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Ulcère de Buruli : Un bouton, un nodule... vigilance! - 14/03/2006 - Fraternité matin - Côte d'IvoireEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

La maladie se déclare par un bouton ou un nodule sur la peau : le bras, la cuisse, le ventre, l'œil et même…le sexe. Après, une douleur s'installe sur la partie atteinte et tous les environs. Si en d'autres circonstances, il n'y a pas lieu de se faire le moindre souci, l'on est obligé de demeurer tout de même prudent à cause d'une maladie qu'on appelle l'ulcère de Buruli. Découverte dans les années 1800, en Ouganda, elle continue de faire l'objet de recherches.

Au centre Demi Emile de Zouan-Hounien délocalisé à Abidjan, à Angré, à la Communauté des Frères mineurs Capucins l'on n'est pas au stade de réflexion. Mais plutôt à l'administration de soins à des malades de tous les âges. Femmes, vieillards, enfants et même des nourrissons sont touchés. A notre passage dans le centre lundi le 13 mars dernier, infirmiers, médecin, personnel du centre se livraient aux tâches auxquelles ils sont habitués depuis des années : à savoir panser des plaies, faire des greffes, faire la cuisine, s'occuper en somme des malades. Le plus âgé a 67 ans. Quant au plus jeune, il a trois ans. Avant lui, il y a même eu un nourrisson de 7 mois. Guéri, le bébé et la mère sont rentrés chez eux, affirme Mlle Moe Edith, ancienne malade devenue secrétaire, et adjointe du coordonnateur du centre, Assa Paul-Valérie.
La maladie n'a pas d'âge. Elle n'a pas de sexe. Hommes, femmes et enfants sont touchés. Le centre abrite 130 malades, dont les 90% sont des enfants, nous dit Moe Edith. Certains malades sont assis devant la salle de soins. Ils attendent leur tour. D'autres, par petits groupes, sont soit dans les dortoirs, soit sous les apatams où ils partagent une collation. On ne les voit pas déambuler dans la cour du centre, propreté oblige.

Pour la plupart des malades, l'histoire est la même. " Un matin, j'ai vu un bouton sur ma main. J'ai vu un infirmier qui avait d'abord pensé à une piqûre d'insecte. Il m'a prescrit des médicaments et je suis partie. La douleur prenait de l'ampleur et la plaie se creusait. C'est après que, soupçonnant l'ulcère de Buruli, une amie m'a conseillé de me rendre au centre Demi Emile de Zouan-Hounien", témoigne, Mlle Moé Edith. Ainsi, de Tiébissou, où elle vivait avec son père, la jeune dame s'est retrouvée dans l'ouest montagneux. Un an a suffi pour sa guérison, après que des greffes ont été faites sur son bras droit. 
Le témoignage des autres n'est pas différent. David Omasco, est âgé de 30 ans. A San Pedro, où il "se débrouillait", la maladie "l'a déniché". Il a découvert un nodule, pas du tout banal sur le bras. Après des soins infructueux, une religieuse lui a indiqué la voie d'Abidjan. Cela fait un an qu'il est au centre, où il reçoit gratuitement des soins. David ne cesse de remercier les créateurs du centre pour le service qu'ils rendent aux malades. Parce que prendre en charge un malade de l'ulcère de Buruli n'est pas chose aisée, selon lui. Car, en plus des antibiotiques pas toujours à la portée de tous, le traitement est long. Un an, deux ans, et même plus. Tout dépend, selon Mlle Moe Edith, qui s'exprimait au nom des responsables du centre de la forme de la maladie et surtout de l'importance du mal. 
Il existe, selon elle, trois types d'ulcère de Buruli. Celle qui se présente sous forme de nodule et l'autre, la plus virulente dont l'évolution est si rapide que la plaie peut affecter une grande surface du corps. Les deux formes sont traitées, dans tous les cas dans le centre. Dont des responsables s'attellent à mettre l'accent sur la sensibilisation de la population, et même du corps médical. Car la maladie demeure encore peu connue de ces professionnels. Qui, en plus de ne pas poser le meilleur diagnostic, rechignent à toucher les plaies des malades.
Pour la jeune dame, les difficultés constatées dans le traitement sont dues également au caractère quelque peu mystérieux de cette maladie découverte depuis les années 1800, en Ouganda. Les rares informations sur elle font état d'une contamination par un microbe, le Microbacterium ulceranse. Il est supposé se développer dans des eaux stagnantes et boueuses, ou encore des marécages. Très proche du cafard, le Microbacterium ulceranse fait des ravages dans les zones de Tiébissou et l'ouest montagneux, particulièrement à Zouan-Hounien. La plupart des malades viennent de cette région. Mais là où les recherches sont encore imprécises, c'est en ce qui concerne la contagion des vieillards et des nourrissons. Car si l'on peut soupçonner un garnement d'avoir contracté la maladie, pour avoir pataugé dans les eaux boueuses, que doit-on dire des nourrissons (7 mois) ou des vieillards (67ans), atteints.

L'ulcère de Buruli, après avoir fait un " détour " en Australie, est devenue la maladie de l'Afrique. Le pays de Idi Amin Dada, l'Ouganda en est le berceau. La ville où elle a été découverte, Buruli, lui a donné son nom.
En Afrique de l'ouest, la Côte d'Ivoire se positionne comme un bastion.
C'est 1978 que l'attention des professionnels de la santé a été attirée par l'ulcère cutané, sur un Blanc au bord du lac de Kossou.
Le centre Demi Emile est délocalisé à Abidjan depuis la guerre à l'ouest et l'intrusion de rebelles.
Le chef de l'Etat, le président Laurent Gbagbo a rendu visite aux pensionnaires l'année dernière.
Très réconfortée et confiante, les responsables attendent une fois de plus le geste salvateur du président, pour aider aux charges, de plus en plus pesantes, selon Mlle Moe.
Fort heureusement le centre bénéficie de dons. 
L'occasion nous a été donnée de trouver sur place deux généreuses donatrices, Mlles Zoukpo Agathe et Zoukpo Adèle venues offrir des vivres.

Ni lèpre, ni tuberculose...

L’ulcère de Buruli n’est pas la lèpre. Elle n’est pas la tuberculose non plus. Cependant, le traitement est dit-on, une “ association d’antibiotiques utilisés pour traiter la lèpre et la tuberculose ”. Où la situe-t-on donc ? Dans les maladies quelques peu mystérieuses. Quoique n’étant pas une scientifique, notre interlocutrice réfute ce terme. Faisant preuve de prudence, elle se contente de nous donner les infos que nous demandons. On peut en guérir, après un an de traitement, deux ans et même…sept ans. Un jeune homme du centre avait au dire de Mlle Moe mis sept ans avant de retrouver l’usage de ses membres. Il n’existe pas de vaccin. Seule la chirurgie apparaît comme le meilleur moyen de réparer le membre atteint. Pernicieuse, la maladie détruit lentement les membres, généralement sous l’impuissance du malade. Car si tout le monde connaît l’appellation, nombreux sont ceux qui ignorent encore les symptômes. La plupart des malades en tout cas affirment avoir été orientés par soit un ami, soit par une religieuse.
La maladie n’est pas contagieuse. Une jeune femme en grossesse et admise dans le centre pour des soins a accouché d’une petite fille. L’enfant n’a jamais acquis la maladie quoique portée par les pensionnaires.
Des cas de contagion du personnel de santé n’ont pas été signalés non plus. Environ 63 personnes travaillent dans le centre, dont deux médecins (un généraliste et un vacataire), puis des infirmiers, des aides-soignants, des nounous et des femmes de cuisine. Tous travaillent dans un esprit de fraternité.

Kouassi Konan Serge : Abandonné par ses parents?

Kouassi Konan Serge Martial a été admis au centre depuis un an. Depuis son entrée, jusqu’à ce jour, il n’a reçu la visite d’aucun parent. Son père et sa mère sont restés silencieux, tout comme ses frères et sœurs. Le garçon ne se plaint pas de l’encadrement, encore moins des soins qu’il reçoit. “ On s’occupe bien de moi ici et je suis presque guéri ”. Cependant, ses parents lui manquent. Il aurait tant aimé les avoir près de lui et sentir leur soutien. Et c’est souvent que ses pensées vont vers eux. “ J’ai envie de les voir ”, dit-il avec innocence. Il a contracté la maladie à Congo Allou, dans un village de Bouaké, alors qu’il était en classe de CE1. “ J’avais une boule sur le bras. Quand on met le médicament, la plaie sort. Comme je ne guérissais pas, une sœur m’a emmené ici ”, dit-il. Une fois guéri, le jeune garçon compte reprendre le chemin de l’école.

Marceline Gneproust

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