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Les quatres forces nécessaires pour guérir du VIH-SIDA en Afrique (suite et fin) - 18/12/2006 - Le potentiel - Congo-KinshasaEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Pour les forces africaines de lutte, et particulièrement pour les églises d’Afrique, la question est de savoir si elles sont prêtes à s’investir dans la construction du mental de lutte à partir des ressources culturelles de l’Afrique ou si elles vont tout simplement continuer à être des caisses de résonance des campagnes de lutte sans ressorts vitaux internes.

Allons-nous penser, comme certains, que la culture africaine est une pure construction de l’esprit brassant des valeurs qui n’existent plus ou sommes-nous prêts à atteindre nos peuples dans les affects profonds qui peuvent leur redonner le sens de la survie par la foi en la vie et par ce que cette foi engage chez un Africain fier de lui-même et décidé de ne pas être victime des catastrophes dans son histoire. ?

Aujourd’hui, il n’est plus possible de ne compter que sur la recherche médico-scientifique moderne, il faut féconder celle-ci avec nos ressources culturelles dans leur capacité de fertiliser nos mentalités de lutte.

La force éthique

L’éthique est au cœur du problème du VIH-SIDA en Afrique aujourd’hui. Son exigence se résume en une seule question : comment devons-nous agir ? Comment devons-nous nous comporter face à une pandémie qui risque de détruire notre vie et notre avenir ?

Sur cette question de l’agir et du comportement, la culture africaine dans son esprit est une culture de la force spirituelle et de la vie communautaire, c’est-à-dire de la structuration éthique de la société sur le principe de la responsabilité collective où chacun, de par ses relations avec le monde transcendant, est censé être responsable de chacun. Nous connaissons tous en tant qu’Africains les poncifs déjà éculés sur l’esprit africain de solidarité et sur l’intégration de l’individu dans le tissu collectif lié aux ancêtres, aux génies de l’autre monde, aux divinités et à Dieu lui- même. Il ne s’agit pas ici de reprendre purement et simplement ces poncifs, mais d’indiquer plutôt que l’esprit communautaire structure le champ social sur des interdits, des tabous, des règles collectives et des principes clairs dont l’ensemble forge une personnalité éthique profonde. Chacun sait ce qu’il y a à faire et ce qu’il ne faut pas faire.

Chacun intériorise cette personnalité éthique et se conforme à ses exigences, sous le pouvoir coercitif de la communauté qui garantit le bon fonctionnement social. La force de cette éthique consiste dans sa capacité à pouvoir gérer communautairement les problèmes et les souffrances, à encadrer fortement ceux qui sont malades et qui souffrent, à donner à chacun la certitude qu’il ne vit pas seul et qu’il ne mourra pas abandonner dans la solitude. Ainsi intégré dans sa société, la personne en respecte les rythmes éthiques et trouve son épanouissement dans ces modulations de profondeur.

Aujourd’hui, cette éthique est à réinventer en Afrique car elle a tendance à disparaître. Beaucoup de malades du SIDA en font souvent l’amère expérience. Pour eux, l’Afrique communautaire représente une belle fiction. Plus que quiconque, ils sentent alors jusqu’à quel point l’Afrique a trahi l’Afrique et jusqu’à quel point il aurait fallu que l’Afrique soit fidèle à l’Afrique.

Quand on voit le monde de ce point de vue, toutes les critiques sur les faiblesses de l’esprit communautaire qui brise l’individu et tue sa force créatrice deviennent caduques et dérisoires. La communauté apparaît comme une valeur cardinale, un principe sur de vie à revaloriser, à organiser, à refonder en raison pour qu’il fonde à son tour une nouvelle société africaine capable d’affronter le VIH-SIDA. Il faut considérer l’exigence de réinvention africaine de la solidarité comme un impératif majeur du combat contre la pandémie.

Ce combat éthique a une portée essentielle. Il concerne d’abord la re-dynamisation du pouvoir de structuration de la personnalité collective autour de certains interdits absolus, des tabous radicaux, des règles fondamentales et des principes essentiels de comportement. Toute une architectonique qui s’imposerait à la société dans un contexte d’état d’urgence. Autrement dit, nous avons à promouvoir une éthique de guerre : avec ce que cela exigence de rigueur et de discipline collective pour gagner la bataille. En situation de guerre, tout le monde sait à quelles contraintes les militaires sont soumis et à quelle volonté de dépassement de soi ils sont condamnés. Par les pratiques d’initiation, l’Afrique avait mis sur pied toute une éducation aux contraintes sociales et au dépassement de soi pour le bien de la communauté. Nous avons à redécouvrir cette dynamique initiatique de la vie communautaire dans l’organisation de nos batailles contre la pandémie.

La question qui se pose aux forces actuelles de lutte, particulièrement aux é lises, est celle-ci : sommes-nous prêts à étudier en profondeur cette dynamique initiatique de nos traditions pour l’Impliquer dans 1’éducation de la Jeunesse dans la lutte contre le VIH-SIDA, ou allons-nous en rester au simple rappel des préceptes évangéliques qui n’ont pas l’adhésion profonde semblable à 1 adhésion qu avalent les interdits, les tabous, les règles et les principes éthiques traditionnels ? N’est-il pas temps d’intégrer la force initiatique de nos traditions dans une grande dynamique d’évangélisation qui ferait de la lutte contre le VIH-SIDA le centre de son message ? Plus précisément, n’est-il pas temps d’organiser les communautés chrétiennes sous le modèle des communautés-familles où chacun est responsable de l’éthique de chacun ?

Il ne s’agit pas là de vouloir nier la liberté ou de noyer l’individu dans le fleuve de sa communauté. Il s’agit de prendre conscience que nos sociétés sont en danger et que face aux dangers, il y a devoir de résistance collective et de contrôle mutuel pour que l’ensemble social ne s’effondre ni ne périsse. Une éthique initia- tique pour la survie collective et l’avènement d’une nouvelle vie, voilà à quoi le VIH-SIDA nous engage. Nous ne pouvons assumer cet engagement sans redécouvrir l’éthique initiatique de nos traditions culturelles comme lieu d’épanouissement de communautés-familles. Seule cette perspective peut donner aux actuelles campagnes de lutte une véritable efficacité, une véritable fécondité.

Les valeurs modernes de liberté et d’organisation démocratique de la société trouveraient dans les valeurs africaines un allié sûr, exactement comme la médecine traditionnelle devra être le partenaire sûr de la recherche médico-scientifique moderne.

La force spirituelle

En dernier ressort, le destin d’une civilisation se déci- de dans sa relation avec l’absolu, avec la transcendance, avec Dieu. C’est dans cette relation spirituelle avec l’absolu que se développent les forces de vie les plus profondes : celles que la religion organise en en faisant la strate fondamentale de l’existence humaine.

Dans cette strate se décident les raisons de vivre et de mourir. C’est là que se forgent les convictions les plus prégnantes de la vie sociale. En Afrique, la vie spirituelle s’est structurée autour des relations que la personne humaine noue avec les ancêtres, avec les forces invisibles et de façon ultime, avec Dieu lui-même. Ces relations sont d’une prégnance si profonde sur l’individu qu’el- les structurent sa vie de tous les jours. Les forces invisibles contrôlent les vivants et les sanctionnent.

Les ancêtres les regardent. Des sociétés secrètes qui organisent dans l’ombre la vie des communautés y fonctionnent comme l’œil de l’invisible : elles pèsent sur les comportements des personnes au nom du monde des génies, des ancêtres, de l’invisible, de Dieu.

Par cette présence permanente des forces de l’au-delà dans l’ici-bas sont créées une spiritualité de communion et une conscience de coopération permanente avec l’invisible. C’est la spiritualité de l’énergie vitale, qui ouvre le monde des humains au souffle de l’invisible, qui crée en même temps le tissu des liens profonds entre tous les règnes des êtres, dans une sorte de vibration vitale cosmique et historique unissant le passé, le présent et l’avenir. Dans cette spiritualité se déploient une solidarité sociale au quotidien et un sens de responsabilité collective dont la société a besoin, surtout en cas des catastrophes et des calamités.

Aujourd’hui, beaucoup pensent que l’invisible s’est tu et que les ancêtres ont perdu la parole dans nos sociétés. Pourtant, l’invisible parle haut et fort, mais c’est l’invisible des forces maléfiques : les sorcelleries, les fétichismes et les mystifications «mystiques» de toutes sortes. Il y a une inversion de l’esprit de la religion traditionnelle et une perversion de son projet des liens entre les humains et l’invisible, entre les humains et la création entière pour une solidarité sociale créative et responsable. On en arrive ainsi à vouloir lutter contre le VIH-SIDA par la manipulation des forces invisibles négatives et par le développement d’un charlatanisme spi- ritualiste sans limites, qui se nourrit de la crédulité populaire en un « SIDA d’attaque mystique .

Même les églises ont tendance à développer ce type de spiritualité et à noyer la force de l’Evangile dans le fatras des pratiques mystificatrices dont les guérisons spirituelles sont orchestrées à coup de grands spectacles sans bilans officiels contrôlables.
Face à cette tentation de la mystification dans la lutte contre le VIH-SIDA, il temps de redécouvrir l’intuition fondamentale de la spiritualité de l’énergie vitale et de la féconder avec la sève de l’Evangile de la vie : la bonne nouvelle de la foi en Jésus-Christ comme principe de responsabilisation et de création de nouvelles solidarités en vue de changer les mentalités et les comportements.

La question qui se pose aux églises est de réussir aujourd’hui cette conjonction, cette mise en synergie de la spiritualité vitale africaine et de l’Evangile de la vie dans la lutte contre le VIH-SIDA. Sommes-nous prêts à dégager l’horizon de cette exigence et à en faire le levier de nos campagnes d’éducation et de formation spi- rituelle ?

Le sens de nos forces

En parlant de ces quatre forces nécessaires à la victoire sur le VIH-SIDA, j’ai voulu attirer l’attention sur les atouts de la culture africaine et de la manière dont son génie peut devenir une arme utile contre la pandémie. Je n’ai pas voulu reprendre la question des faiblesses de nos cultures dans ce domaine. Avec Marcellin Setondji Dossou et Jean-Blaise Kenmogne, nous l’avons déjà fait dans notre ouvrage précédent où nous indiquions deux domaines précis où nos cultures sont défaillantes : * La conception globale du monde qui exclue certaines maladies du champ de l’humain et considèrent ceux qui en sont atteints comme des sous-humains indignes d’être des ancêtres; * La conception de la masculinité comme puissance d’asservissement, et de la féminité comme infirmité ontologique.

Je n’ai pas eu l’intention de revenir sur ce point dans le présent livre. Mon intérêt a porté plutôt sur ce qui, dans notre génie culturel, peut être considéré comme un limon capable de féconder et de réorienter tout ce que la recherche médico-sociale moderne rend possible dans nos pays.

J’ai voulu montrer clairement en quoi le VIH-SIDA, considéré comme tragédie globale embrassant tous les domaines de notre existence, exigeait une guérison globale intégrant tout le génie de notre être. Au cœur de ce génie, la culture africaine a été invoquée ici dans ses atouts et dans toutes ses énergies positives dans la lutte contre la catastrophe du VIH-SIDA.
L’essentiel était de dire qu’il existe en Afrique de possibilités spirituelles, éthiques, mentales et médicales de première grandeur pour une vision féconde du combat contre la pandémie et pour des pratiques efficaces de transformation des comportements et des mentalités. Il appartient aux forces de lutte, particulièrement aux communautés chrétiennes avec lesquelles je travaille personnellement, d’en tirer les conséquences qui s’imposent. Il appartient également aux institutions publiques et aux lieux de formation humaine de base d’en faire la pierre d’angle de leur pédagogie pour vaincre la pandémie.

Tiré de Guérir l’Afrique du SIDA du philosophe et théologien congolais Kä Mana

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