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Diabète : La maladie touche de plus en plus les défavorisés - 25/04/2006 - Fraternité matin - Côte d'IvoireEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Un bon " garba " chaud arrosé d'un bon sachet d'eau glacée. Malaxer l'attiéké, la tomate et le piment frais avec de l'huile, est toujours un plaisir pour les amateurs de ce plat qui a conquis le cœur de nombre de jeunes gens et surtout de familles défavorisées. Cependant, très peu de gens sont conscients des conséquences d'une telle alimentation et c'est sur l'impact que le Dr Adoueni Valéry, chef du service de diabétologie et de Diététique préventive à l'Institut de santé, aimerait bien attirer l'attention de la population.

Même si une étude démonstrative n'a pas été faite, l'homme de terrain qu'il est ne doute pas des facteurs hyperglycémiants du manioc à base duquel l'attiéké est fabriqué. Riche en glucides, le manioc contient des facteurs, hyperglycémiants qui, " à force de solliciter le pancréas, finissent par créer un déséquilibre ". Ainsi, l'on peut devenir diabétique, " notamment s'il s'agit d'un terrain prédisposé ".
Le mécanisme est le même pour les grands consommateurs de riz ou d'aliments riches en glucides, qui peuvent provoquer par leur comportement le diabète, surtout si ceux-ci sont des terrains prédisposés, affirme le Dr Adoueni.
Il constate malheureusement que la maladie touche de plus en plus les personnes de conditions sociales très modestes. Celles-ci font certainement du " garba ", pour ne citer que ce plat, un repas très prisé parce que bourratif et peu coûteux. " Sur plus de 24.000 malades inscrits sur les fichiers du Centre anti diabétique d'Abidjan, plus de 60% sont économiquement faibles ". Ils ne sont pas toujours en mesure de s'offrir le traitement, qui du reste est à vie, selon le Dr Adoueni.
Faut-il le souligner selon lui, le diabète n'est pas une maladie curable. Il n'est ni lié à un microbe ni à un virus, encore moins contagieux. Il s'agit d'un déséquilibre dans le fonctionnement du pancréas. La glycémie, dont le taux normal se situe entre 0,70 et 0,95 par litre va augmenter, dans le cas du diabète. A côté de cela, le malade urine beaucoup, se sent faible et maigrit. Seul un traitement médical permet de réguler le fonctionnement de cet organe.
Plusieurs types de diabète existent mais les deux formes qui retiennent l'attention sont selon le praticien, les types 1 et 2.
Le type 1, que l'on qualifie de diabète insulino dépendant, est le cas où le malade est astreint à des injections d'insuline. Sans ces injections, il ne peut vivre. Elles se font en fonction du poids. Par contre, quand on parle de type 2, ou encore diabète non insulino dépendant, il s'entretient avec des comprimés et des exercices physiques.

L'orateur après avoir parlé d'aliments, ne perd pas de vue que les causes fondamentales répertoriées comme telles demeurent l'obésité, la sédentarité, le surpoids et même le stress. Nombre de personnes ne se doutant de rien, se laissent aller à un embonpoint, que l'on attribue souvent à une bonne santé.
Une légère cartographie des malades en Côte d'Ivoire permet au Dr Adoueni d'affirmer que les populations les plus touchées sont celles du groupe Akan. Peut-être à cause de la consommation d'attieké ? Ou de l'embonpoint souvent constaté des femmes, principalement les jeunes accouchées, que l'on gave pour rassurer sur leur bonne santé ? Tout comme dans le cas des défavorisés, le Dr Adoueni n'a pas de preuve scientifique. Mais la pratique du métier lui permet d'apprécier les chiffres et d'arriver à cette conclusion. " Il y a des études à faire à ce niveau. Nous disons qu'il y a peut-être un biais de recrutement. On avait pensé au départ que le fort taux de lagunaires s'expliquait par la localisation du centre au sud, mais nous nous sommes rendu compte que ce n'était pas la raison. Parce que, les gens viennent de Bouaké, Korhogo, de partout, mais le pourcentage de lagunaires demeure le même".

A côté des causes alimentaires et environnementales, une autre apparaît selon le professionnel comme non négligeable : les médicaments, tels les corticoïdes. Généralement utilisés en dermato, en ORL, en rhumatologie, ils engendrent parfois des conséquences inimaginables. " Autant ça fait du bien, autant ça, fait monter l'adrénaline ". Plus grave, par souci de coquetterie, certaines femmes les utilisent pour s'éclaircir la peau. Ces pratiques sont jugées dangereuses. Car si aucun effet néfaste n'est constaté chez certaines femmes, ce n'est pas le cas chez d'autres qui, parce que prédisposées, développent le diabète.
En matière de proportion d'hommes et de femmes, on ne parle pas véritablement de prépondérance d'un sexe. Car il y a autant de femmes touchées que d'hommes. Femmes, hommes, parturientes et même enfants se bousculent aux portes du CADA. Ce jeudi 20 avril, la consultation du Dr Adoueni est réservée aux femmes enceintes. Ceci n'empêche pas les autres de prendre place sur les bancs, prêts à patienter pour être reçus.

Se sauver soi-même
Contrairement à d'autres maladies, la survie du patient, dans le cas du diabète, dépend en grande partie de lui-même. Il peut se sauver en suivant correctement son régime alimentaire, ou son traitement médical. Certes, le traitement n'est pas aisé, mais la volonté contribue pour beaucoup dans l'amélioration de la santé. Or que font certains malades ? Ils abandonnent le traitement parce qu'essoufflés et se confient aux tradi praticiens ou même à des " guérisseurs " qui leur promettent monts et merveilles. En termes de pourcentage, le Dr Adoueni parle de 5% de cas de pertes. Ces malades, alors qu'ils étaient stabilisés pour certains, disparaissent. Ils reviennent quelques années généralement " dans un état déplorable ", comme rattrapés par leur erreur.

En dépit des campagnes de sensibilisation au fait que le diabète est une maladie incurable, ce phénomène continue. A cause du poids de la tradition ou même des difficultés à se procurer le traitement qui, du reste, est à vie, des malades sacrifient leur vie. C'est pourquoi le Dr Adoueni plaide pour une prise en charge de la maladie afin de permettre à un grand nombre de bénéficier de soins. Car le diabète que l'on avait classé parmi les maladies de riches est entré dans le monde des pauvres. Ce sont eux qui ont une alimentation très déséquilibrée. Pour eux, manger en grande quantité est le plus important. Au sein des familles ou des jeunes, si on ne parle pas de "garba, on parle de "riz coco taillé" pour faire cas de riz et de sauce sans viande ou poisson ou encore de "mort subite" pour parler d'un seul repas journalier. C'est ainsi qu'ils développent facilement des maladies. Car le repas de " la mort subite ", étant donné son caractère, ne peut être qu'abondant, tout comme le " garba ". Avec 100fcfa, le tour est joué. Les amateurs prennent d'assaut le vendeur du quartier pour "faire le soubassement" ou " pour se parer contre toute éventualité ". Mais quand la maladie se déclenche, on dépense encore plus d'argent qu'on ne le pensait.

Le diabète comme la plupart des maladies, est lié à l'alimentation. Combien de gens savent que manger bien, ce n'est pas forcément la quantité ou gras ? Selon qu'on est pauvre, on mange pauvre et en quantité. Et selon qu'on est riche, on mange gras : des plats de pomme de terre, de sauce graine et des queues de bœuf, d'alloco sont souvent consommés les soirs avant le coucher. Sans exercice physique. Au bout de quelques années, la maladie se déclenche, au grand étonnement de la victime. C'est pourquoi, il est bon d'insister sur l'amélioration de l'alimentation. Des campagnes de sensibilisation ne sont pas à exclure. Le diabète est devenu un véritable problème de santé publique. Le Programme national du Diabète "existe sur papier, mais il n'est pas fonctionnel", nous a-t-on dit. Vivement qu'il se mette en place.

Pas d’incompatibilité, mais...
Etre diabétique n'empêche pas d'avoir une grossesse. Sur plus de 24.000 malades inscrits sur les fichiers du Centre anti diabétique d'Abidjan (CADA), une centaine sont enceintes. Certaines, sont à leur première maternité, d'autres à leur deuxième ou à leur troisième.
Le Dr Adoueni conseille de ne pas aller au-delà de trois, pour " la santé de la mère ". Car le diabète peut se compliquer et la mère peut arriver à un coma. Mais avant, elle s'expose à l'avortement spontané ou mort fœtale, la malformation du bébé, l'accouchement prématuré ou encore la naissance d'un bébé de 4kg. Qui sont, entre autres des complications. En plus, en raison de certains changements, la femme diagnostiquée diabétique et suivie avec des comprimés se retrouve à l'insuline dès lors qu'elle est enceinte.

Pour toutes ces raisons, le praticien invite les femmes diabétiques à ne pas avoir de grossesse sans l'avis du médecin. Parce que celui-ci doit s'assurer que le diabète est bien stabilisé avant. Mais, c'est souventes fois, que les femmes viennent tête baissée, lui annoncer qu'elles sont en enceintes. Il ne leur tient pas véritablement rigueur et se met tout de suite au travail en prescrivant des analyses.
Un jour particulier leur est réservé : jeudi matin. Il procède à une sensibilisation sur la maladie et instruit sur les comportements à observer.
Tout en déplorant que la grossesse continue d'être encore sous nos cieux, l'objet " d'accident ", le médecin, s'empresse de préciser que ce phénomène n'est pas propre à la Côte d'Ivoire. Au cours d'un atelier en Mauritanie, il a été dit que nombre de femmes africaines continuent, faute d'éducation dans ce sens, à ignorer les conséquences d'une telle impréparation.

Marceline GNEPROUST

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