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Utilisation des embryons humain pour des soins : les parlementaires sensibilisés sur les questions éthique - 06/01/2010 - Fraternité matin - Côte d'IvoireEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Pr.Yangni-Angaté Hervé, Président du Centre de formation médicale continue de bioéthique.Vous avez organisé récemment un colloque à l’Assemblée nationale sur les Cellules souches embryonnaires et l’euthanasie. Quel était le but de cette rencontre ?

La rencontre avait pour but de sensibiliser les députés à l’importance du sujet, qui est d’ailleurs d’actualité. Ceux-ci doivent être davantage informés sur le respect de la vie humaine afin de mieux légiférer.

A quoi renvoient les termes bioéthique et cellules souches ?

La bioéthique est l’étude systématique des comportements humains, dans des domaines de la santé et de la vie humaine. Ceci est examiné à la lumière des principes et valeurs, moraux.

Quand on parle de cellules souches embryonnaires, il s’agit du développement de l’être humain. Il naît de la conséquence de la fusion du spermatozoïde et de l’ovule. On parle ici de fécondation. Dès cet instant, l’être humain est conçu et se développe. Dans son développement, il passe par plusieurs stades.

Le premier est celui de l’embryon, qui est constitué au bout de trois mois. De trois à neuf mois, jusqu’au moment de la naissance, on parle de fœtus et à la naissance, du nouveau-né.

Toutefois il faut savoir que c’est le même être humain qui est engagé dans le processus.

Donc après le stade de nouveau-né, vous avez la petite enfance, la grande enfance, l’adolescence, le stade adulte, le 3e âge et la fin.

Il faut savoir que le point A, c’est l’accouchement.

Quant au point B, c’est la maturité. Si entre temps, on interrompt la vie de l’embryon, ce n’est pas normal.

Les cellules mères vont donner naissance à des cellules filles spécialisées, des cellules filles de la peau, du cerveau, pour les différents organes.

Notre démarche se situe aux deux extrémités de l’être humain. A savoir à son début, c’est à ce niveau qu’interviennent les cellules souches embryonnaires et à la fin de la vie, c’est-à-dire l’euthanasie, à savoir les problèmes que peuvent poser les malades à la fin de la vie.

Pourquoi dénoncez-vous l’utilisation des cellules mères embryonnaires, au profit de cellules mères adultes ?

Les cellules mères embryonnaires sont prélevées chez l’embryon et les cellules mères adultes sur le tissu adulte. On prend la peau du malade lui-même, on la cultive et l’on a la cellule mère. Dans ces conditions, le malade continue de vivre alors que dans le cas des cellules embryonnaires, on jette l’embryon à la poubelle. On ne peut pas promouvoir la vie et pratiquer une politique de destruction de cette vie, sous prétexte qu’on va guérir une maladie.

Quelles maladies soigne-t-on à l’aide de ces cellules souches embryonnaires ou mères ?

Des maladies génétiques, pour traiter des peaux, la leucémie, insuffisances ou des défaillances de fonctionnement d’organes, des maladies du cerveau, des maladies du sang, de la vieillesse. On parle de thérapie cellulaire.

Revenons à l’utilisation de l’embryon. Pourquoi vous y opposez-vous ?

L’embryon est un individu à part entière. C’est une entité spécifique en elle-même. Car il a une nature humaine, avec un matériel génétique unique. Quand l’embryon se développe, il part d’une unité mère, comme le sous-bassement dans la construction. Cette unité mère est composée de matériel génétique, venant d’une part de l’homme et d’autre part, de la femme. Ces deux constituent le patrimoine génétique, qui s’exprime par des caractères bien précis. Dès cet instant, il ne peut pas être autre chose qu’un être humain. Mettre fin à sa croissance, c’est ôter la vie.

Comment obtient-on ces embryons à des fins d’expérience ?

Grâce à l’avancée de la technologie, l’embryon peut être produit en laboratoire, par la maîtrise de la fécondation in vitro. On constitue des banques d’embryons humains, sur lesquels le scientifique va travailler, comme objets.

Or de façon ontologique, l’embryon n’est pas un matériau. L’être humain est au centre de l’univers et du monde. Il a une intelligence que vous ne rencontrez nulle part ailleurs. Ce ne sont pas des caractéristiques biologiques, mais métaphysiques. C’est pourquoi certains parlent de transcendance. C’est l’expression des notions telles l’intelligence, la biologie, la métaphysique, la philosophie, la morale.

Si vous faites abstraction de ces valeurs, vous ne pouvez pas cerner l’être humain.

Ce genre de problèmes se rencontrent-ils en Côte d’Ivoire ?

Oui, il y a des créations d’embryons en laboratoires en Côte d’Ivoire, par le truchement de la procréation médicalement assistée. Dès lors, il est important pour nous de sensibiliser au bien-fondé d’articles de lois, d’en relever les insuffisances ou les vides ou de renforcer ce qui est bien dans la loi.

Nous avons relevé par exemple que le statut juridique de l’embryon humain n’est pas spécifié. Il faut qu’on lui donne un statut juridique de telle sorte qu’on n’en fasse pas de manipulations.

L’euthanasie est aussi interdite en Côte d’Ivoire. On parle de meurtre ou d’empoisonnement dans ce cas.

Vous comprenez donc que, quand on réduit l’être humain à un tas de cellules, il y a problème.

Vous posez là un problème de croyance…

Oui, mais cela pose le problème de la définition de la personne, de ce qu’elle est intrinsèquement. Ce n’est pas dépendant de la religion. La religion comme tout, autre science, va venir expliquer un peu plus, la vérité.

Dans la formation de la personne, plusieurs paramètres interviennent. C’est pourquoi on parle d’éducation intellectuelle, physique, spirituelle, morale, etc. Si je reçois une bonne éducation intellectuelle, je m’accomplis, je me réalise, donc je suis un homme libre.

C’est donc cette conviction qui vous amène à vous opposer également à l’euthanasie ?

Justement, ce que nous voyons au stade de l’embryon est la même chose au niveau de l’euthanasie.

Dès l’instant où vous ne maîtrisez pas le sens de votre existence et que vous ramenez tout au bien matériel et au plaisir, vous réduisez la nature de l’homme. L’euthanasie s’assimile à jeter à la poubelle ce qui ne sert plus à rien. Peu importe le moyen. Cela pourrait se faire par le biais du médecin qui administre le médicament ou par le malade qui prend le médicament lui-même. On met en rapport le bénéfice et le coût. En somme, si je n’en tire pas de bénéfice, l’investissement n’en vaut pas la peine. On joue avec la vie humaine.

Vous préconisez les soins palliatifs…

L’évolution aidant, il est bon d’en parler, surtout qu’il y a des demandeurs, tels les malades du sida, les cancéreux, les personnes en fin de vie, etc. Il faut les soulager.

Oui, mais donner le soin, tout en sachant bien que le malade ne peut en guérir. A quoi cela sert-il finalement ?

Donner le soin, c’est prolonger la vie, aider par essence. Or dans le cas de l’euthanasie, on donne la mort, ce n’est pas la même chose. Le soin est avant tout psychologique, physique. Il a pour but d’améliorer l’état de santé de la personne.

Quelle est la place de Dieu pour vous ?

A un moment donné, vous vous dites, d’où vient tout ce qui est créé ? C’est en ce moment qu’intervient la métaphysique. Ce raisonnement nous amène à croire en Dieu. Quand vous êtes devant le processus de la vie, notamment l’embryo-genèse, vous vous dites, quel est le principe actif qui coordonne tout cela, sans qu’il y ait eu une main humaine physique.

Tout n’est pas physique et la bioéthique vient nous le rappeler. Vous êtes très intelligent, vous créez des vies en laboratoire, mais attention, sachez qu’il y a des limites au-delà desquelles vous ne devez pas aller ! Certains assimilent cela à la religion. Qu’on soit catholique, musulman, ou animiste, on est digne. On ne peut pas se permettre de violer le corps. Ce n’est pas la religion qui l’enseigne.

L’homme ne reste-t-il pas tout de même libre de son corps ?

Une règle fondamentale est que je ne peux pas disposer de mon corps ni de celui d’autrui. Mon corps ne m’appartient pas. N’avez-vous jamais entendu dire «il m’a déshabillé, il m’a honni» ou encore «il m’a pris comme en bas de tapette» ? comme pour dire qu’on vous a humilié. Le corps et le moral sont associés. C’est dire qu’on ne peut pas faire de son corps ou de celui d’autrui ce qu’on veut. Il y a une loi qui est inscrite en nous-mêmes et qui nous dit, ce qui est bon et ce qui est mauvais.

Dans cette même veine, l’expression corporelle a une importance. On ne peut pas s’habiller comme l’on veut. Cela obéit au respect des autres.

Interview réalisée par Marcelline Gneproust

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