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Atteindre un taux de dépistage de 75% d’ici à 2009 - 21/02/2006 - Fraternité matin - Côte d'IvoireEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Développer les capacités de dépistage afin d'atteindre un taux de dépistage de 75% d'ici à 2009. C'est l'un des objectifs que se fixe le Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), que dirige le Dr San Koffi Moïse soucieux de contribuer à la réduction de la morbidité, de la mortalité et de la transmission de la tuberculose en Côte d'Ivoire par l'extension de la stratégie DOTS (Direct observance treatment) qui consiste à mettre à contribution tout membre de l'entourage du malade pendant la période du traitement, afin de s'assurer qu'il se soigne correctement. Sans être aussi spectaculaire ou médiatisée que le sida ou la lèpre, la tuberculose est, en effet, un problème de santé publique en Côte d'Ivoire. En 2004, on dénombrait 12 000 cas au moins et les statisticiens établissent un ratio de 110 cas pour 100 000 habitants dans un contexte où le taux de détection reste assez faible : 59%. Le taux du succès du traitement est, quant à lui, de 78 %.

Outre l'amélioration du taux de dépistage, le PNLT s'assigne pour mission de renforcer la capacité et la qualité des soins aux patients de la tuberculose en vue d'atteindre un taux de guérison de 85% à l'horizon 2009.
Mais, les écueils sont nombreux, dont l'indifférence, voire le confinement auquel sont souvent réduits les malades. Le PNLT entend dès lors travailler à " promouvoir la prise de conscience des populations et l'implication des communautés dans les activités de lutte contre la tuberculose ". La stratégie DOTS, qui a déjà fait ses preuves dans des communes comme Adjamé et Yopougon grâce à l'implication d'ONG (Organisations non gouvernementales), va ainsi être couplée avec le renforcement des capacités nationales de planification, de coordination et de suivi des activités du système de lutte contre la tuberculose tant au niveau central qu'au niveau décentralisé.

Mobilisation !

S'il est un facteur qui, incontestablement, pourra assurer le succès des activités de lutte contre la tuberculose, c'est indubitablement la mobilisation de la communauté. S'il est vrai que la tuberculose est un problème de santé publique, il est désormais établi que " c'est l'ensemble du système de santé qui permet de soigner cette maladie " (dixit Dr San Koffi Moïse -voir interview).
La tuberculose existe partout, nous fait savoir, par ailleurs, le directeur coordonnateur du PNLT. "C'est l'importance de l'endémie qui diffère d'un pays à l'autre… On sait que quand les conditions de vie des populations ont été améliorées, la tuberculose a fortement reculé", souligne-t-il. Et d'ajouter : "Le développement peut réduire les cas de tuberculose ". Une vérité de La Palisse sans nul doute…
Pays sous-développés que nous sommes ou pays en développement (à chacun sa préférence), il nous faut, sans nul doute, recourir à ce qui a fait la force de nos sociétés jadis : la solidarité. Laquelle se manifeste par une mobilisation et une entraide sans faille face aux problèmes majeurs.
Il faut rendre propre son habitacle pour éviter la tuberculose ; il faut rendre propre chez soi et chez les autres aussi. Mais, il faut aussi de la solidarité, dans le contexte de paupérisation actuel pour sauver les nôtres qui sont affectés par la maladie afin de couper la chaîne de contamination. Mobilisation, mobilisation…

Par Elvis kodjo

Dr. San Koffi Moïse, directeur coordonnateur du pnlt : “les grandes villes sont les plus affectees”

M. le directeur coordonnateur du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), pouvez-vous faire le point de la lutte contre la tuberculose en Côte d'Ivoire ? Le pays est-il très infecté par cette maladie ?
La Côte d'Ivoire fait partie des pays de forte endémie tuberculeuse. Il y a beaucoup de cas de tuberculose, l'image des pays en Afrique au Sud du Sahara. Une raison explique cette situation. Il y a pratiquement deux décennie maintenant, la survenue de l'infection à VIH. Nous savons que dans les pays où l'infection à VIH est élevée, les cas de tuberculose sont en progression. Il y a un lien étroit entre les deux affections. On constate aussi que les cas de tuberculose se rencontrent dans les régions ou il y a un fort taux de déplacement, de la population avec une promiscuité, il y a aussi les cas de conflit qui entraînent une perturbation du système d'offre de soins. De telle sorte que les malades qui sont contagieux dans la communauté, ne sont pas pris en charge. Dès lors qu'ils n'ont pas été mis sous traitement, ils continuent d'être contagieux. Et quand la période de contagiosité est longue, il y a plus de risque de voir d'autres personnes contaminées. C'est la raison pour laquelle on dit que lorsqu'un malade tuberculeux n'a pas été diagnostiqué et mis sous traitement, il contamine entre 10 et 20 personnes. Les données en notre disposition montrent qu'en 2005 nous avons eu 20.025 cas. Or, nous n'avons pas encore les données de toutes les structures de santé. Il est donc clair que nous aurons au-delà des 20.000 cette année. C'est dire que la tuberculose est un problème de santé publique.

Avec la présence du SIDA, comment arrivez-vous à organiser le suivi des malades ?
La vision du ministère de la Santé est de faire en sorte que partout où le diagnostic de la tuberculose peut être réalisé, il le soit. Nous voulons rendre accessible le diagnostic de la tuberculose. Et de la même manière rendre accessible le diagnostique du VIH SIDA partout en Côte d'Ivoire. Et comme nous savons qu'environ 45% des malades de la tuberculose sont aussi porteurs de l'infection du VIH. Il s'agit de personnes atteintes de tuberculose. Il faut laisser la possibilité au malade de décider. S'il accepte que le test du VIH soit réalisé, le test lui est proposé. De la même manière, les malades déjà reconnus comme porteurs du VIH, bénéficie au cours de leur suivi, des examens liés au diagnostic de la tuberculose. Parce qu'il s'agit d'une population fragile qui peut développer facilement la tuberculose.

Quelles sont les régions les plus touchées par la tuberculose ?
La répartition est homogène sur l'ensemble du territoire. Partout en Côte d'Ivoire, on rencontre des cas de tuberculose. Cependant, on rencontre beaucoup plus de cas dans les zones de fortes densités de population. Dans les grandes villes comme Abidjan, Bouaké, San Pedro, nous avons beaucoup plus de cas de tuberculose.

Quelles sont les causes de la tuberculose ? Pourquoi la maladie persiste en Côte d'Ivoire alors que, selon certaines sources, elle n'existe pratiquement plus en Europe ?
Je voudrais dire que la tuberculose existe partout. C'est plutôt l'importance de l'endémie qui est différente. Dans un pays comme le Canada ou l'Italie, nous avons moins de 10 cas de tuberculose pour 100.000 habitants.
Cependant, quand on arrive dans les pays au Sud du Sahara ou dans les pays pauvres, les taux sont plus élevés, on peut même atteindre 300 cas pour 100.000 habitants. En suivant le développement des pays européens, on sait que quand les conditions de vie des populations ont été améliorées, la tuberculose a fortement reculé. Quand il s'est agi de réduire la promiscuité dans la population, les cas de tuberculose ont baissé. C'est dire que le développement peut aussi réduire les cas de tuberculose. Les antibiotiques ont aussi permis de réduire les cas qui existaient en Europe. Par contre en Afrique, il s'agit de pays en devenir, toutes les infrastructures ne sont pas encore en place. Toutes les populations n'ont pas systématiquement accès à un centre de santé. De sorte que l'on a tendance à avoir recours à un autre type de traitement, par exemple la médecine traditionnelle.

La médecine traditionnelle est-elle efficace dans ce cas là ?
Pour l'instant, il n'y a pas beaucoup d'exemples de traitement traditionnel pour guérir la tuberculose. On sait aussi que la tuberculose est contagieuse. Le malade tousse et au cours de l'effort de toux, il peut contaminer une autre personne. Celle-ci doit en priorité être dépistée. La période avant le dépistage est longue. Quelqu'un qui est dépisté six mois après le début de ses signes aura eu le temps de contaminer beaucoup plus de personnes. Et cette situation se voit là où le malade n'a pas accès directement aux structures de santé. Présentement, beaucoup de structures de santé sont fermées en Côte d'Ivoire. Il est donc important d'avoir des centres de santé qui sont assez proches des lieux de résidence, des populations. Il serait bon que chaque personne ait dans un rayon de cinq kilomètres un centre de santé.

Avec la guerre, peut-on dire qu'il y a de réelles menaces de voir la tuberculose gagner du terrain, notamment dans les zones ex-assiégées où plusieurs structures de santé ne sont plus fonctionnelles ?
Depuis le début de la crise nous avons constaté une interruption des activités de lutte contre la tuberculose dans un certain nombre de structures. Mais dans ces structures-là, il existait des malades qui étaient sous traitement et qui ont dû l'interrompre. Certains se sont déplacés en dehors de cette zone et nous avons pu les rattraper pour continuer le traitement. Nous avons pu mettre en marche un certain nombre de structures ; ce qui a permis de " récupérer " les malades qui avaient interrompu leur traitement.
Par contre, il y a d'autres malades que nous n'avons pas pu retrouver. Ceux-là s'ils ont interrompu leur traitement et qu'ils ne sont pas décédés, il est possible qu'ils continuent de présenter une tuberculose pour laquelle ils ont pris des médicaments avec des risques de résistance. C'est la raison pour laquelle nous avons mené des activités dans les grandes villes des zones ex-assiégées. Notamment Bouaké, Korhogo, Odiénné, Touba, Man, pour essayer de rouvrir les centres de santé pour que tous ceux qui ont pu échapper au traitement puissent être assistés. Mais, nous savons que c'est l'ensemble du système de santé qui permet de soigner la tuberculose. Or, beaucoup de centres de santé de prise de contact ne sont pas fonctionnels, ou ne sont pas aussi fonctionnels comme on l'aurait souhaité. Il est donc important que nous puissions tous conjuguer nos efforts très rapidement pour sortir de cette crise afin de pouvoir retrouver la situation normale qui inclut une supervision régulière des activités des centres qui existent ; c'est-à-dire tous ceux qui fonctionnent actuellement dans la zone ex-assiégée, doivent être supervisés pas seulement par le programme de lutte contre la tuberculose, mais par l'ensemble des médecins chefs de district. Je pense que par rapport à la situation, il n'est peut-être pas possible d'être plus efficace. On pourrait rendre le travail meilleur optimiser les résultats.

De quelle manière ?
En introduisant un système de supervision, notamment en se rendant dans chaque centre de santé au moins une ou deux fois dans le mois. Pour s'assurer que la qualité de la prise en charge est la même partout en Côte d'Ivoire.

Quelles sont les activités que vous menez concrètement ?
La direction du programme a pour mission essentielle de planifier, de promouvoir, de suivre les activités de lutte contre la tuberculose, de les évaluer sur l'ensemble du territoire. Il y a au total, huit Districts en Côte d'Ivoire. Ce sont des centres de référence qui ont pour mission de prôner les activités de lutte contre la tuberculose en Côte d'Ivoire, d'encadrer toutes les structures de lutte contre cette maladie qui existent dans la région, et de prendre aussi en charge les malades, surtout les cas compliqués qui n'ont pas pu être pris en charge.
Au niveau périphérique, nous avons veillé à ce que dans chaque département, il y ait un centre qui puisse assurer le diagnostic de la tuberculose. Ces centres sont en contact avec les centres de santé des différents villages, de telle sorte que un malade qui a été dépisté au niveau du département est orienté dans le centre de santé le plus proche de son lieu de résidence pour être suivi. Le traitement a une durée de six mois. C'est à la fin des six mois que le centre de diagnostic va décider de la guérison ou non du malade. La base de toute notre action est la décentralisation.

Avez-vous enregistré des cas de guérison ?
Pour l'année 2004, nous avons enregistré 73% de taux de succès. Ce sont des malades qui suivent leur traitement jusqu'à la fin. C'est la raison pour laquelle nous avons adopté la "stratégie Dot", qui consiste à permettre à quelqu'un de l'entourage du malade, de l'observer pendant la période du traitement, afin de s'assurer qu'il se soigne correctement.

Les médicaments sont-ils accessibles à tous ?
Les médicaments sont distribués gratuitement partout en Côte d'Ivoire. C'est l'une des raisons pour lesquelles les médicaments ne sont pas en officine privée. Ils sont mis à la disposition des malades par l'Etat de Côte d'Ivoire. Toutes les structures de lutte contre la tuberculose s'approvisionnent au centre antituberculeux à Adjamé, ou la Pharmacie de la santé publique (PSP).

Quel est l'apport des Ong avec lesquelles vous travaillez pour la prise en charge des malades dans la lutte contre la tuberculose ?
Un certain nombre d'associations communautaires interviennent dans la prise en charge de la tuberculose. Généralement, ces ONG se spécialisent dans la sensibilisation et le suivi communautaire des malades. Au niveau du suivi, elles travaillent de concert avec les centres de santé qui les mettent en contact avec les malades atteints de tuberculose. Elles ont un entretien avec les malades pour que les ONG interviennent dans leur traitement. Ceci permet d'identifier un volontaire qui va se rendre régulièrement au domicile du malade pour s'assurer de la prise effective des médicaments. Il contribue aussi à sensibiliser l'entourage du malade au moment où il arrive à son lieu de résidence. Il s'agit aussi de voir dans l'entourage du malade s'il y a d'autres personnes qui présentent une toux afin de les faire venir au centre de santé. Nous avons pu dépister des tuberculeux du simple fait de la présence de ces volontaires au lieu de résidence de ces malades. Ces ONG interviennent également dans le conseil pour le VIH Sida. Ils arrivent à convaincre certains malades de faire leur test s'ils n'avaient pas accepté de le faire lorsqu'ils étaient au centre de santé. Ces ONG apportent beaucoup en ce sens que partout où elles interviennent nous sommes autour de 85% de taux de guérison.

Interview réalisée par Marie-Adèle Djidjé

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