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Korhogo : la ville est confrontée à une pénurie de sang - 17/02/2011 - Fraternité matin - Côte d'IvoireEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Les opérations de don de sang ne sont plus encouragées, parce qu’il n’existe plus de laboratoire pour le traitement des quantités de sang recueillies. Korhogo souffre actuellement de graves problèmes de santé publique. M. Daouda Ouattara, le préfet, a tiré la sonnette d’alarme la semaine dernière, au cours d’une réunion qu’il a tenue dans la salle de conférences de la préfecture avec les acteurs de la santé et des Ong exerçant dans ledit secteur. Le premier problème concerne une grave pénurie de sang aux conséquences incalculables. « Nous savons qu’au niveau local, il y a un problème de sang », a-t-il révélé, en demandant au Centre national de transfusion sanguine d’augmenter le nombre de poches de sang destinées à Korhogo.

Qui, a-t-il souligné, n’en reçoit qu’une trentaine par semaine. Interrogé sur ce point, Dr Yao Patrice, responsable du Centre de transfusion de Korhogo, a souligné que le problème n’est pas spécifique à cette localité. Puis il a expliqué qu’avant la crise, il était équipé d’un plateau technique lui permettant de traiter du sang sur place. Mais ce matériel est devenu vétuste, faute d’utilisation. «S’agissant du sang, nous n’avons plus de laboratoire au niveau de la région (ndlr : le Centre couvre la région des Savanes : Korhogo, Boundiali, Tengréla et Ferké). Le sang que nous prélevons est acheminé au laboratoire de transfusion à Abidjan. Le Cts est le seul centre de transfusion de la région. La demande est donc très forte. Le sang nous vient une fois par semaine d’Abidjan. Quand c’est fini, nous sommes obligés d’attendre la semaine suivante».

Des structures privées entrent en scène

La conséquence de cette situation est que les malades se réfèrent à des structures de santé privées. «Nous avons été informés de ce qu’au niveau de Korhogo, il y a un trafic de sang. Nous avions cette information par le passé. Nous avions envoyé un rapport pour dire que cette histoire date de longtemps. On disait aux malades dans le besoin qu’il n’y avait pas de sang. Mais on leur disait aussi que s’ils donnaient de l’argent, on leur en trouverait. Du sang pris à l’extérieur dans des conditions qui ne sont pas bonnes. Et finalement, les malades décèdent et les parents s’en plaignent. Un élu est même venu se plaindre à nous».

Sur ce point, ni le préfet ni le responsable du Cts ne donnent davantage d’informations. Le préfet a seulement précisé qu’il a envoyé «un rapport pour dire que cette histoire date de longtemps». Puis il a «demandé à la personne d’arrêter.»

Nous avons donc cherché à en savoir plus. Nos sources disent qu’après le départ des responsables du Cts du fait de la crise qui a éclaté en 2002, s’est installée l’Ong Médecins sans frontières jusqu’en juillet 2003. Elle a formé des infirmiers d’Etat au traitement du sang avec des réactifs pour détecter le Vih, l’hépatite B et C, la syphilis et le groupe rhésus. C’est donc cette technique qui a été appliquée depuis avec l’Ong (elle est partie de Korhogo en juillet 2003) jusqu’à la prise en main du Cts par Dr Yao Patrice. Avant son arrivée, précisent nos sources, Korhogo n’a jamais connu de pénurie de sang ni reçu aucune plainte pour personne décédée à la suite d’une transfusion de sang testé par cette méthode manuelle. Et les Forces nouvelles dont le Chr était placé sous l’autorité en sont informées.

Alors question : que faire ? Laisser les populations mourir devant l’incapacité du Cts à fournir du sang aux malades ou faut-il collaborer franchement avec ces infirmiers dotés d’une expertise qui ont sauvé des vies de 2002 à 2007, c’est-à-dire pendant 5 ans ?

Le troisième problème explique le deuxième : la prolifération des cliniques et infirmeries privées à la faveur de la crise. C’est donc à ces structures que s’adressent de plus en plus les malades. Le préfet a, à cet effet, diligenté une enquête pour y mettre de l’ordre. «Nous avons demandé au Directeur du District de santé de faire un recensement de ces cliniques. Il va en rendre compte dans deux semaines. Puis nous irons nous enquérir de leurs conditions de travail et de l’état du matériel qui y est utilisé. Par la suite, nous ferons un communiqué pour donner à la population la liste des cliniques autorisées», a-t-il indiqué

Martial Niangoran

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