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Couverture maladie universelle : tous égaux enfin ? - 23/11/2017 - Le journal du Mali - MaliEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

En 2018, le Mali s’apprête à faire un grand pas en matière de santé, avec la mise en place de la Couverture Maladie Universelle (CMU). Ce dispositif permettra aux personnes non assurées par les différentes assurances qui existent déjà de pouvoir bénéficier d’une aide leur permettant un accès aux soins. Objectif : faire en sorte que les Maliens soient tous logés à la même enseigne et bénéficient des mêmes privilèges.

Depuis juin 2009, au Mali, il existe l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO), qui assure la couverture des frais de soins de santé pour les travailleurs du secteur formel, les députés et les retraités, ainsi qu’à leurs familles, au sens nucléaire du terme. Pour les personnes considérées comme étant démunies, le Régime d’Assistance Médicale (RAMED) a été instauré en même temps que l’AMO. Quant aux personnes qui ne correspondaient à aucune des catégories pouvant prétendre à l’un de ces deux régimes, elles se retrouvaient marginalisées dans l’accès aux soins. C’est pour rétablir l’équilibre et l’équité que la Couverture Maladie Universelle (CMU) va entrer en vigueur d’ici 2018, dans le cadre du Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU). Ankoundio Luc Togo est à la tête du Comité de réflexion de la CMU. Il n’est autre que le Directeur général de la CANAM, l’organisme gestionnaire, qui délègue par la force de la loi certaines de ses prérogatives à d’autres structures étatiques impliquées dans les questions de sécurité sociale.

Un long chemin parcouru

La Couverture Maladie Universelle est le fruit d’un travail qui a débuté en 2015 et dont le but était la mise en place du RAMU. « Nous allons bientôt introduire l’avant-projet de loi dans le circuit d’approbation du gouvernement. Donc c’est imminent. Courant 2018 nous devrions commencer l’opérationnalisation », dit le modérateur du groupe d’expert de la CMU. Confiant, M. Togo revient sur les dispositifs déjà existants, mais reconnaît un manque de cohésion entre eux. « Au Mali, nous avons l’AMO depuis 2009, pour couvrir les fonctionnaires, députés et retraités aussi que tous leurs ayant-droits. En même temps, nous avons mis en place le RAMED, destiné aux plus vulnérables. Le gouvernement a institué quelques gratuités, par exemple pour les enfants de moins de 5 ans. Il y a donc des systèmes qui se juxtaposent sans forcément avoir de liens entre eux, ce qui fait qu’il y a des disparités ». Idem du côté des mutuelles, où chacune décide de prendre en charge ce qu’elle souhaite sans aucune coordination entre elles, ce qui entraîne « des insuffisances ». Les soins assurés seront les mêmes que pour l’AMO, c’est-à-dire les consultations, les médicaments, les analyses et l’imagerie médicales, les soins médicaux et dentaires, notamment. Avec la Couverture Maladie Universelle, il s’agira d’instaurer une cohérence entre tous les acquis dans le domaine de l’assurance maladie.

Booster les statistiques

En dépit de cette avancée importante, surtout pour un pays en voie de développement comme le nôtre, les statistiques restent très insuffisantes. Pour une population de plus de 17 millions d’habitants, on ne compte qu’un million d’assurés via l’Assurance Maladie Obligatoire. Les bénéficiaires du Régime d’Assistance Médicale ne représentent qu’à peine 5% du total et il en va de même pour les assurés ayant une mutuelle. A contrario, et c’est une exception, la population rwandaise est couverte à 98 %, depuis 2006. Un exemple à suivre pour le Mali, qui prévoit « que dans un délai de dix ans au maximum cette couverture soit effective pour chaque Malien », espère Ankoundio Luc Togo.

Selon un rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) datant de décembre 2013, « 42 % de la population malienne n’a pas accès à une structure de santé dans un rayon de 5 km ». Déplorant l’état des infrastructures, le modérateur du groupe expert de la CMU reste optimiste malgré tout. « Tant qu’il n’y a pas de bon service de santé, et on le souhaite de qualité, pour un système d’assurance, c’est toujours inconfortable. Tant qu’il existe [le système d’assurance, NDLR], nous pensons contribuer à petite échelle à améliorer cette situation », dit M. Togo. Des infrastructures fragiles, donc, et même inactives dans certaines localités du nord, en raison de l’insécurité qui y règne. « La région de Kidal, compte tenu de sa situation particulière, a été contrainte de suspendre les prises en charge par la force des choses. Sinon, en 2010 – 2011, les assurés étaient pris en charge. Aussitôt que la situation se stabilisera, cela reprendra son cours. Par contre, les habitants de Kidal peuvent se faire soigner dans une autre localité ». Toujours selon cette étude de l’OMS, « la situation est particulièrement critique à Kidal, Gao et Tombouctou où respectivement 70 %, 48 % et 45 % des structures ont été soit partiellement soit totalement endommagées ».

Laissés pour compte

« Aujourd’hui, beaucoup de gens rechignent à aller dans un centre de santé, parce que le coût est trop important pour eux », reconnaît M. Togo. Ces personnes sont souvent des travailleurs du secteur agricole ou informel. Les systèmes d’assurances et de mutuelles de santé, tels que nous les connaissons, actuellement, ne prennent pas en charge ces actifs. La CMU compte remédier à ce manque dans un souci d’équité et de solidarité. « Ils ne sont pas couverts par un système d’assurance, sauf ceux qui vont délibérément adhérer à une mutuelle, mais ils sont peu nombreux », avoue le Directeur général de la CANAM. La CMU leur permettra d’adhérer à une mutuelle qui sera elle-même intégrée au nouveau dispositif. « C’est pour cela que dans toutes les localités les paysans et les travailleurs du secteur informel pourront adhérer à la CMU. Ils passeront par le canal des mutuelles. Il y aura bien sûr le circuit du secteur formel pour s’affilier à la CMU, par l’inscription à l’Institut National de Prévoyance Sociale (INPS) ou à la Caisse Malienne de Sécurité Sociale (CMSS) », détaille M. Togo.

Système D

Au bord du goudron, non loin du commissariat du 15ème arrondissement, à Baco-Djicoroni ACI, nous avons rencontré Gabriel, vendeur d’hydrocarbures, assis devant ses bidons d’essence et ses entonnoirs, attendant l’arrivée de clients. Pour cet ancien étudiant, faute de mieux, son cousin lui a confié son échoppe afin qu’il puisse gagner sa croûte. Il se retrouve à travailler contre son gré dans un secteur qui ne correspond pas à sa formation et qui de surcroît le prive d’un privilège de soins, mais plus pour très longtemps. « Pour me soigner, je me débrouille par mes propres moyens. Ce n’est pas évident, car cela creuse mon budget », confesse le jeune homme. Il se réjouit de l’arrivée de la Couverture Maladie Universelle. « C’est une bonne nouvelle, parce que cela viendra nous soulager dans notre accès aux soins et pour les dépenses qui y sont liées. Lorsque des initiatives de ce genre sont prises, on ne peut qu’être satisfait », s’exclame-t-il. Se soigner sans être diagnostiqué est un rituel pour Gabriel quand il a besoin de médicaments pour calmer une maladie sans gravité. « Si c’est mineur, j’essaie de me soigner avec les médicaments traditionnels, mais si cela ne fonctionne pas, alors j’ai recours à des centres de santé. Même si je sais que cela va me coûter très cher, je n’ai pas le choix ». Dans sa débrouille, le vendeur parvient néanmoins à se soigner convenablement quand il n’a pas d’autre alternative.

Cette absence d’aide vis-à-vis d’un pan de la population laisse le champ libre à des phénomènes pervers, comme celui des « pharmacies par terre ». Problème de santé publique dans plusieurs pays africains, les pharmacies à la sauvette ont de nombreux adeptes en raison de l’inaccessibilité des médicaments pour de nombreuses personnes sur le continent. Une citation, « la santé est le premier bien de l’homme », sonne le glas des propos de Gabriel, qui retourne aussitôt à ses occupations.

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