|
Lors d'un crime ou d'un délit, les traces de matériel biologique
trouvées sur les lieux font depuis longtemps l'objet d'analyses
dont les résultats constituent un moyen de preuve pour la justice.
Il s'agit le plus fréquemment de sang, sperme, salive ou fragment
de tissu humain.
La nature sanguine des taches (sang, sperme.) peut être reconnue
avec certitude et la détermination de nombreux groupes
sanguins et polymorphismes permet leur individualisation.
A titre d'exemple pour les groupes sanguins décelés par des méthodes
basées sur les propriétés antigéniques, on peut donner celui du
groupe sanguin ABO dont les antigènes ont été identifiés par Landsteiner
au début du siècle dernier. On les retrouve en quantité importante
sur les globules rouges. Leur nature biochimique est connue.
Pour chacun de ces antigènes existe un anticorps
(protéine que l'on trouve dans le sang et qui a la propriété de
se fixer sur l'antigène pour le quel elle est spécifique) correspondant.
Il faut comprendre : Si l'on introduit dans un organisme un antigène
qu'il ne possède pas, on assistera à la formation de l'anticorps
spécifique. Il s'agit de phénomène d'immunisation. Jamais on assistera,
sauf cas pathologique, à la formation dans un organisme d'anticorps
correspondant aux antigènes qu'il possède. On voit donc que l'on
aura jamais d'anticorps anti-A chez un sujet possédant l'antigène
A, ni d'anticorps anti-B chez un sujet possédant l'antigène B. Par
contre, on aura des individus A anti-B et B anti-A.
Celui qui ne possède ni antigène A, ni antigène B appartient au
groupe O et possède les anticorps anti-A et anti-B. tandis que celui
qui possède l'antigène A et l'antigène B est donc du groupe AB et
ne pourra développer des anticorps anti-A et anti-B.
En ce qui concerne le sujet de groupe O, il possède cependant un
antigène, l'antigène H. celui-ci existe également en quantité moindre
chez les individus de groupe A et chez les individus de groupe B.
cette propriété a son importance dans l'étude des taches de sang
et des secrétions diverses.
Les tableaux ci-dessous rappellent les analyse dont on peut disposer
pour identifier les traces de matériel biologique (sang et sperme).
| Principaux marqueurs utiles à l'identification
des traces de sang |
| Caractéristiques du sang |
Durée de conservation à l'état desséché |
| Tests de détection |
Des années |
| Tests d'identification |
|
| Groupes sanguins ABH |
Des années |
| Groupes sanguins Gm, Km |
Des années |
| Groupes sanguins Ge |
1 à 2 ans |
| Groupes sanguins MN,Ss, Rhésus |
3 à 6 mois |
| Groupe prot. Hp, AK, PGM, AcP1 |
3 à 6 mois |
| Groupes de protéines ADA, EsD |
1 à 4 semaines |
| Polymorphisme d'ADN |
Des années |
| Principaux marqueurs utiles à l'identification
du sperme |
| Caractéristiques du
sperme |
Conservation dans le
vagin |
Durée de conservation
à l'état desséché |
| Détection : |
| Spermatozoïdes |
3 à 7 jours |
Des années |
| Antigène spécifique de la prostate |
Des années |
Des années |
| Tests d'identification : |
| Groupes sanguins ABH |
24 à 48 heures |
Des années |
| Groupes de protéines PGM |
4 à 7 heures |
3 à 6 mois |
| Groupes de protéines Gm |
24 à 48 heures |
Des années |
| Polymorphisme d'ADN |
24 à 48 heures |
Des années |
Remarques : les délais de conservation peuvent varier en fonction
des conditions de conservation. Plus la trace est ancienne, plus
la quantité nécessaire à toute analyse est grande.
L'analyse d'une tache de sang permet l'identification d'au moins
13 groupes sanguins ou des protéines. Chaque groupe est déterminé
par une méthode différente. Le pouvoir discriminant de ces 13 marqueurs
est élevé : il n'existe qu'une chance sur
100 000 de rencontrer 2 individus identiques dans les populations
caucasiennes.
Exemple de résultats obtenus dans un cas de meurtre :
- Tache de sang humain retrouvée sur la chemise du suspect : A,
M, Gm (- 1,3), Hp1, Gc 1S, PGM 1A, 1B
- Sang de la victime: A, M, Gm (-1,3), Hp1, Gc 1S, PGM 1A, 1B
- Sang du suspect : O,M,Gm (-1,3), Hp 2,1, Gc 2,1F, PGM 1A.
Les résultats obtenus démontrent que la trace de sang présente
chez le suspect ne provient certainement pas de lui-même, mais probablement
de la victime en effet, tous les groupes sanguins qui ont pu y être
déterminés sont identiques à ceux de la victime.
Taches du sperme et de salive
Dans le sperme, la plupart des systèmes de groupes décrits dans
le sang y sont inexistants ou très instables (voir tableau). Comment
obtenir de grandes séries de prélèvements de sperme ? La nature
des taches de sperme peut être établie avec certitude si l'on peut
mettre en évidence des spermatozoïdes (par exemple en cas de viol).
Même dans les spermes azoospermiques (sans spermatozoïdes) on peut
mettre en évidence un antigène du liquide séminal - "l'antigène
prostate spécifique".
La salive n'est mise en évidence
que par un test de probabilité.
Les antigènes ABH existent dans toutes les sécrétions notamment
le sperme, les secrétions vaginales, la salive, la sueur, le mucus
nasal. qui correspondent au groupe ABO du sang. Mais environ 25%
des individus ne produisent pas d'antigènes ABH dans leurs sécrétions,
quelque soit leur groupe sanguin ABO. Ils sont appelés "non-sécreteurs".
Il existe une relation entre ce caractère "non-sécreteur"
et un autre système de groupe sanguin, le système Lewis. Lorsqu'on
ne détecte pas d'antigène ABH dans une tache de salive (ou de sperme)
2 causes sont possibles : Il y a trop peu de salive dans la tache
ou bien cette salive provient d'un individu "non-secreteur".
En recherchant les antigènes Lewis dans la tache , en même temps
que les antigènes ABH, il est possible dans certains cas de trouver
que c'est la deuxième cause qui est en jeu.
Enfin, une dernière difficulté est propre au sperme : il est souvent
mélangé de secrétions vaginales, susceptible de contenir aussi des
antigènes ABH. Or il n'existerait pas de méthode sure mettant en
évidence les sécrétions vaginales.
Il est à souligner que si les spermatozoïdes et les antigènes ABH
sont très stables dans une tache de sperme desséchée, dans le vagin
on ne les retrouve que peu de temps après les relations sexuelles.
Cette période peut être très variable selon les individus et leur
comportement. les spermatozoïdes subsistent beaucoup plus longtemps
dans le vagin d'une femme morte. Il n'est pas possible de dater
précisément le moment des relations sexuelles ;
Les possibilités d'identification du sang sont très élevées. Par
contre, les possibilités d'identification du sperme, des secrétions
vaginales, salive, cheveux, organes restent plus limitées que celles
du sang et elles nécessitent de nouvelles méthodes, par conséquent
elles vont bénéficier de l'efficacité de l'analyse d'ADN.
Les polymorphismes d'ADN ou "Empreintes génétiques"
Le sang, les tissus humains, le sperme pouvaient déjà être individualisés
par des groupes sanguins et des polymorphismes de protéines. De
nombreux polymorphismes supplémentaires sont maintenant analysables
au niveau de l'ADN.
Qu'est-ce que l'ADN ? ADN = Acide DesoxyriboNucleique. C'est la
molécule de support de l'hérédité, présente dans le noyau de toutes
les cellules sauf les globules rouges.
Comment met on en évidence le polymorphisme de
l'ADN ?
- L'ADN est extrait d'un petit échantillon
- Il est coupé par une enzyme de restriction appropriée
- Les fragments obtenus, caractéristiques de chaque personne,
sont séparés, selon leur taille, par électrophorèse
- Certains fragments bien précis sont séparés à l'aide d'une "sonde"
radioactive
- Leur position, variable selon les individus est alors visualisée
sur un film photographique
Retenez les étapes suivantes :
1. Extraction de l'ADN des cellules (échantillon de sang, sperme,
peau)
2. Fragmentation de l'ADN par l'enzyme de restriction
3. Séparation des fragments d'ADN par électrophorèse
4. Transfert sur membrane des fragments d'ADN séparés
5. Adjonction de la sonde radioactive
6. Révélation photographique de l'emplacement des sondes
Où est le problème ? Pourquoi de telles explorations se heurtent
à des difficultés logistiques dans certains pays ?
Continuons.
De nombreux polymorphismes ont déjà été décrits, les plus intéressants
en criminalistique concernent des régions répétitifs non codant,
présentent en un seul locus ou dispersé dans tout le génome.
On peut appliquer plusieurs sondes mono locus. Chaque sonde mono
locus fait apparaître une ou deux bandes par individu. Cela correspond
à un seul endroit (ou locus) d'un chromosome parmi un grand nombre
de bandes possibles dans la population.
Chaque sonde révèle un polymorphisme différent, génétiquement bien
défini et indépendant des précédents. L'ensemble de ces polymorphismes
hyper variables constitue "l'empreinte génétique" d'un individu.
Elle est la même dans toutes les cellules. Une sonde "multilocus"
fait apparaître après électrophorèse, un profil de bandes (comparable
à un code à barre) si discriminatif que JEFFRIES l'a appelé "empreinte
génétique".
Cela correspond à de nombreux endroits (loci) dispersés sur tous
les chromosomes. Les chances que ces bandes soient, par hasard,
identiques chez 2 individus caucasiens est de l'ordre de 1 sur 1
000 000.
Pour approcher un tel pouvoir discriminant, il est nécessaire de
répéter l'analyse avec plusieurs sondes "monolocus", ce
que l'on peut réalise avec le même échantillon.
Des résultats bien lisibles
| Cas 1 : Exemple
de résultat excluant un suspect |
| Sang de la victime |
Prélèvement vaginal |
Sang du suspect |
|
|
|
| |
.............. |
| |
.............. |
|
|
|
|
| Cas 2 : Exemple
de résultats incluant un suspect |
| Sang de la victime |
Tache de sperme
|
Sang d'un suspect |
|
|
|
| |
.............. |
.............. |
| |
.............. |
.............. |
|
|
|
Ces figures illustrent les résultats obtenus avec une seule sonde
dans deux expertises d'agression sexuelle. Dans le cas 1, le prélèvement
vaginal de la victime, contient deux bandes différentes de la victime
elle-même et clairement différentes du suspect. Celui-ci est donc
exclu à 100% comme étant l'origine de ce sperme. Dans le cas 2,
la tache de sperme contient deux bandes identiques à celles du suspect.
Il peut donc être à l'origine du sperme. Seul 1 homme sur 200 possède
les deux bandes en cause. En considérant les résultats concordants
obtenus avec trois sondes supplémentaires, la chance d'avoir par
hasard deux hommes identiques sera 1 sur 1 milliard.
Fiabilité de la méthode
Des contrôles sont réalisés à chaque étape. Un échantillon connu
est analysé en parallèle à chaque étape de procédé.
Remarque : l'ADN des spermatozoïdes
peut même être extrait sélectivement par rapport à l'ADN des autres
cellules, notamment des cellules vaginales.
Il existe une technique appelée PCR (Polymerase Chain Reaction)
qui amplifie un très grand nombre de fois une région précise d'ADN
et qui permet de reculer très efficacement les limites de sensibilité.
Le choix des méthodes reste controversé :
- Sondes "multilocus" : certaine méfiance due à l'interprétation
plus délicate des résultats
- Méthode PCR : pose des problèmes de contamination, en relation
avec sa très grande sensibilité
Implications pratiques
En règle générale, la conclusion d'une expertise est d'autant plus
fiable qu'elle repose sur des résultats obtenus par des méthodes
différentes, indépendantes les unes des autres.
Il n'est donc pas souhaitable d'abandonner les méthodes classiques,
bien éprouvés, mais d'en sélectionner les plus utiles au point de
vue sensibilité, pouvoir de discrimination, coût.
Elles restent indispensables dans certains cas particuliers, lorsque
les traces à analyser sont très petites ou si un premier résultat
doit être obtenu rapidement.
En ce qui concerne les analyses d'ADN, il serait souhaitable d'arriver
sur de critères objectifs suffisamment documentés, à un consensus
des laboratoires sur un nombre limité de méthodes.
Interprétation des résultats d'une expertise
Soit une tache ou des taches de sang à comparer aux groupes sanguins
des personnes en cause, victime ou suspect. Deux types de conclusions
peuvent découler d'un résultat.
1er cas : les groupes sanguins de la tache de sang sont différents
de ceux du suspect. Il est donc exclu qu'il est produit cette
tache. C'est un résultat certain.
2ème cas : tous les groupes sanguins déterminés dans la tache
sont les mèmes chez la victime. Elle peut donc avoir produit cette
tache. C'est un résultat probable.
La probabilité est estimée en calculant avec quelle fréquence
cette combinaison de groupe sanguin se rencontre dans la population.
Exemple : Violence sexuelle sur un garçon de 8 ans.
D'un point de vue pratique
Les prélèvements doivent être faits le plus tôt possible après
l'agression et transmis dès que possible au laboratoire, même à
titre conservatoire. Les groupes sanguins, les "empreintes
génétiques" se dégradent rapidement en milieu humide. Les prélèvements
doivent être conservés au sec et à l'abri de la lumière, à défaut
au froid.
Les renseignements suivants sont nécessaires à l'interprétation
des résultats :
- Date et heure de l'agression ?
- Transfusion de sang ou de produits sanguins entre l'agression
et le prélèvement de sang pour l'analyse ?
- Origine ethnique des intéressés ? car la fréquence des groupes
sanguins et des "groupes" d'ADN peut varier selon les
populations.
Les facteurs de groupes sanguins se conservent très peu de temps
dans une tache humide. Par l'action des microbes et moisissures,
certains groupes sanguins peuvent même être modifiés provoquant
ainsi un risque d'erreur par des réactions positives donnant lieu
à de fausses interprétations.
Le support de la tache de sang peut interférer dans la réaction
de groupe sanguin. C'est particulièrement vrai pour le groupe ABO.
Des substances analogues aux antigènes A et B peuvent exister dans
beaucoup de matières d'origine animale ou végétale (cuir, laine,
bois, papier.). C'est pourquoi il est extrêmement important d'analyser
en parallèle avec la tache de sang, un fragment de son support dépourvu
de sang (prélèvement témoin).
Dans les cadavres trop putréfiés, dont il n'est plus possible de
prélever du sang, la plupart des groupes sanguins peuvent être déterminés
dans certains organes. En présence de squelettes, le groupe ABO
peut être déterminé dans les os et les dents.
Expertises de filiation
De plus en plus, les juristes tentent de faire coïncider la réalité
juridique et la réalité biologique.
Les progrès de l'immunologie et de la génétique permettent d'individualiser
l'être humain par de nombreux caractères qui lui sont propres et
que l'on met en évidence de façon de plus en plus spécifique et
précise. Ces marqueurs génétiques peuvent être suivis à travers
plusieurs générations suivant les lois de transmission de Mendel.
On arrive à reconstituer, pour chaque individu, une mosaïque qui
lui est propre et qui est liée à la mosaïque des marqueurs que possédaient
son père et sa mère.
Parmi les marqueurs génétiques, les groupes sanguins peuvent être
utilisés avec sécurité dans le cadre de la recherche en filiation,
car ils constituent ce que l'on peut appeler de bons système génétiques.
En effet, ils sont facilement accessibles à l'observation, leur
mise en évidence peut se faire à partir d'un simple échantillon
de sang, et ils sont stables au cours de toute la vie. Ce pendant,
quelques groupes sanguins ne sont développés que six mois, voire
deux ans après la naissance, il y a donc lieu de tenir compte de
l'age de l'enfant avant d'entreprendre une recherche en filiation.
Principes des recherches en filiation
Consiste à déterminer la mosaïque de groupes sanguins du trio père
supposé -mère- enfant et à rechercher chez l'enfant les caractères
qui se retrouvent chez le père ou la mère, ou éventuellement ne
s'y retrouvent pas.
Expertises
Lors d'une recherche de filiation deux situations peuvent se
présenter :
1. il y a exclusion
On retrouve chez l'enfant des caractères qui n'existent ni chez
la mère, ni chez le père supposé ; il s'agit là d'un résultat
certain. Deux règles sont d'application :
- a) on trouve chez l'enfant un caractère qui n'existe ni
chez le père supposé, ni chez la mère. La maternité n'étant
pas mis en doute, l'enfant a donc hérité le caractère d'un
autre homme. (Dans ce cas, il est indispensable de connaître
les groupes sanguins de la mère).
- b) On ne trouve pas chez l'enfant un caractère que père
présumé aurait du lui avoir transmis s'il en était réellement
le père. (ici, il n'est pas nécessaire de connaître les groupes
sanguins de la mère).
Le résultat est certain à certaines conditions :
- Les techniques doivent être fiables
- Les analyses doivent être faits en double
- Les possibilités de fausses exclusions doivent être soigneusement
contrôlées, car des exceptions, rares il est vrai, existent
surtout au niveau de la deuxième règle, d'où il est important
de déterminer le plus grand nombre possible de systèmes et
de sous-groupes sanguins afin d'augmenter les chances de trouver
des exclusions.
2. Il n'y a pas d'exclusion
Avant, on ne pouvait pratiquement rien exclure, mais la découverte
d'un très grand nombre de groupes sanguins et l'utilisation
de leur fréquence par des calculs statistiques permettent d'atteindre
une interprétation des résultats qui tend de plus en plus souvent
à voisiner la certitude à 100% sans cependant jamais l'atteindre
de façon absolue.
Ces calculs se basent sur la présence des groupes sanguins dans
le trio père supposé, mère et enfant et sur la fréquence des
groupes sanguins de la population.
On sait, en effet, que tous ces marqueurs génétiques se trouvent
dans les diverses populations avec des fréquences bien déterminées,
qui peuvent varier d'une population à l'autre.
Ici aussi, on est en droit d'exiger qu'un très grand nombre
de systèmes soient utilisés ; Ces calculs
sont de deux types :
a) La proportion d'hommes exclus
Si l'on tient compte de la mosaïque des groupes sanguins
de chacune des personnes du duo "mère-enfant",
on peut calculer la proportion d'hommes qui, pris au hasard
dans la population, seraient exclus pour le duo "mère-enfant".
Exemple :
Enfant : B - Mère : O
Le caractère B de l'enfant doit provenir du père puisque
la mère ne le possède pas, d'où seront exclus les sujets
ne possédant pas le gène B.
On procède ainsi pour chaque système, ceux-ci étant indépendant
les un des autres.
L'information apportée par chacun des systèmes permettra
d'aboutir progressivement à un résultat final qui permettra
de déterminer le groupe d'hommes susceptibles d'être le
père réel de l'enfant.
Il est évident que plus on détermine de systèmes de groupes
sanguins, plus on a d'informations pour déterminer, en fonction
du duo ''mère-enfant'', la proportion d'hommes exclus.
Remarques :
1. certains duos "mère-enfant", ont des combinaisons
de groupes sanguins qui sont peu informatives ; il s'agit
là d'un effet du hasard.
2 . Nombreuses difficultés quand on se trouve en présence
de cas d'incestes ou lorsque l'homme en cause est le frère,
le père ou le fils du père biologique en raison d'une fréquence
de groupes sanguins modifiés en fonction des liens de parenté
dans le groupe ainsi constitué.
b) La probabilité de paternité
Calcul plus complexe, basé sur le théorème de Bayes.
Il permet de déterminer la probabilité de paternité du père
présumé en lui accordant, au départ, une chance sue deux d'être
le père de l'enfant puis, de calculer pour chaque système,
la chance que l'homme a d'être le père.
Comme pour le calcul précédent, ces systèmes étant indépendant
l'un de l'autre, on peut ainsi arriver à un calcul final qui
donne une probabilité de paternité en tenant compte de l'information
apportée par chaque système de groupe sanguins, étudié chez
le trio "père supposé-mère-enfant".
Exemple :
Enfant : B - Mère : O
Les pères possibles de l'enfant possèdent le caractère B
c'est à dire, génétiquement le caractère
Or le père ne transmet q'un de ses deux gènes allèles à son
enfant.
D'où :
- homme BB : 100% de chance
- homme BO : 50 % de chance
- homme AB : 50% de chance
Interprétation des résultats
Pour interpréter les résultats, il faut tenir compte de deux modes
de calcul. En effet, si le père supposé est réellement le père de
l'enfant, on observera une forte probabilité de paternité. Et cette
forte probabilité de paternité doit correspondre à un nombre important
d'hommes exclus.
Conakry le 9 septembre 2004
Dr Kaba KOUROUMA, Ambassadeur Santé tropicale, Guinée.
|