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Lutte contre la mortalité maternelle au Sud-Kivu : l’hôpital général de référence de Kaziba se distingue par sa maison d’attente - 22/12/2010 - Le potentiel - Congo-KinshasaEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Située à près de deux heures de route de Bukavu, dans une zone de montagnes, caractérisée par un relief escarpé, Kaziba se singularise, à bien des égards, par la géante statue, érigée au centre de la cité, pour commémorer la mémoire d’un missionnaire norvégien qui aurait séjourné dans la contrée avant l’indépendance et qui aurait beaucoup assisté les populations locales.

Autre caractéristique de Kaziba, c’est bien son hôpital général de référence, avec ses bâtiments blancs bien visibles, non loin de la statue du missionnaire. Les va et vient incessants des hommes et femmes en blouses blanches, ainsi que la foule nombreuse constituée de patients et d’accompagnateurs, montrent bien qu’on est dans un hôpital bien fréquenté. C’est l’Hôpital de référence de la zone de santé de Kaziba, qui comprend 15 aires de santé, dont 10 situées dans les montagnes, l’hôpital général de référence de Kaziba, géré par l’Eglise protestante (Communauté des églises libres de Pentecôte en Afrique), emploie 4 médecins, dont le directeur, Dr. Christian Mushemuka. « Notre hôpital offre un paquet complet de services, dont les services de la maternité », déclare-t-il.

Sur les 15 aires de santé de la zone, seuls 5 centres de santé offrent, à l’instar de l’hôpital général de référence, un paquet de services de maternité. « Nous recevons, ainsi, les femmes enceintes qui viennent des centres de santé qui n’ont pas de paquets de maternité, mais également des zones où il n’y a pas d’équipements et de personnel qualifié. Ce qui nous fait, en moyenne 3000 à 3500 accouchements par an », dira Dr. Mushemuka. Mais du fait du relief montagneux et des longues distances à parcourir, certaines femmes enceintes, arrivaient, dés fois, à l’hôpital, trop tard. Selon le médecin directeur de l’hôpital, certaines femmes peuvent mettre 2, 3 jours ou même une semaine avant d’arriver pour bénéficier des soins. « Et souvent quand elles arrivaient, c’était trop tard, pour faire quelque chose, ou pour éviter les complications liées à l’accouchement, telles les fistules obstétricales », dira-t-il, avant d’ajouter que c’est là un retard mortel, surtout s’il y a complications.

AMELIORER L’ACCESSIBILITE DES SERVICES AUX FEMMES ENCEINTES

Pour faire face à ce problème et permettre aux femmes enceintes d’être suivies et de pouvoir accoucher sous une assistance appropriée, l’hôpital a innové, en instaurant une maison d’attente ou « bioniola », comme l’appellent les femmes, trouvées sur place. Non seulement, cette initiative permet d’améliorer l’accessibilité des services aux femmes enceintes, mais aussi de répondre positivement à un besoin. « Les femmes viennent s’installer à partir du dernier trimestre et sont suivies par les médecins et moi-même, » affirme Mme Karagwa Sindok, l’accoucheuse de la maison d’attente.

Parallèlement à cette décision d’améliorer l’accessibilité des services, l’hôpital a cherché à améliorer la qualité des services, avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), qui l’approvisionne en médicaments, équipements et autres. Mais aussi par le renforcement des capacités des prestataires de services. Cette amélioration de l’accessibilité des services, combinée à l’amélioration de la qualité des services, a eu pour effet de réduire la mortalité maternelle. « On enregistre de moins en moins de décès maternels. L’an dernier, par exemple, nous n’avons enregistré que 2 cas de décès, comparativement aux années 1990 ou nous enregistrions jusqu’à plus de 20 décès », affirme avec un air satisfait Dr. Mushemuka.

Cette réduction de la mortalité maternelle constatée à l’hôpital général de référence contraste bien avec les tendances au niveau national.

LA MORTALITE MATERNELLE ELEVEE EN RDC

En effet, le niveau de mortalité maternel est légèrement supérieur à 1100 décès maternels pour 100.000 Naissances vivantes ; ce qui signifie que chaque heure en RDC, 4 femmes meurent des suites des complications de la grossesse. Et pour chaque femme qui meure, il y a, au moins, 20 à 30 femmes qui souffrent de graves complications liées à la grossesse, à l’accouchement telles les fistules obstétricales très fréquentes en RDC ou aux complications des suites de couche. La RD-Congo compte parmi les 6 pays du monde qui contribuent pour 50 % de la mortalité maternelle dans le monde, à côté de l’Ethiopie, du Nigeria, de l’Inde, de l’Afghanistan et du Pakistan. La faible accessibilité aux services et la mauvaise qualité des soins n’expliquent pas à elles seules cette position du pays. En effet, la mortalité maternelle est élevée en RDC parce que les femmes accouchent trop souvent, elle est aussi élevée parce que les femmes accouchent trop tard, ou trop tôt, et parce que les besoins en contraceptifs ne sont pas satisfaits. Eviter les grossesses trop précoces et trop rapprochées par exemple, tout comme un meilleur accès à la contraception, contribueraient à une réduction significative de la mortalité maternelle.

Avec près de 84 % d’accouchements assistés, la zone de santé de Kaziba fait partie du peloton de tête, dans la province du Sud-Kivu et l’expérience de cette maison d’attente qui permet un suivi rapproché des femmes enceintes, en est certainement pour quelque chose.

LA JEUNESSE FAVORISE LES COMPLICATIONS LIEES A LA GROSSESSE

Un détour dans la maison d’attente située dans un coin de l’hôpital nous permet de rencontrer les pensionnaires. 53 femmes enceintes, en provenance de différents centres de santé de la zone, cohabitent dans 2 grandes chambres, à l’intérieur desquelles se trouvent des lits individuels sur lesquels sont accrochés des moustiquaires, destinés à protéger contre les piqûres des moustiques. Alors que certaines se reposent dans les chambres, d’autres se sont regroupées aux alentours des chambres pour discuter et se soutenir mutuellement. « Elles se regroupent selon les affinités, et s’organisent pour manger ensemble et s’entraider », lance Mme Sindok.
Parmi celles assises à côté d’une des chambres se trouvait une qui avait l’air plutôt jeune, Mme Vumiliya Lwabashi. Agée de 18 ans Mme Vumiliya, dont la jeunesse constitue un facteur favorisant les complications liées à la grossesse, en était à sa première grossesse, et était pensionnaire depuis une semaine. « Je suis venue pour bénéficier du suivi de l’hôpital. Comme je suis de Mushenyi, dans les montagnes, qui est loin d’ici, je ne pouvais pas attendre jusqu’à être à terme pour venir », explique-t-elle avec un sourire. Comme elle, Mme Mapendo Marie, qui séjourne dans la maison d’attente depuis bientôt 2 mois, en est à sa première grossesse. Originaire elle aussi de Mushenyi, elle déclare être bien suivie par les médecins, qui viennent les visiter 2 fois par semaine. « Je remercie bien les docteurs et maman Sindok, qui nous aident et s’occupent bien de nous » réitère Mme Marie.

LA MAISON D’ATTENTE CONFRONTEE A LA PRISE EN CHARGE ALIMENTAIRE

Pour sa part, Mme Judith Mwakabanza, 23 ans et à sa deuxième grossesse, elle, déclare être venue habiter la maison d’attente pour ne pas avoir les mêmes difficultés qu’elle avait lors de sa première grossesse qui était vraiment une grossesse difficile. « Les consultations prénatales que les médecins font deux fois par semaine, permettent de desceller d’éventuelles complications et de mieux les prendre en charge », clame l’accoucheuse, Mme Sindok. Le seul problème que rencontre la maison d’attente est, selon elle, lié à la prise en charge alimentaire des pensionnaires, d’autant plus que les familles, habitant loin, ne viennent rendre visite qu’une fois par mois. Les femmes enceintes sont obligées, selon elle, de se prendre en charge, de se débrouiller pour se nourrir. C’est pourquoi, dira-t-elle, certaines se retrouvent à faire de petits boulots en dehors de l’hôpital pour gagner un peu d’argent et se prendre en charge. « On leur interdit de le faire, mais elles le font en cachette », indique Mme Sindok.

Même s’il leur est interdit de travailler, Mme Judith Mwakabanza trouve qu’elles ne peuvent pas faire autrement. Les ressources générées par leur travail leur permettent, selon elle, de non seulement payer la nourriture, mais également de payer les services liés à l’accouchement.
Et à la question de savoir comment font celles qui ne peuvent pas payer les frais d’accouchement, Dr. Mushemuka répond que l’hôpital les laisse rentrer chez elles, sur la base d’une promesse de revenir régulariser plus tard. « Mais, en réalité, peu reviennent», laisse entendre le médecin-directeur de l’hôpital.

ASSANE BA, CHARGE DE COMMUNICATION ET DU PLAIDOYER Fonds Des Nations Unies pour la Population (UNFPA)/RDC

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