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Mme Sylvie Isenge Balomoy : « Les femmes vivant avec le Vih/Sida ont un rôle important à jouer dans la lutte contre ce fléau» - 02/12/2010 - Le potentiel - Congo-KinshasaEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Née à Kinshasa en 1974, Sylvie Isenge Balomoy est diplômée d’Etat en pédagogie générale en 1993. Elle a suivi après une formation en hôtellerie en 1996. En raison de son état de santé, elle dirige l’Association des jeunes vivant avec Vih/Sida (Ajv+), une ONG qui réunit en son sein les PVV et les personnes affectées par le Vih/Sida (Pa). Elle assure leur prise en charge psychosociale. Outre cette prise en charge, Ajv+ œuvre pour briser le silence de la population et sa mauvaise perception de la maladie qu’elle semble considérer comme tabou ou fatalité non seulement en faisant passer le message de dépistage auprès de toutes les couches de la jeunesse, en bannissant le tabou qui entoure la maladie et en renforçant les messages de solidarité envers les PVV et Pa à travers les médias et conférences.

« Nous avons vraiment un rôle important à jouer, car, non seulement nous réconfortons les PVV et les Pa, mais nous aidons ceux qui sont bien portants à adopter des comportements responsables vis-à-vis de la maladie et des personnes vivant avec le Vih/Sida », a-t-elle confié.

Sylvie Isenge rêvait de devenir une religieuse. Inscrite comme aspirante à un couvent de la place, elle perd vite sa vocation pour se lancer dans une aventure amoureuse, qui n’a pas abouti. Malgré ce nouvel élan, elle se culpabilise quelque part de ne pas être entrée au couvent. Pendant que le feu de la vocation se rallume dans son coeur, elle rencontre un autre homme, « un fiancé officieux ». Avec ce dernier, la relation n’a pas duré longtemps à cause d’un conflit de religion. « Il soutenait la polygamie alors que j’étais contre cette façon de voir les choses», souligne-t-elle.

Après le polygame est venu un autre monsieur avec qui elle vit en concubinage. Et c’est ce dernier qu’elle soupçonne d’être porteur du virus. « Notre relation s’est interrompue au moment où je lui ai annoncé mon entrée au couvent », explique-t-elle.

Avant d’entrer au couvent, les religieuses lui imposent des examens d’aptitude physique dans lesquels le test de dépistage du Vih/Sida est inclus, sans qu’elle le sache. Lors de l’annonce des résultats, elle est la première des trois aspirantes, à être appelée par le médecin blanc qui détenait les enveloppes. « Ce dernier a failli mettre fin à ma vie, car, il m’a annoncé d’un ton sec, sans passer par quatre chemins que j’étais infectée au Vih/Sida ». Troublée par la nouvelle qui lui est tombée dans les oreilles tel un bruit de tonnerre, elle conteste ces résultats. Elles vont cette fois avec la Sœur supérieure à l’INRB (Institut national de recherche biologique) où la confirmation est venue une semaine après.

Découragée, son premier réflexe est de s’enfermer à la maison et de se suicider. Puis, elle se met à prier et entend, du coup, une voix intérieure. « Cette voix, qui me revenait à tout moment, me disait, ne te suicide pas, je serai avec toi », confie-t-elle. Bien qu’ayant entendu la voix, elle s’est noyée dans les soucis, perdant tout son poids alors qu’elle était grasse. «Cette perte de poids m’a livrée à une stigmatisation de la part de mes amis et voisins du quartier. C’est en 2003 que j’ai pu récupérer non seulement à cause des ARV, mais aussi parce que j’ai accepté ma situation avec l’aide du Christ », avoue-t-elle.

Son accès aux arv

Sylvie Isenge plaide pour l’élargissement de l’accès à ces médicaments d’autant que le nombre de cas ne cesse d’augmenter. Elle a eu la chance de rencontrer une Botswanaise, Mme Moussa, pasteur qui lui a remis une enveloppe consistante pour qu’elle accède au traitement vu son état de santé à l’époque. C’était par l’entremise de M. Andrew Lusey, coordonnateur de la Communauté œcuménique des églises contre le Vih/Sida dont le bureau est basé au Quartier général de l’Armée du Salut à Kinshasa. Ce monsieur l’a recrutée pour témoigner de son état pour le compte de la République démocratique du Congo à une conférence qui s’est tenue à Brazzaville, capitale de la République du Congo. Et c’est là qu’elle a rencontré Mme Moussa qui a compati à sa souffrance parce qu’elle avait eu une crise pendant la conférence. Et jusqu’à présent, la contribution de cette femme est devenue comme un financement extérieur à l’ONG Ajv+.

Outre l’aide de la Botswanaise, elle est acceptée au Centre de traitement ambulatoire de Kabinda, un centre tenu par « Médecins sans frontières», où elle reçoit gratuitement le traitement. Elle est également acceptée aux soins à Cipla, une firme indienne qui a facilité un voyage en Inde pour voir comment on fabrique les ARV. Cette relation avec la Cipla lui permet d’aider beaucoup d’autres PVV de son association à obtenir les médicaments lorsqu’ils en manquent.

Quant aux effets de ces médicaments sur l’organisme, Sylvie Isenge affirme n’avoir pas connu tous les effets comme indiqués dans le médicament, notamment la diarrhée et la fatigue, la nausée, etc. Ils ont, au contraire, suscité en elle de l’appétit au point qu’elle ne peut se passer de la nourriture.

La PVV est utile pour la société

Sylvie Isenge exhorte les femmes séropositives qui se cachent parce qu’elles craignent la stigmatisation, de sortir de leur silence pour participer à la lutte. Elles doivent d’abord accepter leur situation pour affronter avec courage la masse qu’elles sont appelées à sensibiliser par leur témoignage afin qu’elle adopte un comportement responsable face au fléau qui menace l’humanité. « Ces femmes doivent savoir qu’avec les ARV, le Sida est devenu une maladie comme le diabète. Si une diabétique est condamnée à prendre chaque jour des médicaments, pourquoi une PVV ne le ferait-elle pas. Porter le virus du Vih/Sida n’est plus une fatalité comme on le croyait avant. Nous avons maintenant la chance de vivre et vivre longtemps et normalement en jouissant de tous nos droits en tant qu’être humain, en participant au développement de notre pays grâce à nos capacités et compétences », fait-elle comprendre.

A ce sujet, elle fait savoir que son ONG avait bénéficié de trois financements. Le premier lui a été remis par le projet PNUD-PNMLS dans le cadre des activités génératrices de revenus. Ce qui lui a permis d’ouvrir une boutique et un dépôt de boissons. Le deuxième lui a été accordé par le Bceco (Bureau central de coordination). Il a permis l’ouverture d’un atelier de coupe et couture qui forme gratuitement les PVV et les Pa. A la fin de cette session, l’objectif est que cet atelier devienne une école professionnelle à laquelle on ajoutera les options « esthétique », « électricité bâtiment » et un centre d’apprentissage des langues. En outre, l’ONG Ajv+ dispose d’un complexe scolaire qui organise les enseignements maternel et primaire.

Les ARV font actuellement défaut

Sylvie Isenge Balomoy a exprimé des regrets à l’occasion de la journée mondiale Sida 2009. Se confiant au journal Le Potentiel, elle a indiqué que les PVV n’ont plus accès aux ARV depuis quelque temps. A la place, on leur donne des produits dits « de deuxième ligne » destinés aux PVV dont l’état de maladie est très avancé. Par conséquent, a-t-elle poursuivi, au cas où les produits dits « de deuxième ligne » provoquer des effets secondaire, le personnel traitant arrête leur administration avec ce que cela comporte sur la santé du malade.

Par Raymonde Senga Kosi

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