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Déficit du personnel soignant : 800 médecins en attente - 05/01/2006 - Le front - Côte d'IvoireEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Le système sanitaire ivoirien souffre entre d’autres maux, d’un déficit de personnel soignant. Selon les normes de l’organisation mondiale de la santé (OMS), il faut pour les pays en développement 1 médecin pour 2000 habitants ou à défaut un médecin pour 4000 habitants. En Côte d’Ivoire, le ratio est d’un médecin pour 10.000 habitants.

Pourtant, on enregistre à ce jour plus de 800 médecins en chômage. Alors qu’il est connu que c’est d’abord la santé qui fait la richesse et le développement de tout pays. Selon les chiffres émanant du rapport sur les journées-bilans du ministère de la santé publique de l’année 2004, la Côte d’Ivoire emploie 1902 médecins, 204 chirurgiens-dentistes, 128 pharmaciens, 6842 infirmiers, 2146 sages-femmes, 1269 biotechnologistes, 391 aides-soignants, et 2420 agents administratifs.
Ces chiffres sont loin des besoins réels, pour une population de 16 millions d’habitants. Outre ce déficit, les infrastructures sont scélosées dans la plupart des formations sanitaires. Dans les zones sous contrôle des Forces nouvelles par exemple, les hôpitaux attendent d’être réhabilités, équipés, et dotés d’un personnel soignant qualifié.
En zone gouvernementale, la situation n’est pas non plus reluisante. En plus des équipements défectueux, on note une insuffisance du personnel soignant. Certains médecins reçoivent plus de 40 malades par jour, et ne peuvent pas dès lors passer suffisamment de temps avec le malade pour mieux diagnostiquer son mal.
Selon le Dr Yapo Monsan Raoul, président de l’association des jeunes médecins ivoiriens, et secrétaire général de l’ordre national des médecins de Côte d’Ivoire, 500 à 700 médecins postulent chaque année au concours d’entrée à la fonction publique. De fait, après sa soutenance de thèse, le jeune médecin n’intègre pas automatiquement la fonction publique pour exercer ses talents dans un établissement sanitaire public. Il doit passer un concours de recrutement organisé chaque année par le ministère de la santé publique et le ministère de la fonction publique. Environ 150 médecins sont ainsi recrutés chaque année. L’année dernière, seuls 130 médecins ont été admis audit concours. Cependant pour faire partie des privilégiés, c’est la croix et la bannière. Selon certains témoignages, la corruption est la première condition d’admission, la magouille.

En effet, pour être reçu au concours d’entrée à la fonction publique, le jeune médecin doit payer 500.000F cfa. La filière de la corruption est bien structurée, entre les agents du ministère de la santé, et ceux du ministère de la fonction publique, impliqués dans l’organisation du concours. Comme dans toutes les opérations occultes, certains y perdent de l’argent, sans obtenir l’admission. Bien entendu, l’ordre national des médecins condamne ce racket. Selon le Dr Yapo, il est inadmissible qu’on amène la corruption dans le domaine de la santé. « L’ordre des médecins a déjà interpellé le ministère de la santé, afin de participer à tout le processus de ce concours. Mais notre vœu est resté sans suite. Toutefois, le ministère doit donner un signal fort sur ce sujet », a-t-il indiqué.

Chaque année, la faculté de médecine, devenue unité de formation et de recherche en sciences médicales, déverse environ 300 médecins sur le marché de l’emploi. Certains sont cooptés par les cliniques privées, ou les entreprises qui permettent de réduire un tant soit peu la pression. D’autres vivent d’expédients, en se débrouillant dans les formations sanitaires dites à but humanitaire, où ils sont payés par commission sur le nombre de malades consultés. Il s’agit ici de consulter le plus grand nombre de malades possible, ce qui ne garantit pas la qualité des soins. Ce que déplore le Dr Yapo Mousan.
« Les jeunes médecins se demandent si la santé est vraiment un secteur prioritaire comme le soulignent les autorités. Environ 150 médecins sont recrutés chaque année, alors que si l’Etat recrute 1000 médecins par an, il y aura toujours des besoins. Les médecins sont surchargés dans les formations sanitaires publiques et se donnent une raison pour bâcler le travail », a-t-il soutenu. L’ordre national des médecins estime que les policiers sont mieux payés et recrutés en masse chaque année. Tandis que les médecins sont mal lotis, alors que la sécurité et la santé sont considérées comme des secteurs prioritaires. Tout cela est la conséquence du manque de planification et de volonté politique.
Pour sortir du cercle vicieux, dit le Dr Yapo, l’Etat doit nécessairement recruter et bien réguler la libre circulation des médecins dans l’espace de l’Union monétaire ouest-africains.

Quelques pistes de solution
Au niveau de l’ordre national des médecins, certaines solutions ont été envisagées, lors d’un atelier, pour aider les jeunes médecins. Un plan stratégique 2005-2009 a été établi. Ce plan prévoit l’élaboration d’un observatoire des médecins en enquête d’emplois, qui devrait répertorier toutes les possibilités d’emplois. Mais aussi la construction des hôpitaux privés régionaux associatifs à but non lucratif, l’ouverture des cabinets relais de proximité et les unités mobiles, pour l’emploi des médecins. Le Dr Amichia Magloire, secrétaire général du syndicat des cadres supérieurs de la santé (Synacs-ci) déplore la situation des jeunes médecins au chômage. « C’est une perte pour l’Etat, qui forme les médecins et les laissent au chômage. On espère qu’ils seront pris en compte dans le cadre de la reconstruction du pays. Nous avons toujours été contre le concours d’entrée à la fonction publique, car c’est une aberration. Nous allons discuter avec le ministère de la fonction publique sur le sujet », a-t-il indiqué. Dans le souci d’équilibre de l’information, nous n’avons pu avoir l’avis du ministère de la santé sur la question, malgré toutes nos démarches. Il n’empêche que le déficit du personnel, reconnu par les autorités, nécessite une action gouvernementale d’urgence.

Calvin Wandji - calwanfr@yahoo.fr

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