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Retard de croissance des enfants : La Banque mondiale opte pour une approche évolutive à travers le PARN - 09/10/2018 - Midi Madagasikara - MadagascarEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Bien plus qu'un problème sanitaire, le retard de croissance est un problème économique qui influe négativement sur la croissance économique de Madagascar. A Madagascar, près de 47% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique, mettant en péril leur croissance et leur développement.

En effet, le retard de croissance n'est pas seulement une question de taille. Il s'agit d'une manifestation de problèmes bien plus profonds aux conséquences irréversibles qui impactent sur le développement physique et intellectuel de l'enfant. Car aux atteintes physiques qui ralentissent la croissance de l'enfant, s'ajoutent des dommages cognitifs qui risquent de lui priver des facultés lui permettant d'apprendre. Il en résultera des difficultés d'apprentissage qui ne permettront pas à l'enfant d'évoluer au même rythme que les autres à l'école. Ce double retard l'empêchera d'atteindre son plein potentiel à l'âge adulte.

12% du PIB par an. La malnutrition chronique, à l'origine des retards de croissance chez les enfants, dépasse le stade du problème sanitaire et social et devient un problème économique qui constitue une cause de ralentissement du développement économique d'un pays. D'après les recherches menées par la Banque mondiale, les pays se privent en moyenne de 7% de leur PIB par habitant, car ils n'ont pas réussi à régler le problème des retards de croissance au moment où leurs travailleurs actuels étaient enfants. À Madagascar, ce manque à gagner représenterait entre 7 et 12 % du PIB par an.

Toutefois, la situation commence à évoluer dans certains pays. A l'échelle mondiale, le taux de retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans a chuté de 32 % en 2000 à un peu plus de 22 % en 2017. Au Sénégal, le taux de 30% en 2000 chute à 19% actuellement. Le Pérou l'a divisé par plus de deux en moins de dix ans (de 28% en 2008 à 13% en 2016). A Madagascar, cependant, les chiffres restent plus de deux fois supérieures à la moyenne mondiale.

Nouvelle étape. Afin de lutter plus efficacement contre ce problème commun à de nombreux pays dans le monde, la Banque mondiale opte pour une autre approche. Pour Madagascar, après la mise en œuvre, en 2012, de son projet d'appui d'urgence aux services essentiels d'éducation, de nutrition et de santé, afin d'appuyer le Programme national de nutrition communautaire (PNNC), et les leçons tirées de cette expérience, il est temps de franchir une nouvelle étape. En matière de lutte contre le retard de croissance, la Banque mise en effet, sur une approche nouvellement lancée au niveau mondial. Madagascar est le premier pays à l'expérimenter. Une approche programmatique à phases multiples qui se traduit par une démarche qui s'appuie sur les instruments financiers existants de la Banque mondiale, permettant aux pays de décomposer un engagement de long terme, important ou complexe en plusieurs opérations connexes de moindre envergure, chapeautées par un même programme.

Apprentissage adaptatif. Cette approche de long terme et sur mesure permet d'évaluer plus facilement les réussites et les lacunes d'un programme, et de procéder rapidement à des ajustements pour que les opérations soient plus adaptées au contexte et à l'évolution d'un pays. Les leçons et les expériences tirées des premières phases seront ainsi intégrées plus vite dans les phases ultérieures, lesquelles donnent lieu à des opérations distinctes au fil du déroulement du programme. Sa souplesse et sa durée confèrent à cette solution un atout majeur pour résoudre des problèmes de développement particulièrement complexes ou mener des opérations dans des environnements difficiles. « La nouvelle approche à multiples phases nous permet de nous adapter, d'apprendre, d'agir rapidement, de dépenser moins, d'utiliser nos ressources de manière intelligente et d'offrir les meilleures solutions possibles à nos clients », affirme Otaviano Canuto, l'un des administrateurs de la Banque mondiale.

Un plus pour Madagascar. L'approche-programme à phases multiples, avec sa démarche systématique, tout en étant flexible et évolutive, s'est imposée comme la bonne méthode pour lutter contre les retards de croissance à Madagascar, estime la Banque. « Les interventions ponctuelles peuvent être efficaces dans certains contextes, mais face à une question aussi complexe que le retard de croissance dans un pays comme Madagascar, l'approche-programme à phases multiples est idéale puisqu'elle permet d'atténuer les risques d'une approche au coup par coup, qui fait perdre beaucoup d'argent et retarde, voire anéantit, les progrès obtenus », affirme Jumana Qamruddin, spécialiste senior en santé et chef d'équipe du programme à la Banque mondiale.

200 millions de dollars. La direction de la Banque mondiale et le gouvernement malgache se sont approprié cette approche : les travaux de l'équipe ont abouti en décembre 2017 à l'approbation de la première opération de ce type. Le Programme d'amélioration des résultats en matière de nutrition (PARN) à Madagascar, qui consiste en un financement de 200 millions de dollars sur dix ans, « témoigne de l'engagement de long terme de la Banque mondiale à fournir des ressources durables à la Grande Ile ». La structure programmatique de ce projet veille également à ce que les interventions visant la malnutrition chronique soient déployées de façon efficace et systématique dans tout le pays.

Interventions à fort impact. La première phase du programme, d'une durée de cinq ans, est financée par un don de 80 millions de dollars de l'Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, et cofinancée par une subvention de 10 millions de dollars du fonds fiduciaire « Power of Nutrition ». Elle consistera à généraliser le recours à des interventions à fort impact contre les retards de croissance, telle la supplémentation en micronutriments et la promotion de l'allaitement maternel, dans le cadre d'un ensemble intégré de mesures nutritionnelles et sanitaires, et s'attachera à introduire des changements de comportement.

8 régions. Conçu pour atteindre près de 75 % des enfants de moins de cinq ans, ce programme sera tout d'abord mis en œuvre dans les huit régions du pays qui affichent les taux de retard de croissance les plus élevés et s'étendra progressivement à 15 régions. Il privilégiera les interventions axées sur les 1000 premiers jours de la vie : de la conception à l'âge de deux ans. L'objectif est de réduire de 30 % à l'horizon 2028 le nombre d'enfants souffrant d'un retard de croissance dans les régions ciblées. « Il est aujourd'hui largement admis que la malnutrition chronique constitue le principal obstacle à la croissance du pays. Je me réjouis que la Banque aide les enfants sur le long terme et qu'elle contribue à faire prendre conscience de l'importance du capital humain pour le développement », affirme Coralie Gevers, responsable des opérations de la Banque mondiale pour Madagascar.

Dans la mesure où la lutte contre les retards de croissance chez les enfants de moins de cinq ans figure parmi les principaux objectifs poursuivis par Madagascar, cette collaboration avec la Banque mondiale « aidera le pays à promouvoir la nutrition et le développement dès les premiers jours de la vie, et à développer ainsi les bases de son capital humain ».

Par Hanitra R.

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