.
Les gens sont beaucoup plus disposés à essayer de changer de comportement
dont ils sont capables. Dans ce cas, il est important d'enseigner
aux participants les aptitudes pour s'engager dans les comportements
qu'ils désirent. Les exemples de personnes s'engageant dans l'adoption
de comportement sains amèneront les autres à croire qu'ils peuvent
en faire autant. C'est le fondement des programmes d'éducation de
groupe. Ce programme renforce systématiquement les capacités des
comportements sains, mais offre des informations sur une base unique
à un nombre très important de personnes. Il serait par contre mieux
(d'après des expériences bien documentées) de travailler avec un
nombre relativement réduit d'individus et s'étend sur une période
relativement plus longue afin de motiver les participants à adopter
de nouveaux comportements, d'enseigner et de - modeler les aptitudes
nécessaires pour adopter ladite attitude de manière réussie, et
enfin de renforcer constamment ces aptitudes jusqu'à ce que les
participants se "sentent capables d'exécuter" des comportements
plus sains.
Généralement, les gens sont enclins à adopter un nouveau comportement
si on leur proposait plusieurs parmi les quels ils peuvent choisir.
Par exemple, il ne faut pas promouvoir l'abstinence
sexuelle ou les condoms seulement, mais plutôt leur donner une gamme
de comportements possibles qui réduisent le risque, comme adopter
des comportements sexuels à moindre risque, faire le test VIH avec
son partenaire. Un programme avec un nombre relativement
réduit d'individus permet de développer les aptitudes de pensée
critique de manière à ce que les participants puissent apprendre
un certain nombre d'alternatives lorsqu'ils se trouveront dans une
situation donnée. Les participants seront ainsi exposés à plusieurs
choix dans la négociation de comportement plus sains.
Les campagnes d'information doivent
créer un environnement qui encourage le changement, car il est plus
facile d'effectuer des changements de comportement lorsque votre
entourage vous y encourage. Par exemple : si vous voulez former
des jeunes gens, des responsables communautaires, les directeurs
d'écoles, les responsables de l'administration publique, il faudra
faire une formation des formateurs.
Il est fort probable d'effectuer des changements de comportement
dans une communauté lorsque des personnes influentes adoptent ce
changement. Puisqu'il est établit que les personnes influentes peuvent
être le moteur de changement, les pairs éducateurs peuvent constituer
un atout efficace dans votre programme. Les
jeunes aiment souvent rechercher les informations relatives à leur
santé ou à leur sexualité au près de leurs pairs avant d'en discuter
avec les adultes.
Dans le changement de comportement, il faut s'attendre à des "rechutes".
en conséquence, tout bon programme qui veut faire changer de comportement
dans le temps, doit prendre des moyens nécessaires pour entretenir
les comportements souhaités et pouvoir ramener les personnes "sur
le bon chemin" de comportements positifs après leur rechute.
Dans un programme de formation au changement
de comportement face au VIH/SIDA, il nous semble utile d'articuler
la formation selon la structuration suivante :
1) Motivation des participants
2) Informations et aptitudes
3) Pratiques
4) Applications
Premier jour : Motivation
- Mise en condition
- Avant l'ouverture officielle, faire une auto présentation, se
débarrasser de son titre, recueillir l'attente des participants,
revoir le programme de formation avec eux, définir les règles
fondamentales de la formation.
- Procéder à l'ouverture officielle (par les autorités compétentes)
- Echanger des anecdotes avec les apprenants (Impact de la variation
du SIDA)
- Donner les informations épidémiologiques sur le VIH/SIDA
- Faites passer un à deux films par exemple sur les grossesses
non désirées chez les adolescents. Les discussions du premier
jour permettront de motiver les participants.
Deuxième jour : Renforcement des informations ou
des aptitudes
- Mise en condition
- Comment se transmet le VIH
- Prévention de la transmission du VIH (seulement précaution universelle
et démonstration sur l'utilisation du préservatif)
- Le système immunitaire
- Evolution de la maladie et comportement positifs
- Guérison ou traitement (seulement les secteurs du bien être)
- Le VIH/SIDA et les Droits de l'Homme
NB : Soyez flexibles quant au minutage de ces sessions.
Certains groupes iront très vite dans le programme tandis que d'autres
auront besoin de plus de temps pour digérer les informations sur
le VIH/SIDA. Soyez prêt à transférer certaines sessions de la deuxième
journée à la troisième journée si cela s'avérait nécessaire.
Troisième jour : Renforcement des informations et
des aptitudes
- Mise en condition
- VIH/SIDA et Changement de comportement (Seulement assistance
socio-psychologique personnelle pour un changement de comportement)
- Enseignez le "Modèle de pont"
- Faites un bref aperçu des pratiques saines de la vie
- Inscription des groupes et temps de préparation des sessions
des pratiques du lendemain
Quatrième jour : Pratique
- Mise en condition
- Enseignez les stratégies de communication (Passif, Affirmatif,
Agressif)
- Session de stratégie de prise de décision
- Session sur l'établissement des relations. Suggérez les cartes
du genre ou les codes de l'image du Genre ou toute autre activité
- Faites une session sur le VIH/SIDA ; Suggérez le thème : Les
femmes et le VIH/SIDA
NB : Après l'animation de sa session, chaque groupe
passera quelques minutes pour obtenir la réaction des participants
et discuter de toutes les questions au niveau des techniques de
facilitation des sessions.
Cinquième jour : Application
- Mise en condition
- Conclusion : Représentation théâtrale
- Aptitude de facilitation : Comment traiter les questions difficiles
- Session sur l'éducation des pairs
- Plan d'action
- Affirmation (telle le jeu de la "toile d'araignée") et clôture
- Evaluation de la formation
Pendant cinq jours, enfermé avec les participants dans un Hôtel
(par exemple) vous produirez, avec un animateur expérimenté, un
effet positif chez les participants dans le cadre du changement
de comportement. C'est une stratégie d'enseignement originale pratiquée
par le Peace Corps et qui a fait ces preuves en Guinée.
Pour plus d'information sur les objectifs des
sessions, le matériel de travail, la préparation, le déroulement,
l'évaluation, les jeux de rôle, la formation des pairs, les stratégies
de communication etc, l'ambassadeur de santé tropicale en Guinée
se tient à votre disposition ou contactez le "Peace Corps Center
For Field Assistance And Applied Research" ; 1111 20th Street, NW-Fifth
Floor Washington, DC 20526.
Conakry le 2 septembre 2004
Dr Kaba KOUROUMA, Ambassadeur Santé tropicale, Guinée.
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