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Revue de presse

Dr Allani Bernard, responsable de laboratoire de recherche : “Ce sera une grande première en Afrique Occidentale” - 18/07/2006 - Fraternité matin - Côte d'IvoireEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Le sérum antivenimeux est-il fabriqué à l'institut Pasteur ?

Au niveau de l'institut Pasteur de Côte d'Ivoire, nous ne fabriquons pas de sérum antivenimeux, c'est un de nos objectifs majeurs. Il tient particulièrement à cœur à la direction de l'institut Pasteur conduite par le Pr Mireille Dosso. En Afrique noire, il n'y a pas un laboratoire qui fabrique le sérum antivenimeux. Les Maghrébins ont un laboratoire. L'Afrique du Sud en a un. Pourtant, le principe de fabrication du sérum est simple.

Pour fabriquer le sérum, il faut trouver un cheval sain. On injecte à ce cheval de petites doses de venin. Et le cheval va fabriquer des anticorps. La dose n'étant pas forte, elle ne va pas tuer le cheval. On va laisser le cheval se reposer et fabriquer des anticorps sur deux mois. Ensuite, on fera une troisième injection qu'on appelle injection de rappel. Et le cheval va se retrouver avec cela hyper immunisé. Il aura des anticorps pour lutter contre une éventuelle entrée de venin. On va donc prélever le sang du cheval qui est hyper immunisé. Et c'est de ce prélèvement par fragment du sang du cheval que l'on va tirer le sérum. Les globules rouges qui ne nous intéressent pas seront ensuite réinjectés au cheval pour ne pas qu'il soit anémié. Donc, c’est le plasma qui est riche en animino globules qu'on appelle anticorps, qui nous intéresse et qui sera purifié pour donner le sérum antivenimeux. Vous voyez que le principe de fabrication est simple.

Pourquoi ne peut-on donc pas fabriquer le sérum en Côte d'Ivoire ?

Le cheval sain, on peut en trouver en Côte d'Ivoire. Les serpents venimeux, on en a tellement. Comment retirer le venin ? M. Aruna est le spécialiste maison. On peut donc trouver le venin. Mais ce qui pose problème, c'est le domaine de la purification et de la condensation. Cela doit se dérouler dans des conditions parfaites, répondant aux normes requises en la matière. Malheureusement, nous ne disposons pas des équipements. La directrice s'est fixé pour objectif à long terme, de trouver un local et le matériel qu'il faut pour aboutir à cela.

Elle a nommé un médecin à la tête de cette unité afin que les différentes formations et sa spécialisation lui permettent d'atteindre l'objectif qu'elle s'est fixé. Ce sera quelque chose de bien pour la Côte d'Ivoire. Ce sera une grande première en Afrique occidentale, ce sera un atout supplémentaire pour notre institution. L'institut Pasteur est une institution de recherche médicale. Donc, je pense que ce sera quelque chose de bien venu. La partie entomologie, j'ai fait une première formation. Je ne peux pas dire que je suis médecin entomologiste, mais j'ai eu une base pendant deux mois à l'institut Pasteur de Paris. La directrice cherche une bourse pour que la partie herpétologie soit également maîtrisée.

Vous êtes tout de même consulté en cas de morsure de serpent ?

Tous les cas de morsures de serpent ne nécessitent pas la prise de sérum antivenimeux. Il y a certaines conditions à remplir avant de parler du sérum antivenimeux. Quand il y a eu morsure de serpent, il faut d'abord confirmer que la morsure a entraîné une envenimation. On recherche ensuite un médecin clinique. Tous les médecins peuvent le faire. On recherche une douleur, on recherche un œdème. On recherche des hémorragies, une hypotension ou les troubles neurologiques pour voir si la personne délire. Et on fait ce qu'on appelle le texte de coagulation. On prélève deux à cinq millilitres de sang, qu'on observe pendant 30 minutes. Deux situations vont se présenter.

Lesquelles ?

On peut constater que l'examen clinique est normal à travers le caillot de sang. Dans ce cas, on fait une mise en observation pendant 12 heures ; et après on refait l'examen clinique, s'il est normal, on libère la personne. Si le caillot est anormal…en tant que médecin, on sait comment se coagule un sang normal. Si la coagulation se passe mal, ou si elle est absente, on fait ce qu'on appelle l'immunothérapie. On fait la dose du sérum polyvalent antivenimeux. Si l'examen clinique est anormal, si la personne fait une détresse pendant que vous l'examinez, si elle souffre, on fait automatiquement le sérum. Il est efficace de manière instantanée.

Il faut savoir une chose, les venins ne se ressemblent pas. En fonction du serpent, le venin aura un comportement précis. De sorte que normalement chaque type de serpent devait avoir son sérum antivenimeux. Pour pallier cela, la recherche au niveau du sérum se fait de façon globale pour qu'on puisse tenir compte des différents types de venins. C'est ce sérum qu'on appelle sérum polyvalent. Il permet de contrecarrer les types de venins qui ont été injectés. Quand le sérum est fait à temps tous les signes de l'infection disparaissent. Il est très efficace.

Vous dites quand le sérum est fait à temps… Que voulez-vous dire ?

Quand vous avez observé les trente minutes, lorsqu’après le prélèvement vous vous trouvez dans ce cas- là. Une heure après, il faut faire le sérum.

Pouvez-vous nous dire la conduite à tenir dès qu'on est mordu par un serpent ?

Dans notre formation, il y a ce qu'on appelle conduite à tenir en cas de morsure de serpent. On peut explorer un peu ce domaine. Il y a des choses qu'il est dangereux de faire lorsqu'on est mordu par un serpent. Il ne faut pas tailler la plaie avec un objet tranchant … C'est un cours, normalement, je préfère vous parler des venins et des différents types de venins avant…

Vous pouvez y aller

Le premier type de venin, on l'a appelé venin neurotoxique. C'est le venin qui attaque le système nerveux. Vous savez que le système nerveux central se trouve au niveau de la tête. Quand vous êtes en contact avec ce venin, tous les nerfs seront paralysés. Les nerfs qui contrôlent la respiration seront paralysés. La personne va avoir des problèmes respiratoires. Il y aura une paralysie pulmonaire. Il y aura une mort par asphyxie. C'est ce qui est dangereux chez ce genre de venin. On le retrouve chez le naja, le cobra et le mamba.

Il y a ce qu'on appelle les venins hémorragiques. On les retrouve chez les vipères, ils agissent sur le système vasculaire. Il y a un élément essentiel du système vasculaire qu'on appelle les globules rouges. Le globule rouge a aussi un élément essentiel qu'on appelle hémoglobine. Ce venin là attaque l'hémoglobine. De sorte que le sang ne peut plus jouer son rôle d'oxygénateur des tissus. Quand vous avez ces cas de morsures, si la morsure s'est produite au niveau du pied, à un certain moment, le pied va commencer à rougir parce que le sang ne circule plus.

Le pied rougit chez les Blancs ?

Non, cela arrive chez les Noirs, je vais vous montrer. (Il nous présente un livre avec des images horribles). A un moment, la rougeur sera tellement intense que le pied va enfler. Et à long terme, il va commencer à pourrir. Le terme médical, c'est la nécrose. C'est pour cela que je disais que les morsures des vipères sont très dangereuses.

Il y a deux types accessoires de venins qu'on appelle les venins dermiques qui provoquent la formation des caillots et se rapprochent des venins que j'ai décrits tout à l'heure. Et enfin, les venins phytotoxiques qui eux s'attaquent essentiellement aux cellules. Notamment aux tissus qui tapissent les vaisseaux sanguins. En dehors des venins neurotoxiques, les trois autres types jouent sur la circulation et particulièrement sur le sang. Quand vous avez ce genre d'informations, vous pouvez dire aux gens que lorsqu'on est mordu par un serpent, il faut avoir une conduite à tenir.

Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire ?

Ce qui est dangereux de faire, c'est de tailler la plaie avec un objet tranchant. Si vous avez affaire à un venin hémotoxique, en taillant, vous coupez des veines. Vous pouvez provoquer le saignement et une anémie à long terme. Il ne faut pas faire boire d'alcool à la victime. Parce que l'alcool est un conducteur de venin. Cela va accélérer la montée du venin vers les organes nobles tels que le cœur. Il ne faut pas non plus poser de garrot. Le garrot va accélérer la nécrose. Il ne faut pas faire endurer au malade un effort physique…

Cela me rappelle un peu les histoires que nous avons vécues dans nos villages. Quelqu'un va au champ seul. Le champ est à deux ou trois kilomètres. Il est mordu par un serpent, s'il crie et que personne ne l'entend, il est obligé de marcher. Généralement, il meurt avant d'arriver à l'entrée du village. L'effort qu'il a enduré a accéléré la propagation du venin. Quand quelqu'un est mordu par un serpent, il ne faut vraiment pas qu'elle fasse des efforts physiques. Il ne faut pas non plus déposer la glace sur la plaie. Lorsqu'un corps étranger entre dans l'organisme, l'organisme se prépare à lutter contre ce corps étranger. La glace va retarder la mobilisation de ces anticorps là.

Comme je l'ai déjà dit, tous les serpents ne sont pas venimeux. Donc, s'il y a une morsure, la première, des choses à faire, c'est de calmer la victime. Il faut la mettre au repos.

Faut-il nettoyer la plaie ?

Il faut nettoyer la plaie avec du Bétaquin et pratiquer ce qu'on a appelé une aspiration instrumentale avec la pierre noire après désinfection. Il faut tomber sur la pierre noire parce qu'avec le commerce, les gens font du faux. Si la morsure se trouve sur un membre, il faut le bander modérément ou l'immobiliser dans une attelle. Quand je dis bander modérément cela n'a rien à voir avec un garrot. Il faut surtout s'assurer que le pouls passe. Si le pouls passe, cela signifie que la circulation est assurée. On peut administrer à la victime des toniques cardiaques tels que le café… Cela permet au cœur d'avoir son activité normale et de continuer à diffuser le sang. En cas de difficultés respiratoires, il faut pratiquer ce qu'on appelle le " bouche à bouche ". Quand on remarque les signes de l'envenimation, il faut évacuer le patient dans un centre de santé pour que le médecin puisse appliquer un traitement adéquat.

Les sérums sont-ils aussi efficaces en cas de morsure de scorpions ?

En fonction de l'espèce, si le venin se rapproche de celui du serpent, une injection sérum antivenimeux peut résoudre le problème. Tous les venins de scorpion ne sont pas mortels.

Marie Adèle DJIDJE

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