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Cancer du sein : Octobre n’est pas rose au Burkina - 11/10/2017 - L'observateur - Congo-KinshasaEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

En ce mois d’octobre, la lutte contre le cancer du sein à travers la sensibilisation au dépistage précoce s’est intensifiée sur le plan international dans le cadre du concept « Octobre rose » ; une initiative partie des Etats-Unis et à laquelle de nombreux pays dont le nôtre ont adhéré. Malheureusement par manque d’activités, Octobre rose passe presque inaperçu au Burkina.

Pour le Dr Aboubacar Bambara, cela est inadmissible dans un pays où la pathologie ne fait que prendre de l’ampleur, soit en moyenne 10 cas détectés par mois. Dans cette interview, ce cancérologue, enseignant hospitalo-universitaire et Chef du service d’Oncologie et hématologie clinique à l’Hôpital de district de Bogodogo, nous fait connaître davantage le concept « Octobre rose » et son importance, non sans faire un état des lieux de la lutte au Burkina.

Que veut dire « Octobre rose » ?

C’est un grand concept créé depuis 1985 par une société américaine de lutte contre le cancer et une firme pharmaceutique pour faire la promotion du dépistage précoce du cancer du sein. L’initiative est partie des Etats-Unis et s’est répandue dans le monde entier, faisant d’octobre un mois d’engagement dans la lutte contre le cancer du sein à travers la prévention par le dépistage précoce. Il est important de rappeler que le cancer du sein est une tumeur maligne qui se développe aux dépens de la glande mammaire.

Notre pays adhère-t-il à l’initiative ?

Oui, les cancérologues et les autres agents de santé adhèrent au concept.

Alors, qu’est-ce qui est fait sur le plan national pour marquer la célébration cette année ?

Je ne suis pas une autorité sanitaire pour répondre à cette question, mais ce que nous constatons en tant que spécialistes est assez décevant. On ne peut pas comprendre que, concernant le cancer du sein qui est le premier cancer de la femme au Burkina, il n’y ait pas d’action forte de nos autorités sanitaires au cours de ce mois, ne serait-ce que pour respecter ce mot d’ordre mondial qu’est Octobre rose. Etant donné que notre pays a un programme de lutte contre le cancer, adopté depuis 2013, nous devions tendre aujourd’hui vers une structure autonome de lutte à l’image du Conseil national de lutte contre le sida afin de ne pas être en marge des grandes manifestations internationales.

Quels types d’activités devaient être menées durant Octobre rose ?

C’est un mois qui est dédié à la lutte contre le cancer du sein à travers la diffusion d’informations justes et de sensibilisation au dépistage précoce. Cela revient simplement à dire qu’il faut amener les femmes à faire l’autopalpation des seins et, en fonction de l’âge, la mammographie, car, comme toute maladie dépistée à un stade précoce, le cancer est guérissable. Octobre rose est donc un tremplin où toutes les forces de lutte contre le cancer devaient se mettre ensemble en vue de promouvoir le dépistage précoce par des moyens simples, la mammographie coûtant encore un peu cher dans notre contexte.

Quel est l’état des lieux de ce cancer au Burkina ?

Les statistiques sont parlantes : en 2012, on était autour de 7 000 nouveaux cas selon l’OMS. Dans notre pratique quotidienne, nous enregistrons environ 4 à 5 nouveaux cas, pour ne pas dire une dizaine détectée chaque mois, soit en moyenne 100 nouveaux cas par an. Ces statistiques placent le cancer du sein au premier rang chez la femme.

Quelles en sont les causes ?

Elles sont variées. Les facteurs de risque sont en effet nombreux et concernent, entre autres, la puberté précoce, les grossesses tardives ou le non-enfantement. Mais au-delà de ceux-ci, il y a le facteur génétique. Si dans une famille, par exemple, la grand-mère ou la maman ont eu le cancer du sein, le risque d’en avoir est élevé chez les filles.

Quelle est la tranche d’âge la plus concernée ?

Les cancers d’une manière générale s’installent au fur et à mesure qu’on prend de l’âge, à partir de 50 à 65 ans. Mais en Afrique particulièrement on a de plus en plus de cancers chez le sujet jeune. C’est pourquoi il est nécessaire, dans notre contexte, dès 25 ans, de connaître l’auto-examen du sein qui est un geste simple et gratuit que toute femme doit pouvoir faire et, autour de 40-45 ans, de réaliser régulièrement une mammographie.

Comment se fait l’auto-examen des seins ?

Une fois par mois, précisément une semaine avant les dernières règles, période à laquelle les seins ne sont pas enflés, face à un miroir, en position couchée ou debout, dans le sens des aiguilles d’une montre, la femme, les mains placées de façon opposée sur les seins (la main droite sur le sein gauche et la main gauche sur le sein droit), les examine. Avec l’habitude, elle apprendra à connaître son corps et donc à en détecter la moindre anomalie.

Outre l’autopalpation et la mammographie, y a-t-il des moyens de diagnostic ?

L’autopalpation et la mammographie sont en réalité des moyens qui permettent à la femme d’avoir de fortes hypothèses. Lorsqu’il y a confirmation des cas, nous réalisons une biopsie, un examen que beaucoup de femmes redoutent à cause de fausses rumeurs qui circulent. C’est pourtant un examen simple qui consiste en un prélèvement par des spécialistes, à l’aide d’un pistolet, pour réaliser l’examen anatomo-pathologique.

Quelles peuvent être les complications d’un cancer du sein diagnostiqué tardivement ?

La boule peut quitter le sein et aller se loger dans d’autres organes. Elle peut se transformer en une adénopathie, c’est-à-dire en une grosse boule au niveau de l’aisselle, ou quitter cet endroit pour d’autres parties lointaines du corps comme le ventre, le cerveau, les poumons, le foie, les os ; on parle alors de métastase, une grande complication du cancer du sein ; malheureusement beaucoup de femmes constatent la petite boule, mais comme ça ne leur fait pas mal, elles la laissent grandir et envahir tout le sein, qui va changer de couleur et devenir tout rouge, provoquer une plaie et même une toux. Et c’est à ce stade avancé qu’elles viennent en consultation, au moment où la guérison devient difficile.

Existe-t-il un traitement au cancer du sein ?

Oui, si le diagnostic est fait assez tôt. Si la boule est très petite, localisée uniquement au niveau du sein ou même s’il y a un ganglion au niveau de l’aisselle, on peut faire une petite opération chirurgicale et l’enlever. A ce stade on n’a pas besoin d’enlever tout le sein. Ensuite on procède à une chimiothérapie (traitement par les médicaments), puis à une radiothérapie, cette dernière n’existant malheureusement pas encore au Burkina. Mais une fois qu’il y a une métastase, la guérison devient impossible.

Le coût du traitement est-il accessible ?

En fonction du stade d’évolution de la maladie, le traitement n’est pas accessible à tout le monde, car, ne serait-ce que pour poser le diagnostic complet, il faut environ 60 000 FCFA. Passé cette étape, la chirurgie varie entre 150 000 et 250 000 FCFA sinon plus, et la chimiothérapie coûte en moyenne 1 000 000 FCFA chaque 5 mois. Cela veut dire que le temps que le patient finisse son traitement, il aura déboursé au moins 1 500 000 FCFA. Et ce n’est pas tout. Après cela, il lui faudra faire la radiothérapie, qui n’est pas disponible au Burkina. C’est donc dire qu’il faut dépenser au bas mot 5 000 000 FCFA pour soigner le cancer ; d’où notre cri du cœur pour l’introduction de la mammographie dans le bilan annuel de santé des travailleurs comme cela se fait ailleurs.

Guérit-on totalement du cancer du sein ?

Oui, on peut en guérir totalement si, comme je l’ai déjà dit, le diagnostic est fait très tôt. Nous avons des patientes que nous avons suivies 5 ans, aujourd’hui elles ne prennent plus aucun médicament et nous avons déclaré leur rémission totale. Il faut seulement y croire et oser faire le pas de l’auto examen du sein, surtout en ce mois d’Octobre rose.

Il paraît que le port de certains soutiens-gorge et l’utilisation de déodorants exposent au risque de cancer du sein. Est-ce vrai ?

Oui, les femmes doivent faire attention à l’utilisation des déodorants, car certains ont des composants toxiques qui favorisent les risques de survenue du cancer du sein.

Concernant les soutiens-gorge, elles doivent privilégier ceux en coton et non ceux dont les rebords sont en fer.

Et côté alimentation ?

Il existe un lien entre alimentation et cancer. Nous devons avoir une alimentation riche en légumes et en fruits, respecter la loi des 5 fruits et légumes par jour, car ce que nous mangeons est fortement responsable de nos maladies. Il faut privilégier la consommation du poisson (non fumé) et de la viande à chair blanche (poulet) ; éviter la consommation excessive de viande rouge, de graisses animales, laquelle peut conduire au cancer et à d’autres pathologies cardiovasculaires ; éviter au maximum de consommer les conserves alimentaires et les plats hyper salés. La consommation d’alcool favorise les cancers ORL (nez, langue, gorge, œsophage). Pire, aujourd’hui avec l’alcool frelaté, on note beaucoup de cas de cancers, notamment celui du foie.

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