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Hypertension artérielle en Côte d’Ivoire- Dr. Laubhouet Koffi Véronique (Lich) : « Plus de 4 millions d’Ivoiriens sont touchés par le mal » - 04/07/2012 - Notre Voie - Côte d'IvoireEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

L’hypertension artérielle est un tueur silencieux qui est très répandu en Côte d’Ivoire. La Ligue ivoirienne de lutte contre l’hypertension artérielle et les maladies cardiovasculaires (Lich), mise en place le 24 avril 2009, s’est donnée pour mission de combattre ce mal. Dr. Laubhouet Koffi Véronique, cardiologue à Abidjan et présidente de cette Ligue, explique dans cette interview, la maladie et ses complications. Elle donne, par ailleurs, les conseils d’usage pour éviter le mal.

Notre Voie : Qu’est-ce que l’hypertension artérielle ?

Dr. Laubhouet Koffi Véronique : L’hypertension artérielle, c’est l’augmentation de la pression du sang dans les artères au-delà de 14.9. Lorsque la tension artérielle dépasse 14.9, on parle alors d’hypertension artérielle.

N.V. : Quels sont les facteurs de risques de cette augmentation de la tension artérielle ?

L.K.V. : Les facteurs de risques, c’est la consommation excessive du sel, le manque de sport, le stress de tous les jours, la consommation d’aliments gras, le tabagisme, l’alcoolisme… Ce sont tous ces facteurs associés qui provoquent l’hypertension artérielle.

N.V. : Quel est le taux de prévalence de cette maladie ?

L.K.V. : L’estimation de la prévalence que nous avons pour la Côte d’Ivoire date de 2006. C’est dire qu’elle est déjà vieille. Mais, cette prévalence est estimée, selon l’enquête Steps, à 22% de la population. C'est-à-dire que si vous prenez 100 personnes, 22 sont concernées par l’hypertension artérielle, soit 4.400.000 de personnes touchées au regard de l’ensemble de la population ivoirienne.

N.V. : C’est une situation épidémique…

L.K.V. : Oui, c’est assez énorme. C’est une pathologie qui est très fréquente. Elle concerne tout le monde. Aussi bien les riches que les pauvres. C’est dire que nous sommes tous exposés.

N.V. : Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas une maladie pour seulement les riches ?

L.K.V. : Non, non ! Pas du tout. Ce n’est pas une maladie pour seulement les riches. Nous sommes tous exposés aux mêmes facteurs de risques.

N.V. : Quelles sont les complications de l’hypertension artérielle ?

L.K.V. : L’hypertension, lorsqu’elle n’est pas soignée, expose le patient à une insuffisance rénale, une insuffisance cardiaque ou encore à un accident vasculaire cérébral (Avc) qui va se manifester par une paralysie. Il y a aussi l’artériopathie des membres inférieurs où les artères des pieds se bouchent et cela finit par donner la gangrène au point d’amputer le membre. Au niveau des yeux, nous avons la rétinopathie hypertensive qui peut conduire à la cécité. Au niveau du cœur, il peut grossir avec les artères qui se bouchent. On parle, dans ce cas, de coronaropathie (une maladie des artères irriguant le muscle cardiaque)…

N.V. : Ce qui est plus visible pour le grand public, c’est l’Avc. Comment expliquer cet accident ?

L.K.V. : Il faut dire qu’en ce qui concerne l’Avc, le sang qui circule dans l’artère se comporte exactement comme l’eau qui circule dans un tuyau. Si on imagine que l’eau circule avec une grande force, le tuyau risque de se rompre. De même, lorsque le sang circule avec une grande force dans les artères du cerveau, ces artères sont tellement petites qu’il y a rupture. Alors, lorsque la rupture intervient, on va parler d’accident vasculaire cérébral hémorragique. C'est-à-dire qu’on saigne dans la tête. Il peut arriver aussi que les artères du cerveau soient bouchées (par un caillot de sang). Alors, dans ce cas, on parle d’Avc ischémique. Dans tous les cas, les deux provoquent la paralysie.

N.V. : C’est irréversible ?

L.K.V. : Bien sûr que c’est irréversible quand la paralysie est constituée.

N.V. : Où se fait la prise en charge ?

L.K.V. : La prise en charge se fait dans toutes les formations sanitaires. Mais il faut que la population prenne conscience de l’existence de cette maladie. Parce que le gros problème, c’est que l’hypertension a un caractère asymptomatique. C'est-à-dire qu’elle évolue souvent sans signe. Elle évolue tout doucement comme une goutte d’eau qui tombe sur une roche, mais qui finit par la percer. L’hypertension artérielle évoluant sans signe, la population, qui méconnaît la situation, se laisse surprendre par les complications. C’est pourquoi nous demandons aux gens de faire leur bilan de santé au moins une fois par an. Comme ils vont faire la visite technique de leur voiture pour voir si elle est en bon état, de même, l’Homme doit faire un bilan de santé pour voir si tout va bien. Ça ne coûte pas plus cher que les vestes ou les chaussures que les gens achètent.

N.V. : Comment prévenir l’hypertension artérielle dans la vie de tous les jours ?

L.K.V. : Pour prévenir l’hypertension artérielle, il faut déjà s’engager dans des mesures d’hygiène de vie. On appelle hygiène de vie, tout ce qu’on fera pour réduire la quantité de sel que nous consommons. Pour éviter autant que faire se peut les aliments gras et trop sucrés. D’éviter de boire de l’aclcool à l’excès, d’éviter de fumer, de gérer le stress qu’on vit au quotidien. Il faut apprendre à se détendre et pratiquer régulièrement du sport.

N.V. : Vous parlez du sel qui est dans tous les repas. Quelle est son action sur les artères ?

L.K.V. : Le sel retient l’eau dans l’organisme. Le problème de l’hypertension, c’est l’excès d’eau dans les artères qui augmente la pression du sang.

N.V. : Il faut donc l’éviter au maximum ?

L.K.V. : Oui ! Il faut le réduire. C’est vrai qu’on en a besoin, mais il faut le réduire. Nous consommons trop de sel.

N.V. : Comment doit-on cuire nos repas ?

L.K.V. : Il faut les cuire sans sel et en ajouter à table. On ne doit pas mettre du sel et dans la sauce et dans le riz.

N.V. : Parlons de votre ligue. Quelles sont les actions que vous menez pour la lutte contre l’hypertension artérielle ?

L.K.V. : Nous menons des activités de sensibilisation à l’endroit des populations pour leur expliquer le danger que représente cette maladie. Nous faisons aussi des dépistages systématiques dans la population afin de dépister les cas ignorés. Parce qu’il y a beaucoup de personnes qui sont hypertendues, mais qui l’ignorent. Quand c’est comme ça, nous les prenons en charge après qu’ils sont positifs au dépistage. Nous avons des unités de prise en charge. Nous renforçons aussi la capacité des médecins généralistes et des infirmiers pour la prise en charge de cette maladie au stade où ce n’est pas encore compliqué.

N.V. : Où se situe votre siège?

L.K.V. : Notre siège se trouve à Treichville-Arras. Au-dessus de la pharmacie Arras. C’est en même temps notre première unité.

N.V. : Où se trouvent les autres unités ?

L.K.V. : Ils vont être à travers toute la Côte d’Ivoire dans les formations sanitaires qui existent déjà. Parce que ce sont des établissements sanitaires de premiers contacts où les populations ont l’habitude d’aller. Nous allons aménager dans ces structures pour que la prise en charge soit optimale.

Interview réalisée par Coulibaly Zié Oumar

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