| Le point sur le contrôle des fièvres hémorragiques : fièvre jaune et fièvre lassa
La fièvre Lassa est une maladie infectieuse transmise par un rongeur le Mastomys ; Communément appelé le rat (les rats qui vivent avec nous dans nos maisons d’habitation). Il existe en Guinée, un projet de fièvres hémorragiques virales notamment la fièvre jaune et le Lassa crée en 1997, pour introduire de nouveaux outils de diagnostic rapide et par de moyens faciles, de surveiller la sérologie des maladies principales à potentiel épidémiologique dans les pays de la Mano River Union : la Guinée, le Libéria, la Sierra Léone avec une ouverture sur la Cote d’Ivoire. Ce projet a son siège dans l’enceinte de l’Hôpital National Donka de Conakry. Le laboratoire du projet est bien équipé et permettrait la sécurité biologique des échantillons hautement infectieux au cours de la manipulation. Ce laboratoire a été installé il y a 6 ans. C’est dans ce laboratoire que les diagnostics sur la fièvre jaune et la fièvre Lassa mais aussi sur les autres fièvres virales hémorragiques sont effectués.
Parmi les approches de contrôle entreprises de ces maladies nous avons :
- La documentation de la circulation des virus des fièvres hémorragiques ;
- L’identification des facteurs de risque de transmission ;
- L’évaluation des performances des outils de diagnostic.
En effet, depuis 1950 (période qualifiée de silencieuse), les relevés statistiques de l’OMS montrent que c’est en octobre 1987 que 5 cas de Fièvre jaune sont notifiés en Guinée dans la préfecture de Siguiri (Région de Kankan) qui fait frontière avec la République du Mali. Et depuis septembre 2000, le pays connaît tous les ans des flambées de Fièvre jaune affectant aussi bien les zones urbaines que les zones rurales et d’une année à l’autre toutes les régions de la Guinée.
A l’origine de cette flambée, le relâchement des programmes de lutte contre les moustiques et leurs gîtes. Mais, la vaccination a elle seule constitue a nos jours le moyen le plus important de prévention de ces maladies et se trouve à la portée de tous les guinéens.
Au moment où 18 pays africains ont accepté d’intégrer la vaccination contre la Fièvre jaune dans leur programme de vaccination de routine, il ne reste plus à la Guinée que de suivre ces pays dans cette stratégie hautement appréciable de lutte contre l’épidémie. Ce qui veut dire et selon le Prof. A. Cissé (Ministre de la Santé Publique), que le nom de projet, Fièvre Hémorragiques virales n’évoque pas seulement les activités de recherche fondamentale, mais aussi une action de santé publique majeure dans le cadre de la réponse aux épidémies de Fièvre jaune et rougeole dans notre pays et celles de la fièvre de Lassa en Sierra Léone et au Liberia.
Sur le plan épidémiologique, la prévalence de la Fièvre Lassa est de 10 à 14% en Guinée Forestière. Faranah (en Haute Guinée) serait considérée comme une zone à haut risque avec 96 positifs à mastomys natalis de la Fièvre Lassa.
Quant aux mastomys qui sont vecteurs et réservoirs de la maladie, nous avons 8,8% au niveau de Faranah et de Guéckédou ; Tandis que la prévalence de la fièvre jaune est de 9 à 15%, selon le coordonnateur du projet.
Il faut reconnaître qu’il y a une avancée significative de la recherche sur les fièvres hémorragiques virales en Guinée et au sein des pays de la Mano River Union impliquant la Cote d’Ivoire.
Souhaitons que les résultats de ces recherches trouvent une application immédiate en terme de santé publique.
(PVS, N°35, Février 2006)
Conakry, le 20 avril 2006
Dr Kaba KOUROUMA, Ambassadeur santé tropicale Guinée |