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Revue de presse

Maladies virales : grippe H1N1, la psychose venue du Mexique - 05/12/2009 - Notre Voie - Côte d'IvoireEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

La grippe H1N1 a jeté une psychose dans le monde entier en raison de son caractère hautement contagieux et pandémique. Pour expliquer et faire comprendre l’évolution de ce virus, Notre Voie vous propose ce dossier. Abidjan, samedi 24 octobre 2009. Il est 7h. Frédéric Soro, 19 ans, étudiant rentré depuis deux jours de vacances d’un pays de l’Amérique latine, est mal en point. Il semble essoufflé et très fatigué à son réveil. C’est qu’il n’a pas fermer l’œil de la nuit à cause d’une conjugaison de douleurs musculaires, de douleurs à la gorge, de violents maux de tête, d’une toux sèche à répétition avec une température de 40°C.

Le jeune étudiant a aussi des difficultés respiratoires qui débouchent sur un essoufflement. Alertée, Mme Soro, la mère de Frédéric convainc son mari d’évacuer leur enfant au CHU de Cocody, non loin de leur lieu d’habitation. Une fois dans l’établissement sanitaire, un médecin, masque de protection au visage, prend rapidement Frédéric en charge en posant des questions à ses parents sur la manifestation du malaise subit de leur enfant. Le médecin, vu les signes, soupçonne une grippe H1N1. Il fait alors à son patient, un prélèvement naso-pharyngé qui consiste à recueillir, à l’aide d’une sorte de tige appelée écouvillon, du liquide à l’intérieur du nez du patient. C’est ce prélèvement qui confirmera ou pas ses soupçons. En attendant le résultat du prélèvement, il fait faire au jeune Soro, un traitement asymptomatique. C'est-à-dire qu’il administre à Frédéric des médicaments pour calmer ses maux de tête, faire baisser sa fièvre, et des fluidifiants pour décongestionner ses narines bouchées… Bref, le traitement admis pour une grippe saisonnière (la grippe «normale»).

Frédéric et ses parents peuvent alors retourner à la maison mais en respectant certaines mesures d’hygiène : se laver les mains plusieurs fois par jour avec du savon, utiliser un mouchoir en papier pour éternuer ou tousser puis le jeter dans une poubelle et se laver les mains avec du savon. Trois jours plus tard, lorsque Frédéric et ses parents retournent au CHU de Cocody, l’Institut pasteur d’Abidjan, le laboratoire de référence, a déjà rendu le résultat du prélèvement naso-pharyngé au médecin traitant: il s’agit de la grippe H1N1. Aussitôt, il est administré au patient un traitement curatif à base de tamiflu, le médicament qui guérit les malades de la grippe H1N1. Par ailleurs, le médecin, sans faire de prélèvement, met aussi les parents de Frédéric sous tamiflu à titre préventif (parce qu’ils ont été, dans la période de contagiosité de Soro, très proche de lui) pour qu’ils ne tombent pas malade comme leur fils. En effet, une personne infectée peut transmettre le virus un jour avant et 7 jours après l’apparition des symptômes.

On sait par ailleurs, que la période qui s’écoule entre l’infection et l’apparition des premiers symptômes de la maladie peut atteindre 8 jours. D’où, ces précautions du médecin. De son côté, après quelques jours de traitement au tamiflu, Frédéric a recouvré la parfaite santé. Tout ce descriptif rappelle bien, selon l’Institut national d’hygiène publique (INHP), les signes, les démarches à suivre en cas de soupçon de grippe H1N1 et le protocole thérapeutique prescrit pour vaincre la maladie. Une maladie qui a pris son amorce en avril dernier dans l’Etat mexicain de Veracruz avant de se répandre, comme une traînée de poudre, dans le monde entier. Selon l’INHP de Côte d’Ivoire, à la date du 25 octobre dernier, il y avait 5712 décès sur 440.000 cas dans le monde dont 13.536 pour la région Afrique avec 75 décès enregistrés. Quant à la Côte d’Ivoire, elle a enregistré, sur la même période, 3 cas pour zéro décès. Qui sont les plus exposés? Selon les spécialistes, on note trois types de personnes qui sont les plus exposée au virus. Il y a le personnel médical du fait de la proximité avec les malades. Viennent ensuite les femmes enceintes, car la grossesse entraîne un affaiblissement du système de défense de l’organisme, une baisse des capacités pulmonaires.

Et enfin ceux qui contractent le plus souvent la maladie : les enfants et les jeunes adultes de 6 mois à 25 ans, représentant la population la plus atteinte partout dans le monde. Par ailleurs, selon le journal français l’Express, des chercheurs de l'université de Berkeley (Californie) ont calculé les risques d'être infecté selon les types d'exposition: ils sont de 52 % après avoir reçu des postillons (petite goutte de salive projetée en parlant) de la toux d'un malade; de 31 % à la suite d'un contact de la main avec des surfaces contaminées; de 17 % lorsqu'on inhale des particules contenant le virus dans une pièce où se trouve une personne infectée; et de 0,52 % lorsqu'on se tient à moins de 1 mètre de celle-ci. Un détail important : les aliments cuits ne transmettent pas le virus, car celui-ci est facilement détruit par la chaleur. Le virus de la grippe H1N1 est différent de celui de la grippe saisonnière et du virus H5N1. Dans le journal mensuel de Sanofi Pasteur, Focus Vaccin du mois d’octobre dernier, Dr. Richard Njouom, chargé de recherche et responsable du centre national de référence pour la grippe au Centre Pasteur du Cameroun, explique ces différences : “Il existe une différence entre ces trois maladies, bien qu'elles soient toutes causées par des virus grippaux. -La grippe saisonnière ou classique est une maladie humaine.

Elle est causée par les virus grippaux A/H1N1, A/H3N2 et B. Elle est présente dans tous les pays. Dans les pays au climat tempéré, elle apparaît de façon saisonnière, d'où l'origine de son nom. Cependant, les données récentes de surveillance de la grippe dans les régions tropicales indiquent une circulation pendant toute l'année. Sa transmission est interhumaine et il existe un vaccin qui est modifié chaque année à cause des variations antigéniques du virus. - La grippe aviaire H5N1 est une maladie animale. Elle touche presque toutes les espèces d'oiseaux sauvages ou domestiques. Ce virus peut être retrouvé chez l'homme en cas de contacts étroits, prolongés et répétés avec les animaux malades. Mais, il n'existe pas encore de preuve de transmission interhumaine. - La nouvelle grippe A(H1N1) est une maladie humaine. Elle a initialement été appelée grippe porcine puis nouvelle grippe et actuellement grippe pandémique A/H1N1/2009. Il s'agit d'une grippe pandémique due à l'apparition d'un virus de composition antigénique nouvelle contre lequel la population humaine présente une faible immunité”. D’où son caractère imprévisible qui fait de ce virus un véritable défi pour la communauté scientifique. Malgré tout, les chercheurs, en plus des médicaments comme le tamiflu, ont pu mettre au point un vaccin en un temps record - ce qui a provoqué un débat en cours en France notamment sur son efficacité ou pas et sa toxicité ou pas – pour endiguer la propagation du virus par la vaccination.

Toutefois, les réticences à se faire vacciner en France sont en train de laisser la place à une grande mobilisation de candidats à la vaccination. En effet, selon un reportage de la chaîne de télévision française France 3 diffusé le 2 décembre dernier, “les centres de vaccination collective sont ouverts depuis le jeudi 12 novembre dernier”. Mais, “depuis une semaine, l’adhésion de la population à la vaccination contre le virus A(H1N1) est en forte augmentation, provoquant, souvent et essentiellement dans les centres urbains, des tensions sur le dispositif mis en place». Pour Dr. Hervé Kadjo, responsable de l'Unité des virus respiratoires à l’Institut Pasteur de Côte d'Ivoire, toujours dans le mensuel de Sanofi Pasteur, “le monde est aujourd'hui frappé par une pandémie de grippe liée à l'apparition d'un nouveau virus grippal A(H1N1) 2009 résultant de l'échange de matériel génétique entre des virus porcins, aviaires et humains. Bien que la létalité soit faible à ce jour, la probable évolution du virus vers des formes plus virulentes, constitue la hantise des autorités sanitaires. En effet, le risque de réassortiment génétique (combinaison de gènes) entre cette nouvelle souche A(H1N1) 2009 et la souche A(H5N1) hautement pathogène pourrait aboutir à une souche beaucoup plus meurtrière. Face à cette situation, le renforcement de la surveillance de la circulation des virus grippaux s'avère être une priorité pour la détection des mutations”. Cet avertissement vaut surtout pour l’Afrique, parent pauvre de l’humanité. En attendant, il faut mettre l’intérêt de la surveillance en Afrique l’accent sur la prévention et la surveillance épidémiologique. C'est-à-dire, la collecte et l’analyse régulière des données sur le virus à partir de sites identifiés en vue de prévenir toute épidémie. Certes, le continent n’a pas encore connu de morts comme en Occident mais il ne faut pas attendre les morts en cascade pour redoubler de vigilance.

Car le caractère mutant du virus H1N1 a été confirmé en Norvège, dans un communiqué de l'Institut norvégien de santé publique rendu public le vendredi 20 novembre dernier. Sur cette mutation, Pr. Didier Houssin, directeur général de la santé de France, a expliqué dans le journal Le Monde du même vendredi, que “Cette mutation était préoccupante, parce qu’elle peut permettre au virus de s'implanter plus bas dans l'appareil pulmonaire et de donner une maladie pulmonaire plus sévère”. La surveillance épidémiologique est donc la première arme de l’Afrique. C’est du reste l’avis de Dr. Hervé Kadjo : “La grippe semble, à première vue, ne pas constituer un problème de santé publique en Afrique subsaharienne. La pauvreté des données disponibles fait sous-estimer l'impact épidémiologique et socio-économique de celle-ci. A ce jour, la proportion de sujets infectés par le virus pandémique reste très faible avec une létalité (ce qui provoque la mort, ndlr) déclarée quasi nulle. La mise en place, dans le cadre du programme mondial OMS de lutte contre la grippe, des systèmes “sentinelles de surveillance”, véritables systèmes d'alerte basés sur la surveillance des syndromes grippaux et/ou des infections respiratoires aiguës fébriles, pourrait apporter la preuve que la réalité est tout autre. Le recueil des données issues de cette surveillance corrélée aux résultats de laboratoire permettront de donner un visage beaucoup plus objectif à la grippe en Afrique et constituer de véritables arguments pour une meilleure prise en charge tant curative que préventive de l'affection grippale. La prescription, très souvent injustifiée, d'une antibiothérapie empirique pourrait être corrigée.

L'efficacité de la vaccination antigrippale comme moyen de prévention et de réduction de la sévérité de la grippe n'est plus à prouver. La connaissance de l'épidémiologie de la grippe aidera à asseoir une politique vaccinale vis-à-vis d'une affection jugée à tort bénigne. Au-delà de la grippe, la problématique des infections”. En Côte d’Ivoire, la surveillance sentinelle (régulière et continue) de la grippe a été initiée en 2000 par l'Institut Pasteur de Côte d'Ivoire avec l'appui du laboratoire Sanofi Pasteur. Cette surveillance sentinelle était un projet pilote dont l'objectif général était de documenter la circulation des virus grippaux en Côte d'Ivoire. Depuis lors, la surveillance a été continue avec des taux de prévalence variables d'une année à l'autre, selon Sanofi Pasteur. En outre, le ministère de la Santé, par l’entremise de l’INHP, s’est doté d’un plan d’action de lutte contre la grippe H1N1 avec pour lignes directrices, de renforcer la surveillance épidémiologique et virologique sur tout le territoire national ; d’assurer la prise en charge thérapeutique adéquate des cas (il y a du tamiflu disponible et la prise en charge est gratuite) ; de sensibiliser les populations sur les mesures de lutte contre la grippe (cela s’est matérialisé par la formation des media au cours d’un atelier à Bassam ; par l’élaboration, la confection et la diffusion des messages aux populations et voyageurs ; par l’information et la sensibilisation des élèves, des pèlerins et des Forces de défense et de sécurité) et d’assurer le suivi et l’évaluation des activités de lutte contre la pandémie. Cela explique sans doute ce résultat flatteur en la matière de 3 cas détectés pour zéro décès. Le dispositif de surveillance doit donc être maintenu pour le bien être des populations.

Coulibaly Zié Oumar

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