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Dr Kamaté Moustapha : "Les ordures ménagères nous exposent aux maladies liées à l’insalubrité" - 19/09/2006 - Le front - Côte d'IvoireEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Le Dr Kamaté Moustapha est pneunomologue, et directeur du Centre anti-tuberculeux d’Adjamé. Dans l’entretien qui suit, il nous parle des conséquences des déchets toxiques, et de l’accumulation des ordures ménagères, sur la santé des populations.

Dr Kamaté, l’actualité est marquée par les déchets toxiques qui ont fait des milliers de victimes dont 10 morts. Parmi les symptômes les plus fréquents de ses effets, il y a les douleurs thoraciques. Comment peut-on expliquer cela ?
Merci d’abord pour les efforts que vous faites pour informer la population. Pour ce qui est des déchets toxiques, il a été dit que ce sont des organophosphorés ou des organochlorés, qui sont des substances qui dégagent des odeurs et qui sont corrosives. Ils sont irritants pour les muqueuses de façon générale, et plus particulièrement les muqueuses des voies respiratoires. C’est pourquoi, nous retrouvons parmi ces signes, des symptomatologies de douleur thoracique, d’étouffement, de dyspnée (difficulté à respirer), toux et de pneumopathies. A cela, il faut ajouter des rhinites, des sécheresses de voie aérienne supérieure, qui peuvent aller jusqu’à l’épistasie (saignement de nez). Il y a aussi des signes digestifs comme des diarrhées et des vomissements. Des signes cutanés et parfois des fièvres.

Quels sont les effets de ces produits toxiques sur les poumons ?
Comme je le disais tantôt, les voies aériennes sont touchées, et cela peut produire des lésions, qui vont entraîner des pneumopathies.

Est-ce qu’on peut redouter des problèmes à long terme sur ces organes ?
C’est possible qu’il puisse y avoir des problèmes après, en fonction de l’intensité de l’exposition au produit. Plus on est exposé à ces produits, plus on peut avoir des complications.

Est-ce qu’il doit avoir une différence dans la prise en charge, étant donné que ces symptômes sont causés non pas par des microbes, mais des émanations de gaz ?
Pour ce qui est des infections pulmonaires par exemple, c’est la même prise en charge. Mais, puisque la nature du produit n’est pas encore bien définie, on ne peut pas avoir tous les contours de ses effets. Mais on sait que ce sont des organes sulfurés et chlorés, qui peuvent entraîner des irritations des voies respiratoires.

Le mal étant déjà fait, est-ce qu’il y a des mesures d’hygiène qui peuvent nous permettre de mieux supporter ?
Effectivement, c’est le problème crucial par rapport à la prévention. La première des choses à faire est d’éviter l’exposition. C’est-à-dire se retirer des lieux où l’on sent ces odeurs. Et si on ne peut pas, il faut porter des masques qui permettent de réduire l’exposition au produit. L’autre prévention est de se laver les mains chaque fois qu’on veut manger. S’il y a des irritations au niveau du visage, il faut le laver avec du savon. S’il y a des irritations au niveau de l’œil, il faut voir un ophtalmologue. Car le traitement est symptomatique. Si éventuellement il y a une fièvre, il faut la faire baisser avec des antalgiques et des anti-inflammatoires. Et ensuite, chercher une source d’infection, afin de la traiter.

Vous parliez tantôt des masques. Est-ce que ceux qu’on vend dans la rue peuvent protéger ?
Cela permet de se protéger. Reste maintenant à les tester, pour savoir s’ils sont véritablement adaptés à la circonstance. Quoi qu’il en soit, avec l’apport des spécialistes, on doit mettre à la disposition du public des masques adaptés.

La fermeture de la décharge d’Akouédo a fait qu’il y a des ordures partout. Et il pleut en ce moment. Cette mesure ne va-t-elle pas créer d’autres épidémies ?
Il faut déjà saluer les efforts que le ministère de la Santé fait par rapport aux déchets toxiques, avec la mise en place des postes stratégiques de prise en charge. Certes, les gens viennent consulter, mais il y a aussi beaucoup qui ne sont pas encore venus, malgré le fait qu’ils ressentent des irritations. Pourtant, il faut prendre cela au sérieux, et aller se faire consulter dans ces centres de santé. Les médicaments existent, fournis par les autorités. Maintenant, il faut relever qu’effectivement, les déchets toxiques ont créé un autre problème, celui de l’insalubrité. Dans tous les quartiers, il y a des montagnes d’ordures. Ces ordures déjà, vont, créer beaucoup d’autres problèmes. Celui de l’hygiène, de façon générale, et des maladies. La population doit donc être très vigilante, en respectant les règles d’hygiène. A savoir les règles d’hygiène corporelle, alimentaire, vestimentaire et environnementale. C’est vrai que l’environnement est déjà sale. Mais il faut faire attention à son environnement immédiat. Ces ordures vont entraîner des maladies liées à l’insalubrité. Telles que la fièvre typhoïde, le choléra, et d’autres épidémies infectieuses. En respirant des mauvaises odeurs, certaines personnes peuvent avoir des problèmes, de poumon, ou des crises d’asthme. On souhaiterait que très tôt, on trouve des solutions pour enlever ces ordures.

Que doit-on faire par exemple au niveau de l’hygiène alimentaire ?
Le geste le plus simple, est de bien laver les aliments que nous devons consommer. Au besoin, avec du savon. Ensuite bien cuire les aliments. Ne pas consommer les aliments avariés…

Avec les déchets toxiques, la chaîne alimentaire est menacée. On a parlé des poissons, des cultures maraîchères.
Tout à fait. Et le gouvernement a bien fait de prendre des dispositions, par rapport aux sites où on a versé les déchets. En interdisant par exemple les cultures maraîchères. Toujours est-il qu’il faut beaucoup de vigilance, parce que parfois les gens préfèrent l’argent, sans tenir compte des mesures du gouvernement. Il faut aussi que les services vétérinaires veillent à ce que nous ayons du poisson et de la viande sains et propres à la consommation.

Que doit-on faire au niveau de l’hygiène corporelle pour éviter les maladies en général ?
De façon simple, on doit se laver les mains avant de manger. C’est un geste simple, mais important. Le fait de toucher les choses, de se saluer, met en contact avec les microbes. Chaque fois que nous sortons, nous rentrons en contact avec notre environnement et touchons des choses qui contiennent des microbes. Ces microbes restent sur la main et nous pouvons les transmettre à d’autres personnes. Rien qu’en les saluant ou en touchant le poignet d’une porte. Et quelqu’un d’autre qui touche à ce poignet peut prendre le germe. Donc il faut se laver les mains, avec du savon. S’il n’y a pas de savon, il faut bien les laver à l’eau, c’est très important. L’hygiène corporelle demande qu’on se lave soi même au moins une fois par jour, sinon deux fois. L’organisme est fait de cellule et sur la peau, il y a des microbes. Avec les efforts que nous faisons dans la journée, nous dégageons des crasses sur la peau que nous devons enlever, avec du savon. On doit aussi avoir l’hygiène buccale, en se brossant les dents. Il faut tenir les ongles propres, puis manger et boire sainement. On doit boire de l’eau potable qui permettra d’éviter les maladies diarrhéiques, parasitaires. Il faut aussi tenir compte de l’hygiène vestimentaire en portant des habits propres. Même quand on travaille dans un environnement où on est susceptible d’être sale, on doit toujours garder une bonne tenue vestimentaire. Tout cela concoure à une bonne hygiène de vie, à une bonne santé. Si en Europe, certaines maladies ont disparu, c’est grâce à l’hygiène. Car l’hygiène est l’élément clé de la prévention de toutes les maladies. C’est pourquoi l’environnement dans lequel nous vivons doit être propre.

Quelles sont les mesures d’hygiène à appliquer chez un malade tuberculeux ?
Si les malades tuberculeux respectent les règles d’hygiène qu’on leur inculque ici au centre anti-tuberculeux, il n’y aura pas de problème. On enseigne aux malades comment faire pour ne pas disséminer la maladie. Vous savez un malade qu’on ne connaît pas, qu’on n’a pas éduqué, peut transmettre la maladie à 8 ou 10 personnes par an. De façon exponentielle, si vous avez 1000 malades, cela donnera 10.000 malades dans l’année. La maladie se transmet par voie aérienne et l’on ne peut pas s’empêcher de respirer. Donc le premier geste que le malade doit faire, c’est de se protéger la bouche lorsqu’il tousse. Pour éviter de transmettre dans l’air des germes. La deuxième chose est de verser les crachats dans un bocal et y mettre un peu d’eau de javel et le vider dans les toilettes sans oublier de tirer l’eau. A défaut, il peut creuser un trou au sol pour y vider le bocal et le refermer. Ils doivent également avoir leurs assiettes et verres à eux, qu’on doit laver après usage.

Entretien réalisé par Calvin Wandji

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