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Journée de lutte contre le paludisme : la prévention en première ligne de défense - 26/04/2006 - L'essor - MaliEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Il existe des traitements simples et des moyens pas vraiment coûteux pour se protéger de cette maladie qui fait des ravages dans nos pays En avril 2000, plus d'une quarantaine de chefs d'État africains réunis à Abuja au Nigeria, décidaient d'impulser une nouvelle dynamique à la lutte contre le paludisme, une maladie qui fait des ravages sur le continent. Loin devant la terrible épidémie du sida. Les dirigeants africains prirent ainsi l'engagement dans une déclaration dite d'Abuja, de réduire de moitié le taux de morbidité et de mortalité lié à cette maladie d'ici à l'horizon 2010. Depuis, une Journée africaine de lutte contre le paludisme qui célèbre l'anniversaire de cette rencontre a été institué. A l'instar des autres pays, le Mali a célébré hier la 6è Journée africaine de lutte contre le paludisme. L'événement s'est déroulé au Centre international des conférences de Bamako.

La cérémonie était présidée par le secrétaire général du ministère de la Santé, Daba Diawara, et s'est déroulée en présence du représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans notre pays, Lamine Cissé Sarr. Étaient également présents le coordinateur du Programme nationale de lutte contre le paludisme (PNLT), Georges Dakono et bien d'autres invités.

Sombres statistiques
Pour cette sixième Journée, le thème choisi était : "l'accès au traitement efficace du paludisme est un droit pour tous". La célébration de ces Journées donne toujours l'occasion de sonner la mobilisation et de mettre en synergie des initiatives en faveur de la lutte contre le fléau qui constitue, depuis des lustres, un véritable problème de santé publique sur le continent. En effet, c'est l'Afrique qui paie le plus lourd tribut à cette maladie. Les chiffrent sont parlants sur ce sujet : 90% des 3 millions de décès imputables chaque année au paludisme sont enregistrés sur notre continent.
C'est sur la base de ces sombres statistiques et avec l'initiative "Roll back malaria" (ou faire reculer le paludisme) de partenaires comme l'OMS, l'Unicef, le PNUD et la Banque mondiale que les chefs d'État du continent décidé de donner un coup d'accélérateur à la lutte contre la maladie. Au niveau national, notre pays a engagé des actions concrètes pour faire reculer le fléau. Les femmes enceintes et les enfants, les couches les plus vulnérables face à la maladie sont les premiers bénéficiaires de ces mesures. Les autorités sanitaires ont ainsi initié des distributions gratuites de moustiquaires imprégnées pour les femmes enceintes qui suivent les consultations prénatales (CPN) dans les différents centres de santé.

Pour mieux protéger les femmes en état de grossesse, trois comprimés de sulfadoxine pyrémithamine (SP) plus efficaces que la nivaquine sont donnés à celles-ci en prise unique au 4è mois de la grossesse (voir l'article de B. Touré). Trois autres comprimés sont offerts au 7è mois de la grossesse. Ainsi la femme enceinte est protégée contre le paludisme. Cette approche est en vigueur depuis 2003. Elle remplace la prévention par la nivaquine chez les femmes en état de grossesse. Auparavant, celles-ci étaient obligées de prendre trois comprimés de nivaquine toutes les semaines pendant toute la durée de la grossesse pour se protéger du paludisme. Cette pratique plus ou moins contraignante pour les futures parturientes, présente en plus l'inconvénient de favoriser les risques de résistance à ce produit.
Dans notre pays, le paludisme est très répandu et constitue un fréquent motif de consultations médicales. Il représente selon les statistiques du PNLP, 34 à 39% des causes de consultations dans les services de santé. Le "palu" a aussi des conséquences graves au plan économique. Son traitement grève les dépenses des ménages et la maladie est l'une des principales causes d'absentéisme sur les lieux de travail. En plus de son coût humain, le paludisme est donc un frein au développement de nos pays car il réduit la productivité en affectant les ressources humaines.

450.000 moustiquaires imprégnées
La priorité doit donc être accordée à la prévention. Mais il y a-t-il d'autres moyens de prévention efficace en dehors des moustiquaires imprégnées ? Les spécialistes expliquent que la lutte anti-vectorielle englobe l'utilisation de ces moustiquaires et les grandes pulvérisations dans les maisons d'habitation et ailleurs. Mais il est aussi essentiel de créer le réflexe de l'hygiène et de l'assainissement dans le public en vue de détruire les gîtes larvaires de moustiques.
Le secrétaire général du département de la Santé a expliqué que la réalisation des objectifs fixés à Abuja impose de développer des comportements de prévention. Daba Diawara a révélé que l'État et ses partenaires rendront disponibles plus de 450.000 moustiquaires imprégnées. La recherche sur le paludisme, ajoutera-t-il, sera soutenue dans notre pays notamment a niveau du département de recherche sur le paludisme logé à la Faculté de médecine, de pharmacie et d'odonto-stomatologie. Dans son intervention, le représentant de l'OMS dans notre pays a dressé un sombre tableau du paludisme qui fait de 300 à 500 millions de malades par an et tue 3 millions d'entre eux. Pour lui, nous n'avons pas le choix. Nous devons vaincre le paludisme si nous voulons garantir à nos populations une santé qui leur permet de participer au développement socio-économique de leur pays.

B. DOUMBIA

 

Traitement unique du paludisme : idéal mais coûteux

Dans le cadre de la lutte contre la maladie, notre pays a adopté la politique de l'utilisation d'une combinaison thérapeutique sur l'ensemble du territoire national

"Ma femme m'a dit qu'on lui avait offert une moustiquaire imprégnée au centre de santé", s'étonne Siaka Doumbia. Comme de nombreux compatriotes, l’homme ignore les mesures préventives décidées depuis deux ans par les pouvoirs publics. Le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), financé par différents bailleurs de fonds internationaux, distribue pourtant gratuitement des moustiquaires imprégnées et des médicaments aux femmes enceintes et aux enfants de 0 à 5 ans.
Pour le traitement curatif, le Programme recommande fortement à tous les médecins sur l’ensemble du territoire, de prescrire à leurs patients un cocktail à base d’artémisinine. L'OMS est à la base de cette recommandation. "Il s'agit d'une combinaison thérapeutique qui a montré son efficacité contre le paludisme comme la chloroquine l'avait fait en son temps", explique Mamadou Adama Diakité, le coordinateur adjoint du PNLP. En utilisant les mêmes molécules partout, on peut en contrôler l'efficacité et enregistrer d'éventuelles résistances sur l'ensemble du territoire national. La résistance du parasite du paludisme à la chloroquine, davantage connue sous son nom de marque de nivaquine, varie entre 10 et 90%, selon les localités du pays.

Trop chers et indisponibles
Ces médicaments ne sont pas toujours disponibles dans nos officines pharmaceutiques. Et ce sont des spécialités qui coûtent relativement chers", reconnaît Mamadou Adama Diakité. Médecin du centre de santé communautaire de la cité de Yirimadio, Moussa Maïga souligne lui aussi, que la cherté de la combinaison constitue un frein à son utilisation dans les structures de santé de base. "Je peux passer un mois sans prescrire ces médicaments, dont le prix varie entre 4 000 et 5 000 Fcfa. Les gens n'ont pas les moyens de les acheter", explique le Dr Maïga qui continue de prescrire de la quinine. Les combinaisons à base d’artémisinine sont surtout utilisées dans les structures hospitalières, telles que la pédiatrie du centre universitaire Gabriel Touré, où sont envoyés les cas les plus aigus de paludisme, souligne le toubib.
L’explication de Mamadou Adama Diakité à l’indisponibilité des nouveaux produits anti-palu sur le marché ? Les laboratoires pharmaceutiques produisant ces médicaments utilisent une plante qui pousse en Chine. Ne disposant pas de la matière première à tout moment, ils ne peuvent pas produire les médicaments en quantité suffisante. "C'est en tout cas ce que les responsables des laboratoires nous ont expliqué", souligne-t-il.
Certains pays africains tentent de trouver la parade au problème de l'indisponibilité de la matière première en développant la culture de la plante Artemisia. Il s'agit du Kenya, du Mozambique, du Nigeria, de l'Ouganda et de la Tanzanie. Des essais ont également eu lieu au Cameroun et à Madagascar. Notre pays pourrait emboîter le pas à ces pionniers.

Plus d’autonomie pour être efficace
Pour Mamadou Adama Diakité, sa structure serait beaucoup plus efficace si elle disposait du même type d'autonomie que le Haut conseil national de lutte contre le Sida. Il est vrai que sur le plan du statut institutionnel, il n'y a pas de comparaison entre le Sida et le paludisme dans notre pays. Le Programme national n'est que l'un des secteurs de la division prévention de la Direction nationale de la santé. Il dispose d'un budget de 1,5 milliard de Fcfa par an. Or le Haut conseil national de lutte contre le Sida est rattaché à la présidence de la République. Les anti-rétroviraux sont gratuits pour tous les malades du Sida. Des mesures sont en cours pour rendre le dépistage du Sida accessible sur l'ensemble du territoire et à un moindre coût.
Au Programme national de lutte contre le paludisme, on rêve d'une telle situation. "On devrait avoir la même politique contre le paludisme", juge Mme Ballo Oumou Diabaté, chargée d'information éducation et communication à la Direction nationale de la santé. Le paludisme est à la base des deux tiers des motifs de consultation dans les centres de santé du pays. Or le taux de prévalence du Sida est de 1,7%.

B. TOURE

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