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propos de la fistule obstétricale
La fistule obstétricale est une lésion qui
survient à l’accouchement, généralement
causée par un travail prolongé et difficile,
parfois de plusieurs jours, sans intervention médicale
appropriée. Ses effets sont souvent tragiques et dévastateurs
: le bébé meurt dans la plupart des cas et la
mère souffre d’une incontinence chronique. La
pression continue de la tête de l’enfant sur les
tissus mous de la vessie ou du rectum de la mère aboutit
à la formation d’un trou, la fistule. On parlera
de fistule vésico-vaginale (FVV) ou de fistule recto-vaginale
(FRV). Cette fistule fait que la mère n’est plus
capable de contrôler l’écoulement de l’urine
et/ou l’excrétion des matières fécales.
Les femmes frappées par cette tragédie sont
souvent abandonnées, l’odeur étant fréquemment
jugée insupportable par le mari ou les membres de la
famille, en dépit de leur affection pour elles. Dans
de nombreuses communautés, les femmes atteintes de
fistule sont considérées comme « impures
» et sont mises au ban de la société.
Sans traitement, elles ne peuvent guère espérer
retrouver du travail ou reprendre leur vie familiale.
L’un des aspects tragiques de la fistule est qu’elle
survient fréquemment chez les adolescentes, qui sont
donc plus à risque de complications à l’accouchement
et ont généralement un accès limité
aux services de santé. Ces jeunes filles qui croyaient
avoir l’avenir devant elles se trouvent soudain marginalisées
et abandonnées.
C’est pour s’occuper de ce drame social que les
clubs Inner Wheel de Bamako (Bamako Koulouba et Bamako Amitié)
constitués d’épouses de Rotariens, animées
par l’idéal de servir les autres ont organisé
une « plate-forme pour la prise en charge de 100 femmes
fistuleuses.» Cette plate-forme vise à mobiliser
des fonds pour la prise en charge du traitement des malades,
qui le plus souvent viennent du milieu rural.
Cette plate-forme organisée dans un grand hôtel
de la place s’est déroulée les 12 et 13
juin 2007 sous la présidence de hautes autorités
gouvernementales et politiques avec la présence du
corps diplomatique et des spécialistes de la question.
Cette manifestation largement médiatisée a
permis de collecter des fonds, du matériel médical
mis à la disposition du service d’Urologie du
CHU du Point G qui se distingue depuis quelques années
dans la prise en charge des fistuleuses dans la sous région.
Cette plate-forme à vocation hautement humanitaire
a permis également de mieux sensibiliser le public
avec des témoignages vivants et d’insister sur
la prévention en bannissant les mariages précoces,
encourageant le suivi de la femme en grossesse dans les centres
de santé.
Notons la participation de l’UNFPA (organisme onusien
s’occupant des problèmes de population) qui mène
une campagne pour éliminer les fistules en Afrique
et en Asie dans plus de 30 pays. Faire de la maternité
sans risque une réalité pour toutes les femmes
figure au cœur même du mandat du Fonds des Nations
Unies pour la Population.
La fistule obstétricale n’est pas une fatalité
inéluctable, elle est évitable et curable.
Pour la Directrice Exécutive de l’ UNFPA Thoraya
A. OBAID :
« Partout dans le monde, un accouchement devrait être
un moment de bonheur et non pas une condamnation à
mort. »
« Le monde doit sauver les femmes, pour que les femmes
puissent sauver le monde. »
Les clubs Inner Wheel du Mali ont fait siennes ces citations
en organisant cette plate-forme et en répondant à
la devise du Rotary International qui est « servir d’abord.»
Professeur Alhousseini AG MOHAMED, le 28 juin 2007
alhousseinia@yahoo.fr
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