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La planification familiale, meilleur moyen de lutte contre la mortalité maternelle - 14/09/2010 - Le potentiel - Congo-KinshasaEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

La planification familiale pourrait prévenir jusqu’à 40% des décès maternels. Elle passe, de ce fait, comme un meilleur moyen de lutte contre la mortalité maternelle. « L’enquête démographique et de santé (EDS) réalisée en 2007 a révélé que la RDC a un ratio de mortalité maternelle estimée à 549 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes. Ce taux compte parmi les plus élevés en Afrique. Mais, la tendance peut être renversée grâce à la planification familiale pour autant qu’elle permet de sauver les vies de femmes et de leurs enfants si elle est appliquée». C’est ce qu’affirme le directeur exécutif de l’Association de bien-être familiale/Naissance désirable (ABEF/ND). Selon M. Willy Kabongo, la planification permet aux femmes de reporter, d’espacer leurs grossesses, d’éviter celles qui ne sont pas souhaitées et de cesser d’avoir des enfants lorsqu’elles ont atteint la taille désirée pour leur famille.

Au moment où le gouvernement et ses partenaires ont pris l’option de repositionner cette intervention sanitaire, il vaut mieux que la population comprenne ses avantages sur la santé de la femme en vue de la pratiquer. Ainsi a-t-il relevé les quatre « trop » comme facteurs favorisant les décès maternels, en référence aux grossesses « Trop précoces », «Trop tardives», « Trop nombreuses » et «Trop rapprochées » en insistant qu’elles peuvent être évitées grâce à la planification familiale.

A ce sujet, une grossesse est déclarée « trop précoce » lorsqu’elle survient chez une fille de moins de 18 ans. Celle-ci est exposée à un risque plus élevé de décès ou de handicap que la normale, à cause de la grossesse et son bébé, encourt plus de risques de santé.

Les grossesses « trop nombreuses » concernent les femmes qui donnent fréquemment naissance. Elles sont, de ce fait, susceptibles de rencontrer des problèmes au cours de leurs dernières grossesses qualifiées et exposées à un risque de décès ou de handicap plus élevé, tout comme leurs nouveau-nés. «L’on parle des grossesses trop nombreuses déjà à partir de cinq délivrances», a précisé, à propos, M.Willy Kabongo.

Les grossesses « trop tardives » touchent les mères âgées de plus de 35 ans. Ces dernières encourent un plus grand risque de décès.

L’on parle des grossesses « trop rapprochées » lors que les enfants naissent à des intervalles inférieures à la normale. Les femmes doivent attendre au mois trois ans après avoir accouché, avant de tenter de tomber à nouveau enceinte.

Plus pratique, l’infirmier superviseur de la zone de santé de Kinshasa a estimé qu’un grand travail d’information et de sensibilisation doit se faire au niveau de la communauté au regard des avantages qu’offre la planification familiale contre la mortalité maternelle. Pour ce faire, M. Guy Ramazani souligne le rôle important que peuvent les relais communautaires pour informer les femmes et, si possible, les référer dans les centres qui offrent les services de planification familiale. Et d’ajouter, l’implication des hommes dans cette démarche.

Pour lui, la planification familiale vaut son pesant d’or dans la réduction de mortalité maternelle du fait qu’elle permet à l’organisme de la femme de se reposer suffisamment avant de contracter une autre grossesse. Allusion faite à la jachère. « Dans l’espoir d’obtenir une bonne récolte à la prochaine culture, le laboureur accorde, laisse reposer la terre pendant un moment donné. De la même manière, l’organisme de la femme a besoin d’au moins trois ans de repos après un accouchement pour se reconstituer et pouvoir supporter une autre grossesse. Et, la femme ne peut y parvenir que par l’application d’une méthode contraceptive qu’elle soit naturelle ou moderne. Au cas contraire, elle s’expose aux risques de perdre sa vie en la donnant», a expliqué M. Ramazani. Il a, par ailleurs, affirmé qu’au niveau de la zone de santé, seulement deux cas de décès maternel ont été enregistrés depuis le début de cette année.

Ce qu’il qualifie de succès relève notamment du fait que la population s’intéresse de plus en plus à la planification familiale et recourt aux services appropriés. Mais, cela se pose comme une goutte d’eau dans la mer. Le pays est vaste et chaque communauté vit ses réalités.

Au regard de ses avantages, la planification familiale s’avère, toutefois, incontournable dans la lutte contre la mortalité maternelle.

Le gouvernement doit en prendre conscience afin qu’avec ses partenaires, ils puissent focaliser toutes les énergies possibles dans le domaine s’ils veulent réussir la lutte contre les décès maternels. Car, aucune femme ne doit perdre sa vie en voulant la donner.

Par Raymonde Senga Kosi

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