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Revue de presse

Maladies tropicales négligées : les lépreux abandonnés à leur sort ? - 01/02/2017 - L'observateur - Congo-KinshasaEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

En voie d’éradication dans de nombreux pays, la lèpre fait pourtant encore parler d’elle. De nouveaux cas sont découverts. Au Burkina, 187 malades ont été recensés en 2015. Et les principaux concernés se sentent aujourd’hui délaissés contrairement au temps passé où ils bénéficiaient de plus d’attention. Tiens, c’est nous qui les informons, le mardi 31 janvier 2017, que le dimanche 29 janvier dernier a été célébrée la Journée mondiale des lépreux.

Une journée qui est en effet passée presque inaperçue au plan national. A-t-on oublié nos lépreux ? Pour les autorités sanitaires, ce silence, loin d’être un oubli est plutôt une pause pour une meilleure organisation. C’est du moins ce que nous a fait savoir le responsable de l’Unité d’élimination de la lèpre au Burkina Faso, le Dr Christophe Kafando.

Mardi 31 janvier 2017 dans la cour de la Trypano de Ouagadougou. Quelques minutes avant 10 h, en attendant notre rendez-vous avec le Dr Christophe Kafando, responsable de l’unité d’élimination de la lèpre au Burkina Faso dans le cadre du Programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées, nous échangeons avec le président de l’Association des lépreux Nongbzanga, Issaka Ouédraogo, et deux de ses camarades qui ont bien voulu faire le déplacement pour nous rencontrer. Bientôt une porte s’ouvre et un monsieur nous fait signe de la main de venir. C’est le Dr Kafando qui nous a reconnue et voulait nous présenter un nouveau malade de la lèpre, objet de notre reportage, donc de notre présence sur les lieux. Le vieux Ousmane Ouédraogo, c’est de lui qu’il s’agit, est originaire du village de Yimiougou dans la commune de Kaya. Il vient de découvrir à l’issue de sa consultation avec le Dr Kafando que la maladie qu’il traîne depuis 12 mois est bien la lèpre. Assis torse nu, des taches noires ont envahi son corps et tous les doigts de ses mains sont rongés par des plaies. Ce cas est une preuve palpable que la lèpre sévit encore dans nos contrées. Maladie infectieuse, contagieuse (se transmet par les micro-gouttelettes comme l’éternuement, les expectorations, la salive...), la lèpre, qui affecte principalement la peau et les nerfs, est due à un bacille appelé micro bactérium lépreux qui ressemble un peu au bacille de la tuberculose, nous apprend le médecin. Ce parasite se trouve chez l’homme, et récemment on l’a retrouvé chez certains animaux sauvages ; ce qui a amené certaines personnes à penser que c’est la raison pour laquelle malgré les nombreux efforts fournis dans la lutte contre celle-ci on n’est encore pas parvenu à éradiquer totalement la maladie. En effet, si grâce aux efforts conjugués des uns et des autres, la lèpre n’est plus aujourd’hui considérée comme un problème de santé publique, il n’en demeure pas moins que des cas subsistent au Burkina : à en croire notre dermatologue, en 2015 il y a eu 187 nouveaux cas, soit 7 enfants, 90 hommes et 90 femmes. Ces cas émergents peuvent aussi être dus au fait que la lèpre est une maladie qui évolue très lentement. « Elle met du temps avant de se manifester. La période d’incubation peut aller de 5 à 20 ans, et comme c’est une maladie qui ne fait pas mal, c’est lors des complications que le malade se rend compte qu’il en est atteint », a-t-il relevé. Qu’en est-il de sa prise en charge ? Elle est effective selon Dr Kafando : « Sur le plan médical, nous disposons d’une unité centrale qui contrôle les activités sur le terrain, le dépistage se fait de façon volontaire en périphérie. Il y a ensuite une mise en traitement selon le protocole de l’OMS, puis nous donnons des conseils pour éviter que le malade ait des complications ou, dans le cas échéant, qu’il sache ce qu’il doit faire pour que ces complications ne s’aggravent pas. Nous éduquons également les parents à assister le malade ». Sur le plan social , avec la collaboration de l’Association Raoul Follereau, des activités de sensibilisation, de réinsertion sociale des malades par l’octroi de microcrédits pour des activités génératrices de revenus afin de leur permettre de vivre dignement sont aussi menées, toujours selon le responsable de la lutte contre la lèpre.

Pourtant à écouter les malades, plutôt que la maladie, c’est la prise en charge qui est en voie d’éradication au Burkina. Depuis quelques années, les lépreux disent avoir l’impression d’être laissés à eux-mêmes. Tout a commencé avec leur délocalisation de la Trypano (au centre-ville) au village de Sakoula (à la périphérie de Ouaga), raconte avec amertume Hamado Sawadogo, 67 ans révolus, membre de l’association Nongbzanga : « Il y a eu un changement. Beaucoup d’entre nous étaient internés ici. Nous étions soignés, nourris, et faisions du jardinage pour subvenir aux autres besoins. Entre- temps, on nous a fait savoir que la maladie était finie, même si ce n’est pas le cas, et on nous a demandé de rentrer chez nous. Et une fois que nous avons quitté le centre, l’accès aux soins est devenu de plus en plus difficile. Les médicaments manquent dans beaucoup d’hôpitaux. A Sakoula où nous avons par la suite été logés, nous tentons de reprendre tant bien que mal le jardinage, mais nous sommes confrontés à un manque sérieux d’eau ». Et son camarade Ali Dicko d’enchaîner par ces mots : « Vraiment nous souffrons beaucoup avec ses plaies inguérissables ». A ces mots, il n’hésite pas montrer ses doigts bouffés par la maladie et à retirer ses chaussettes pour permettre à notre photographe de faire des images de ses plaies aux orteils.

Mais pourquoi les pauvres ont-ils été « déguerpis » de la Trypano ? Explications du Dr Kafando : « Au tout début, les malades étaient en effet internés dans les lazarets, car il n’y avait que ça comme solution pour éviter la contamination. Mais avec la découverte des premiers traitements dans les années 50, on a mis fin à cela. Actuellement on a des traitements très efficaces pour éviter la contamination ». Des médicaments qu’ils disent ne pas trouver, pourtant. « Les médicaments sont gratuits et disponibles dans toutes les formations sanitaires qui font le dépistage de la maladie. Il revient aux districts d’en approvisionner les autres centres. Il faut cependant souligner que, comme c’est une maladie stigmatisante, certains malades quittent parfois leur centre pour aller se soigner ailleurs, et cela ne facilite pas la prise en charge », a justifié le dermatologue.

Le dimanche dernier, a été célébrée au plan mondial la Journée internationale des lépreux, autrefois commémorée avec « faste » au plan national ; cette année les malades n’ont rien vu. « C’est vous-mêmes qui nous avez informés qu’il y a eu une Journée ; pourtant avant, à pareille occasion, on (les autorités : ndlr) nous réunissait, nous donnait à manger et aussi un soutien financier. Mais il y a quelques années, on a mis fin à tout ça sans que nous sachions pourquoi. Actuellement, seules quelques associations nous viennent en aide. C’est le cas de l’association du docteur Kam (la Chaîne de solidarité pour la santé et l’éducation : ndlr). A l’approche des fêtes, elle nous a fait un don de vivres, d’habits et d’argent », a dit Hamado Sawadogo.

Si la Journée dédiée aux lépreux est passée inaperçue, cela est dû au souci d’une meilleure organisation, dira le Dr Kafando : « Depuis 2015, nous avons choisi de faire une pause pour voir si l’objectif principal, qui est la sensibilisation, est atteint à travers cette célébration. En plus, le coût de l’organisation est assez considérable, et nous ne pouvions y faire face vu le nombre de malades (environ 1500 : ndlr). Nous sommes en train de réfléchir à la formule idéale pour une célébration réussie. Pourquoi ne pas, par exemple, demander aux autorités de faire une déclaration, d’organiser des conférences ou de faire des dons ? ».

Alima Séogo Koanda

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