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Lutte contre le paludisme : La CTA supplante la chloroquine - 10/05/2007 - L'essor - MaliEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Considérée comme une solution à la chloroquino-résistance, cette thérapie a été recommandée par l'OMS dans les pays où la maladie est endémique La chloroquine, longtemps utilisée dans la lutte contre le paludisme dans notre pays, sera retirée de l'arsenal thérapeutique du paludisme à partir du 30 juin prochain. L'information a été donnée par les responsables du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) lors d'une conférence de presse organisée mardi dans les locaux de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) par l'ONG "Alliance des meilleures pratiques pour le développement (Ampd)" en collaboration avec le PNLP et le laboratoire Sanofi-Aventis.

Le point de presse se tenait dans le sillage de la célébration de la Journée africaine de lutte contre le paludisme. Il était animé par les docteurs Georges Dakono, coordinateur du PNLP, Mahamadou Soumana Sissoko du département d'épidémiologie des affections parasitaires de la Faculté de médecine, de pharmacie et d'odonto stomatologie et Massambou Sacko de l'OMS.

Depuis les années 50, la chloroquine était utilisée en monothérapie contre le paludisme dans notre pays. Mais, expliquent les experts, des parasites ont développé, ces dernières décennies, une résistance à la chloroquine. Les recherches menées par le PLNP et ses partenaires dans différentes localités du pays, confirment une chloroquino-résistance de 30% en moyenne. Or avec une résistance de 25% à un produit, l'OMS exige un changement de traitement.
Les conférenciers ont expliqué que c'est sur la base de données scientifique réelle au Mali et dans le monde, mais aussi par souci d'efficacité thérapeutique que notre pays s'est engagé dans un processus d'abandon de la chloroquine au profit de la combinaison thérapeutique à base d'artémisinine (CTA). Ce traitement associe, selon le Dr Sissoko, deux molécules pour assurer la prise en charge optimum des cas et diminuer la charge parasitaire.

Le principe actif de la CTA est à base d'artemisia annua, une plante utilisée depuis des siècles dans la médecine traditionnelle chinoise. La CTA considérée comme une solution à la chloroquino-résistance, a été recommandée par l'OMS dans les différents pays où le paludisme, notamment sa forme la plus grave, est endémique.

Le Dr Georges Dakono a apaisé les inquiétudes formulées par les journalistes sur la disponibilité de la CTA dans toutes les localités du pays. Il a souligné les gros efforts financiers consentis par l'État pour acheter les médicaments du cadre de la CTA. "Notre pays, a-t-il précisé à ce propos, a été élu au 6è round du Fonds global (un fonds destiné à la lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme) qui débutera en juin. Ce qui permettra de prendra le relais et de renforcer les efforts de l'État".

Le coordinateur du PNLP a, par ailleurs, expliqué que la commande de CTA pour le premier trimestre 2007 est déjà sur place et sera dispatchée entre les structures de santé en charge d'administrer aux femmes enceintes et aux enfants des soins contre le paludisme. Massambou Sacko a, lui, développé les atouts d'une CTA qui permettra d'assurer une prise en charge efficace de la maladie dans notre pays notamment dans les couches vulnérables comme les enfants.
Les journalistes ont fait moisson d'informations et de précisions sur la nouvelle combinaison thérapeutique contre le paludisme. Le responsable de l'Ampd, Djigui Keïta, a relevé le caractère essentiel de l'information dans le changement de comportement et souhaité, par conséquent, un engagement fort des journalistes dans la lutte contre le paludisme. C'est un devoir de génération que d'accompagner cette lutte, a-t-il jugé.

B. DOUMBIA

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