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Entretien / Dr Kamaté Moustapha (directeur du Cat d’Adjamé) " Il faut de nouveaux médicaments antituberculeux " - 21/12/2006 - Le front - Côte d'IvoireEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Le congrès de l’union internationale sur la tuberculose et les maladies respiratoires qui s’est tenu récemment à Paris avait comme l’un des points à l’ordre du jour, la résistance de la tuberculose contre les médicaments. Dans cet entretien, Dr Kamaté Moustapha, directeur du Centre antituberculeux (Cat) d’Adjamé nous parle de ce problème.

Dr Kamaté, un congrès international sur les maladies respiratoires et la tuberculose s’est tenu récemment à Paris, où on a parlé de la résistance aux médicaments antituberculeux.

Effectivement. La tuberculose est un problème majeur de santé publique dans nos pays en développement et nous n’avons pas encore réussi à la maîtriser totalement. Le congrès de l’union internationale sur la tuberculose et des maladies respiratoires a évoqué la résistance aux médicaments antituberculeux. Il faut déjà définir ce qu’est la résistance aux médicaments antituberculeux.

C’est la résistance des microbes, en particulier le bacille de Koch, contre les médicaments. Actuellement, il y a quatre médicaments qui sont utilisés pour combattre la tuberculose. Et la résistance survient lorsqu’un des médicaments n’a plus d’effet sur le microbe. Cette résistance peut se manifester sur un seul médicament, ou sur plusieurs médicaments. A partir de deux médicaments, on parle de multi-résistance. Et c’est cette multi-résistance qui fait peur, parce que nous ne disposons, pour l’heure, que de 4 médicaments pour soigner la tuberculose.

Ce sont des médicaments qui existent depuis longtemps parce qu’il n’y a pas encore de nouveaux médicaments. Cela pose problème parce que si nous sommes confrontés à la résistance, cela signifie qu’il y a des médicaments que nous allons utiliser pour rien. Or, la tuberculose ne peut se soigner qu’avec un seul antibiotique. Il faut plusieurs antibiotiques pour venir à bout du microbe. Quand il y a deux médicaments, qui ne peuvent pas agir, les deux autres ne peuvent pas traiter complètement le malade de sa tuberculose. Actuellement en Côte d’Ivoire, nous sommes à 5,3% de multi-résistance. Ce taux n’est pas élevé, mais c’est important pour les pays en développement.

Si j’ai bien compris, la Côte d’Ivoire est confrontée à la multirésistance…

Nous sommes confrontés à la résistance de deux à trois médicaments, même si le taux de résistance n’est pas très élevé. C’est une alerte, pour que nous changions de comportement.

Donc Dr vous êtes donc d’accord avec vos collègues qui réclament de nouveaux médicaments.

Il est impératif en ce moment, de trouver de nouveaux médicaments. On est confronté à la multi-résistance, mais il y a aussi l’ultra-résistance, c'est-à-dire quand tous les médicaments ne peuvent plus agir. Dans ce cas, on fait recours à d’autres molécules, qui coûtent excessivement cher. Je voudrais souligner que l’Etat de Côte d’Ivoire donne des médicaments gratuitement aux malades. Mais, lorsqu’il y a la multi-résistance, le plus souvent du fait que le malade ne prend pas ses médicaments de façon régulière, cela devient compliqué.

Il faut retenir que le microbe est un organisme vivant. Les antibiotiques les attaquent pour les détruire de manière progressive. Mais entre temps, les microbes se multiplient, et ceux qui sont vivants, cherchent à se protéger contre les antibiotiques. Ils réorganisent ainsi leurs génomes, pour résister aux médicaments. Et les microbes qui vont générer de ces microbes résistants, seront eux aussi résistants. Le traitement de la tuberculose multirésistante est de 6,660 millions de Fcfa. Alors que le traitement de la tuberculose n’est pas cher. Mais quand la multi-résistance s’installe, il faut plus de six millions de Fcfa pour la prendre en charge, pour un seul malade. On peut investir cet argent dans un autre domaine. Nous devons donc tous lutter contre la multi-résistance.

Comment mener la lutte ?

D’abord, le malade doit faire un traitement directement observé (Tdo). Ainsi chaque malade doit être supervisé par quelqu’un qui le regarde chaque matin prendre ses médicaments. Et de façon régulière pendant 6 mois. C’est important, pour que nous puissions juguler la multi-résistance. Le malade doit venir à ses rendez-vous. L’autre facteur c’est la lutte contre la vente illicite des médicaments. Les médicaments sont vendus dans la rue et cela développe la multi-résistance. C’est valable non seulement pour la tuberculose, mais pour toutes les maladies. Ces médicaments sont venus n’importe comment, les posologies ne sont pas respectées, le conditionnement pose problème, tout cela ne respect pas l’art médical. Parfois ces médicaments sont périmés. Ce sont aussi les causes de la multi-résistance. Nous interpellons les autorités sur ce problème.

La tuberculose est l’une des maladies opportunistes du VIH/sida. Est-ce que la résistance des médicaments ne complique pas la prise en charge ?

Si on observe les règles thérapeutiques au niveau du traitement de la tuberculose, cela ne peut pas se compliquer. En fait, un malade qui est atteint du VIH et de la tuberculose, guérit autant de la tuberculose qu’un malade qui n’est pas infecté par le VIH/sida. Ils ont les mêmes chances de guérir de la tuberculose. Par ailleurs, les antirétroviraux permettent de prendre en charge ceux qui ont le VIH. Ils ont un effet formidable, je dirais révolutionnaire contre le virus. Il n’empêche qu’il faut souligner aussi la résistance contre les antirétroviraux. Donc, le traitement doit être bien observé tous les jours.

Ce sont les pays en développement qui sont le plus confrontés aux résistances ?

Oui, c’est un problème d’éducation. Les gens ne sont pas suffisamment informés et sensibilisés sur les différentes pathologies et la conduite à tenir. A travers les médias, on doit faire la prévention qui passe par l’information en vue du changement de comportement. La prévention est la meilleure des armes pour toutes les maladies.

Au niveau d’Adjamé est-ce que la prise en charge de la tuberculose est toujours bien assurée comme par le passé ?

Nous continuons toujours de prendre en charge la commune d’Adjamé et d’Attécoubé qui sont bien couvertes par le traitement directement observé. Tous les malades bacillifères sont suivis à domicile sur les 6 mois. Les parents des malades sont formés pour le suivi et l’éducation du malade tuberculeux à la maison. Ce qui nous donne de très bons résultats en matière de prise en charge. Nous avons atteint le quota de l’organisation mondiale de la santé (OMS) qui est de 85 %.

Entretien réalisé par Calvin Wandji (calwanfr@yahoo.fr)

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