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Interview/ Dr San Koffi Moïse (coordinateur du PNLP) : “Le paludisme tue 8 enfants toutes les heures en Côte d’Ivoire” - 04/05/2009 - Le patriote - Côte d'IvoireEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

La communauté internationale a célébré le 25 avril dernier, la journée mondiale de lutte contre le paludisme. En Côte d’Ivoire, elle sera faite exceptionnellement le 8 mai. Dans cette interview, le Dr San Koffi Moïse, coordinateur du Programme Nation de Lutte contre le Paludisme en Côte d’Ivoire (PNLP), fait le point de la situation dans le pays, ainsi que les actions menées en matière de lutte.

Le Patriote : La Côte d’Ivoire, à l’instar des autres pays du monde, s’apprête à célébrer la journée mondiale de lutte contre le paludisme. Avant cette journée, quel est l’état des lieux en Côte d’Ivoire ?

Dr San Koffi : Il faut rappeler que le paludisme est un problème de santé publique en Côte d’Ivoire. C’est un problème grave de santé chez nous, en ce sens que c’est la première cause de consultation dans les centres de santé. Si vous allez dans un service de pédiatrie pour faire le point des hospitalisations, vous rendrez compte que la majorité des hospitalisations est due au paludisme. Nous avons 1 décès sur 3 dans les formations sanitaires, qui est lié au paludisme. Chaque heure, c’est à peu près 8 enfants qui décèdent du palu en Côte d’Ivoire. Ces chiffres ont été notifiés dans les formations sanitaires. Mais dans la communauté, il y a beaucoup de personnes qui meurent sans se rendre dans les centres de santé. C’est dire combien c’est un problème assez grave qui demande une mobilisation du ministère de la santé et de l’hygiène publique et de la population.

La célébration officielle était pour le 25 avril, la Côte d’Ivoire, elle commémorera cette journée le 8 mai. Pourquoi ce décalage de date ?

Dr A K : C’est vrai que la journée mondiale est célébrée le 25 avril de chaque année. Mais il s’agit d’une journée de sensibilisation qui devrait montrer l’engagement de l’Etat, de toute la communauté. Mais aux alentours de cette date, généralement des activités sont proposées dans le cadre de la journée mondiale. Par exemple l’activité que nous menons maintenant se fait deux jours avant la journée mondiale (l’interview a été réalisée en marge de la finale de lutte contre le palu en milieu scolaire). Mais c’est pour des raisons techniques que nous allons commémorer cette date le 8 mai. Les festivités officielles auront lieu dans la ville de Sikensi, en présence du ministre de la santé et de l’hygiène publique le Dr Allah Kouadio Rémi. Le thème choisi est ‘’lutte contre le paludisme, le compte à rebours a commencé’’.

LP : Qu’est-ce qui est fait donc pour éradiquer le fléau ?

Dr S K : la communauté internationale a fixé un certain nombre d’objectifs (les objectifs du millénaire pour le développement), qui demandent que le paludisme soit réduit à sa plus simple expression. C'est-à-dire faire de telle sorte que le paludisme ne soit plus un problème de santé publique. Donc l’année 2010 est une année charnière. On considère que le compte à rebours à commencer. Il faut que chaque pays puisse mener suffisamment d’activités en vue de réduire les souffrances liées au paludisme. Il est donc important que la population sache comment la maladie se définit, comment elle se transmet, comment l’éviter, et éventuellement si quelqu’un est malade du paludisme que cette personne ait un accès facile au traitement et que celui-ci soit efficace. Donc nous menons beaucoup d’interventions. La première, c’est la formation des personnels des centres de santé, pour que les meilleurs traitements soient administrés. Car si le traitement est mal administré, la personne ne va pas guérir. L’autre défi, c’est l’accès aux médicaments. L’Etat fait un effort pour que les médicaments contre le paludisme soient disponibles dans toutes les formations sanitaires. Il y a également un effort qui est fait en terme de sensibilisation.

LP : A ce niveau, qu’est-ce que la population doit savoir ?

Nous donnons les informations nécessaires à la population pour qu’elle puisse se protéger contre la maladie. Nous faisons la promotion de la moustiquaire imprégnée qui est un moyen de lutte efficace. Il y a aussi la gestion de l’environnement. Si vous avez des pneus autour des maisons qui recueillent l’eau de pluie, dès que vous laissez dormir cette eau pendant plus de 24 heures, vous créez des gîtes d’habitations pour les moustiques qui viendront pondre dans cette eau. Et plus vous avez de moustiques, plus vous avez le risque que ces moustiques piquent une personne malade et aillent transmettre la maladie à quelqu’un d’autre.

Il est important que chacun, dans son environnement immédiat, soit un acteur premier de lutte contre la maladie, à travers l’élimination de tout ce qui peut attirer les moustiques. Bien entendu, il y a des structures techniques telles que les mairies, et les autres collectivités qui ont pour rôle d’assainir notre environnement. Mais chaque individu devrait être le premier acteur de la gestion de son environnement au quotidien. L’autre action, c’est d’insister sur la mobilisation de toute la communauté. Une femme enceinte par exemple, elle a besoin d’aller au centre de santé, elle a besoin de conseils pour savoir comment éviter le paludisme, en dormant sous la moustiquaire imprégnée et en prenant des médicaments pour déjà se prémunir contre la maladie. Donc si vous amenez une femme enceinte à aller faire régulièrement ses consultations prénatales, c’est une façon de lutter contre le paludisme. Le défi aujourd’hui, c’est de faire en sorte que toutes ses actions soient étendues sur l’ensemble du territoire.

LP : L’accès aux médicaments implique aussi le coût du traitement. Ce montant est-il accessible à tout le monde ?

Dr S K : Il y a plusieurs niveaux de prix. Il y a le niveau de prix dans les officines privées qui restent encore élevé pour la population. En ce sens que les médicaments que nous avons actuellement sont des combinaisons assez chères. Nous avons l’autre niveau de prix qui est celui pratiqué dans les formations sanitaires publiques. Où le coût est nettement moins cher par rapport à une officine privée. Par exemple, le traitement pour un enfant de moins de 5 ans, c’est autour de 335 FCFA. Mais nous savons que ce prix est encore élevé pour une partie de la population. Donc nous continuons de faire des efforts pour parvenir à une réduction des prix. Mais passer de 3500F CFA dans les officines privées à 335 FCFA dans les formations sanitaires publiques, c’est déjà un effort qui est fait.

LP : Docteur, il n’y a toujours pas de vaccin contre la maladie. A quel niveau se trouve les recherches concernant cet autre moyen de lutte ?

Dr S K : Des efforts sont faits pour multiplier les moyens de prévention et de lutte contre le paludisme. Il y a des essais de vaccins qui sont réalisés actuellement. Nous pensons que probablement aux alentours des années 2012, des essais seront faits au sein des populations. Donc le vaccin est toujours au stade des essais.

Réalisée par Dao Maïmouna

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