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Chirurgie à cœur ouvert au Mali : entretenir la lueur d’espoir - 16/01/2019 - L'essor - MaliEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Plus 50 patients sur plus de 2000 ont été pris en charge gratuitement avec les consommables apportés par « Chaine de l’espoir », une organisation humanitaire. Mais les autres malades attendent d’être fixés sur leur sort.

La bonne nouvelle c’est que la chirurgie à cœur ouvert (une intervention qui permet d’agir directement sur cet organe vital à la différence de la chirurgie à cœur fermé qui s’occupe des organes périphériques de la pompe vitale) a acquis droit de cité dans notre pays avec l’ouverture du centre André Festoc, un service de chirurgie cardiovasculaire à l’hôpital Mère-enfant. Mais la question qui brûle aussi toutes les lèvres est de savoir si toutefois cette unité chirurgicale est en mesure de prendre en charge le flux de malades, notamment les jeunes enfants souffrant de cardiopathies compliquées.

Dans notre pays, l’opinion s’indigne de « l’incapacité » de nos Centres hospitaliers universitaires (CHU) à disposer d’un plateau technique de pointe, notamment des équipements ultramodernes de dernière génération pour répondre aux aspirations des malades, en termes de chirurgie compliquée comme celle à cœur ouvert ou d’une certaine prise en charge médicale.

Elle doit savoir aussi que nos établissements hospitaliers sont, certes, entrés dans l’ère de la technologie de pointe mais qu’ils ne peuvent boxer (en tout cas pour l’instant) dans la catégorie des hôpitaux des pays développés à qui l’on fait très souvent référence. Ils n’ont pas les mêmes spécialistes, en termes de quantité et de disciplines mais aussi de plateau technique.

Mais des efforts salutaires sont, aujourd’hui, accomplis pour tenter de mettre nos structures hospitalières à un niveau acceptable afin qu’ils soient en capacité d’assurer certains soins. Elles disposent toutes d’un arsenal de diagnostic ultra moderne. Ce qui représente une avancée dans la prise en charge des pathologies.

Il est aussi utile de savoir que dans certains cas, le partenariat s’impose pour la prise en charge des préoccupations de santé publique. Le centre André Festoc intègre cette vision. Il renforcera l’accessibilité et la qualité des soins, notamment la chirurgie à cœur ouvert.

A ce titre, le 10 septembre dernier restera dans les annales médicales au Mali. Ce jour là, le centre André Festoc a ouvert ses portes en présence de l’ancien président de la République Amadou Toumani Touré et son épouse Lobbo Traoré. Cette unité chirurgicale réalise des interventions à cœur ouvert, une prouesse scientifique mais aussi un signe d’espoir pour nos malades.

Longue liste. On se souvient que l’Hôpital du Mali, en partenariat avec le CHU Mohamed VI, l’Association des enseignants de la Faculté de médecine et de pharmacie de Marrakech (Maroc) et le Club des amis de Tombouctou, avait initié une caravane humanitaire de chirurgie à cœur ouvert dans notre pays en 2016. Cette action humanitaire parrainée par la Première dame, Mme Keita Aminata Maïga avait pris en charge qu’une demi-douzaine de malades.

Aujourd’hui, les jeunes patients souffrant d’anomalies cardiovasculaires et les siens entrevoient une lueur d’espoir. Tous ont le regard, désormais, tourné vers le centre Festoc parce que pour beaucoup d’entre eux, c’est une véritable aubaine.

Le directeur adjoint du Luxembourg, Abder Kader Baby rappelle que les interventions compliquées à cœur ouvert et à cœur fermé nécessitaient des évacuations sanitaires à l’étranger. Ces actions représentent des ressources financières importantes. L’idéal est de remettre à niveau nos structures hospitalières avec les bonnes compétences pour en finir avec le souci de l’évacuation sanitaire.

Les parents de patients ne s’attardent pas beaucoup sur les détails. Ils expliquent simplement que sur une liste de plus 2.000 enfants en attente d’une intervention à cœur ouvert, seulement une petite proportion de malades était évacuée en Europe pour se faire opérer. Les autres attendaient impatiemment avec le risque d’une dégradation de leur état. Beaucoup se résignaient parfois à l’idée de voir leur progéniture définitivement condamnée.

C’était le cas de Diouma, une mère de famille qui vit à plus de 500 km de la capitale. Son garçon souffrant d’un problème cardiaque figurait sur la liste d’attente des malades à évacuer. Le jeune patient était confié à une de ses tantes (une cousine de Diouma) qui l’amenait au Luxembourg. Il suivait un traitement en attendant d’être programmé pour une intervention en France. Mais l’attente a été tellement longue qu’elle a fini par se décourager.

Malgré la détermination de sa cousine à assurer le déplacement et les frais de consultation, Diouma ne venait plus avec son enfant à l’hôpital. Aujourd’hui, elle pousse un ouf de soulagement avec l’avènement du centre. Celui-ci arrive donc à point nommé pour redonner espoir à tous ceux qui attendaient désespérément sur la longue liste. Une autre mère de famille, Kadia Sanogo cache mal ses appréhensions sur l’état de sa petite Kandé Camara, âgée de 11 ans. A en croire sa mère, elle souffre d’une anomalie du cœur diagnostiquée en 2015.

Choix des patients – Après plus de trois ans de suivi, le ciel sombre s’est brusquement éclairci pour Kadia Sanogo qui a été informée le 29 décembre dernier de la programmation de son enfant pour une chirurgie. « La nouvelle a été accueillie à la fois avec soulagement mais aussi avec un vent de panique qui souffla sur toute la famille. Nous étions très inquiets mais nombreux à nous rendre à son chevet », se rappelle encore Mme Camara Fati Sissoko, une tante de la jeune patiente. Kandé a été opérée du cœur et les choses se sont finalement bien passées.

Fatoumata Wattara était dans l’expectative parce que sa petite fille de 5 ans, Salimata Traoré, était sur la table d’opération au passage de notre équipe de reportage. En larmes, elle expliquait la cardiopathie congéniale de sa môme qui est suivie depuis trois.

L’unique enfant de cette « brave » dame puisque le premier n’est plus de ce monde, a déjà été opéré d’une omphalocèle (une hernie ombélicale), il y a quelque temps. Mais comme si le sort continue de s’acharner sur elle, la petite Salimata doit subir une autre intervention pour une omphalocèle encore et après une chirurgie à cœur ouvert.

Dans un pays voisin, une intervention de ce genre coûterait un peu plus de 4 millions de Fcfa. Mais dans notre pays, « Chaîne de l’espoir » a apporté des consommables pour la prise en charge de 50 patients. Mais on est allé au-delà cette prévision avec une soixantaine de patients opérés.

Mais quel est le sort réservé aux autres patients qui ne figurent pas dans ce lot ? Il faut donc développer des alternatives de prise en charge afin que ces interventions ne s’arrêtent pas, faute de ressources nécessaires. Les autorités sanitaires sont interpellées et doivent cogiter sur la question avec les assurances pour voir les possibilités de pérenniser l’initiative.

Mahamadoun Coulibaly, anesthésiste-réanimateur au centre André Festoc, explique qu’à l’ouverture du centre, la « Chaine de l’espoir » a amené les consommables pour la prise en charge gratuite de certains patients. Il est donc question de faire une évaluation du coût total de cette prise en charge pour que quand le partenaire se retira, on puisse fixer le prix de cette intervention. Si on ne trouve pas d’alternatives pour subventionner, les parents seront obligés de mettre la main à la poche.

L’anesthésiste tient à lever toute équivoque sur le choix des patients opérés. Il a été fait dans une liste de 2000 malades en fonction de critères liés à la nature de la pathologie cardiaque et l’avis du staff médical.

Rappelons que la « Chaine de l’espoir » a financé la construction du bâtiment, abritant l’unité, et continue de soutenir l’initiative avec des compétences chirurgicales étrangères qui y officient pratiquement deux fois par mois. Selon le Dr Coulibaly, ce programme de soutien durera toute l’année 2019, en attendant d’autonomiser nos praticiens.

Par ailleurs, il prévient que le stock de consommables offert par la « Chaine de l’espoir » va s’épuiser bientôt. Il faut donc trouver les voies et moyens pour faire tourner la machine. Les chirurgiens s’accordent à dire que la chirurgie cardiovasculaire est une intervention lourde qui nécessite beaucoup de médicaments et consommables et surtout son coût est énorme.

Sans les ressources nécessaires, l’initiative s’arrêtera. Pourtant plus de 2.000 enfants maliens atteints de malformations cardiaques sont sur la liste d’attente et, ils doivent être opérés.

Pour l’anesthésiste-réanimateur, il y a urgence et nécessité d’approvisionner en consommables (certains produits ne sont pas disponibles sur le marché malien) en produits sanguins parce que la chirurgie en consomme énormément.

Aminata Dindi

Sissoko

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